Les Hauts-de-France sont une région d’élevage importante, où les éleveurs sont engagés dans la valorisation du savoir-faire et des ressources locales. Près de la moitié des exploitations régionales sont concernées par une activité d’élevage, qui ne se limite pas aux vaches, cochons, volailles et moutons, mais inclut également chevaux, chèvres, poules, lapins, gibiers, escargots et abeilles. Les consommateurs peuvent s’approvisionner en bœuf, porc, mouton, volaille ou lapin en circuit-court.
Dans cette dynamique, plusieurs groupements d’éleveurs sont engagés dans des démarches qualité concernant l’alimentation, la durée d’élevage, le bien-être animal et la proximité de l’abattage. Parmi les initiatives notables, on trouve la valorisation de races porcines locales, comme le Porc Blanc de l’Ouest et le Porc des Hauts Pays Nord - Pas-de-Calais.
Le Porc Blanc de l’Ouest est né de la fusion des races Craonnaises et Normandes en 1958. D’origine celtique, il est issu de la fusion en 1958 des races Craonnaise, Normande et Flamande.
Cependant, entre 1968 et 1970, l’agriculture s’intensifie et les éleveurs se désintéressent du Porc Blanc de l’Ouest, dont les effectifs chutent. On cherche alors des races à croissance rapide, adaptées à l’élevage intensif en bâtiments. En 1982, un programme de sauvegarde est proposé aux éleveurs.
Le Porc Blanc de l’Ouest est un porc de grande taille, à peau blanche légèrement rosée et à soies blanches avec un épi sur le dos et une rosace sur la croupe. Sa poitrine est profonde et le jambon bien descendu. Chez l’adulte, la tête présente un profil concave prononcé et les oreilles attachées haut se rejoignent au niveau du groin. C’est une race rustique, à croissance lente, particulièrement adaptée à l’élevage en plein air ou semi plein-air. Sa sociabilité ainsi que sa rusticité en font un animal particulièrement adapté à l’élevage en plein-air. Elle est essentiellement présente en Bretagne et en Pays de la Loire.
Les truies sont reconnues pour leurs qualités maternelles. Elles ont deux portées par an, avec en moyenne 7 porcelets sevrés par portée. Le Porc Blanc de l’Ouest fait partie intégrante de la biodiversité bretonne, et c’est pour cela que les éleveurs essayent de le sauvegarder alors qu’il est toujours en danger de disparition. Le Porc Blanc de l’Ouest est considéré comme « menacé d’abandon pour l’agriculture » en France.
Aujourd'hui, environ 170 truies et une cinquantaine de verrats sont répartis chez une quarantaine d’éleveurs situés principalement dans l’Ouest, selon les chiffres du Syndicat des éleveurs de porc blanc de l’Ouest. Par ailleurs, « la race fait partie d’un programme de conservation des six races locales de porcs (pie noir du Pays basque, porc de Bayeux, gascon, cul noir limousin, porcu nustrale) géré par l’Institut du Porc (Ifip). Le porc blanc de l’Ouest possède son propre livre généalogique au Ligéral, l’association des livres généalogiques collectifs des races locales de porcs.
Voici quelques caractéristiques de l'élevage du Porc Blanc de l'Ouest :
La race rustique du porc blanc de l’Ouest, élevée en plein air, offre de belles qualités gustatives. À l’origine de la création du jambon de Paris ou des rillettes traditionnelles, il est le seul cochon français dont la graisse contient des acides gras polyinsaturés très riches en oméga 3 et oméga 6. « Il produit un gras de plusieurs centimètres d’épaisseur et une viande persillée. Ce qui permet une cuisson sans ajout de matière grasse », explique Benoît-Joseph Cochin.
Aujourd'hui, des éleveurs comme Benoît-Joseph Cochin et ses frères continuent de valoriser cette race locale. « On est fier de produire une race locale. Il faut la valoriser. Et pourquoi pas aller concurrencer le noir de Bigorre, le cochon star des races rustiques », imagine Benoît-Joseph Cochin.
Un Porc Blanc de l'Ouest se nourrissant dans un enclos extérieur.
Dans les Hauts-de-France, la filière Ch’ti porc des Flandres est issue d’un regroupement entre éleveurs, abattoir et deux salaisonniers. Ce contrat tripartite, mis en place depuis 2016, rend possible la valorisation de nos carcasses en viande fraîche et salaison, ce qui contribue à une rémunération directe du consommateur vers les éleveurs pour chaque kilo vendu dans un magasin LIDL, en toute transparence. Un porc 100% local né, élevé et transformé en Hauts-de-France.
La région des Hauts-de-France soutient les éleveurs pour favoriser le bien-être animal et obtenir une viande de qualité. Avec pas moins de 670 exploitations et 620 000 animaux (chiffres 2019), toutes les filières des Hauts-de-France militent pour le bien-être animal. Qu’il soit membre du porc des Hauts Pays, du porc d’Antan, du Ch’ti porc, du Ch’ti porc des Flandres ou du porc Petit lait, chaque éleveur s’engage à chouchouter ses cochons au mieux de ses possibilités.
Les éleveurs de porc des Hauts Pays offrent à leurs animaux un menu trois étoiles à base de céréales nobles (maïs, orge, blé, colza, pois) qui passe à quatre s’ils ajoutent des graines de lin très riches en oméga 3. Question confort, ils optent pour des boxes plus grands que la moyenne et les couvrent au besoin d’un tapis de paille. De larges courettes ouvertes sur l’extérieur et un engraissement qui peut aller jusqu’à cinq mois et demi font des clients satisfaits de la tendreté d’une viande réputée comme l’une des plus sèches.
Plusieurs labels et certifications garantissent la qualité et l'origine de la viande porcine dans les Hauts-de-France :
Ces initiatives témoignent de l'engagement des éleveurs et des acteurs de la filière porcine des Hauts-de-France à offrir une viande de qualité, respectueuse du bien-être animal et valorisant les ressources locales.
Élevage de porcs en plein air, favorisant le bien-être animal.
| Race/Filière | Caractéristiques | Engagements |
|---|---|---|
| Porc Blanc de l'Ouest | Race rustique, croissance lente, adaptée à l'élevage en plein air | Sauvegarde de la race, autonomie alimentaire, vente en local |
| Porc des Hauts Pays | Viande tendre et persillée | Bien-être animal, alimentation de qualité, circuits courts |
| Ch'ti porc des Flandres | Porc 100% local né, élevé et transformé en Hauts-de-France | Transparence, rémunération directe des éleveurs |
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