La céramique tire son nom du mot grec "keramos", qui signifie argile. La préparation de la céramique se déroule en quatre étapes principales.
Les matières premières, composées de terres argileuses, sont broyées avec de l'eau. Depuis le XXe siècle, des broyeurs à galets sont utilisés, succédant aux moulins à meules de grès. Ces machines permettent d'obtenir la finesse de grain souhaitée. La matière obtenue est ensuite filtrée puis pressée dans des filtres-presse.
La terre subit une dernière opération : le désaérage. Il permet d'éliminer toutes les bulles d'air qui auraient pu rester à l'intérieur de la terre ou de la pâte. Cette opération se faisait autrefois avec les pieds, d'où le nom de l'atelier de "marche à pâte" encore conservé dans quelques manufactures qui fabriquent elles-mêmes leur pâte. Cette dernière sort de la machine sous forme de "boudins", qui sont ensuite découpés en petites galettes rondes appelées "camemberts".
La fabrication de la porcelaine et les étapes une a une
L’artisan peut se servir d’un tour ou utiliser la technique du moulage, soit par pressage, soit par coulage. Jusqu’à une époque récente, les moules étaient en plâtre, mais celui-ci est peu à peu remplacé par des matières synthétiques. Depuis la deuxième moitié du XIXe siècle, on se sert de la porosité du plâtre pour fabriquer les objets les plus fins par coulage. La pâte à porcelaine est alors liquéfiée et versée dans un moule. Par capillarité, l’eau contenue dans la pâte pénètre dans le plâtre, provoquant le durcissement progressif des bords.
Les Couleurs et la Polychromie
La polychromie est obtenue grâce à des oxydes métalliques : chaque oxyde donne une ou plusieurs couleurs après cuisson. Les oxydes de base sont le cobalt, qui produit le bleu, le cuivre, qui peut se transformer en vert ou en turquoise, le fer, qui peut donner du jaune ou du rouge, le manganèse, qui donne les bruns ; le rose ou pourpre est obtenu avec du chlorure d’or.
Techniques de Décoration
Pour appliquer le décor, on utilise deux méthodes. La première est appelée décor de grand feu. La cuisson de la porcelaine dure doit atteindre 1400°. Dès le XVIIIe siècle, on élabore des fours capables d’atteindre cette température. On met au point à Sèvres dès 1769 des fours ronds. Initialement ces fours fonctionnent au bois.
Au XIXe siècle, dans un souci d’industrialisation, on utilise les techniques de l’imprimerie à taille-douce qui permettent, grâce à une plaque de cuivre, l’impression d’un décor monochrome. Ce décor monochrome est rehaussé à la main avec des couleurs (“enluminures”). La chromolithographie remédie à cet inconvénient par l’impression d’un décor au moyen d’un nombre de pierres équivalent au nombre de couleurs souhaitées. Cette technique, très bien maîtrisée à la fin du siècle, permet l’emploi d’une palette de dix-huit couleurs.
À partir des années 1850, on les alimente au charbon. Enfin, on employa le gaz (premiers essais en 1845, mais il ne fût définitivement adopté par les industriels qu’à la fin des années 1950). L’installation des pièces dans le four est délicate.
Le Savoir-Faire Haviland
Quelle que soit l’époque, la manufacture Haviland a toujours su allier les exigences du modernisme à la créativité artisanale. Le kaolin, le feldspath et le quartz sont les principaux composants de la pâte à porcelaine. Ils sont broyés et mélangés avec de l’eau dans un broyeur pendant plusieurs heures.
Création des Modules et des Moules
Tout commence dans l’atelier de modelage. Les créations originales sont sculptées dans le plâtre par les modeleurs. Différents essais, sont nécessaires afin de mettre au point les formes. Les pièces aux formes plus complexes sont obtenues par coulage. La pâte liquide, introduite dans les moules, se dépose uniformément sur les parois en séchant.
