Production de Viande Bovine en France: Chiffres Clés et Perspectives

La France, premier pays européen producteur de viande bovine, joue un rôle crucial dans l'économie agricole. La filière bovine regroupe environ 210 000 exploitations détenant 19 millions de bovins, dont environ 58 % d’origine allaitante et 42 % d’origine laitière.

Cet article explore en détail les chiffres clés de la production de viande bovine en France, les tendances actuelles, les défis rencontrés et les perspectives d'avenir pour cette filière essentielle.

Consommation et Préférences des Français

Dans l’univers des viandes, la viande bovine n’apparait qu’à la troisième place des viandes consommées en France. En Europe, la consommation de viande bovine est d’abord d’origine laitière pour 70 % des volumes. La France fait exception en raison de la densité de son élevage de race à viande. Notre consommation est majoritairement issue du troupeau allaitant (à 56 %) et 44 % de la viande consommée vient des vaches de réformes laitières. 70 % des morceaux de viande proviennent des femelles laitières ou de race à viande, notamment des vaches de réforme, c’est une autre particularité du marché de la viande. Les mâles sont peu consommés en France en raison d’une viande trop claire. La France recherche des débouchés pour ses animaux mâles. Heureusement, les consommateurs italiens et grecs aiment la viande rosée et offrent un débouché pour les jeunes bovins gras, donc engraissés en France. La consommation de boeuf haché frais et surgelé ne cesse de progresser et représente environ 40 % de la viande bovine consommée. Cette évolution de la demande des consommateurs français améliore la valorisation de la carcasse.

Depuis toujours, le marché du boeuf est très déséquilibré. En plus de consommer principalement des femelles, nos préférences alimentaires se portent sur les morceaux arrières, la viande à griller, considérée comme plus noble.

La production couvre 93 % de la consommation intérieure soit 23 kg par an et par habitant et 27 % de l’ensemble des viandes consommées.

Commerce Extérieur et Autosuffisance

Le solde commercial de la filière bovine française est toujours très positif de plus d’1 milliard d’euros. Nos exportations sont en direction de l’UE, surtout l’Italie. Nos importations proviennent essentiellement des pays du nord de l’Europe, sous forme d’arrières de vaches laitières principalement.

La production française de viande bovine couvre aujourd’hui 90 % de nos besoins. Si rien n’est fait, la France sera autosuffisante à hauteur de 67 % en 2035. « C’est la porte ouverte à l’importation », déplore l’analyste.

Décapitalisation du Cheptel: Un Enjeu Majeur

À l’occasion du Sommet de l’élevage, Interbev est revenu sur les perspectives pour la filière bovin viande. Si rien n’est fait, la ferme France pourrait passer de 7 à 5 millions de têtes de bovins d’ici 2035. La décapitalisation est une mécanique contre-intuitive. Depuis 2015, le nombre de têtes dans l’hexagone diminue, mais la baisse de la production de viande ne se fait sentir que depuis la fin 2021. Pendant près de 5 ans, les cessations ont alimenté l’activité des abattoirs. Car un éleveur qui arrête les vaches, c’est de la viande en plus pour la filière ! Du moins à court terme…

Évolution du cheptel bovin en France.

Les Chiffres Alarmants

La France a perdu 910 000 bovins en 7 ans, et si rien n’est fait pour arrêter la décapitalisation, « on passera de 7 millions de bovins en 2023 à 5 en 2035 », décrit Matthieu Repplinger, analyste de marché pour Interbev. La France perdrait alors 1,1 million de vaches allaitantes, et 800 000 vaches laitières sur 12 ans. Le cheptel allaitant pourrait avoisiner les 2,5 millions de têtes en 2035.

La France a perdu 551 000 vaches allaitantes en 7 ans. « Cela se traduirait par une baisse rapide de la production sur les deux années qui viennent. Il faudrait abattre moins de génisses, et garder des vaches étant donné que la baisse des cheptels alimente actuellement le marché. »

Décapitalisation bovine : le rapport alarmant de la Ceresco

Solutions Envisagées

Pour préserver la souveraineté alimentaire nationale, Interbev a travaillé sur deux scénarios. Un premier basé sur la poursuite de la baisse des cheptels, mais avec une relocalisation de l’engraissement, et un second tablant sur une stabilisation du cheptel allaitant à son niveau de 2023. Sans répondre à la question de l’autosuffisance alimentaire, ces scénarios permettraient de limiter la casse.

« Faire une croix sur l’export peut être une solution de court terme pour maintenir le niveau de production » détaille Matthieu Repplinger. Engraisser la totalité de la suite du troupeau allaitant en France permettrait d’atteindre un niveau d’autosuffisance de 88 % sur la viande bovine. « Mais le stock d’animaux n’est pas infini. Il sera tôt ou tard rattrapé par la décapitalisation », poursuit l’expert.

Contrats et Rémunération des Éleveurs

Mais l’interprofession du bétail et de la viande en est consciente, le manque de rentabilité sur la filière allaitante ne pousse pas à l’installation en bovin viande. Sur ce sujet, Emmanuel Bernard, président de la section bovine d’Interbev, se répète « La contractualisation des vaches, c’est notre capacité à produire de la viande demain ! ».

La conférence d’Interbev au Sommet de l’élevage aura donc été l’occasion de présenter les premiers chiffres de l’observatoire de la contractualisation mis en place par l’interprofession. Au 30 juin 2023, 17 % des volumes abattus en France faisaient l’objet d’un contrat. « On progresse », note Annick Jentzer, « on voit qu’il est possible de contractualiser, dans une filière où la tradition orale était la norme jusqu’à présent ». 17 % des bovins abattus faisaient l'objet de contrat au 30 juin 2023.

Répartition du Cheptel par Type d'Élevage

L’élevage laitier concerne 56 000 exploitations. L’élevage bovin viande est présent dans plus de 93 000 exploitations.

Avec un effectif de 2,1 millions de bovins fin 2023 dont environ 829 000 vaches (467 000 laitières et 362 000 allaitantes), le cheptel régional bovin (près de 13 % du cheptel métropolitain) s’est réduit de 18 % depuis 2010 et de 7 % depuis 2020.

Production et Abattage dans les Pays de la Loire

En 2023, les éleveurs de la région Pays de la Loire ont produit 655 000 bovins. Parallèlement, les abattages réalisés en 2023 dans la région concernent près de 455 000 bovins, dont 265 000 originaires des Pays de la Loire. Les bovins abattus sont essentiellement des gros bovins (vaches de réforme, jeunes bovins mâles, génisses, bœufs).

Origine géographique des bovins abattus en Pays de la Loire.

Amélioration des Résultats Économiques

Grâce à de meilleurs soldes intermédiaires de gestion, le RCAI (résultat courant, avant impôts et cotisations sociales), s’améliore sensiblement en 2022 pour les exploitations économiquement spécialisées en production de viande bovine (OTEX 46). A l’image des tendances nationales, le nombre d’exploitations avec bovins et les effectifs régionaux de bovins s’érodent.

Source : SSP/Agreste - RICA Pays de la Loire

tags: #production #de #viande #bovine #en #france

Articles populaires: