Pierre Ménès : Accusations, Procès et Condamnation pour Agression Sexuelle

L'ancien chroniqueur sportif de Canal+, Pierre Ménès, s'est retrouvé au cœur d'une affaire judiciaire suite à des accusations d'agressions sexuelles. Retour sur les faits, le procès et le verdict rendu par le tribunal correctionnel de Paris.

Que ce soit sur un plateau de télévision ou devant la 24e chambre du tribunal correctionnel de Paris, Pierre Ménès ne s’en cache pas : il regrette cette époque actuelle post #MeToo dans laquelle, selon lui, on ne peut plus mettre « une petite tape sur l’épaule d’une femme » et où toute bise devient suspecte.

« Aujourd’hui, tout geste envers une femme est inapproprié, je vous parle avec mon expérience, de ce que je vis depuis deux ans », insiste l'ex-chroniqueur sportif âgé de 59 ans.

L’homme, tout de bleu vêtu, lunettes à larges montures, n’a pourtant pas été convoqué pour débattre de l’évolution des mœurs mais bien pour répondre de trois agressions sexuelles.

Les Accusations Initiales

Les premiers faits dénoncés remontent au 18 juin 2018. Deux employées du magasin Nike des Champs-Elysées ont fait remonter à leur hiérarchie avoir été la cible de gestes déplacés de la part de Pierre Ménès.

  • La première a expliqué que le chroniqueur lui avait caressé le dos jusqu’aux fesses.
  • La seconde a raconté que ce dernier avait d’abord collé son torse contre sa poitrine, s’exclamant « mais c’est énorme », puis s’était glissé, quelques minutes plus tard, derrière elle, frottant ainsi son sexe contre ses fesses.

Si la première scène se trouvait dans un angle mort, des caméras de surveillance ont pu capter la seconde, accréditant les propos de la vendeuse.

La Défense de Pierre Ménès

Mémoire à géométrie variable Pierre Ménès jure ne pas se souvenir de la première vendeuse. Quant à la seconde, qui se trouvait dans le rayon basket-ball du magasin, il s’agissait, selon ses dires, d’une simple plaisanterie. « C’était pour rigoler, j’ai fait un check, torse contre torse, comme le font les basketteuses », assure sans ciller l'ancien chroniqueur sportif. Et d’insister : « compte tenu de ma détente verticale légendaire, j’ai pas dû aller bien haut ».

Interrogé sur l’incongruité et le caractère déplacé d’un tel geste par le président, Pierre Ménès n’y voit qu’une marque « d’humour » et de « convivialité ». « Ce que j’ai fait ne me choque pas, sinon je ne l’aurais pas fait », lâche-t-il.

Quid des images de vidéosurveillance qui le montre fixer la poitrine de la vendeuse avant de faire un commentaire ?, l’interroge la procureure. « Très franchement, je ne me souviens pas de sa poitrine », assure le prévenu pour se dédouaner.

En revanche, pour justifier s’être glissé derrière la jeune femme, il invoque la « géographie du magasin », dont il se souvient cette fois-ci distinctement. « Objectivement, y avait pas de place pour que je passe, j’ai certainement mis la main pour lui dire que je passe. » Et qu’importe le regard gêné de la jeune femme qui apparaît très nettement sur la vidéo.

Mais à entendre Pierre Ménès ce mercredi, c'est lui la première victime de cette affaire. « Je suis extrêmement choqué que les deux faits soient arrivés le même jour, je pense qu’il y a concertation », insiste-t-il.

Un « coup monté », également, à ses yeux, les accusations portées deux ans plus tard par une hôtesse du Parc des Princes. Elle affirme que Pierre Ménès s’est collé à elle alors qu’elle était occupée avec un client et en aurait profité pour lui toucher la poitrine.

Mais dans ce volet, les vidéos ne sont pas probantes et une autre hôtesse, pourtant citée par la victime, affirme n’avoir rien remarqué. « C’est bien le propre du coup monté », insiste le prévenu.

« Je note avec intérêt que je n'ai pas le droit de m'arrêter », se défend Pierre Ménès. "Alors que j'avais des douleurs horribles au genou avec le regard dans le vague". Pierre Ménès explique: "Le Parc des Princes a été le coup de grâce". Il dit avoir tout perdu. Il explique qu’il vit aujourd’hui du chômage et de sa pension d’invalidité. "Si elles avaient déposé plainte pour réclamer du fric, j’aurais moins pensé à un coup monté".

Pierre Ménès réagit aux accusations de Marie Portolano | Estelle Midi

Réactions et Réquisitions

Quel intérêt avaient les victimes à le piéger ?, interroge le ministère public. D’autant qu’aucune de ces femmes n’a souhaité porter plainte, ni ne s’est présentée à l’audience pour témoigner contre lui et réclamer des dommages et intérêts.

Pierre Ménès voit dans leur absence la preuve qu’elles ne souhaitent pas être confrontées à lui. Dans des explications alambiquées, il évoque ses chroniques très « cash » et qui ne plaisaient pas à tout le monde. Ces jeunes femmes n’ont pourtant rien à voir avec le milieu sportif ou journalistique, insiste le ministère public. « On a pu leur suggérer... », répond-il du tac au tac.

