La santé des animaux est un enjeu majeur pour toute exploitation d'élevage. N'importe quel type d'élevage de porcs est susceptible d'être concerné, intensif ou pas. Les maladies sont l’une des plus grandes menaces auxquelles sont confrontées les exploitations porcines. Cet article vise à informer les éleveurs de porcs des risques et des moyens de prévention à mettre en place.
Vous voulez tout savoir (ou presque) des maladies que l'on peut rencontrer chez le porc aujourd'hui, en France ? C'est le but de cet article. L'enjeu est autant sanitaire, pour les animaux comme les humains, qu'économique. En effet, toute maladie, même non mortelle, entraîne des conséquences néfastes pour une exploitation, surtout si elle est spécialisée.
Voici un aperçu de quelques maladies courantes affectant les porcs :
Voici ce qui peut vous alerter, même si une fois déclarés, ces symptômes signifient généralement que le mal est fait.
Présente aujourd'hui dans la plupart des pays producteurs de porcs, la Maladie d'Amaigrissement du Porcelet (MAP) est apparue parallèlement en Amérique du Nord et en Europe à partir de 1996. Touchant les porcelets âgés de 7 à 15 semaines, la maladie animale se manifeste sous la forme de fièvres et de pertes d'appétit. Ces signes sont accompagnés de difficultés respiratoires et parfois de diarrhées, l'ensemble conduisant, dans les cas sévères, au dépérissement de l'animal (perte de poids) et parfois à la mort. Le déclenchement des formes graves de la maladie varie considérablement d’un élevage à l’autre, voire d’un animal à l’autre au sein d’un même élevage.
Chez les animaux malades, des lésions sont observées au niveau de différents organes (poumon, foie, rein, ganglions lymphatiques...). Les recherches virales entreprises sur les tissus des organes lésés ont permis de révéler la présence d'un virus largement répandu au sein de la population porcine mondiale, le circovirus porcin de type 2 (PCV 2), virus strictement animal et spécifique à l’espèce porcine pouvant infecter le porc et les sangliers.
Si ce virus est aujourd'hui considéré comme une des causes majeures associées à la MAP, sa seule présence au sein d'un élevage ne suffit pas pour déclencher la maladie. D'autres facteurs environnementaux jouent également un rôle dans l'expression de la MAP au sein des élevages de porcs.
L'impact de la MAP a été considérablement réduit en France depuis plusieurs années grâce à la mise en œuvre de mesures essentiellement liées aux techniques d'élevage (amélioration des conditions d'hygiène, réduction des situations de stress des animaux) et la mise sur le marché de plusieurs vaccins ciblant le PCV2 ayant une bonne efficacité clinique mais également réduisant la transmission du PCV2.
Récemment, deux nouveaux circovirus porcins ont été identifiés, le PCV3 (2015) et le PCV4 (2019). Ils sont tous les deux associés à une variété de signes cliniques dont certains sont proches de ceux causés par le PCV2 mais aussi impliqués probablement dans les troubles de reproduction chez les truies. Le PCV3 est actuellement largement distribué chez les porcs et les sangliers à travers le monde et des études rétrospectives de détection de virus indiquent qu’il circulerait depuis les années 1990. Le PCV4 a lui été détecté uniquement sporadiquement en Chine.
Les activités de l'Anses relatives à la maladie d'amaigrissement du porcelet :
La priorité est d'identifier rapidement le problème, de préférence grâce aux techniques de diagnostic rapide.
Voici quelques méthodes de diagnostic utilisées :
Un vétérinaire reste le mieux placé pour réaliser ces prélèvements.
Un cas intéressant a été observé dans un élevage de multiplication de 250 truies en Pologne. Initialement, l'élevage avait un statut sanitaire très élevé, négatif pour plusieurs agents pathogènes. Cependant, une mort subite des animaux a été constatée, accompagnée d'œdème facial, de fièvre élevée (jusqu'à 41,5 ºC) et de symptômes neurologiques.
Les autopsies ont révélé une infiltration sous-cutanée gélatineuse et des péricardites séro-fibrineuses. Les études bactériologiques ont montré une croissance d’Haemophilus parasuis (H. parasuis), confirmée par PCR dans les lésions typiques de la maladie de Glässer.
Ce cas illustre l'importance du diagnostic différentiel, car les symptômes initiaux pouvaient évoquer d'autres troubles cardiaques. La spécificité de la localisation de l'œdème dans les parties basses du corps ainsi que son caractère dépressible fait penser à un trouble cardiaque (œdème cardiaque), concrètement un trouble cardiaque congestif avec la stagnation de sang résultant dans la circulation systémique.
Le traitement a consisté en l'administration d'amoxicilline et d'acide clavulanique aux animaux symptomatiques, ainsi qu'un traitement métaphylactique à l'amoxicilline dans l'eau de boisson pour le reste des animaux.
| Échantillon | Résultat PCR |
|---|---|
| Lésions typiques de la maladie de Glässer | Présence confirmée d'H. parasuis |
Fig. 2: Infiltration sous-cutanée gélatineuse
Fig. 3: Accumulation sous-cutanée de liquide
Fig. 4: Péricardites séro fibrineuses
Les traitements varient en fonction de l'agent pathogène :
Il est primordial d'éviter de donner l'occasion aux bactéries de développer des antibiorésistances, et devenir de plus en plus virulentes.
La prévention est essentielle :
La mise en quarantaine des nouveaux arrivants est essentielle à respecter, lors du renouvellement de cheptels par exemple, ou si vous accueillez des porcelets à l'engraissement.
La décontamination suite au passage d'animaux malades dans un espace de vie est essentielle.
Des solutions modernes existent grâce à un logiciel de gestion de troupeau de truies par exemple, permettant d’anticiper les maladies, réformer les animaux à risque, et bien gérer ses traitements, ses vaccins et son carnet sanitaire.
Les pertes de porcelets sous la mère constituent l’un des enjeux majeurs de l’élevage porcin. En 2023, ces pertes atteignaient en moyenne 22 % pour les NT et 15,6 % pour les NV (source : Ifip GT-Porc). Parmi ces pertes, les mort-nés représentent en moyenne 1,3 porcelet par portée.
Nutréa a mis en place un outil de diagnostic permettant de distinguer les vrais mort-nés des faux, grâce à une méthode innovante et non invasive : l’échographie pulmonaire. Cette technique permet de mieux comprendre les causes de la mortinatalité de l’élevage et d’orienter les actions à mettre en place.
La brucellose des porcs est une maladie contagieuse qui se manifeste par des avortements. Elle est transmissible à l’homme et aux autres animaux d’élevage. Quelques foyers de brucellose porcine ont été identifiés en France. Ce sont les élevages en plein air, sans protection efficace vis-à-vis des sangliers qui sont le plus souvent atteints.
Lorsque la brucellose vient de contaminer un élevage, elle se manifeste par des avortements. Puis les animaux s’immunisent et deviennent porteurs sains. Dans les autres cas, l’infection persiste et la maladie sera périodiquement observée sur les animaux jeunes ou nouvellement introduits.
Si le diagnostic de brucellose est confirmé par le laboratoire, l’abattage des porcs et la désinfection des bâtiments sont indispensables pour l’assainissement. Pour les élevages en plein air la pose de clôtures est obligatoire.
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
© 2021 - Du bocal à l'assiette - Tous droits réservés / création web : 6cyic