Ouvrir un magasin alimentaire : Guide complet pour réussir votre projet en France

Vous vous lancez dans le commerce de détail ? Vous avez probablement déjà réalisé votre étude de marché pour analyser les opportunités, les défis et la concurrence dans votre secteur d’activité. Si vous cherchez des informations fiables et à jour sur les coûts d’ouverture d’un commerce de détail, vous êtes au bon endroit. Ouvrir un commerce alimentaire nécessite un budget important. La trésorerie est également un élément clé à prévoir pour les premiers mois d'activité, où les revenus peuvent être limités. Il vous faudra donc solliciter des fonds auprès d’établissements bancaires et/ou de partenaires. Certaines aides à la création d’entreprise existent, comme l'exonération fiscale en zones prioritaires.

Les étapes clés pour ouvrir un commerce alimentaire

1. Le business plan : une étape incontournable

La troisième étape à réaliser avant d’ouvrir un commerce alimentaire est de penser à son business plan. Vous devez ainsi établir des prévisions financières mais aussi y intégrer l’étude de marché, c’est-à-dire identifier l’offre (vos potentiels concurrents) ainsi que la demande. Faire un business plan est obligatoire. Il permet de savoir si votre projet est viable financièrement et de le présenter aux banques (partenaires et financeurs). On vous explique les étapes pour construire votre business plan dans notre fiche dédiée.

L'étude de marché permet de savoir si votre commerce a une chance ou non d'être rentable. On vous explique les 4 étapes : le marché, l'offre, la demande et l'environnement.

  • Qui seront vos clients ? Vous devez définir précisément le profil de vos futurs clients (âge, sexe, budget, goûts, etc.). Vous devez calculer le nombre prévisionnel de vos clients par semaine, par mois, par an.
  • Quels seront les produits vendus ? Vous devez définir précisément quels seront les produits, services ou marchandises que vous souhaitez vendre. Vous devez prévoir de les faire évoluer en fonction des modes, des comportements, etc.

2. Le choix du local et de l'emplacement

L'emplacement géographique de votre commerce est un élément essentiel à la réussite. Vous devez choisir votre local commercial en fonction de votre activité et de vos clients.

Sur quels critères choisir ?

Les critères pour choisir votre emplacement sont les suivants :

  • Environnement commercial immédiat : plus votre local sera entouré d'autres commerces, plus il y aura de clients potentiels
  • Nature des commerces environnants : une rue de commerces "de bouche" (alimentaires) sera moins fréquentée l'après-midi
  • Accès à votre local : largeur du trottoir, proximité de places de parking, sens de circulation, rue piétonne, etc.
  • Visibilité : y a-t-il des obstacles (mobiliers urbains) devant le local, la vitrine est-elle bien visible depuis le trottoir ?
  • Historique du lieu : à vérifier auprès des commerces environnants.

À noter : Pensez à chiffrer les éventuels travaux pour adapter le lieu à votre commerce.

Vous avez 2 possibilités pour obtenir un local commercial :

  • Soit vous l'achetez (vous êtes alors propriétaire d'un fonds de commerce
  • Soit vous le louez (vous payez alors le loyer d'un bail commercial)

3. Le budget nécessaire

Le budget nécessaire pour ouvrir un commerce alimentaire est plutôt élevé. Pour un commerce alimentaire de proximité, le budget initial peut aller de 50.000 à 150.000 €.

L’achat ou la location d’un local commercial ou l’achat d’un fonds de commerce : la plus grande partie de votre budget devra être consacrée à cette dépense (sauf s’il s’agit d’une boutique en ligne), qui varie selon l’emplacement et la superficie.

  • Les travaux d’aménagement de votre local : le design et les dépenses liés à l’aménagement, l’achat du mobilier, etc.
  • L’achat d’équipements : congélateurs, réfrigérateurs, étals, autres équipements spécifiques à votre activité. À titre d’exemple, pour une boucherie, vous devrez acheter une trancheuse, un hachoir, etc.
  • Le budget marketing.

Important : Vous devez aussi vous conformer aux normes d’hygiène et de sécurité en vigueur pour votre activité et aux règles concernant l’étiquetage des produits.

