Petite nouveauté de cette année 2021, nous avons décidé de poster régulièrement sur ce site des articles traitant de la céramique en général. En poterie, comme en céramique, on peut utiliser différentes argiles. Pour faire varier la forme et la matière des objets que l’on souhaite fabriquer, il existe également différents types de procédés.
Mais lorsque j’ai eu mon tour perso, j’ai voulu tout tester ! La terre chamottée ? Je me suis polie les mains ?. La porcelaine ? Bizarre, je n’arrivais plus à tourner ! ?. Lors de mes premiers cours de poterie, je ne me souciais pas de l’argile que j’utilisais, j’étais uniquement centrée sur le tournage. Lorsque tu veux tester une nouvelle terre, c’est toujours perturbant de faire face au catalogue des fournisseurs, il y a trop de choix !
Ce qui est réellement intéressant de ce matériel, c'est qu'il acquiert une grande plasticité quand il se mélange à de l'eau, permettant d'être facilement modelé, et ayant une grande dureté quand il se cuit à une température supérieure à 800ºC. En céramique, l'argile est une terre de composition variable, souvent savamment préparée, elle se façonne aisément et durcit au feu, parfois simplement au soleil.
Les argiles contiennent différents minéraux pour devenir solides après cuisson, 2 plages de température principales : basse température (950 à 980 °C) et haute température (1280 à 1300 °C). A l’état naturel, elles sont grises, verdâtres, rouges ou brunes selon les oxydes qu'elles contiennent, oxyde de fer, oxyde de titane ou autres.
Voici un aperçu des principaux types d'argiles utilisées en poterie :
L'argile, c'est de la roche qui avec l'action du vent ou de l'eau et après plusieurs millions d'années a fini par peu à peu se modifier pour devenir de l'argile. La roche qui était dure, est devenue une boue malléable qui va pouvoir être utilisée pour réaliser des objets. Une fois qu'un objet fabriqué en argile est cuit, on appelle ça de la céramique.
En séchant à l'air libre, un objet fabriqué en argile va durcir. Il restera par contre cassant tant qu'il n'aura pas été cuit dans un four. Tout argile qui n'a pas été cuit au-delà de 570°C reste malléable. Cela signifie que même si votre objet en argile est sec et dur, s'il n'est pas cuit vous pourrez récupérer votre argile en mettant votre objet dans l'eau.
Il existe donc par définition de nombreux types d'argiles différents car provenant de différents endroits. On distingue principalement 3 grandes familles d'argiles.
Selon l'origine géologique, nous pouvons trouver deux types d'argile: la primaire et la secondaire. La primaire se trouve seulement là où elle s'est formée. La secondaire también connue comme sédimentaire est plus habituellel, et est le résultat de l'érosion et du mouvement de la Terre.
L'argile hydratée (en pâte) est malléable, elle peut être mise en forme; après séchage, elle devient solide, et le reste de manière permanente après le passage au four. Ces propriétés en font un matériau de choix pour la fabrication d'objets céramiques.
C’est l’argile la plus courante. Elle est plastique. Parfois trop, surtout la variété rouge. Les minerais rouges sont extrêmement courants sur terre mais beaucoup sont inutilisables à cause de la présence en eux de métaux alcalins .
Il existe également des variétés blanches, grises, etc., mais aussi des argiles chamottées (en principe artificiellement) d’usage courant en arts plastiques notamment. La température de cuisson (et non de fusion intégrale) des faïences disponibles un peu partout dans le commerce est souvent de 850 à 1100°C.
Elles contiennent tout au plus 2/3 de silice, les autres composants jouant le rôle de fondants.C’est ce qui fait que si on dépasse le point de cuisson, si elle arrive en fusion, elle fond et coule sur les plaques de cuisson. Elles contiennent peu d’alumine, agent de viscosité et moins de silice que le grès.
Plus plus on monte en température, plus elle sera cuite mais elle risque de fondre et se transformer en lave si on dépasse la température maximum, surtout pour les argiles rouges qui contiennent du fer, ce qui rend la terre plus fusible.
La faïence résulte d’une argile tendre et poreuse cuite en dessous de 1200°C. Les artisans recouvrent la faïence d’un enduit imperméable et opaque. En fonction de la nature de la glaçure, la faïence se décline en deux catégories : la faïence « stannifère » et celle à pâte blanche.
La faïence stannifère naît vers le IXème siècle à Bagdad. Il s’agit d’une argile à glaçure blanche et opaque qui connaît trois couleurs principales : le vert de cuivre, le bleu de cobalt et le violet de manganèse. La faïence à pâte blanche possède une glaçure transparente et s’inspire des pays islamiques.
