Manoir du Spaghetti : Une Histoire Fascinante entre Architecture et Gastronomie

Longtemps cantonnée à une image de station balnéaire figée, Deauville change de cap. La Côte Fleurie attire désormais une clientèle plus jeune et cosmopolite grâce à l'hôtellerie, la gastronomie et les initiatives culturelles.

Deauville se réinvente. Finis les clichés des week-ends bourgeois entre machines à sous et soles meunières. La vieille dame chic de la Côte Fleurie retrouve une jeunesse insoupçonnée et continue d'écrire son histoire : les nouvelles adresses hôtelières jouent la carte du luxe intimiste, les restaurants s'encanaillent, font vibrer les soirées et le pop-corn se mêle au champagne.

Un Hôtel Particulier : Maison Douce Époque

À Deauville, l’hôtellerie haut de gamme évoque souvent de grandes institutions historiques. Tout récemment réouvert, l’hôtel est un manifeste contre l’agitation pour Philippe Chamard, directeur général de Maison Douce Époque.

"On cultive vraiment l’idée d’une maison de famille. Une atmosphère très douce, qui fait référence à la Belle Époque. Nous sommes très loin du tumulte du centre-ville et la philosophie est tout autre : nos clients cherchent à se couper du monde de façon plus intimiste. Le "m’as-tu-vu" n’est pas notre credo, l’aspect citadin non plus."

Lui-même cavalier et passionné par le monde du cheval, le directeur mise aussi sur un ancrage local fort : "Deauville, c’est une terre équestre. Nous sommes proches de l’hippodrome de Clairefontaine et nous attirons une clientèle 'chevaux', qu’il s’agisse de passionnés, d’investisseurs ou d’acheteurs lors des grands événements.

L'Hôtel Barrière Le Normandy Deauville

Claude Lelouch, séduit par le site pour son film "Un homme et une femme", avait imaginé y tourner un long métrage intitulé "L’Hôtel"… qui ne vit jamais le jour. Mais le décor, lui, est resté. Depuis 2010, repris par le groupe Floirat, il est devenu une référence de villégiature paisible et élégante. Ici, on découvre 57 chambres dont 35 suites disséminées dans un parc de 7 hectares, une piscine intérieure chauffée, un cinéma privé, un sauna, des courts de tennis et même des terrains de pétanque, l’adresse cultive un charme champêtre. Une parenthèse bucolique qui attire les amateurs de campagne chic, sans ostentation, à deux pas de Deauville.

Une Nouvelle Scène Culinaire

Parce qu’on ne vit pas que de plateaux de fruits de mer, Deauville dépoussière aussi sa scène culinaire. Et c’est un signal fort : fini les clichés du restaurant guindé ou de la brasserie attrape-touristes, la ville mise désormais sur des tables beaucoup plus audacieuses et festives. En 2024, le prestigieux Moma Group, connu à Paris pour ses adresses où l’on dîne aussi bien qu’on danse, a débarqué à Deauville. Avec l’appui du groupe Barrière, il a installé son restaurant Noto à deux pas des Planches. Objectif? Apporter une touche de glamour et de modernité à la scène culinaire deauvillaise.

Et le pari est réussi, en à peine deux saisons, l’adresse s’est imposée comme le lieu incontournable. Aux fourneaux, le chef Emilio Giagnoni, originaire de Sardaigne et formé dans les cuisines du Four Seasons, ne fait pas de compromis : burrata à la truffe, paccheri au bar et tomates cerises, spaghetti al pomodoro parfaitement exécutés, sans oublier le risotto al tartufo nella forma di pecorino, servi directement dans une meule de fromage.

Très Saint Tropez vibes, chaque soir, la salle se transforme au fil du service. On commence par un dîner feutré dans un décor cosy, on finit par danser au son d’un DJ set ou d’artistes live. Guitares, chanteurs, rythmes électro… Le Noto a importé à Deauville un concept qui séduit une clientèle jeune, branchée et cosmopolite et incarne ce que la station cherchait depuis longtemps. Un combo qui transforme le dîner en expérience totale, à la croisée de la gastronomie et de la nightlife. Boring Deauville?

Expériences Ciblées et Spa Tendance

Côté culture, le mythique Festival du cinéma américain de Deauville, dont la 51ème édition s’ouvrira le 12 septembre, reste l’événement-phare. Mais la station joue aussi la carte des expériences plus confidentielles comme avec le Ciné-Club Barrière qui propose des projections intimistes au coeur de l'hôtel Le Normandy. Fauteuils moelleux, champagne, pop-corn mais aussi échanges privilégiés avec des talents du 7ème art, tout est ici fait pour développer l'aspect expérientiel.