4. Les formalités de création d'entreprise

Ouvrir un commerce alimentaire nécessite enfin d’en passer par la réalisation de formalités de création d’entreprise, en fonction de la structure juridique de votre choix.

  • En EI ou auto-entreprise : les formalités sont simplifiées.
  • En société : vous devez rédiger et signer les statuts, déposer le capital social sur un compte bancaire dédié et publier un avis dans un journal d’annonces légales.

Les formalités d'immatriculation doivent toutes s'effectuer sur le site internet du Guichet des formalités des entreprises, quelle que soit la forme juridique de votre entreprise (microentreprise, entreprise individuelle (EI) ou société). Le déclarant doit créer un compte personnel. Puis il doit cliquer sur la colonne « Entreprise » puis sur « Déposer une formalité d'entreprise ». Un formulaire en ligne interactif de 8 pages lui est proposé ; il doit le remplir pas à pas. Un mode d'emploi est proposé sur ce site internet du Guichet unique.

Les documents justificatifs à fournir sont différents selon le statut juridique de votre entreprise.

Micro-entreprise

Lors de la demande d'immatriculation auprès du guichet des formalités des entreprises, il faut indiquer un certain nombre d'informations et joindre les documents suivants :

  • Justificatif de domiciliation de l'entreprise avec l'adresse clairement identifiable (facture d'eau, d'électricité ou de gaz par exemple)
  • En cas de signature d’un contrat d'appui au projet d'entreprise (Cape) : copie du contrat
  • Documents concernant l'entrepreneur :
    • Déclaration sur l'honneur de non-condamnation et attestation de filiation datées et signées par l'entrepreneur
    • Copie de la pièce d'identité de l'entrepreneur
    • Copie authentique de la déclaration relative à l'insaisissabilité des biens immobiliers non affectés à l'activité professionnelle
    • Si l'entrepreneur exerce une activité réglementée : copie de l'autorisation d'exercice de l'activité, du diplôme ou du titre
    • Si l'entrepreneur est marié sous le régime de la communauté : exemplaire daté et signé de l'attestation de délivrance de l'information donnée à l'époux des conséquences sur les biens communs des dettes contractées dans l'exercice de la profession de l'entrepreneur
  • Si le conjoint ou le partenaire de PACS travaille avec l'entrepreneur :
    • Attestation sur l'honneur sur le choix du statut (salarié, associé ou collaborateur)
    • Extrait d'acte de mariage ou de PACS ou extrait d'acte de naissance avec la mention du mariage ou du PACS.
  • En cas d'achat de fonds commerce : copie de l'acte de vente et de l'attestation de parution dans un support d'annonces légales de l'avis relatif à l'achat
  • En cas de location-gérance du fonds de commerce : copie du contrat de location-gérance et de l'attestation de parution dans un support d'annonces légales de l'avis relatif à la prise en location-gérance
  • En cas de gérance-mandat de fonds de commerce : copie du contrat de gérance-mandat et de de l'attestation de parution dans un support d'annonces légales de l'avis relatif à la prise en gérance-mandat
  • En cas de donation : copie de l'acte de donation et du droit au bail
  • En cas de dévolution successorale : copie de l'acte notarié ou de l'inventaire, et du droit au bail

À savoir : Si la personne qui réalise la formalité d'immatriculation n'est pas l'entrepreneur, elle doit joindre à la demande un exemplaire du pouvoir (acte authentique ou acte sous signature privée) l'autorisant à effectuer des démarches au nom de l'entrepreneur.

À noter : Tous ces documents doivent être numérisés et téléchargés lorsque vous complétez le formulaire de création d'entreprise, à la fin de la procédure.

Les mêmes documents sont à fournir pour une Entreprise individuelle.

Société (SAS, SARL, EURL)

Il est possible de démarrer votre activité avant l'immatriculation de la société. Par exemple, il peut être nécessaire de signer un contrat de bail ou bien de facturer des futurs clients. Il est important d'indiquer sur tous les documents la mention "Société en cours de formation". La demande d'immatriculation doit être faite au plus tard dans les 30 jours qui suivent le début d'activité. À l'inverse, il est aussi possible de démarrer son activité après la demande d'immatriculation. Dans ce cas, la date de démarrage d'activité doit être fixée au plus tard dans les 15 jours qui suivent la demande d'immatriculation.

