Maîtriser sa marge brute en élevage permet d’orienter les décisions stratégiques de son atelier. Contrairement au coût de production, la marge brute permet de savoir si son atelier est rentable. Cet article vous explique la méthodologie de calcul, puis vous guide dans l’analyse du résultat pour faire les meilleurs choix stratégiques.
La marge brute se calcule simplement : les produits - les charges opérationnelles d’un atelier. Ce résultat donne un premier niveau d’analyse : mon atelier est-il rentable ? Il permet de se comparer avec des références issues d’ateliers similaires (même système de production, même nombre de vaches, etc).
Le coût de production apporte un deuxième niveau d’analyse bien différent. Vu qu’il prend en compte les annuités, les rémunérations et les charges de structure, il permet de savoir si le prix de vente est rémunérateur pour l’agriculteur.
Découvrez ci-dessous le fonctionnement du logiciel.
Pour vérifier si votre atelier est rentable, un outil pertinent est le calcul de la marge brute. Cette approche mathématique oriente sur les décisions technico-économiques à prendre sur un atelier, mais nécessitera toujours une analyse stratégique globale de l’exploitation. Le calcul est plus simple et plus rapide que celui du coût de production.
Vous pourrez alors calculer votre marge brute de votre atelier bovin viande en toute autonomie.
Quel que soit votre production, vous pouvez calculer votre marge brute agricole. Il suffit de suivre les étapes suivantes :
Vous devez choisir l’atelier que vous souhaitez étudier : l’atelier laitier, l’atelier viande, l’atelier cultures, etc. Si vous souhaitez être plus précis, vous pouvez sélectionner l’activité spécifique d’un atelier. Par exemple, l’activité « orge » de l’atelier cultures.
Vous devez lister l’ensemble des produits (les recettes) permis par l’atelier étudié :
Vous devez lister l’ensemble des charges (les dépenses) par l’atelier étudié :
Pour ne pas confondre les charges opérationnelles avec les charges de structure, voici une astuce : si votre atelier cesse de fonctionner, les charges opérationnelles disparaissent !
Une autre astuce à garder en tête : noter rigoureusement les sources d’enregistrement de vos charges (factures, cahier sanitaire, cahier de culture, etc). Si vous calculez de nouveau votre marge brute d’ici quelques semaines, vous ne saurez plus d’où provenaient vos chiffres.
Si votre atelier fonctionne en partie grâce au bénéfice d’un autre atelier, vous devez prendre en compte les cessions internes. Par exemple, vous cédez votre blé à votre atelier laitier. Vous avez deux solutions pour tenir compte de la valeur de cette cession.
Le mieux reste d’utiliser le prix de parité, qui est basé sur la valeur nutritive de l’aliment. Rapprochez vous de votre conseiller indépendant.
Le calcul est simple :
Marge Brute = Produits - Charges opérationnelles
N’oubliez pas ⚠️ cette méthode ne prend pas en compte les charges de structure agricole, les amortissements, les annuités, les rémunérations.
Le choix de l’unité est important pour pouvoir se comparer aux références. Pour vous aider dans vos choix, regardez quelle unité est utilisée dans les cas-types de votre production.
De manière générale, les unités utilisées sont :
Pour analyser votre marge brute, il est suggéré de positionner vos résultats sous forme d’arbre. Il vous permettra de voir clairement les différents postes de produits et de charges. Vous pouvez aussi indiquer les chiffres de la référence choisie, pour identifier les marges de manœuvre possibles.
Après vous être remémoré le contexte de l’exploitation et la conjoncture économique, vous vous questionnerez sur :
Chaque résultat de marge brute est une conséquence, souhaitée ou non, d’une décision prise sur son atelier.
Comment savoir si la décision que vous avez prise était pertinente ?
Si votre résultat de marge brute est positif :
Si votre résultat de marge brute n’est pas à la hauteur de vos espérances :
Exemple : Un chaulage des sols = coûteux, mais qui aura une incidence positive à moyen/long terme sur les rendements et l’état agronomique des sols.
L’analyse de la marge brute permet de jauger la pertinence d’une orientation stratégique à moyen terme.
La marge brute agricole est un outil d’aide à la décision de la conduite technique de votre atelier. Il faut pouvoir l’intégrer dans l’étude de la cohérence globale de votre exploitation.
Le rapport 2024 de l'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires (OFPM), publié ce 19 juillet par FranceAgriMer, s'inscrit dans un contexte marqué par le retour de l'inflation depuis fin 2021. L'OFPM étudie 36 produits représentatifs de 10 filières alimentaires, couvrant environ la moitié de la consommation alimentaire française en valeur.
En viande bovine, dans un contexte de nette augmentation des prix des animaux en 2022, et malgré une hausse de ses prix de ventes, l’industrie a comprimé ses marges nettes sur les produits étudiés. Le résultat courant avant impôt régresse légèrement, à 0,05 €/kg de carcasse traité par l’abattage découpe, contre 0,06 €/kg en 2021. Du côté de la GMS, où les marges nettes sont généralement négatives dans le rayon boucherie, on observe une stabilité ou une diminution en 2022. Pour autant, la marge brute est restée assez stable. Si le chiffre d’affaires progresse en valeur, l’OFPM montre une rentabilité qui diminue.
De nombreuses entreprises avait comprimé leurs marges pour amortir l’inflation en 2022, avec des taux de profitabilité en baisse, sauf en volaille. 2023 a permis « un effet de rattrapage » écrit l’OFPM. La hausse des prix au détail est en effet à relier avec le redressement des marges de l’aval. La hausse des prix de la matière première agricole compte pour 10,7 points sur les 19,7 points d’inflation subis en 2022 et 2023, le reste est porté par le redressement des marges brutes de l'aval.
