Types de Logement pour Porcs: Conventionnels et Alternatifs

La production porcine présente une très grande diversité de modes d’élevage. La production conventionnelle en bâtiment fermé avec un sol en caillebotis, largement dominante actuellement, coexiste avec d’autres systèmes d’élevage dits alternatifs en regard du mode de logement, parmi lesquels on retrouve à la fois des élevages en plein air mais aussi des élevages sur litière, et qui incluent notamment les élevages en production biologique.

Même si les systèmes d'élevage alternatifs sont en développement dans la plupart des pays fortement producteurs de porcs de par le monde, ils ne séduisent toutefois actuellement qu'une faible fraction des éleveurs, l'élevage sur litière ou plein air ne représentant que 5 à 10 % des élevages en France.

Il existe peu de données numériques sur les élevages alternatifs dans leur diversité, parmi lesquels se trouvent des élevages en agriculture biologique ou élevages « bio », mais aussi sous d'autres signes de qualité comme des « labels rouges » ou des « labels rouges fermiers » par exemple.

Même s’ils sont plébiscités par les consommateurs et les citoyens, ces élevages alternatifs ne sont pas sans présenter de points critiques.

Systèmes d'Élevage Alternatifs

Les systèmes d’élevages alternatifs, dont l’image dans la société est souvent idéalisée, permettent aux porcs d’exprimer un éventail de comportements plus large que dans les élevages confinés. Ces élevages présentent de réels atouts, mais ils doivent aussi relever des défis, notamment en termes de biosécurité, de santé animale et de santé publique.

Nous définissons comme « alternatif » tout système d’élevage différent des structures contemporaines prédominantes, dîtes « conventionnelles », c’est-à-dire n’élevant pas l’intégralité des porcs confinés en bâtiments fermés et sur sols en caillebotis et/ou en béton.

Parmi ces élevages alternatifs on trouve des élevages dans lesquels les animaux sont élevés sur litière et des élevages proposant à leurs animaux un accès plein air. Cet accès plein air correspond dans certaines exploitations à des courettes extérieures.

Dans d’autres élevages, les animaux sont élevés sur des parcours en plein air, dans des parcs avec des cabanes pour les animaux. Enfin il existe des systèmes très extensifs, notamment le système sylvopastoral dans lequel les porcs pâturent dans des zones de forêts.

La production porcine en plein air est définie comme un système qui permet aux porcs d’avoir un accès à l’extérieur et d’être en contact avec le sol, voire avec des plantes. Dans ce type d’élevage, tous les animaux ou seulement une partie d’entre eux peuvent avoir accès à l’extérieur, l’accès plein air pouvant être réduit à une courette extérieure ouverte sur le bâtiment d’élevage. L’élevage sur litière présente le même type de diversité, tous les animaux n’étant pas forcément élevés sur litière au sein d’un élevage.

Voici une illustration des différents types d'élevage alternatifs :

Porcs sur paille

Élevage Biologique

Si on prend l'exemple de l'élevage biologique, les statistiques sur le nombre d'animaux élevés à travers le monde selon les cahiers des charges « biologiques » sont incomplètes et ne permettent pas pour l'instant d'avoir une vision complète du secteur. On sait toutefois que dans les pays européens, plus de 1,5 million de porcins étaient certifiés « bio » (issus de l'agriculture biologique) en 2019 (+ 10,6 % vs 2018), soit 1,0 % du cheptel porcin de l'UE.

Les trois principaux pays sont, par ordre d'importance du nombre de porcs bio élevés, le Danemark, la France et l'Allemagne. Ils représentaient près de 74 % du cheptel bio de l'UE en 2019. En France, en 2020, le cheptel de truies bio représentait 1,78 % du cheptel total de truies (17 451 en 2020 contre 12 124 en 2018, soit une croissance de près de 44 %), réparties dans 633 élevages.

Neuf-cent-trente-deux élevages ont produit des porcs bio en 2020 en France. À titre de comparaison, en 2018, on ne dénombrait que 541 exploitations biologiques porcines, ce qui représentait déjà une augmentation de 28 % par rapport à l'année 2016. Ce rythme des conversions et des installations, porté par une forte demande des consommateurs, relayée par les distributeurs et les industriels, décroit actuellement, la consommation des produits Bio ayant baissé en 2021 pour la première fois en huit ans.

Bien-être Animal et Besoins des Porcs

Une des attentes du consommateur qui achète des aliments biologiques est que les normes de bien-être animal soient supérieures dans ces systèmes d'élevage. Mais la notion de bien-être animal est complexe. D'après l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES), « le bien-être d'un animal est l'état mental et physique positif lié à la satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux, ainsi que de ses attentes. Cet état varie en fonction de la perception de la situation par l'animal ».

En milieu sauvage, les porcs sont actifs pendant la journée et passent 75 % de leur temps pour des activités liées à la recherche de nourriture, notamment à fouiller, à brouter et à explorer avec leur groin. En élevage, la répartition du temps est différente et l’animal passe moins de temps à la recherche de nourriture, qui est fournie à l’animal.

À noter toutefois que les animaux élevés en plein air consomment en moyenne plus d’aliment que les animaux élevés en bâtiment, à performances de croissance équivalentes, en raison d’une activité physique plus importante et d’une dépense d’énergie accrue par des températures ambiantes plus basses notamment l’hiver. À quantités égales d’aliment équivalent, les besoins d’un porc élevé en plein air peuvent ne pas être couverts et générer des frustrations alimentaires, de la faim et des carences nutritionnelles.

