La cuisson de la viande est bien plus qu'une simple application de chaleur. C'est un processus complexe où des réactions chimiques transforment la texture, la saveur et la valeur nutritionnelle de cet aliment. De la dénaturation des protéines à la transformation du collagène, chaque étape est cruciale pour obtenir un plat savoureux et agréable.
Les protéines présentes dans la viande crue peuvent être difficiles à digérer en raison de leur résistance aux enzymes digestives. La cuisson initie un processus appelé dénaturation des protéines, où les protéines, initialement enroulées dans une structure spécifique, se déroulent et perdent leur forme tridimensionnelle d'origine. Cela signifie que les protéines changent de forme et perdent leurs propriétés d’origine, devenant plus digestibles. Cette transformation est cruciale pour obtenir la texture et la tendreté souhaitées de la viande cuite.
Dans le contexte de la cuisson de la viande, la dénaturation commence lorsque la température atteint environ 40 à 70 degrés Celsius. Les protéines se déforment, ce qui modifie la texture de la viande, la rendant plus ferme et moins élastique. Lorsque la viande est cuite à basse température, les protéines se dénaturent légèrement, donnant une texture tendre et juteuse. La dénaturation des protéines est un processus chimique où les protéines, initialement enroulées dans une structure spécifique, se déroulent et perdent leur forme tridimensionnelle d'origine.
Cependant, une cuisson excessive peut rendre la viande sèche et dure. En effet, les viandes sèches et trop cuites ne sont pas dures en raison du manque d’eau à l’intérieur de la viande ; elles sont dures parce qu’à un niveau microscopique, les protéines d’actine se sont dénaturées et ont expulsé le liquide des fibres musculaires. Les protéines dénaturées sont moins solubles et ont plus de chances de s’agglutiner.
La température joue un rôle essentiel dans la transformation de la viande. Comprendre les nuances de la température est crucial, car elle influence la texture et la cuisson de la viande. Lors de la cuisson d’un steak, la température du gril détermine le temps nécessaire au steak pour atteindre la température, mais en fin de compte, ce que vous voulez vraiment contrôler, c’est la température finale des steaks.
Plus l’environnement est chaud, plus la masse se réchauffera rapidement, d’où la règle empirique : “cuisson = temps * température”. Cuisiner un steak sur un gril prend moins de temps que dans un four, car l’énergie se transfère plus rapidement dans l’environnement plus chaud du gril. Le centre du steak atteindra 57°C plus rapidement s’il est placé sur un gril à 340°C que dans un four à 190°C.
Cet équilibre - cuire le centre sans trop cuire l’extérieur - a à voir avec la vitesse à laquelle l’énergie thermique est transférée au cœur d’un aliment. Comme la cuisson applique la chaleur aux aliments de l’extérieur vers l’intérieur, les parties extérieures se réchaufferont plus rapidement, et comme nous voulons nous assurer que toute la nourriture est au moins au-dessus d’une température minimale, l’extérieur sera techniquement trop cuit au moment où le centre y arrive. Cette différence de température du centre aux bords extérieurs de la nourriture est appelée gradient de température.
En cuisine, le carryover fait référence au phénomène de cuisson continue une fois que la nourriture est retirée de la source de chaleur. La partie extérieure de la nourriture fraîchement cuite est plus chaude que la partie centrale, donc la partie extérieure transférera une partie de sa chaleur au centre. Lorsque vous faites griller un steak ou un autre morceau de viande entier, retirez-le lorsqu’il atteint quelques degrés de moins à son cœur que votre température cible, puis laissez-le reposer pendant quelques minutes pour égaliser la chaleur.
En bref, lorsqu’une viande est chauffée à haute température, les acides aminés (les protéines) entrent en contact avec les sucres des aliments. Cette réaction produit une coloration brune aux aliments, comme une sorte de croûte. Cette dernière empêche au jus de viande ou du poisson de s’échapper. Cette rencontre entre les acides aminés et le sucre se produit à chaque fois qu’un aliment est cuit à haute température (à partir de 90°C), c’est d’ailleurs une condition indispensable.
Idéalement, elle se fait aux alentours de 130°C. Attention à ne pas dépasser les 180°C, au-delà, les aliments carbonisent et deviennent nocifs pour la santé.
| Type de viande | Température interne minimale (°C) |
|---|---|
| Boeuf (saignant) | 52-55 |
| Boeuf (moyen) | 60-65 |
| Boeuf (bien cuit) | 70-75 |
| Porc | 70 |
| Volaille | 74 |
Le transfert de chaleur en cuisine se résume à trois méthodes fondamentales : la conduction, la convection et le rayonnement. Chaque méthode confère un caractère distinct à la création culinaire, influençant le temps nécessaire pour que des plats identiques atteignent la perfection.