La porcelaine subit alors sa première épreuve du feu dite «dégourdi » à 950°C environ. Pour maîtriser l’excellence jusqu’au décor, Haviland possède son propre atelier d’impression de Chromolithographies. S’adapter avec harmonie aux formes des différentes pièces, révéler les couleurs avec l’alchimie du four nécessite rigueur et exigence.
La Sérigraphie
La sérigraphie (du latin sericum : la soie et du grec graphein l’écriture) est une technique d’impression qui utilise des écrans de soie interposés entre l’encre et le support afin d’imprimer des couleurs composées de pigments minéraux ou végétaux. Le laboratoire Haviland recherche toutes les solutions les plus innovantes et adaptées pour faire du sur-mesure pour chaque projet.
L'Ornementation
Ces joyaux de porcelaine demandent talent artistique, minutie et de longues heures de travail. Une première opération consiste à protéger par un vernis les parties qui ne seront pas incrustées. Une première couche d’or brillant est appliquée au pinceau. La pièce subit alors une première cuisson à 810°. On applique ensuite une deuxième couche d’or mat et on effectue une nouvelle cuisson à 850°. L’or est ensuite sablé, à l’aide d’un sable très fin afin d’accentuer le contraste entre la partie mate (partie gravée) et la partie brillante (partie non gravée du décor).
Techniques des Émaux
- Fusion: la fusion des différentes compositions se fait dans le creuset à 1400°C pour obtenir dans un premier temps la fritte, un mélange d'éléments chimiques à base de verre. Elle sert à l'élaboration du cristal final.
- Broyage: le bronzage des matières premières et d'autres produits permet d'obtenir une pâte onctueuse qui est ensuite filtrée puis tamisée. C'est une opération délicate car il ne faut pas mélanger les couleurs et il faut que la granulométrie soit la plus régulière possible.
- Pose: le travail se fait sur une base de métal généralement en cuivre, et parfois en or, en argent, en laiton. Plusieurs passages au four sont nécessaires pour parfaire la finition. On l'obtient, par une fusion à haute température de ces différents composants et après broyage, une poudre incolore, appelée fondant et qui est colorée par addition d'oxydes métalliques.
Styles Artistiques
- Le style Antique: Entre le XVIIème et le XVIIIème siècle, le classicisme trouve dans l'Antiquité un modèle de mesure et d'équilibre.
- Le style Romantique: Le romantisme apparait en France au début du XIXème siècle en réaction à la rigidité du style classique et du rationalisme des deux siècles antérieurs. Imagination, sensibilité, émerveillement prédominent sur toute autre facilité de l'esprit. Le romantisme privilégie notamment l'expression du moi et les thèmes de la nature et de l'amour.
- Le style Art Nouveau: L’art Nouveau est un mouvement artistique des années 1890 à 1905 qui s'appuie sur l'esthétique des lignes courbes en opposition aux dérives de l'industrialisation.
- Le style Art Déco: Courant artistique apparu dans les années 1920. Les formes naturelles se simplifient et se synthétisent. Les formes géométriques, issues du mouvement cubiste, donnent des plans nets et tranchés.
Fabrication Moderne
Notre collection d'émaux est fabriquée par l'Atelier Cheron, fondé en 1954 à Limoges. Il s'agit du dernier atelier spécialisé dans la technique de la grisaille et des miniatures.
Alors que la fascination pour la porcelaine se développe dans toute l’Europe, un Jésuite, le Père François-Xavier d’Entrecolles, né à Limoges le 25 février 1665 et mort à Pékin le 2 juillet 1742, rapporte par un récit détaillé la fabrication de la porcelaine en Chine, en 1712 et en 1722. Des essais sont menés à Sèvres et à Limoges.
L'Indication Géographique Protégée (IGP)
Un projet d’IGP (Indication Géographique Protégée) vise à labeliser et contrôler la provenance des produits estampillés «Porcelaine de Limoges -France» afin d’éviter les contrefaçons et la fraude, et préserver le tissu industriel local.