La marge bovin viande des éleveurs allaitants spécialisés progresse de près de 15 % en deux ans. En 2022-2023, avec des marges céréales au plus haut, les revenus augmentent largement dans nos systèmes allaitants bretons (clôtures juil. 22 - juin 23). Ces bons prix de vente devraient se combiner avec la baisse des coûts alimentaires dont le pic a été atteint en 2023-2024.
Si une partie des broutards est aujourd'hui exportée, la production de bœuf pourrait permettre aux éleveurs de valoriser l'intégralité des animaux issus de leurs troupeaux et ainsi capter de la valeur ajoutée. Près de la moitié des veaux mâles issus des exploitations françaises sont destinés à l'export de broutards d'après la synthèse des données économiques des filières bovines publiées par l'Institut de l'élevage. La question de la valorisation des mâles se pose plus encore pour la filière bio, au sein de laquelle les trois quarts des mâles retrouvent le circuit conventionnel pour l'engraissement, en France ou à l'export.
L'engraissement des bœufs permet de dégager une marge brute supérieure de 5 750 € (avec des bœufs valorisés 5,40 €/kg pour des broutards vendus 990 €).
« Sur la filière bio, pour l’opérateur avec lequel nous travaillons (Unebio) la filière est structurée et permet de valoriser des bœufs, mais c'est beaucoup moins évident pour la filière conventionnelle », admet Bertrand Daveau. L'appellation bœufs regroupe en effet des animaux assez hétérogènes en termes de caractéristiques de carcasse, ce qui peut être un frein au développement de la filière. « Tout l’enjeu est de construire et promouvoir un itinéraire technique éprouvé pour des caractéristiques de carcasse mieux connues, afin d'obtenir une viande comparable à celle obtenue avec des jeunes vaches de réforme. »
L’Observatoire de la formation des Prix et des Marges des produits alimentaires a publié en décembre sa première étude des prix et marges dans la filière bovine à partir du suivi de la valeur de la carcasse. Cette étude vise à définir, dans la transparence la plus totale, l’évolution des prix tout au long du cycle de vie des produits ainsi que la formation des principaux écarts ou marges brutes.
Afin de définir un référentiel homogène, l’étude porte sur la marge brute qui est définie comme la différence entre le prix à la production et le prix à la consommation. Cette marge brute « agrégée » sur carcasse est la différence entre la valeur du kg carcasse reconstituée à partir des prix des morceaux au détail et la valeur du kg carcasse issue des cotations entrée abattoir.
En effet, au stade de la production, les prix ont fait preuve d’une assez grande stabilité malgré des fluctuations saisonnières et l’impact en 2001 et 2002 de la crise de l’ESB. Même en tenant compte des aides existantes (un tiers du produit en système allaitant), ceci ne permet de rémunérer qu’une partie des coûts de production des éleveurs : le prix de carcasse à la production agricole est déconnecté des coûts de production en élevage.
De manière objective, la marge brute agrégée industrie et distribution par kg d’équivalent carcasse, a augmenté de 1,06 €. En premier lieu, la marge brute augmente car le prix moyen des produits de viandes bovines du secteur augmente sensiblement sur la période (de 4,11 à 5,08 €/kg de « mix-produits »). La persistance d’une marge brute toujours supérieure à son niveau d’avant 2001 provient, en partie, de l’augmentation des charges. Surcoût de 0,5 € / kg e. c. Ainsi, les augmentations de charges liées aux facteurs économiques restent transversales à l’ensemble des filières agroalimentaires.
Il est important de noter que cette étude ne doit être considérée que comme une première étape d’analyse.
Besoin d’un logiciel de marge brute ? Conseil en Agriculture vous offre un logiciel de calcul de marge brute en bovin viande.
Le calculateur de marge brute en bovin viande se découpe en 4 parties :
Saisir les caractéristiques :
Saisir les produits (en €/UGB) : en circuit long, en circuit court, les autres produits & les aides.
Dans la rubrique « Produit Viande Circuit Long« , vous renseignez les chiffres d’affaires annuels des ventes de vaches en boucherie, vaches de réforme, de génisses, de veaux, de broutards et taurillons. Vous ajoutez la variation de stock animaux. Si vous avez acheté des animaux, vous remplissez la ligne « achat d’animaux » en notant la valeur en négatif.
Dans la rubrique « Produit Viande Circuit Court« , vous renseignez les chiffres d’affaires annuels des ventes de viande en circuit court (vente directe). Vous ajoutez la valeur d’autoconsommation de viande en valeur négative, si vous êtes concerné.
Dans la rubrique « Autres produits« , vous renseignez les chiffres d’affaires annuels des ventes de fourrages et éventuellement les indemnités récoltes que vous auriez pu recevoir.
Dans la rubrique « Aides« , vous renseignez les aides à l’UGB ainsi que les autres aides liées aux animaux (exemple : MAEC Races Menacées). Vous ne mettez pas les aides DPB car elles sont liées aux surfaces et non à l’atelier bovin viande.
Une fois ces 2 premières étapes remplies, vous obtenez de manière automatique les produits en €/UGB.
Saisir les charges opérationnelles (€/UGB) : les surfaces fourragères, l’alimentation du troupeau & les charges d’élevage
Dans la rubrique « Surfaces fourragères« , vous renseignez les dépenses annuelles des engrais/amendements, des semences, des produits phytosanitaires, des fournitures agronomiques, des travaux par tiers, des achats de fourrages et autres achats liés aux surfaces fourragères.
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