Si vous tenez, un minimum, à votre santé : ne faites pas comme moi, qui écris cet article. J'ai pris la fâcheuse habitude de manger des lardons fumés crus, ces mets savoureux me rappelant le goût exquis du bacon. Bizarre ? Peut-être, mais après tout, chacun ses goûts !
Ceci étant dit, manger du porc cru est dangereux. Si certaines viandes comme le bœuf se consomment crues sans danger, la viande de porc n’en fait pas partie. En raison de la présence potentielle de bactéries et de parasites, cette viande doit absolument être cuite avant consommation. La cuisson permet de détruire les agents pathogènes qui, sinon, peuvent causer des infections graves chez l’homme.
Selon l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), "la consommation de viande de porc et de foie de porc crus ou mal cuits est la cause la plus fréquente d'infection par l'hépatite E dans l'UE". Autrement dit, manger du porc cru n’est pas seulement une question de goût, mais un véritable enjeu de santé publique.
Manger du porc cru ou mal cuit n'est généralement pas une bonne idée à cause du risque Trichinella Spiralis, un ver parasite qui peut parfois être présent dans la viande de cet animal. Ce parasite peut survivre dans l’organisme humain et être dangereux pour notre santé. C'est pourquoi la tradition veut que le porc soit toujours consommé cuit... Mais est-il vraiment nécéssaire de toujours cuire la viande de porc ? Serait-il possible de manger du porc mal cuit ou cru ?
La viande de porc, lorsqu'elle est crue ou insuffisamment cuite, est un nid à bactéries et parasites. Voici les principaux dangers :
Parmi les plus courantes, on trouve la salmonelle - une bactérie qui se développe dans les intestins des animaux, y compris ceux du porc. Lorsqu'elle est ingérée par l’homme à travers une viande mal cuite, elle peut causer des infections gastro-intestinales importantes, telles que la gastro-entérite, voire la fièvre typhoïde.
Pour éviter les risques liés à la salmonelle, il est impératif de cuire la viande de porc à cœur, comme l'indique un rapport de l'EFSA. Les symptômes de l’intoxication incluent des nausées, des vomissements et des douleurs abdominales, avec des conséquences graves pour les populations vulnérables comme les enfants et les personnes âgées. Exit donc les lardons crus.
Un rapport annuel de l'IFIP indique que la production de viande de porc en France est globalement contaminée autour de 5% en Salmonella. L’IFIP considère que le niveau normal de contamination en Salmonella d’un producteur de chipolatas qui travaille correctement se situe autour de 2%. La détection de Salmonella sur ce type de produit doit être regardée comme un indicateur d’hygiène des procédés et suivi dans le temps en termes de prévalence.
En plus des bactéries, le porc peut être contaminé par des parasites comme le Trichinella spiralis. Ce ver microscopique provoque la trichinose chez l'humain, une maladie qui attaque les muscles et le système nerveux. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), cette infection est particulièrement courante dans les régions où les porcs sont encore nourris avec des déchets alimentaires non contrôlés.
En 2024, un Américain a été hospitalisé pour des migraines chroniques, une situation qui a rapidement pris un tournant inattendu après des examens d’imagerie. Les médecins ont découvert des kystes dans son cerveau causés par des larves de ténia, une infection appelée neurocysticercose, explique La Dépêche. Infection souvent provoquée par l'ingestion de viande de porc insuffisamment cuite, dans ce cas du bacon.
Le ténia, un parasite intestinal, s'était développé dans son système digestif et avait migré vers son cerveau, causant des maux de tête sévères. Ce type d'infection est rare mais peut survenir lorsque la viande de porc mal cuite est contaminée par le Taenia solium, également appelé "ver solitaire".
L’hépatite E est, aussi, un risque important associé à la consommation de porc cru ou insuffisamment cuit. Selon l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), plus de 21 000 cas d'hépatite E ont été signalés en Europe au cours des dix dernières années, avec une augmentation notable des infections alimentaires.
Le porc, en particulier son foie, est considéré comme le principal vecteur de transmission de ce virus dans l'Union européenne (UE). Ce virus attaque principalement le foie, provoquant des symptômes allant de légères douleurs abdominales à des lésions hépatiques graves, en particulier chez les personnes déjà fragilisées.
L’EFSA estime que cette hausse des infections est directement liée aux habitudes de consommation de porc cru ou mal cuit dans plusieurs pays européens. Rosina Girones, présidente du groupe de travail de l’EFSA sur l’hépatite E, a confirmé que "la principale source de transmission de la maladie en Europe est l’alimentation", une constatation qui tranche avec les idées reçues selon lesquelles l’eau contaminée en serait le principal responsable.
Cuire le porc à une température interne d’au moins 71 °C est une recommandation clé des agences sanitaires pour éliminer les bactéries et les parasites. Que ce soit à la poêle, au four ou au barbecue, la chaleur est votre meilleure alliée pour garantir une consommation sans danger.
Si vous aimez les plats de viande crue, il est important de privilégier d'autres types de viandes plus sûres, comme le bœuf, à condition de suivre des règles strictes d'hygiène et de préparation. Bien que certains élevages modernes aient réduit le risque de contamination parasitaire, manger du porc cru reste une pratique risquée, surtout si vous ne connaissez pas l'origine de la viande.
