Porc et Goutte : Alimentation Adaptée pour Gérer l'Acide Urique

La goutte est une maladie inflammatoire et chronique fréquente qui touche environ 1 % de la population. Elle est due à une présence trop importante d’acide urique dans le sang. La goutte, une pathologie plus masculine que féminine, reste fréquente dans les pays industrialisés, l'alimentation étant l'un des facteurs dans l'apparition de ce trouble.

Alors, que manger lorsqu'on a de l'acide urique ? Quelle alimentation adopter quand on souffre de crises de goutte ? Comment faire baisser son taux d’acide urique naturellement grâce aux fruits, aux légumes ? Quels aliments éviter ? Les réponses de la diététicienne-nutritionniste.

Comment soigner et empêcher la crise de goutte pour une meilleure santé ?

Comprendre la Goutte et l'Acide Urique

La goutte est une maladie chronique se manifestant par des crises articulaires inflammatoires et douloureuses. Elle est associée à une forte concentration d’acide urique dans le sang (hyperuricémie). L’acide urique est un déchet fabriqué naturellement par l’organisme. Il se retrouve normalement en quantité faible dans le sang et est éliminé par les reins.

En cas d’augmentation de production d’acide urique ou de diminution de son élimination, son taux dans le sang est supérieur à la normale = c’est l’hyperuricémie. Ce taux élevé peut alors entraîner la formation de cristaux d’acide urique au niveau articulaire, et ensuite causer une inflammation = c’est le déclenchement de la crise de goutte.

La crise de goutte se déclare le plus souvent brutalement la nuit, car la baisse de la température corporelle active les cristaux d’acide urique. Outre les douleurs qui sont parfois très violentes lors de certaines crises, la goutte peut entraîner des lésions voire des destructions articulaires permanentes si les accès de goutte sont trop fréquents.

L'acide urique est un déchet au stade final de la dégradation des protéines et, plus particulièrement, de la famille chimique des purines. Réduire les aliments riches en purines participe à la diminution d'acide urique dans le corps et donc à la survenue de crise de goutte.

Comment diminuer son taux d’acide urique ? L’acide urique est un déchet, que le corps cherche à éliminer. Il est produit notamment lors de la dégradation des purines : les purines entrent dans la composition de l’ADN et dans de nombreuses molécules essentielles aux réactions de l’organisme. Ce qui fait que chaque jour, environ 2/3 des purines à éliminer proviennent des cellules mortes de notre corps, le reste étant issu de notre alimentation.

Traitement de la crise de goutte

Le traitement de l’accès aigu de la goutte doit être précoce et nécessite dans la grande majorité des cas une consultation médicale. Le traitement de référence est la colchicine. S’il s’agit de la toute première crise ou bien si le patient ne possède plus de comprimés de colchicine, il est conseillé de glacer l’articulation touchée, et de prendre des anti-inflammatoires : ibuprofène ou aspirine à condition que l’état pathologique ou d’autres traitements éventuels ne contre-indiquent pas la prise d’anti-inflammatoires (les anti-inflammatoires sont à proscrire chez certains patients).

Pour les patients chez qui les crises de goutte sont fréquentes, il existe des cerceaux de lit remboursables pour éviter le contact entre l’articulation douloureuse et les draps ou la couette.

Alimentation et Goutte : Principes de Base

Une bonne hygiène alimentaire est indispensable pour diminuer la production d’acide urique. L'alimentation va avoir un impact important pour éviter ou limiter l’apparition des crises de goutte et ainsi soulager la vie quotidienne de la personne concernée. La principale mesure sera de limiter les aliments riches en protéines animales qui augmentent le taux sanguin d’acide urique.

Tout d’abord, cette augmentation du taux d’acide urique est en lien étroit avec la consommation d’aliments dits « purinogènes ». Il s’agit de denrées riches en purines, molécules favorisant la formation d’acide urique. Il faut donc limiter leur consommation régulière. Enfin, la maladie de la goutte se manifeste plus souvent chez des séniors en surpoids ou en obésité. Ainsi, il faut éviter une prise de poids importante (en cas de surpoids) et/ou perdre du poids (en cas d’obésité).

Les Aliments à Éviter

Certains aliments peuvent être à l'origine d'un déclenchement d'une crise de goutte, de par la production d'une quantité excessive d'acide urique qu'ils engendrent, inondant ainsi l'organisme. De manière générale concernant la consommation de viande en cas de goutte, il est recommandé d’éviter les abats, le gibier, les viandes sèches et les charcuteries.

