Scandale de la Viande de Cheval : Enquête sur l'Opacité et les Conséquences

Le scandale de la viande de cheval, qui a éclaté en janvier 2013, a mis en lumière l'opacité des pratiques dans le secteur agroalimentaire. Des traces de viande de cheval ont été retrouvées dans des plats préparés, des hamburgers et des lasagnes.

Une enquête de l'association UFC-Que Choisir, intitulée « Indication de l’origine des viandes dans les produits transformés à base de bœuf, de porc et de poulet », a tenté de déterminer où en est la situation aujourd'hui. Sur un échantillon de produits, plus de la moitié n'indiquent pas la provenance du produit, révélant des disparités importantes entre les marques.

Étal d'un marché français vendant de la viande de cheval

Les Protagonistes du Scandale

L'affaire a impliqué plusieurs acteurs :

  • Un abattoir roumain
  • Un trader néerlandais dirigeant une société chypriote
  • Une entreprise française d'agroalimentaire

En bout de chaîne, des merguez, lasagnes et autres plats préparés contenaient de la viande de cheval, mais étaient commercialisés à travers l'Europe sous l'étiquette « 100 % boeuf ». Cette affaire rocambolesque avait déclenché il y a six ans un vaste scandale alimentaire.

Le Procès des Protagonistes

Le procès des protagonistes s'est ouvert à Paris. Quatre hommes ont été jugés devant le tribunal correctionnel, principalement pour tromperie et escroquerie en bande organisée.

Les deux acteurs au cœur du scandale sont :

  • Jacques Poujol, l'ancien directeur général de Spanghero, où la viande incriminée a transité.
  • Johannes Fasen, l'intermédiaire néerlandais qui a commandé la viande de cheval en Roumanie et l'a revendue à Spanghero.

En plus des deux hommes comparaissent Patrice Monguillon, ex-directeur du site de Castelnaudary (Aude) où la viande était conditionnée, et un autre négociant néerlandais, Hendricus Wimdmeijer. Les quatre prévenus encourent une peine maximum de dix ans de prison et un million d'euros d'amende.

Lasagnes Findus contenant de la viande de cheval

Les Accusations Mutuelles

L'ex-dirigeant de Spanghero et le trader néerlandais s'accusent mutuellement.

  • L'avocat de Jacques Poujol affirme qu'il ne savait pas que le trader néerlandais lui vendait de la viande de cheval à la place de la viande de bœuf.
  • L'avocat du Néerlandais contre-attaque en disant que son client a vendu de la viande de cheval parce que M. Poujol lui en avait commandé.

A partir des 750 tonnes de viande achetées via Johannes Fasen, Spanghero aurait fabriqué environ 200 tonnes de merguez et revendu environ 540 tonnes à la société Tavola, selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Le tout étiqueté « boeuf », à un prix plus élevé que celui de la viande de cheval.

Impact sur les Consommateurs et l'Industrie

Bien que l'escroquerie n'ait pas été dangereuse pour la santé des consommateurs, le scandale a eu un fort retentissement et a plombé la vente de produits surgelés et de plats préparés. L'affaire a également contribué au recul de la consommation de viande. L'achat de produits carnés en France a reculé de 12 % entre 2010 et 2016, selon une enquête du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc).

Le scandale de la viande de cheval qui a écoeuré l’Europe.

Mesures pour Regagner la Confiance des Consommateurs

Pour regagner la confiance des consommateurs, la France a testé à partir de 2017 l'étiquetage de l'origine des viandes et du lait dans les produits transformés, après avoir obtenu le feu vert de Bruxelles.

Transparence et Étiquetage : Les Efforts et les Lacunes

C'était l'une des principales promesses du gouvernement : un étiquetage obligatoire sur l'origine de l'ensemble des viandes. Le sujet a été inscrit au menu du projet de loi sur la consommation. « L'indication du pays d'origine est obligatoire pour toutes les viandes, et tous les produits à base de viande ou contenant de la viande, à l'état brut ou transformé », indique le texte.

Pour l'heure, la mention d'origine ne s'applique qu'à la viande de bœuf fraîche. En ce qui concerne les plats préparés, par contre, la réglementation contraint seulement les industriels à mentionner le type de viande qui entre dans leurs préparations, mais pas l'origine. Cette dernière se voit donc indiquée sur une base volontaire, à la discrétion des fabricants.

Les Marques et Distributeurs : Bons et Mauvais Élèves

Les marques et distributeurs qui ont multiplié les promesses de transparence en février sont en réalité une minorité à avoir joué le jeu de la transparence, selon une enquête de l'UFC-Que Choisir publiée le 9 décembre. Résultat : l'origine de la viande reste encore absente dans 62 % des produits.

L'assocation distribue les bons et mauvais points aux enseignes :

  • Bons élèves: Picard et Auchan avec la mention de l'origine de la viande dans respectivement 83 et 78 % de leurs plats.
  • Suivent: Carrefour et Système U, avec un produit sur deux étiqueté.
  • Moins bons: Casino (43 %), Intermarché (38 %) et Leclerc (18 %).
  • Mauvais élèves: Monoprix et Leader Price, dont aucun des produits testés ne fait figurer de mention.

Les marques nationales se révèlent, elles, « globalement encore moins transparentes sur l'origine des viandes utilisées dans leurs produits » que les distributeurs. Seules quatre sur dix étudiées (Panzani, Findus, Marie, Fleury Michon) portent la mention de l'origine. Les autres (Zapetti, William Saurin, Barilla, Charal, Maggi, Louis Martin) n'indiquent aucune mention.

Différents plats préparés

Les Arguments des Industriels et la Position de l'UFC-Que Choisir

Pour s’opposer à l’étiquetage obligatoire, le lobby des industriels argue que l’étiquetage de l’origine serait impossible pour les produits très élaborés. Selon l’UFC-Que Choisir, les industriels arguent que l’étiquetage de l’origine de la viande représente un surcoût. Or, selon l’association, celui-ci serait très faible, de l’ordre de +0,7 %.

Tableau Récapitulatif : Pourcentage de Produits Indiquant l'Origine de la Viande par Marque

Marque Pourcentage
Le Gaulois 100%
Charal 100%
Marie 100%
Findus 100%
Zapetti 100%
Intermarché (MDD) 84%
Bordeau Chesnel 67%
Carrefour (MDD) 57%
Panzani 50%
Herta 50%
Système U (MDD) 48%
Fleury Michon 33%

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