Dénonçant une « banalisation de comportements qui sont répréhensibles au plan pénal », la procureure a requis 8 mois de prison avec sursis, 10.000 euros d’amende ainsi qu’une inscription au Fijais, le fichier des auteurs d’infractions sexuelles. « Ce n’est pas le haut du spectre des agressions sexuelles, on a vu dans ce tribunal des faits plus graves, mais je dis qu’on a ici des éléments qui permettent de caractériser des gestes à connotation sexuelle ».

Le Verdict

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné, mercredi 19 avril, l’ex-consultant vedette de Canal+ à deux mois de prison avec sursis pour « agression sexuelle ».

Souffrant, Pierre Ménès était absent, mercredi 19 avril, lorsque le président de la 24e chambre du tribunal correctionnel de Paris a prononcé sa « relaxe partielle avec une déclaration de culpabilité ».

L’ex-chroniqueur sportif de Canal+, 59 ans, a été condamné à deux mois prison avec sursis et une peine d’« inéligibilité d’un an » pour « agression sexuelle ».

« C’est une peine a minima », a expliqué le président de la cour, qui n’a pas demandé l’inscription de M. Ménès au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes.

Si M. Ménès a été blanchi concernant le volet Parc des princes, il a été partiellement relaxé pour les faits présumés commis au magasin Nike.

Concrètement, le tribunal lui reproche d’avoir « eu un contact » avec l’une des vendeuses de l’enseigne, A. T., en lui prenant les mains. Un fait « corroboré » par la vidéosurveillance examinée par les enquêteurs et dont le contenu a été rapporté sur procès-verbal.

« Pour le reste des faits, il y a un doute conséquent et le tribunal n’est pas entré en voie de culpabilité », a précisé le président.

L’ex-chroniqueur, qui a quitté Canal+ en juillet 2021 après avoir scellé avec la chaîne un accord transactionnel (à hauteur de 400 000 euros), avait réfuté être « tactile » dans la vie quotidienne et affirmait que « dans [s]on geste de 2018, il n’y a que convivialité et humour ».

Pierre Ménès a été condamné à deux mois de prison avec sursis en avril 2023 pour une agression sexuelle envers une vendeuse d'un magasin en 2018, et relaxé pour deux autres plaintes.

Réactions Post-Verdict

« J'ai donc été innocenté sur 95% des faits qui m'étaient reprochés et surtout ce qui est le plus important pour moi sur cette histoire du Parc des Princes qui était un mensonge éhonté », a réagi Pierre Ménès sur sa chaîne YouTube, précisant "se réserver le droit" de faire appel.

« On lui reproche d'avoir touché les mains de la vendeuse (...)", s'est insurgé son avocat Me Arash Derambarsh, se félicitant néanmoins d'un "désaveu du parquet". "Nous condamnons une fois encore le tribunal médiatique qui a détruit la vie d'un homme sans la moindre preuve et sur le fondement de malveillance", a-t-il ajouté.

Lors du procès le 8 mars, la procureure avait requis huit mois de prison avec sursis et 6.000 euros d'amende pour des "comportements qui sont sur le plan pénal répréhensibles" et qui "correspondent à une sorte d'abus de notoriété, de pouvoir".

Lors du procès, M. Ménès avait contesté vigoureusement toute agression sexuelle, dénonçant un "dossier vide" et parlant d'un "coup monté". Il a porté plainte pour "violation du secret de l'enquête" et "dénonciation calomnieuse".

« Cette condamnation est d’abord un désaveu pour le parquet de Paris », a réagi auprès du Parisien l’avocat de Pierre Ménès, Me Arash Derambarsh. « La condamnation ne porte que sur le fait que Pierre Ménès ait touché les mains d’une vendeuse, sur le fondement d’une vidéo qui a été détruite et que le tribunal n’a même pas pu visionner. La 24e chambre correctionnelle a donc consacré le fait que l’on puisse commettre une infraction pénale lorsque l’on touche les mains d’une vendeuse. Nous condamnons une fois encore le tribunal médiatique qui a détruit la vie d’un homme sans la moindre preuve et sur le fondement de malveillances. » L’avocat de la défense précise que son client compte interjeter appel de la décision.

Tableau Récapitulatif des Accusations et Verdicts

Date et Lieu Accusation Verdict
18 juin 2018, Magasin Nike Champs-Élysées (Vendeuse 1) Caresses dans le dos jusqu'aux fesses Relaxé
18 juin 2018, Magasin Nike Champs-Élysées (Vendeuse 2) Contact torse contre poitrine, frottements du sexe contre les fesses Coupable d'agression sexuelle (contact des mains), relaxé pour le reste
20 novembre 2021, Parc des Princes Attouchements à la poitrine et au ventre Relaxé

L'ex-chroniqueur du "Canal Football Club" a quitté l'entreprise le 1er juillet 2021, mettant fin à près de douze ans de collaboration, après un scandale lié à la diffusion du documentaire "Je suis une journaliste, je ne suis pas une salope". Des accusations découlant de ce documentaire font l'objet d'une enquête à Nanterre pour agressions sexuelles et harcèlement sexuel.

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