Les Étapes de Fabrication de la Porcelaine de Limoges
- Préparation de la pâte: Tout commence par la préparation de la pâte pour laquelle trois roches sont nécessaires dans les proportions suivantes : une moitié de kaolin, un quart de quartz et un quart de feldspath.
- Création du modèle: La création du modèle se fait à partir d’un dessin à l’échelle finale. Le moule en plâtre est réalisé à partir d’un volume dit à « taille crue », c’est-à-dire environ 14 % plus grand que la taille souhaitée pour la pièce finale.
- Méthodes de fabrication: Différentes méthodes sont employées selon la finalité de l’objet et la consistance de la pâte.
- Le coulage: Ce procédé utilisant la pâte liquide est plutôt destiné à la fabrication de pièces creuses, notamment des soupières ou des vases. La barbotine est versée dans des moules en plâtre. Par capillarité, l’eau est absorbée par la porosité du moule qui conduit la pâte à se fixer contre les parois. Elle se met alors à durcir sur une épaisseur de plus en plus conséquente. Au bout du temps imparti selon le modèle, l’excédent de pâte liquide est évacué. Puis, la pièce se raffermit et se rétracte, permettant le démoulage.
- Le calibrage: Cette technique employant des pâtons semi-mous est réservée aux pièces plutôt rondes et hautes, comme les tasses ou les saladiers. La galette de pâte est déposée dans un moule en plâtre qui est ensuite mis en rotation avant de recevoir l’outil métallique, appelé calibre, qui exerce une pression en creux ou en bosse pour obtenir la forme désirée. L’excédent est découpé au couteau et le démoulage se réalise après rétractation de la pièce. Un autre processus plus récent peut être employé pour les assiettes.
- Élimination des défauts: Le retrait du moule laisse des marques dans la pièce de porcelaine. Ces coutures, ainsi que les éventuels autres défauts, sont éliminés à la main. C’est aussi lors de cette étape que sont ajoutés les becs, les anses et autres garnitures. L’assemblage sur le corps des objets s’effectue à l’aide de barbotine mélangée à un liant.
- Première cuisson (dégourdi): Cette première cuisson, aussi appelée cuisson de dégourdi, est réalisée entre 900 et 1000 °C en atmosphère oxydante. Cette cuisson durcit les pièces de porcelaine afin de leur conférer une grande résistance mécanique.
- Émaillage: Les pièces de porcelaine de Limoges sortent du four avec un aspect mat et une texture poreuse.
- Deuxième cuisson (grand feu): Cette deuxième cuisson est dite de grand feu puisque la température monte à 1400 °C.
- Décoration: Les différentes techniques de décoration requièrent un savoir-faire d’excellence et une grande habileté manuelle. Cette étape participe au prestige de cet artisanat de luxe qu’est la fabrication de porcelaine de Limoges.
- La peinture des filets et des bandes : les émaux et les couleurs vitrifiables sont apposés à la main à l’aide de pinceaux de différentes tailles.
- Le décor par décalcomanie : sur le principe de la chromolithographie, le motif se détache de son support.
- La pose d’or en relief : les motifs au pinceau sont réalisés en relief à l’aide d’une pâte spéciale qui est ensuite saupoudrée d’or.
- Le sablage est indispensable pour toutes les porcelaines comportant de l’or.
La Composition de la Pâte
La pâte de porcelaine est composée de 50% de kaolin, 25% de quartz et 25% de feldspath.
Les Pâtes
- Liquide, appelée barbotine, elle est utilisée pour le coulage.
- Désaérée et malaxée sous forme de boudins de pâte semi molle, elle est utilisée pour le calibrage.
Les Moules
La première phase de fabrication d’une pièce en porcelaine est la création de son modèle. À partir d’un dessin (qui représente l’objet réalisé à l’échelle finale), le modeleur réalise l’objet sous forme d’un volume de plâtre à l’échelle «taille crue», soit 14% plus grand que la taille réelle de la pièce ; en effet, il faut anticiper le retrait que prendra la pièce à la cuisson. Le modèle (objet unique de référence) donnera naissance au moule mère appelé aussi noyau. C’est de celui-ci que seront tirés les moules de production.
