Mortalité Porcine : Causes, Prévention et Diagnostic

La santé des animaux est un enjeu majeur pour toute exploitation d'élevage. N'importe quel type d'élevage de porcs est susceptible d'être concerné, intensif ou pas. Les maladies sont l’une des plus grandes menaces auxquelles sont confrontées les exploitations porcines. Cet article vise à informer les éleveurs de porcs des risques et des moyens de prévention à mettre en place.

Vous voulez tout savoir (ou presque) des maladies que l'on peut rencontrer chez le porc aujourd'hui, en France ? C'est le but de cet article. L'enjeu est autant sanitaire, pour les animaux comme les humains, qu'économique. En effet, toute maladie, même non mortelle, entraîne des conséquences néfastes pour une exploitation, surtout si elle est spécialisée.

Maladies Porcines Courantes

Voici un aperçu de quelques maladies courantes affectant les porcs :

  • Peste Porcine Africaine (PPA) : Maladie virale très contagieuse, à propagation rapide et mortelle. Il n’existe pas de vaccin ou de remède.
  • Salmonellose : Bactérie intestinale qui provoque une inflammation et une nécrose de l’intestin grêle et du gros intestin.
  • Syndrome Dysgénésique et Respiratoire Porcin (SDRP) : Virus très contagieux qui peut causer des problèmes de fertilité et des problèmes respiratoires.
  • Colibacillose : Diarrhée aqueuse causée par des souches entérotoxinogènes d’Escherichia coli (souches ETEC), entraînant la mort chez les porcelets nouveau-nés.
  • Diarrhée Épidémique Porcine (PEDV) : Coronavirus qui infecte l’intestin grêle des porcs et des porcelets.
  • Dysenterie Porcine : Maladie diarrhéique micro-hémorragique courante chez les porcs qui affecte le gros intestin.

Voici ce qui peut vous alerter, même si une fois déclarés, ces symptômes signifient généralement que le mal est fait.

Autres Maladies et Infections

  • Maladie d'Aujeszky : La fièvre associée à des troubles neurologiques est souvent mortelle chez les jeunes animaux et c’est une affection très contagieuse.
  • Actinobacillose (Pleuropneumonie Porcine) : On retrouve ici les mêmes symptômes, mais cette fois la responsable est la bactérie Actinobacillus pleuropneumoniae, transmise via des gouttelettes de salive infectées.
  • Fièvre Aphteuse : Elle n’est pas spécifique à l’espèce, et n’est pas transmissible à l’Homme (ou dans de très rares cas).
  • Entéropathie Proliférative Porcine (Lawsonia intracellularis) : Lawsonia intracellularis est la bactérie responsable de cette entéropathie qui prolifère dans le système digestif, et particulièrement l'iléon, une partie de l'intestin.
  • Ascaridiose : Cette fois, c'est un parasite qu'il faut surveiller.
  • Parvovirose Porcine : Connue pour décimer les jeunes animaux, elle peut aussi toucher les femelles de votre élevage.

3 Remèdes Naturels Contre les Maladies des Porcs

Maladie d'Amaigrissement du Porcelet (MAP)

Présente aujourd'hui dans la plupart des pays producteurs de porcs, la Maladie d'Amaigrissement du Porcelet (MAP) est apparue parallèlement en Amérique du Nord et en Europe à partir de 1996. Touchant les porcelets âgés de 7 à 15 semaines, la maladie animale se manifeste sous la forme de fièvres et de pertes d'appétit. Ces signes sont accompagnés de difficultés respiratoires et parfois de diarrhées, l'ensemble conduisant, dans les cas sévères, au dépérissement de l'animal (perte de poids) et parfois à la mort. Le déclenchement des formes graves de la maladie varie considérablement d’un élevage à l’autre, voire d’un animal à l’autre au sein d’un même élevage.

Chez les animaux malades, des lésions sont observées au niveau de différents organes (poumon, foie, rein, ganglions lymphatiques...). Les recherches virales entreprises sur les tissus des organes lésés ont permis de révéler la présence d'un virus largement répandu au sein de la population porcine mondiale, le circovirus porcin de type 2 (PCV 2), virus strictement animal et spécifique à l’espèce porcine pouvant infecter le porc et les sangliers.

Si ce virus est aujourd'hui considéré comme une des causes majeures associées à la MAP, sa seule présence au sein d'un élevage ne suffit pas pour déclencher la maladie. D'autres facteurs environnementaux jouent également un rôle dans l'expression de la MAP au sein des élevages de porcs.

L'impact de la MAP a été considérablement réduit en France depuis plusieurs années grâce à la mise en œuvre de mesures essentiellement liées aux techniques d'élevage (amélioration des conditions d'hygiène, réduction des situations de stress des animaux) et la mise sur le marché de plusieurs vaccins ciblant le PCV2 ayant une bonne efficacité clinique mais également réduisant la transmission du PCV2.

Récemment, deux nouveaux circovirus porcins ont été identifiés, le PCV3 (2015) et le PCV4 (2019). Ils sont tous les deux associés à une variété de signes cliniques dont certains sont proches de ceux causés par le PCV2 mais aussi impliqués probablement dans les troubles de reproduction chez les truies. Le PCV3 est actuellement largement distribué chez les porcs et les sangliers à travers le monde et des études rétrospectives de détection de virus indiquent qu’il circulerait depuis les années 1990. Le PCV4 a lui été détecté uniquement sporadiquement en Chine.