Enfin, le groupe Barrière a récemment lancé un partenariat avec la marque de soins haut de gamme et très tendance, myBlend, au Spa de l’Hôtel du Golf. Diagnostic de peau digital, soins sur mesure et approche high-tech, c'est toute une nouvelle proposition qui attire les amateurs de wellness pointu et personnalisé.

Le cheval, le cinéma, la gastronomie, l’élégance normande... la station n’abandonne pas ses racines mais elle les réinterprète. Deauville n’est plus seulement la vieille dame chic de la Côte Fleurie, c’est désormais une destination qui séduit aussi une clientèle jeune et toujours en quête d’expériences uniques.

La Découverte du Manoir du Spaghetti

En 2006, Amaury De Smet, 15 ans, répond à l’invitation d’une amie à une spaghetti party. Il ne sait pas encore que cette soirée va changer sa vie… Sous la houlette avisée de son père, Amaury a déjà effectué un premier stage d’architecture. Le jour où il se rend chez cette amie, du côté de Rhode Saint Genèse, au sud de Bruxelles, la villa scotche l’élève accro aux cours d’histoire de l’art. Sentant la singularité de cette maison posée au bord d’un étang, le jeune homme pose des questions : quand ? qui ? pour qui ? « On n’en sait rien », répond la famille qui a déjà cherché du côté des archives communales. Le dossier est vide, le mystère entier.

Amaury De Smet va mettre huit ans pour retracer l’histoire de la villa car beaucoup d’archives ont été déplacées ou détruites durant la Seconde Guerre mondiale. En 2014, le jeune homme met finalement la main sur un dossier de douze plans d’exécution de la maison. Entre signature illisible et cachet à demi-effacé, le pugnace Amaury déchiffre la mention M. Spittael, 2, rue du Tournoi à Forest. Il remonte la piste jusqu’à l’architecte Marcel Spittael. Amaury découvre alors une douzaine de ses projets au travers de témoignages. Avec les relevés cadastraux, le Tintin détective retrouve le nom du commanditaire de la villa, un certain A. Muller, qui, en 1938, date de la construction de la maison, vivait à Buenos Aires.

L’idée d’écrire un livre s’impose. En Belgique, la plupart des éditeurs d’architecture déclinent : « Vous avez 23 ans et on ne connait ni la maison ni l’architecte. » « Châssis, vitres, poignées de portes, cuisines, salles de bains… Tout était intégralement conservé. Et rien que pour ça, il fallait en parler ! », nous confie-t-il. Convaincu, ce dernier publiera le livre.

La Famille Muller et la Villa

C’est alors qu’Amaury interviewe la nièce du propriétaire : les Muller sont une famille originaire d’Anvers et du Nord de la France. Le couple s’établit en 1919 en Argentine. Armand Muller se tourne vers le commerce de terres et revient en fils prodigue en Belgique. D’où la commande d’une demeure à Spittael, l’architecte de l’Institut de médecine tropicale d’Anvers.

Pendant la guerre, seul un couple de gardiens occupe la villa et il s’enfuit à l’arrivée des soldats allemands. En 1947, Armand Muller meurt à Buenos Aires d’une crise cardiaque en jouant au golf. Souffrante, son épouse Amélie revient en Belgique et s’éteint deux mois après son retour. Le couple n’ayant pas d’enfants, c’est le frère d’Amélie qui hérite de la villa et la vend à des parents éloignés. Plusieurs familles s’y succèdent alors.

Selon Amaury, la construction de cette maison pourrait coûter aujourd’hui entre 20 et 30 millions d’euros : « Feuille d’or, marbres splendides, bois extraordinaires, châssis en acajou massif… Ce serait inimaginable aujourd’hui. » Fait extraordinaire, à quelques minimes modifications près, la maison est toujours dans son état d’origine. « Les propriétaires ont été soigneux au point de stocker à la cave les éléments défectueux, éviers, bidets, robinets ou portes », précise le jeune homme.

A la sortie du livre, les Monuments et sites flamands contactent l’auteur. Au vu de l’ouvrage, érudit et richement documenté, la décision est prise : il faut lancer une procédure de classement pour préserver le lieu. Amaury De Smet mobilise alors un comité scientifique européen de soutien pour avertir le ministre responsable. Dix acteurs culturels vont signer sa lettre, du doyen de la faculté d’architecture de Bruxelles à Paul-Hervé Parsy, ex-administrateur de la Villa Cavrois.