En règle générale, la faïence n’est pas un matériau très solide. Les terres à faïence : aussi appelées terre cuite ou argile, la faïence est composée d’argile sédimentaire. La terre à faïence est le plus souvent utilisée pour le modelage, le tournage et la fabrication d’objets. La première cuisson ( dégourdi ou biscuit faïence) est réalisée entre 980 et 1000°C. La faïence reste poreuse après cuisson. Les pâtes faïences crues peuvent être rouges, blanches, noires, roses, vertes ou bleues, lisses ou chamottées.
Le grès est une argile prévue pour être cuite en haute température (entre 1200°C et 1300°C). La caractéristique principale du grès est sa solidité et sa résistance. Pendant la cuisson en haute température le grès va vitrifier.
Selon la nature des roches dont elles proviennent, les oxydes qui la composent, leur propriétés et leurs aspects sont très variés. la caractéristique du grès est de vitrifier à la cuisson lorsqu’il rentre en fusion. Grâce à sa composition, riche en alumine et en silice, il ne fond pas lorsqu’il se vitrifie.
Ils ont en général une bonne plasticité. Ces argiles de type secondaire sont assez courantes et sont quelquefois employées pures, de manière artisanale. On peut faire aussi des grès au sel. Ce ne sont pas des argiles précises. On l’utiliser pour la fabrication de briques réfractaires.
Le grès résulte d’une argile cuite au-dessus de 1200°C. C’est grâce à cette température qu’on obtient le grésage. La terre devient dure et résistante car elle se densifie et se vitrifie en raison de sa teneur en silice. Vitrifié signifie que l’argile devient naturellement étanche après sa cuisson.
Des argiles spécifiques sont préconisées pour endurer la cuisson à haute température de laquelle résulte la vitrification. En termes d’origines, c’est en Chine qu’ont été fabriqués les plus vieux objets en grès (environ au XVIème siècle avant notre ère). Bien plus tard, les grès apparaissen au Japon, au IIIème siècle avant notre ère (grâce aux importations coréennes). A l’époque, on employait beaucoup le grès dans un but utilitaire. D’un point de vue artistique, ce matériau redora son image vers la fin du XIXème siècle, en France, avec l’apogée de l’Art Nouveau.
Les terres à Grès : Le grès est un matériau céramique caractérisé par une très grande dureté et une excellente résistance aux agressions chimiques ou climatiques. Biscuité autour de 1000°C, la vitrification du grès s’effectue ensuite en deuxième cuisson, aux environs de 1 200 °C à 1 300 °C.
Du fait de leur résistance, les pâtes à grès sont très utilisées en culinaire. Les terres à grès existent en beiges, gris, ocre, noir ; elles peuvent être chamottées ou lisses. Les terres à grès varient beaucoup dans leur plasticité et leur température de cuisson. Le choix de la terre dépend de la méthode de façonnage que vous aurez choisie et du type de cuisson que vous pouvez réaliser : le résultat sera différent si vous cuisez en atmosphère oxydante (en four électrique) ou réductrice ( four à gaz) ! Le grès est une argile pour modelage ou tournage , utilisée autant par les sculpteurs que les potiers.
La porcelaine est une argile qui se cuit à haute température (1250°C à 1400°C). Les déformations à la cuisson sont très importantes.
Au-delà de ce qui a déjà été spécifié dans le glossaire et ci-dessus, ajoutons que le véritable kaolin chinois est réputé plus aisé à travailler, plus plastique que les autres variétés, très adapté aux travaux de poterie et cuisant bien blanc - comme le kaolin anglais, dit-on.
Rappelons que la température de fusion du kaolin est particulièrement élevée. Il est courant que le kaolin représente à peine la moitié du mélange. Un exemple type de mixture utilisée en poterie met en œuvre 40% de kaolin, 10% de ball clays, 20% de silices et 30% de feldspath (chiffres Daniel Rhodes, proportions confirmées par ailleurs). Les pâtes à porcelaine sont composées pour satisfaire aux besoins des potiers, des industriels et leur variété est très grande. On trouve des porcelaines composées qui cuisent à « basse » température, 1230°, jusqu’aux porcelaines de grand feu 1450°.
La porcelaine est un matériau cristallin qui fait aussi partie des différentes argiles utilisée en céramique. En fonction de l’augmentation de sa température de cuisson, la porcelaine devient de plus en plus transparente. Pour obtenir son caractère translucide, sa cuisson se fait donc à très haute température (entre 1250 et 1440°C). Contrairement à la faïence, la porcelaine est plus solide. On peut donc la travailler avec une grande précision. Sa décoration demande un sens de l’esthétique et de la finesse important. Sa blancheur est immaculée.