Techniques de Fabrication
- Le coulage: est un procédé employé pour les pièces creuses (cafetières, vases, soupières…). La pâte liquide est versée dans des moules en plâtre. La porosité du plâtre absorbe l’eau contenue dans la pâte et fixe celle-ci contre les parois du moule. Après un temps de prise précis, proportionnel à la dimension de la pièce (il faut environ trente minutes pour une soupière) l’excédent de barbotine est rejeté. Les pièces sont alors démoulées.
- Le calibrage: est un procédé utilisé pour la fabrication des pièces rondes et hautes (tasses, saladiers…). Une galette de pâte semi-molle est déposée dans un moule en plâtre lui-même placé sur un tour. Un calibre métallique s’abaisse, écrase la pâte de façon à la répartir contre les parois du moule et tranche l’excédent. On parle de calibrage en creux lorsque le calibre donne le profil intérieur de la pièce et de calibrage en bosse lorsqu’il donne le profil extérieur.
- Le pressage isostatique: est un procédé utilisé depuis les années 80 pour la réalisation des pièces rondes et plates telles que les assiettes. La pâte, sous forme de granules (poudre obtenue par projection de barbotine), est comprimée à une pression d’environ 350 bars à l’intérieur d’un moule d’acier et de polyuréthane. La poudre de porcelaine devenue compacte forme l’objet. Le temps de séchage est éliminé.
Les Cuissons
- La première cuisson: Les pièces subissent une première cuisson à 980° C pendant 24h dans des fours fonctionnant actuellement au gaz naturel. Le geste est précis, rapide : 1 200 soucoupes à l’heure.
- La deuxième cuisson: Les pièces subissent ensuite une deuxième cuisson dite de grand feu, à 1 400° C durant vingt-quatre heures. C’est durant cette cuisson que la pièce prend l’essentiel de son retrait (10% à 12%) par rapport au modèle et atteint sa taille définitive.
Le Choisissage
C’est la dernière étape de la fabrication du blanc. Toutes les pièces de la production sont vérifiées une à une et choisies en fonction de leur niveau de qualité. En dépit de nombreux contrôles intermédiaires préalables, plus de 25% de la production est écartée lors du choisissage.
La Décoration
Suivant le style de la collection, la pose du décor est plus ou moins complexe. Certaines pièces de valeur sont peintes à la main et les artisans font preuve d’une dextérité exceptionnelle en utilisant une grande variété de pinceaux. Dans la majorité des cas, un décor à la feuille (principe de décalcomanie) est apposé à la main sur la porcelaine blanche. Il est trempé dans l’eau de façon à détacher le motif de son support papier et appliqué sur la pièce. Le décor à la feuille est fabriqué par différents procédés d’imprimerie, à l’origine la lithographie, actuellement la sérigraphie. La manufacture Bernardaud est une des seules de Limoges à posséder une imprimerie.
Techniques Spécifiques de Décoration
- L'incrustation: est un procédé de décor par gravure à l’acide. La pièce est décalquée : le décor à la feuille est imprimé non pas de couleur mais de vernis protecteur. Ce même vernis, appelé également bitume de Judée, est appliqué au pinceau sur le reste de la pièce à l’exception du motif à graver. Elle est ensuite rincée au pétrole, à la lessive et à l’eau, avant d’être décorée successivement de deux couches d’or (brillant puis mat) ou de platine brillant, nécessitant deux cuissons.
- La pose d’or relief: est une technique de décoration qui consiste à réaliser au pinceau des motifs or en épaisseur, à l’aide d’une pâte spéciale.
Le Sablage
Pour les pièces comportant de l’or, la dernière opération est celle du sablage. En effet, lorsqu’il est cuit, l’or a un aspect mat. Sablé, c’est-à-dire frotté avec un chiffon et du sable, il prend alors tout son éclat.
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