La conservation adéquate de la poitrine de porc crue est cruciale pour préserver ses qualités gustatives et garantir sa sécurité alimentaire. Différentes méthodes peuvent être utilisées, allant de la réfrigération à la congélation en passant par la salaison et le séchage.
La viande de porc se conserve très bien dans son papier d'emballage, dans du papier aluminium ou dans du film plastique alimentaire. Vous pouvez également conserver la viande crue dans une marinade ou badigeonnée d'huile d'olive dans la partie la plus froide de votre réfrigérateur. Dans tous les cas, elle devra être consommée dans les premiers jours suivant l'achat.
Les produits de charcuterie tranchés doivent être stockés dans la partie basse du réfrigérateur, généralement la plus froide. Assurez-vous que la température se situe bien entre 0°C et 4°C. Vous pouvez prolonger leur durée de conservation de quelques jours en les enveloppant étroitement avec du papier alimentaire. Toutefois, les charcuteries traditionnelles doivent être consommées dans les 3 à 5 jours après l'achat, car elles peuvent s'oxyder et altérer leur couleur et leur odeur.
Pour des aliments « très périssables » non préemballés, sur lesquels ne figure pas de date limite de consommation, une durée inférieure à 3 jours est fréquemment recommandée.
Si vous avez une grande quantité de charcuterie que vous ne pourrez pas consommer avant la date de péremption, vous pouvez la congeler pour prolonger sa durée de conservation. Assurez-vous de la placer dans un sac de congélation hermétique et d'indiquer la date de congélation.
La charcuterie congelée peut être conservée, mais de préférence ne pas excéder les 2 à 3 mois pour préserver la qualité gustative. La congélation de la viande doit être rapide, pour cela, lorsque vous mettez de la viande dans votre congélateur, nous vous conseillons d'activer le mode "super congélation" à -24°C si vous avez l'option. La viande sera congelée idéalement.
Préférez la congélation le jour de l'achat plutôt que le jour de la DCL. Pour congeler de la viande et de la charcuterie, la mise sous-vide est l'option parfaite. Par contre, certaines pièces comme le filet mignon ne doivent pas être conservées au congélateur trop longtemps, trois à quatre semaines maximum.
Nous vous conseillons de sortir du congélateur votre morceau de viande la veille de la dégustation. Il suffira de placer le paquet au réfrigérateur pour la décongélation. En étant réalisée au froid, la décongélation sera lente. Ensuite, pour déguster vos produits, ils doivent revenir à température avant la cuisson.
Attention, toutes les denrées alimentaires ne doivent pas être décongelées avant cuisson.
La viande et la charcuterie fraiche se conservent sous-vide pendant 10 à 12 jours au réfrigérateur. Le sous-vide permet seulement de conserver plus longtemps à condition qu'il soit gardé au frais.
Pour les charcuteries emballées sous-vide, il est important de distinguer les charcuteries sèches et cuites. La règle d'or consiste à respecter scrupuleusement la date limite de consommation indiquée sur l'emballage. En cas de doute sur l'aspect ou l'odeur de votre charcuterie, nous vous conseillons de ne pas la consommer.
Charcuteries sèches emballées sous-vide : Optez pour une pièce aérée avec une température oscillant entre 15°C et 20°C, tout en évitant une humidité excessive qui favoriserait l'apparition de moisissures indésirables. Conservez la charcuterie dans son emballage d'origine ou transférez-la dans un emballage hermétique.
Charcuterie cuite emballée sous-vide : consommez-la dans les 3 à 5 jours suivants. Privilégiez une dégustation à froid, en sortant la charcuterie du réfrigérateur juste avant de la savourer.
La salaison et le séchage sont des méthodes traditionnelles de conservation qui permettent de transformer la poitrine de porc crue en un produit savoureux et durable. Voici une recette et les étapes clés pour réaliser votre propre poitrine séchée.
Ingrédients et proportions :
Préparation :
Temps de salage :
Repos : Une fois le salage réalisé, les pièces sont sorties du sel et essuyées pour ensuite être entreposées sur une grille au frigo (environ 2°C idéalement) pour ce qu’on appelle le repos. Le temps de repos est au minimum équivalent au temps de salage. Dans les deux cas, prendre une semaine de temps.
Séchage : Après un mois et demi de séchage, les poitrines auront perdu 40% de leur poids d’origine. C’est le bon chiffre pour commencer une véritable dégustation. Si le séchage continue plus longtemps, la poitrine deviendra de plus en plus dur et paraîtra de plus en plus salée (l’eau fixant le sel).
Dégustation : Pour ce genre de produit, la trancheuse s’impose pour débiter de magnifiques tranches.
Dates de consommation : Charcuterie sèche, salée et jambon sec : jusqu'à 10 mois. La DLC, exprimée par la mention « À consommer jusqu’au... », indique une limite impérative de sécurité. La DDM, exprimée par la mention « À consommer de préférence jusqu’au... », peut être dépassée sans risque par le consommateur.
Il est parfois difficile de reconnaître une viande avariée. Une viande avariée comporte de nombreux dangers : elle peut en effet devenir le terreau des bactéries comme les staphylocoques, E. coli, la listéria, ou les salmonelles lorsqu’il est mal conservé.
Voici quelques conseils : Vérifiez la date limite de consommation (DLC). Si la viande dégage une odeur d’ammoniaque, aigre, ou de moisi, qu’elle est visqueuse ou grise, il vaut mieux la jeter.
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