Vous devez joindre les documents suivants :

  • Si vous n'avez pas signé vous-même votre déclaration de création d'entreprise, original du pouvoir par lequel vous autorisez un tiers à signer la déclaration à votre place
  • Justificatif de domiciliation de votre entreprise avec l'adresse clairement identifiable (facture d'électricité, contrat de bail)
  • Attestation de parution de l'avis de création dans un support d'annonces légales
  • Déclaration sur l'honneur de non-condamnation et attestation de filiation datées et signées par vous-même
  • Copie de votre pièce d'identité
  • Exemplaire original des statuts de votre société, daté et signé par tous les associés ou leur mandataire justifié par un exemplaire original du pouvoir spécial ou d'une expédition
  • Si vous exercez une activité réglementée, copie de l'autorisation d'exercice de l'activité, du diplôme ou du titre
  • Si vous êtes marié, exemplaire daté et signé de l'attestation de délivrance de l'information donnée au conjoint des conséquences sur les biens communs des dettes contractées dans l'exercice de votre profession

À noter : Tous ces documents doivent être numérisés et téléchargés lorsque vous complétez le formulaire de création d'entreprise, à la fin de la procédure.

5. Le commerce en ligne : une alternative ou un complément

Avec la digitalisation croissante du commerce, ouvrir un commerce alimentaire en ligne peut être une alternative ou un complément à un magasin physique.

  • Choix de la plateforme de vente : vous pouvez opter pour une plateforme de vente en ligne dédiée ou créer votre propre site e-commerce.
  • Logistique et livraison : la gestion de la logistique est un point clé pour un commerce alimentaire en ligne.
  • Marketing digital : pour attirer et fidéliser les clients, il est essentiel de mettre en place une stratégie de marketing digital efficace.
  • Les conditions générales de vente (CGV) qui doivent impérativement apparaître sur le site internet de votre commerce alimentaire en ligne.

La vente en ligne est une option intéressante si vous avez un budget limité. La création de contenus optimisés, de fiches produits : le référencement est primordial en matière d’e-commerce.

Bon à savoir : Votre site doit clairement indiquer les conditions générales de vente (CGV), incluant la politique de retour et de remboursement et le délai de rétractation. Il doit également être sécurisé et garantir au client la confidentialité de ses données et un paiement sécurisé. Il est fortement recommandé de faire appel à un service juridique pour rédiger les CGV, ce qui entraîne des coûts. En ce qui concerne la protection des informations et des transactions, des frais supplémentaires sont à prévoir.

Comment créer un business plan étape par étape ? #LaChecklist | Crédit Agricole

6. Les autres considérations importantes

  • Avez-vous le droit de devenir commerçant ? Vous devez être majeur et ne pas avoir été condamné en justice pour certains délits.
  • Êtes-vous fait pour entreprendre ? Il est important de vous poser cette question en amont de votre projet. Vous devez vous assurer de votre capacité à créer et gérer une entreprise.
  • Comment anticiper les difficultés ?
    • Formez-vous à votre futur métier (ces formations ne sont pas obligatoires) : Stage d'immersion dans le secteur commercial concerné, Formation pour connaître l'entrepreneuriat, Initiation à la gestion et à la comptabilité
    • Faites-vous accompagner : Par des réseaux de professionnels, Rencontrez des commerçants
    • Prévoyez les difficultés concrètes : Faites une réserve financière pour faire face aux imprévus, Préparez-vous au rythme soutenu de travail : week-end et soirée, heures supplémentaires
  • Un diplôme est-il nécessaire ? Si votre profession est réglementée, vous devez posséder un diplôme ou une carte professionnelle.

7. Les aides et accompagnements

Avant de vous lancer, vous pouvez solliciter différentes solutions d'accompagnement. Rapprochez-vous de la CCI de votre région. Les CCI proposent chacune des formations et un suivi personnalisé sur votre projet. Selon le type de commerce que vous souhaitez ouvrir, des structures permettent de tester votre projet. Il s'agit d'incubateur, d'accélérateur ou de couveuse d'entreprises.