La pâte à crêpes (conduction via la cuisinière) est similaire à celle des muffins (convection via la cuisson au four) et gaufres (conduction), mais le résultat final diffère considérablement. Pour compliquer davantage les choses, la plupart des méthodes de cuisson sont en réalité des combinaisons de différents types de transfert de chaleur.
Au-delà des réactions chimiques, divers facteurs façonnent la texture et la saveur de la viande cuite. La découpe de la viande, le persillage, l’assaisonnement et la méthode de cuisson contribuent tous à la symphonie de saveurs et de textures. Les chefs peuvent tirer parti de ces connaissances pour optimiser leurs plats.
Cette réaction chimique se déclenche à partir de 141 degrés Celsius lorsque les acides aminés interagissent avec les sucres, générant une myriade de composés aromatiques et de saveurs. Cette réaction produit des centaines de nouveaux composés aromatiques et gustatifs qui enrichissent le goût de la viande. La couleur de la viande change aussi au fur et à mesure qu'elle cuit, notamment à cause de la transformation de la myoglobine, une protéine responsable de la couleur rouge de la viande crue.
Dans l’industrie agroalimentaire, certaines réactions dites de brunissement sont utilisées dans les procédés de fabrication afin d’améliorer le goût et l’aspect des aliments. Parmi les meilleurs exemples permettant d’illustrer cette réaction : la jolie couleur et la saveur toastée du pain grillé, l’arôme profond du café torréfié, le poulet rôti au four et sa couleur caramélisée, la croûte dorée du pain chez votre boulanger, la bonne odeur des grillades…
C’est bien connu, les aliments cuits à la plancha cuisent dans leurs sucs révélant toutes les saveurs et odeurs associées. D’ailleurs, cette méthode est bien plus facile à maîtriser à la plancha qu’au barbecue. Alors qu’au barbecue, les aliments sont plus susceptibles d’être en contact direct avec la flamme.
Il est probable que vous n’ayez pas beaucoup réfléchi aux réactions chimiques qui se produisent dans un morceau de viande lorsque l’animal qui l’a fourni est abattu.
En ce qui concerne la cuisson d’un morceau de poisson ou de viande, la clé du succès est de comprendre comment manipuler les protéines et les graisses. Bien que les graisses puissent représenter une partie importante de la masse, elles sont relativement faciles à gérer, car elles ne confèrent pas de dureté. Cela laisse les protéines comme la principale variable dans la cuisson des viandes.
Parmi les protéines présentes dans la viande, la myosine et l’actine sont les plus importantes d’un point de vue culinaire. Si vous ne retenez qu’une seule chose de cette section, que ce soit ceci : myosine dénaturée = délicieux ; actine dénaturée = désagréable.
Les scientifiques de l’alimentation ont déterminé par des recherches empiriques que la texture optimale des viandes cuites se situe entre 60 et 67°C, la plage dans laquelle la myosine et le collagène auront dénaturé mais où l’actine restera dans sa forme native. Dans cette plage de température, la viande rouge a une couleur rosâtre et les jus sont rouge foncé.
Les coupes contenant beaucoup de collagène, comme celles de l’épaule, bénéficient de cuissons longues à basse température pour permettre au collagène de se transformer en gel. Au-delà de 71 degrés Celsius, les collagènes se transforment également en gel, conférant aux morceaux de viande longuement cuits une tendreté soyeuse.
Transformation de la myoglobine lors de la cuisson de la viande (source : Sciences et Avenir)
Dans notre chaîne alimentaire interconnectée, les pratiques de manipulation sûre sont primordiales. À mesure que le système alimentaire mondial évolue, adopter des pratiques de manipulation soigneuses devient un aspect crucial du parcours culinaire.
Les bactéries liées aux maladies d’origine alimentaire commune commencent à se multiplier au-dessus de 5°C. La règle standard de sécurité alimentaire utiliser dans les normes HACCP pour atténuer les maladies d’origine alimentaire liées aux bactéries stipule que les aliments ne doivent pas être maintenus entre les températures de 5°C et 60°C pendant plus de deux heures. En dessous de 5°C, les bactéries restent viables mais n’ont pas la possibilité de se multiplier en une quantité suffisante pour nous causer des problèmes. Au-dessus de 140°F, les bactéries ne pourront pas survivre longtemps (les spores bactériennes, cependant, le peuvent).
Malheureusement, comme pour beaucoup d’aliments, ce qui plait aux papilles n’est pas toujours bon pour la santé. Parmi ces AGE, l’acrylamide est formé lors de la cuisson à haute température d’aliments riches en amidon et protéines. Cette molécule a été classifiée par l’OMS comme présentant un risque pour la santé humaine, car elle augmente potentiellement le risque de développer un cancer. L’acrylamide aurait aussi un effet au niveau neurologique : il perturberait le transport de composés essentiels au niveau des neurones favorisant leur dégénérescence. Redécouvrez le goût des aliments peu cuits voire crus !
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