Je pense avoir hérité beaucoup de mes grands-parents, en particulier de mes mamies : l’amour de la nature, des plantes, du « fais-le-toi-même », de la couture ou du tricot, et surtout de la cuisine. Chaque semaine passée chez l’une ou l’autre était riche en petits bonheurs simples. Je n’avais pas conscience à l’époque que ces après-midi couture ou cuisine seraient si enrichissants pour la vie que je mènerai une fois adulte.
Chaque mamie avait, et continue d’avoir, ses petites spécialités. L’une préparait des gaufres fourrées, l’autre des gaufres sèches, l’une mitonnait une poule au riz, l’autre plutôt du rôti, chez l’une encore on savourait du pain perdu, alors que l’autre nous préparait des beignets aux pommes. Le carnet de recettes que j’avais, d’ailleurs, fabriqué avec l’une d’elles, contient donc beaucoup de recettes de mamies. J’en ai amélioré certaines au fur & à mesure des expériences. Aujourd’hui c’est donc une recette de brioche que l’on vous propose.
Elle est quasiment identique à l’originale, à ceci près qu’on ne peut pas acheter l’amour d’une mamie au supermarché du coin. Alors à nous désormais de prendre la relève & de les préparer avec beaucoup de joie, de plaisir & d’amour 😉
Une brioche moelleuse et dorée, le rêve de tout pâtissier amateur.
Comment décrire cette merveille ? Une brioche digne de ce nom , se mérite, car il faut du temps pour la réaliser. Mais ça en vaut largement la peine, croyez moi ! La patience n’est pourtant pas mon fort , mais quand je veux un bon résultat , et tout particulièrement, pour une brioche avec une mie filante et moelleuse , je n’hésite à y mettre la patience ! Et puis soyons honnête , c’est le robot qui fait presque tout !
Bon à savoir avant de commencer : Je réalise ma brioche en trois étapes. La veille au soir je fais ma pâte & je la laisse lever deux fois : une première fois pendant 1h30 environ près d’une source de chaleur l’hiver ou à température ambiante l’été, puis je la dégaze et la laisse à nouveau lever toute la nuit au réfrigérateur. Le lendemain matin, je la dégaze, la façonne puis réalise une troisième et dernière levée d’environ 1h. J’enfourne et c’est prêt 🙂
Si vous vous y prenez le matin même et que vous souhaitez avoir des brioches pour le goûter, vous pouvez modifier l’étape de la nuit au réfrigérateur et vous en tenir à 2 heures minimum au réfrigérateur.
En résumé concernant les temps de levées, il faut réaliser une première levée d’environ 1h30 près d’une source de chaleur l’hiver ou à température ambiante l’été ; une seconde levée au réfrigérateur une nuit ou pendant 2 heures, puis une dernière d’une petite heure lorsque les pâtons sont réalisés.
Le pétrissage se fait à la main (bah oui mamie n’a pas de robot & moi non plus) : plus d’infos ici. Je mélange au départ les ingrédients dans un saladier à l’aide d’une cuillère en bois, la pâte va progressivement former une boule très collante (c’est normal, on n’ajoute pas de farine). Je vais alors la déposer sur un plan de travail fariné et commencer à pétrir : j’écrase cette boule, je replie la pâte sur elle-même afin d’incorporer de l’air, je reforme la boule. Et ainsi de suite. Puis je prends ma pâte dans les mains et je la pétrie « en l’air » (je trouve ça plus simple que sur le plan de travail), en l’étirant sans la casser. Bien qu’elle reste collante, elle va progressivement devenir lisse & élastique, on doit pouvoir l’étirer de plus en plus, toujours sans qu’elle ne casse.
Si vous avez la chance d’avoir un robot les étapes sont les mêmes, la muscu’ en moins 😉
Je vous conseille ces deux articles super intéressants sur le fonctionnement de la levure : le premier & le deuxième que je n’ai toujours pas compris. On peut retenir que la levure se nourrit de sucre pour se développer. Mais inutile de vider le paquet de sucre blanc puisque la farine contient naturellement des sucres simples + du « maltose provenant de l’hydrolyse de l’amidon » (ça fait super pro de dire ça, non ?). On retient aussi qu’entre 20° et 40° la vitesse de fermentation est optimale. En deçà de 20° elle est ralentie, il en va de même au-delà de 45°. Alors l’hiver, si comme chez nous il fait entre 15° et 18° dans votre appart’ (merci l’isolation), on s’aide d’un radiateur ou d’un four chauffé entre 30 et 40°.
Légende de mamie ou pas, je continue de ne pas mettre en contact direct la levure avec le sel (voir cette expérience)
Pour 6 brioches de mamie :
Bonus : vous pouvez la parfumer selon vos goûts (fleur d’oranger, vanille, citron, pépites de chocolat, etc, etc) ou la laisser nature.
Les ingrédients de base pour une brioche réussie: farine, levure, beurre, œufs et sucre.
Et maintenant, je pense que je n’ai plus besoin d’écrire (si des points restent à éclaircir, n’hésitez pas !), les images parleront d’elles-mêmes. Savourons les amis, nous l’avons bien mérité !
Voici quelques conseils pour avoir une belle brioche:
Les températures : plusieurs températures sont à prendre en compte lors de la réalisation de la brioche. La première étant celle dans laquelle on va delayer la levure fraiche (ou sèche). Le liquide, en général le lait, dans lequel la levure sera versée ne doit pas dépasser 37° sinon cela va tuer l’action de la levure. Pour vérifier cela sans thermomètre, il suffit de plonger son doigt dans le liquide : elle doit être légèrement inférieure ou identique à celle du doigt.
Pour que la pâte lève on le sait elle doit reposer et l’activation de la levure se fait grâce à la chaleur mais attention ! Cette étape s’appelle le pointage (coucou les mots clés du CAP Pâtissier). C’est l’action de la zymase et gonflement de la pâte (T° idéale : de 20 à 40°C). On a tendance à vouloir mettre le bol dans le four pour que la pousse soit plus rapide hors les fours sont souvent approximatifs en dessous des 50°. Il y a donc un risque que le four soit trop chaud. Par ailleurs, plus la levure travaille vite, moins elle dégage de saveurs. La patience est, une fois encore, la meilleure des vertus. Ainsi le plus sage est de laisser pour sa brioche à température ambiante. Mon astuce c’est de placer mon bol sur mon réfrigérateur, source de chaleur douce.
| Ingrédient | Alternative | Remarques |
|---|---|---|
| Farine T45 ou T55 | Farine de gruau | La farine de gruau est plus riche en protéines et donne plus d'élasticité |
| Buttermilk | Lait | Le buttermilk apporte une légère acidité |
| Sucre glace | Sucre vanillé | Ajuster la quantité selon votre préférence pour le sucré |
| Levure fraîche | Levure sèche (4g) | Bien vérifier la date de péremption de la levure |
J’enveloppe toujours mes brioches dans du film alimentaire, le plus tôt possible après la sortie du four ainsi elle garde son humidité. Puis je la place dans un torchon propre. En général elle reste moelleuse 48h (il est rare qu’elle ne soit pas mangé avant). Si je la fait la veille par exemple, je la passe rapidement au four au grille pain et elle retrouve tout son moelleux.
Il est aussi possible de l’envelopper à la sortie du four dans un film alimentaire et de la mettre au congélateur, dès que l’on souhaite la consommer, on préchauffe le four à 180° et on la laisse se réchauffer.
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