8. Commerce indépendant ou franchisé ?

Vous devez choisir si votre commerce sera indépendant ou s'il appartiendra à une « chaîne » de commerces standardisés appelée "franchise". Votre choix dépend de plusieurs critères dont votre budget, la nature du commerce, votre personnalité, etc.

9. Quel statut juridique pour votre entreprise ?

Vous devez choisir le statut de votre entreprise. Plusieurs statuts sont possibles : Entreprise individuelle (EI) (dont micro-entreprise), Ou les différents types de sociétés : SARL, SAS, etc. Si vous ne souhaitez pas d'associés : EURL ou SASU.

À noter : Le statut de micro-entrepreneur oblige à respecter des seuils de CA qui limitent rapidement le développement de votre activité. Le seuil limite annuel est de 188 700 €.

10. Les autorisations spécifiques

Des autorisations sont liées à des commerces particuliers : Commerce ambulant, Commerce sur un marché ou dans une halle, Brocanteur, antiquaire, dépôt-vente, Café, bar et restaurant, Tabac.

Si vous occupez l'espace public extérieur (terrasse, etc.) ou si votre commerce empiète sur le trottoir ou sur une place, vous devez demander une autorisation à votre mairie. Il s'agit d'une AOT. Cette formalité concerne surtout les bars et restaurants, mais pas seulement. Exemple : Si vous avez un commerce de meubles ou de brocantes, vous pouvez vouloir mettre des objets à vendre sur le trottoir devant votre magasin.

11. La location-gérance

Vous pouvez également opter pour la location gérance pour ouvrir votre commerce alimentaire. En effet, la location gérance vous permet de louer un fonds de commerce pendant une certaine durée prévue par le contrat de location gérance. Ainsi, elle vous permet de déterminer si l’activité au sein du commerce alimentaire est rentable ou non.

Le plan stratégique de Carrefour 2030 : une vision pour l'avenir du commerce alimentaire

Alexandre Bompard, PDG du groupe Carrefour, a présenté son troisième plan stratégique à la tête de Carrefour. Carrefour 2030 se veut « offensif, recentré et technologique ». Ce troisième plan intervient après une année 2025 qualifiée de « solide » par le groupe, marquée par un chiffre d’affaires de 91,5 milliards d’euros, en hausse de +2,8 % en comparable, et une marge opérationnelle en France remontée à 3 % hors Cora & Match.

Les piliers du plan Carrefour 2030

  • Recentrage géographique : Carrefour concentre désormais son organisation et ses investissements sur trois pays : la France, l’Espagne et le Brésil.
  • Compétitivité prix : Alexandre Bompard s’engage « à améliorer chaque année la compétitivité prix en France sur toute la durée du plan ».
  • Offensive sur le frais : Carrefour place le frais au cœur de son offensive.
  • Productivité : Carrefour vise un milliard d’euros d’économies annuelles d’ici 2030.
  • Intelligence artificielle : Carrefour déploie à grande échelle la plateforme Vusion et met en place une IA Factory.
  • Transformation de l'hypermarché : Carrefour change de posture et réalloue les surfaces vers des catégories en croissance.
  • E-commerce : Carrefour poursuit le développement d’Unlimitail, sa joint-venture retail media avec Publicis.
  • RSE : Carrefour 2030 ne change pas de cap mais élève le niveau d’exigence sur le terrain environnemental et sociétal.

Tableau récapitulatif des objectifs de Carrefour 2030

Objectif Détail
Part de marché en France 25 % d'ici 2030
Part de marché au Brésil 20 % d'ici 2030
Taux de pénétration des fruits et légumes 50 % (contre 41 % en 2025)
Chiffre d'affaires frais provenant des solutions repas (France) 20 %
Économies annuelles 1 milliard d'euros d'ici 2030

En optant pour un projet réaliste sur le plan budgétaire, vous pouvez espérer créer une entreprise viable et rentable.

tags: #plan #magasin #alimentaire #exemple

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