La porcelaine fait son apparition en Chine (environ en -220 avant J-C) et c’est un potier coréen qui l’implante au Japon au XVIIème siècle. Elle s’étend en Europe un siècle plutôt, à partir du XVIème siècle. Son commerce engendra de nombreux profits et convoitises. Le peuple chinois gardait son secret de fabrication jusqu’à ce qu’un alchimiste allemand se l’appropriera.
Les pâtes porcelaine : il s’agit d’une argile très fine, qui devient comme du verre après cuisson. Les porcelaines sont utilisées en tournage ou en coulage, car on peut obtenir des pièces très fines. La première cuisson est réalisée à 1000°C et la seconde entre 1240°C et 1300°C.
Tableau récapitulatif des types d'argiles :
| Type d'argile | Température de cuisson | Caractéristiques | Utilisations |
|---|---|---|---|
| Faïence | 850 à 1100°C | Poreuse, tendre | Modelage, tournage, objets décoratifs |
| Grès | 1200 à 1300°C | Dure, résistante, vitrifiée | Poterie utilitaire, sculptures |
| Porcelaine | 1250 à 1400°C | Fine, translucide, solide | Objets décoratifs fins, coulage |
La chamotte est de l’argile qui a été cuite et broyée. Elle est ensuite intégrée à de l’argile non cuite. Suivant notre technique de travail et la pièce à réaliser, on va utiliser des terres de chamottes différentes.
A l’inverse, les modeleurs et sculpteurs vont apprécier les terres chamottées qui apportent de la tenue. Plus la pièce sera grande, plus on va privilégier des terres avec de la grosse chamotte.
En céramique, on appelle chamotte une argile cuite, broyée plus ou moins finement, incorporée à la pâte à façonner pour produire un grain, une rugosité. Elle apporte de la solidité, diminue le retrait et augmente la résistance aux chocs thermiques.
La chamotte permet aussi de laisser passer de l’air lors de la cuisson et évite fissures et cassures. Il existe des terres finement chamottées et grossièrement chamottées. La taille de chamotte présente dans l’argile est indiquée par les fournisseurs. Tu trouveras de la chamotte impalpable 0-0,2 mm, de la chamotte moyenne 0-0,5mm et de la grosse chamotte pour des tailles supérieures.
Dans certaines argiles, les fabricants ajoutent du papier (ou de la cellulose). Lors de la cuisson, le papier se consumer ce qui va rendre la pièce finale plus légère qu’une pièce réalisée dans une argile classique. On parle dans ce cas de terre papier ou paperclay en anglais.
Les terres à raku contiennent un pourcentage élevé de chamotte afin de garantir une bonne résistance au choc thermique.
Le Raku est un procédé de cuisson particulier où la poterie subie un choc thermique brutal. L’argile est ici cuite à haute température puis elle supporte un refroidissement important. À partir de sa cuisson à 1000°C, la poterie est sortie du four spécial raku à l’aide de pinces. Elle est ensuite mise au contact de différents combustibles (comme la sciure).
Cette technique permet d’obtenir des effets de réduction et d’enfumage. La poterie est finalement plongée dans l’eau pour conserver les effets travaillés.
Bref, ce savoir-faire ancestral vous emportera dans un état méditatif propre au travail manuel.
Chaque argile a une couleur qui lui est propre. Pour être plus précise, des couleurs qui lui sont propres. Car la coloration d’une terre va varier selon qu’elle est crue, sèche, cuite à 1000°C, 1200°C ou 1300°C. Tu trouveras des grès ou des faïences blanches, rousses, brunes, rouges, grises ou noires avec une large palette de nuances. Par contre, la porcelaine sera uniquement dans des nuances de blancs et translucide.
La coloration d’une argile est principalement liée à la quantité d’oxydes de fer et de manganèse qu’elle contient. Plus la terre est colorée, plus elle contient d’oxydes.
La plasticité ou malléabilité de l’argile est une propriété importante en poterie ou en sculpture. Elle nous permettra de donner la forme voulue à notre balle de terre. La plasticité est liée à la taille des particules d’argile et à l’humidité qui les lient. Plus elles sont petites, plus il y a d’eau, plus la terre est plastique. Une plasticité trop élevée rend le tournage ou la réalisation d’une sculpture très difficile car les pièces s’écrasent sur leur base ou se déforment.
Le taux d’humidité est un indicateur partiel de la plasticité mais il est difficile à interpréter car une terre peut être très humide sans être très plastique.