Amaury De Smet précise aussi que « si en France, un bien prend de la valeur quand il est classé ; en Belgique, c’est le contraire. Personne ne veut vivre dans un bâtiment où l’on doit avoir une autorisation pour faire la moindre modification. » L’arrêté de classement provisoire a néanmoins été signé en onze jours, un record national.

A lire : Villa Muller, Marcel Spittael, 1938. Amaury De Smet, Photographies Serge Brison. AAM Editions.

Voici une table récapitulative des éléments clés de l'histoire du Manoir du Spaghetti :

Événement Date Détails
Construction de la villa par Marcel Spittael pour A. Muller 1938 A. Muller, vivant à Buenos Aires, commande la villa.
Découverte de la villa par Amaury De Smet 2006 Amaury De Smet découvre la villa lors d'une "spaghetti party".
Publication du livre "Villa Muller, Marcel Spittael, 1938" N/A Amaury De Smet publie un livre documentant l'histoire de la villa.
Classement provisoire du bâtiment N/A L'arrêté de classement provisoire a été signé en onze jours.

Leurs Maisons Étaient PLUS CHAUDES Sans Chauffage — Le Secret que l'Histoire a Oublié

La Renaissance du Couvent de la Visitation de Lyon

"Lorsque nous avons pénétré pour la première fois dans l'établissement, nous avons découvert une chapelle dévastée et un jardin qui ressemblait à une véritable forêt vierge", pour Marianne Borthayre et Jean-Luc Mathias, les concepteurs du projet, l'ancien Couvent de la Visitation de Lyon était en péril. Abritant dans un premier temps des sœurs, puis des infirmières, le lieu fut aussi un espace de stockage des archives de l'Hôtel Dieu. Ce fut ensuite 20 ans de vide laissant le soin au temps d'abîmer le bâtiment.

Avec l'aide d'Axe Architecture, mais aussi une collaboration minutieuse avec les ABF, le chantier a démarré à l'hiver 2013. "On voulait garder l'esprit de la bâtisse et lui offrir une deuxième vie dans son jus", confie Marianne Borthayre. Le plan en carré sur trois niveaux a été préservé et l'architecture extérieure a été respectée et rénovée. A l'intérieur, ce qui a pu être conservé, l'a été.

Côté chantier, le désamiantage a donné du fil à retordre, "une étape plus importante que prévu", révèle la propriétaire. Elément culminant des travaux : la restauration de la chapelle. Cette dernière, qui abrite désormais la réception de l'hôtel, a été réhabilitée à l'identique par l'Atelier Royal de septembre 2013 à juillet 2014, en accord avec les Bâtiments de France. Effet garanti dès l'arrivée dans le hall d'entrée. D'ailleurs, selon certains, ce monument aurait servi de brouillon à la basilique de Fourvière.

Parmi les autres petits "plus" de l'hôtel, on peut citer le couloir de nage surélevé de 25 mètres de long. Une surélévation privilégiée à l'enfouissement afin d'éviter les chantiers fastidieux de fouilles archéologiques. Mais ce n'est pas tout, outre les salles de conférences aux décors de guignol et esprit bistrot, l'hôtel cache aussi un bouchon lyonnais, restaurant typique de la région.

Enfin, réglementation et normes obligent… Peu d'aménagements intérieurs du couvent initial ont été conservés. Pour préserver l'intimité, les 75 chambres ont toutes fenêtres sur l'extérieur et se veulent spacieuses et lumineuses. Toutes rendent hommage aux lyonnais célèbres en portant leur nom et leur portrait sur les portes.

Enfin, dernières surprises, deux œuvres de l'artiste franco-argentin Pablo Reinoso font leur apparition dans l'hôtel, l'une trône au cœur du jardin carré de 700 m2, - une sculpture d'acier contemporaine jouant avec les vents, et l'autre, un banc en bois tentaculaire s'immisce délicatement dans la chapelle.

Inauguré en 2016, le Fourvière Hôtel a rapidement trouvé son public et pourrait poursuivre son développement puisqu'une partie attenante est actuellement à l'abandon. Le couvent de la Visitation constitue l'une des premières oeuvres de Pierre-Marie Bossan à Lyon. En 2015, un vaste chantier a été entrepris pour lui redonner vie.

"La chapelle a été intégralement restaurée à l'identique par l'Atelier Royal de septembre 2013 à juillet 2014, sous le haut patronage des Bâtiments de France", note un communiqué. Les péristyles accueillent des tables pour se restaurer et discuter. Les 75 chambres, réparties sur 3 niveaux, s'articulent en trois catégories : les cellules, les classiques, les suites.

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