Les activités de l'Anses relatives à la maladie d'amaigrissement du porcelet :

  • L’unité « Epidémiologie, Santé et Bien-être du porc » a étudié les circonstances associées au développement de la MAP par des approches épidémiologiques de terrain, des études expérimentales en milieu contrôlé et la modélisation épidémiologique.
  • L’unité « Génétique virale et biosécurité » a conduit des travaux sur les facteurs de virulence du PCV2 en étudiant plus particulièrement la protéine de capside, structure qui entoure le génome du virus.

Diagnostic des Maladies Porcines

La priorité est d'identifier rapidement le problème, de préférence grâce aux techniques de diagnostic rapide.

Voici quelques méthodes de diagnostic utilisées :

  • PCR (Réaction en Chaîne par Polymérase) : Technique de biologie moléculaire utilisée pour amplifier de très petites quantités d'ADN afin de les détecter et les analyser.
  • Culture Bactérienne : Mise en culture de l'échantillon dans un environnement contrôlé.
  • Sérologie : Étude du sérum sanguin (la partie liquide du sang dépourvue de cellules et de facteurs de coagulation).
  • Biopsie : Analyse des tissus en laboratoire.

Un vétérinaire reste le mieux placé pour réaliser ces prélèvements.

Symptômes et Diagnostic Différentiel : Cas Pratique

Un cas intéressant a été observé dans un élevage de multiplication de 250 truies en Pologne. Initialement, l'élevage avait un statut sanitaire très élevé, négatif pour plusieurs agents pathogènes. Cependant, une mort subite des animaux a été constatée, accompagnée d'œdème facial, de fièvre élevée (jusqu'à 41,5 ºC) et de symptômes neurologiques.

Les autopsies ont révélé une infiltration sous-cutanée gélatineuse et des péricardites séro-fibrineuses. Les études bactériologiques ont montré une croissance d’Haemophilus parasuis (H. parasuis), confirmée par PCR dans les lésions typiques de la maladie de Glässer.

Ce cas illustre l'importance du diagnostic différentiel, car les symptômes initiaux pouvaient évoquer d'autres troubles cardiaques. La spécificité de la localisation de l'œdème dans les parties basses du corps ainsi que son caractère dépressible fait penser à un trouble cardiaque (œdème cardiaque), concrètement un trouble cardiaque congestif avec la stagnation de sang résultant dans la circulation systémique.

Le traitement a consisté en l'administration d'amoxicilline et d'acide clavulanique aux animaux symptomatiques, ainsi qu'un traitement métaphylactique à l'amoxicilline dans l'eau de boisson pour le reste des animaux.

Tableau 1: Résultats de l'analyse PCR pour H. parasuis
Échantillon Résultat PCR
Lésions typiques de la maladie de Glässer Présence confirmée d'H. parasuis

Fig. 2: Infiltration sous-cutanée gélatineuse

Fig. 3: Accumulation sous-cutanée de liquide

Fig. 4: Péricardites séro fibrineuses

Traitements et Prévention

Les traitements varient en fonction de l'agent pathogène :

  • Réhydratation : Indiquée dans les cas de diarrhée.
  • Antiparasitaires : Pour éliminer les parasites (vers, larves).
  • Antibiotiques : Pour éliminer les bactéries (à utiliser avec précaution pour éviter l'antibiorésistance).
  • Antiviraux : Pour éliminer les virus.

Il est primordial d'éviter de donner l'occasion aux bactéries de développer des antibiorésistances, et devenir de plus en plus virulentes.

La prévention est essentielle :

  • Vaccination : Connaître les vaccins recommandés.
  • Mesures de Biosécurité : Maintenir un environnement sain et prévenir les infections (quarantaine, contrôle des visites, protection contre les sangliers).

La mise en quarantaine des nouveaux arrivants est essentielle à respecter, lors du renouvellement de cheptels par exemple, ou si vous accueillez des porcelets à l'engraissement.

La décontamination suite au passage d'animaux malades dans un espace de vie est essentielle.

Des solutions modernes existent grâce à un logiciel de gestion de troupeau de truies par exemple, permettant d’anticiper les maladies, réformer les animaux à risque, et bien gérer ses traitements, ses vaccins et son carnet sanitaire.

Mortinatalité en Élevage Porcin

Les pertes de porcelets sous la mère constituent l’un des enjeux majeurs de l’élevage porcin. En 2023, ces pertes atteignaient en moyenne 22 % pour les NT et 15,6 % pour les NV (source : Ifip GT-Porc). Parmi ces pertes, les mort-nés représentent en moyenne 1,3 porcelet par portée.

Nutréa a mis en place un outil de diagnostic permettant de distinguer les vrais mort-nés des faux, grâce à une méthode innovante et non invasive : l’échographie pulmonaire. Cette technique permet de mieux comprendre les causes de la mortinatalité de l’élevage et d’orienter les actions à mettre en place.

Brucellose Porcine

La brucellose des porcs est une maladie contagieuse qui se manifeste par des avortements. Elle est transmissible à l’homme et aux autres animaux d’élevage. Quelques foyers de brucellose porcine ont été identifiés en France. Ce sont les élevages en plein air, sans protection efficace vis-à-vis des sangliers qui sont le plus souvent atteints.

Lorsque la brucellose vient de contaminer un élevage, elle se manifeste par des avortements. Puis les animaux s’immunisent et deviennent porteurs sains. Dans les autres cas, l’infection persiste et la maladie sera périodiquement observée sur les animaux jeunes ou nouvellement introduits.

Si le diagnostic de brucellose est confirmé par le laboratoire, l’abattage des porcs et la désinfection des bâtiments sont indispensables pour l’assainissement. Pour les élevages en plein air la pose de clôtures est obligatoire.

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