Voici une liste des aliments à éviter ou à consommer avec modération :

  • Abats : foie, ris, rognons, joues
  • Charcuterie : toutes les protéines d'origine animale
  • Poissons gras et fruits de mer : anchois, hareng, saumon
  • Légumes : asperges, chou-fleur, épinards, champignons
  • Légumineuses : lentilles, pois chiches, haricots rouges, haricots blancs, petits pois, fèves
  • Viandes rouges: boeuf et l'agneau
  • Volaille
  • Autres : chocolat, maïs

« Il est primordial de limiter le plus possible les matières grasses animales, avertit Aurore Lavergnat, diététicienne-nutritionniste. C’est-à-dire la charcuterie, la viande rouge - bœuf, agneau, mouton - ainsi que les morceaux gras du porc (échine, travers, lard gras…), et de veau (poitrine, flanchet, collier…), ainsi que les produits laitiers gras comme la crème fraîche, le lait entier, les fromages à pâte dure (emmental, comté, abondance, gruyère, beaufort, ossau-iraty, cantal…), et bien sûr l’alcool.

Certaines boissons entraînent l'élimination d'une quantité supplémentaire d'eau par l'organisme, provoquant ainsi une crise chez certaines personnes. En premier lieu l'alcool mais également d'autres breuvages moins suspectés comme le thé, le café ainsi que les boissons gazeuses, sucrés riches en fructose.

De manière générale, il est conseillé d'éviter totalement les alcools forts (Rhum, Whisky...), la bière (avec ou sans alcool) et les sodas sucrés (Coca...) quand on fait des crises de goutte. Les boissons sucrées, telles que les sodas et les jus de fruits sucrés, sont également à éviter si vous cherchez à réduire votre taux d'acide urique. Ces boissons contiennent souvent du fructose, un type de sucre qui peut augmenter la production d'acide urique dans le corps. Limiter la consommation de boissons sucrées peut contribuer à réduire les niveaux d'acide urique et à prévenir les problèmes de santé associés à son excès.

►Surveillez les aliments qui peuvent déclencher une crise de goutte et qui ne contiennent pas une once d'acide urique. C'est le cas de l'alcool, des graisses cuites, des aliments trop riches en sucres surtout en fructose comme la confiture, le miel... D'ailleurs certains aliments spécifiques comme le chocolat ou les champignons peuvent être déclencheurs !

Les Aliments à Privilégier

« Les personnes qui souffrent de goutte (taux trop élevé d’acide urique dans le sang) doivent composer leur repas à 80 % de fruits et légumes, conseille la diététicienne-nutritionniste. Et s’orienter vers un régime de type crétois ou méditerranéen en pensant à y adjoindre des huiles d’olive et de colza.

Voici une liste des aliments à privilégier pour une alimentation basique et anti-inflammatoire :

  • Légumes : (sauf ceux riches en acide oxalique, comme les épinards, les blettes, l'oseille), pommes de terre
  • Oléagineux : amandes, noisettes (riches en calcium)
  • Autres : châtaigne, banane

Il faut privilégier les viandes maigres, la volaille sans la peau et les poissons maigres », conseille Aurore Lavergnat. Les œufs représentent une excellente source protéique en cas de goutte. Leur faible teneur en purines en font un choix judicieux pour maintenir un bon état de santé sans risquer d’augmenter la concentration d’acide urique dans le sang.

En revanche, si les légumineuses (lentilles, pois cassés, fèves…) apportent, elles aussi, des quantités appréciables de fibres, « elles sont riches en purines, avertit la diététicienne-nutritionniste. C’est pourquoi, il faut préférez les céréales complètes comme le riz complet, le riz noir, le riz rouge, le quinoa, le sarrasin, le petit épeautre, les pâtes semi-complètes.

Des omégas 3 pour soulager : Les acides gras de type omégas 3, dans leur version ALA (acide α -linolénique) agissent favorablement sur le processus inflammatoire, en produisant un certain type de prostaglandines ( PEG3). Le pourpier, la mâche, sans oublier les huiles végétales de 1ère pression à froid comme celles de colza, de cameline ou de lin détiennent le record en matière de teneur en ce précieux oméga 3, que l'organisme est incapable de fabriquer . Une fois n'est pas coutume, mieux vaut éviter les petits poissons gras (maquereau, hareng, sardine, anguille , anchois) richement pourvus en 2 autres types d'omégas 3 (EPA-acide eicosapentaénoïque et DHA -acide docosahexaénoïque) mais trop générateurs de purines, une fois dégradés et consommés par l'organisme.