Les artistes et artisans travaillant l’argile entendent par ce terme le fait qu’une terre est capable de conserver la forme qu’ils lui ont donnée. Des argiles à grain relativement grossier comme le kaolin sont particulièrement plastiques. Les matières organiques - voire la simple présence de carbone, comme dans les ball clays - ont aussi tendance à accroître la plasticité d’une terre. Ainsi, par exemple, une terre vieillie, recelant davantage de bactéries, devient plus « plastique ».
En séchant, l’argile perd une partie de l’eau qu’elle retient. Son séchage s’accompagne d’une diminution de volume appelé retrait. En effet, au fur et à mesure de l’évaporation de l’eau, les particules de terre se rapprochent de plus en plus. Lors de la première cuisson, celle du biscuit/dégourdi, les particules d’eau s’évaporent encore jusqu’à 573°C : un second retrait a lieu. Enfin, la cuisson finale provoquera aussi un dernier retrait par dégazage et restructuration moléculaire.
Les faïences ont des retraits de 7% à 8%. Les grès sont généralement autour de 13% et les porcelaines entre 15 et 20%. Une terre à fort retrait a tendance à créer du gauchissement, c’est à dire des déformations au séchage.
A cause de la préparation de l’argile par adjonction d’eau, celle-ci connaît un retrait au séchage, puis à la cuisson. Il faut dire qu’une argile préparée pour la sculpture, la poterie, etc., est constituée d’un quart à un tiers d’eau « libre » en termes de poids (l’eau « libre » est l’eau qui n’est pas intimement associée à l’argile à l’échelle moléculaire). L’élimination de cette eau libre au séchage entraîne une première perte de masse de l’ordre de 3 à 8%, les argiles les plus fines et les plus « pures », se rapprochant de la kaolinite, perdant toujours plus d’eau.
Les autres, nommées « argiles ouvertes », contiennent suffisamment de corps imperméables (sable, feldspath, quartz, etc.) ouvrant des « canaux » permettant une bonne évacuation de l’eau. L’eau libre demeure donc présente en quantité importante dans l’argile (eau dite « hygrométrique »). Lorsque le retrait s’effectue mal au séchage, on constate des déformations, fendillements et autres accidents. Le séchage doit être lent, en atmosphère très modérément humide, et bien homogène . Il est également possible d’ajouter de petites quantités de sable (ou d’un autre matériau imperméable cité ci-dessus) afin d’améliorer l’écoulement d’eau. La plasticité de la terre en souffrira cependant.
Le coefficient de dilatation thermique mesure l’augmentation du volume relatif de la pièce pendant la cuisson. En moyenne, les porcelaines ont un coefficient autour de 50*10-7, les grès autour de 60*10-7 et les faïences autour de 80*10-7. Si ton argile a un coefficient proche de ces moyennes, les émaux prêts à l’emploi ou couverte s’adapteront parfaitement. Attention, si tu utilises des argiles qui s’en éloignent trop, à toi d’en tenir compte dans le choix de tes émaux.
Une des caractéristiques importante pour choisir ta terre est sa porosité. La faïence, même cuite, est poreuse alors que le grès et la porcelaine seront imperméables si correctement cuits. Qu’est-ce que cela implique ? Pour les sculptures, strictement rien ! Une fois la cuisson finale réalisée, tu peux les utiliser ou les passer au lave vaisselle sans soucis.
La porosité est fonction de la composition de la pâte céramique et de la température de cuisson.
Sur la fiche technique de votre terre, tu y trouveras enfin la plage de température de cuisson. Au-dessus de cette plage, la terre peut fondre ou simplement se déformer ou buller. En théorie, ça parait simple. Une température seule ne suffit pas à caractériser une cuisson. Si votre four s’arrête une fois la température atteinte ou si tu laisses un palier de maintien de 30 minutes, la chaleur reçue par votre pièce sera très différente.
Les fournisseurs de pâtes céramiques précisent très souvent si la terre proposée est à utiliser en tournage, en modelage, en sculpture ou encore en raku. Une argile de tournage est adaptée au modelage ou à la sculpture. Une argile de Raku est adaptée au modelage et à la sculpture mais pas forcément au tournage.
Quel est la capacité de ton four ? Quelle technique vais-je utiliser ? Ma pièce sera-t-elle alimentaire ? Si tu as suivi ce questionnement, ton choix devrait être sérieusement restreint.
Le choix de ta terre est un dialogue entre des contraintes techniques et des considérations esthétiques. Chaque terre est unique. Il faut un temps avant de s’approprier une terre, la « dompter ». De nombreux céramistes changent très peu de terre : on ne change pas de compagnons de route tous les 4 matins !
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