Molécules anti-inflammatoires dans l'assiette

Calmer l'inflammation demeure possible en ciblant les aliments à mettre dans son assiette, à commencer par la grande famille des crucifères de par leur teneur en acides aminés soufrés qu'ils nous offrent. Le chou-fleur, le chou rouge et blanc, le chou de Bruxelles, le chou frisé, le brocoli, le chou-rave, le chou romanesco sont des légumes anti-inflammatoires, par nature, en plus d'être antioxydants, de par leur teneur en sulforaphane, un élément puissant capable d'induire des enzymes détoxifiantes qui s'opposent à la formation du radical superoxyde.

Coté aromates, l'ail demeure un alicament incoutournable, en plus de ses effets sur la réduction de l'artériosclérose et de sa normalisation sur la balance lipoprotéinique et de la pression sanguine : l'ail présente des vertus anti-inflammatoires et anti-oxydantes de par sa teneur en allicine, disulfures de diallyle, alliine et alliinase. Pensez également à mettre dans vos assiettes des légumes racines tout aussi puissants pour calmer le processus inflammatoire comme le radis noir, le navet, le rutabaga ou le raifort, aux vertus dépuratives hépatiques : l'odeur fortement marquée qui s'en dégage est due la présence de ces bénéfiques acides aminés soufrés.

Bon nombre de végétaux et de produits dérivés contiennent des polyphénols, des molécules aux vertus à la fois anti-oxydantes et anti inflammatoires de par les pigment qu'ils renferment. Parmi ceux-ci, les flavonoïdes solubles représentent un véritable arsenal thérapeutique, de par leur action sur la diminution de la douleur, entre autre.

Le lycopène, une molécule contenue dans la tomate, fait figure de bon premier, à condition toutefois de la consommer cuite sous forme de sauce, jus ou concentré, ses teneurs en antioxydants étant alors des plus élevés, associé de surcroit à une petite source d'acides gras pour en augmenter sa disponibilité. Côté fruit, la goyave, le pamplemousse rose et la papaye en sont richement pourvus.

Le raisin, les petits baies rouges et noires (bleuet, canneberge, groseille, cassis, myrtilles) sont pourvoyeuses d'anthocyanes, un autre type de molécules toutes aussi bénéfiques, également présentes dans les cerises, les agrumes ainsi que l'aubergine, l'asperge et l'oignon rouge.

Consommer 5 fruits et légumes de saison constitue une bonne base d'alimentation, afin de diminuer les douleurs, de corriger le terrain inflammatoire liés à cette pathologie en croissance, à condition toutefois d'associer le plus possible les différentes couleurs que Dame Nature nous offre à travers ce fabuleux panel de végétaux et précaution non des moindres, à privilégier ceux issus de l'agriculture raisonnée ou d'origine biologique.

Chez Saveurs et Vie nos menus sont personnalisables selon vos besoins et vos envies.

Hydratation et Goutte

En cas d’acide urique, il faut également penser à avoir une bonne hydratation « minimum 2 litres par jour, recommande Aurore Lavergnat. Il faut alterner l’eau éventuellement bicarbonatée comme Salvetat, Saint-Yorre, Vichy Célestins, Quézac… avec des tisanes.

Dans tous les cas, il faut boire au moins deux litres d’eau par jour ! De plus, le fait d’aller souvent uriner dans la journée limite la formation de ces cristaux.

Tableau Récapitulatif des Aliments Conseillés et Déconseillés

Catégorie d'aliments Aliments conseillés Aliments à éviter/limiter
Viandes Viandes maigres, volaille sans peau Abats, gibiers, viandes rouges, charcuteries, morceaux gras du porc et du veau
Poissons Poissons maigres Poissons gras (en excès), fruits de mer
Légumes La plupart (sauf épinards, oseille, blettes avec modération) Asperges, chou-fleur, champignons
Légumineuses Céréales complètes (riz complet, quinoa, sarrasin) Lentilles, pois chiches, haricots secs
Produits laitiers Lait écrémé, yaourts nature Crème fraîche, lait entier, fromages à pâte dure
Boissons Eau (2 litres par jour), tisanes, café, thé (avec modération) Alcools forts, bière, sodas sucrés, jus de fruits sucrés
Fruits Tous (en privilégiant ceux riches en potassium) Fruits secs (avec modération)
Matières grasses Huiles d'olive, de colza, de lin (1ère pression à froid) Graisses animales, huiles de tournesol et de pépins de raisins

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