Cependant, l'ingestion d'herbe, de fruits et/ou de terre par les porcs en plein air peut apporter selon la nature du produit ingéré une contribution non négligeable aux besoins en énergie, en acides aminés, en minéraux et en micronutriments, en particulier pour les truies ayant une grande capacité à ingérer des aliments volumineux.

La disponibilité en eau potable peut être un problème, notamment dans les systèmes extensifs. Dans ces systèmes totalement ouverts vers l’extérieur, les abreuvoirs sont souvent accessibles aux oiseaux sauvages et contaminés par la poussière. Une eau de mauvaise qualité peut impacter la consommation hydrique et être à l’origine de problèmes de santé chez les animaux.

L’absence d’inconfort est garantie par un environnement approprié, avec suffisamment d’espace pour que les animaux soient libres de leurs mouvements, une zone de repos confortable et sans courant d'air, un éclairage suffisant et non permanent pour que les porcs puissent voir et être soumis à un rythme nycthéméral, et le confort thermique nécessaire.

Une litière composée de paille a des propriétés similaires au type de substrat qu’un porc trouverait naturellement, agissant comme un coussin et réduisant ainsi l’inconfort et les blessures. Plusieurs études ont montré que le risque de bursite était nettement inférieur dans les élevages alternatifs, avec accès à l’extérieur ou sur paille, que dans les élevages en claustration.

Pour les porcs en plein air, la principale difficulté est de maintenir les animaux propres et secs en conditions météorologiques humides. Le type et la gestion des cabanes doivent être adaptés afin que les animaux puissent y trouver toutes les conditions de confort dont ils ont besoin. Elles doivent être suffisamment grandes pour accueillir les animaux et confortables.

Pour limiter les effets de la chaleur en plein air, il est nécessaire de mettre à la disposition des animaux des zones d'ombre ou des zones de rafraîchissement, comme des buses d'aspersion ou des bauges (des bassins de boue liquide).

Les porcelets élevés en plein air présentent moins de comportements agressifs les uns envers les autres que ceux élevés en bâtiment, que ce soit avant ou après le sevrage. Ces comportements sont susceptibles de causer des blessures. Dans une étude réalisée au Royaume-Uni, il y avait significativement moins de blessures sévères sur les porcs en croissance élevés en plein air que dans les élevages confinés.

Bien-être animal : Un élevage de porcs collectif | E.LECLERC

Bâtiments d'Élevage: Conception et Exigences

Les bâtiments des porcheries sont élaborés pour répondre à des exigences multiples comme les performances technico-économiques, les conditions de travail, l’environnement, le bien-être animal, ou encore le cahier des charges du marché de commercialisation. La production porcine est étroitement liée aux bâtiments d’élevage qui abritent l’ensemble des animaux : pas d’élevage sans porcherie. Ils conditionnent une grande part des performances techniques et économiques des élevages.

Le bâtiment doit permettre le confort et l’expression du potentiel génétique des animaux en les plaçant dans les conditions optimales, qu’il s’agisse de confort thermique ou de l’accès à l’eau et à l’aliment par exemple.

De nombreuses exigences encadrent la construction des bâtiments, leurs aménagements et les équipements :

  • La Réglementation : Implantation par rapport aux tiers / Environnement / Bien-être / Biosécurité
  • Les performances technico-économiques : indice de consommation, vitesse de croissance, résultats de l’exploitation, coûts à la place…
  • Le bien-être des animaux et sa réglementation associée (densité, enrichissement, luminosité…)
  • Les conditions de travail, en lien avec les attentes des éleveurs/salariés et l’attractivité du métier : ergonomie, équipements spécifiques, locaux annexes (douches, bureau, salle de pause).
  • Le sanitaire et la biosécurité : respect de la réglementation biosécurité, optimisation des actions de nettoyage/lavage, aménagements spécifiques (dispositifs de filtration de l’air)…
  • L’environnement et l’énergie : gestion des lisiers et fumiers, prise en compte des réglementations (IED/MTD), équipements de chauffage/ventilation, isolation.

Globalement les bâtiments d’élevage de porcs sont âgés : quel que soit le stade physiologique, l’âge moyen des bâtiments est supérieur à 20 ans. Il n’y a pas de grandes différences d’âge moyen entre les bâtiments des différents stades physiologiques. Les bâtiments les plus anciens sont les engraissements (en moyenne 23,7 ans) et les plus récents (ou les moins anciens) sont les maternités (en moyenne 20,5 ans).

Lorsque les bâtiments sont rénovés, et quel que soit le stade physiologique, l’agencement intérieur est le premier poste revu.

Ce qu’il faut retenir, c’est que le projet final, lors de la construction d’un bâtiment, doit résulter d’un compromis entre la meilleure qualité possible du bâtiment et le coût global du projet, en fonction du marché dans lequel s’inscrit la production (conventionnel, label…).

L’élevage sur caillebotis est le plus répandu sur le terrain. On appelle caillebotis, des sols constitués de "pleins" et de "vides". L’objectif est de laisser passer les déjections dans les fentes afin que les animaux restent propres. Ce mode de logement apporte un confort de travail satisfaisant et une résistance dans le temps tout à fait correcte. Cependant, le béton est une matière froide qui nécessite d’être montée en température avant l’arrivée des jeunes porcs.

L’élevage de porcs sur litière représente 5 % de la production porcine. Il est notamment la norme pour des productions sous certains cahiers de charges (label fermier, production biologique). Les tâches liées à l’apport de paille, au curage du fumier et au tri des animaux doivent être pensées de manière à limiter leur pénibilité.

En réponse aux controverses autour de la production porcine conventionnelle, des systèmes de productions dits alternatifs ont récemment vu le jour sur le terrain. En proposant souvent davantage d’espace aux porcs, de la litière partielle voire un accès à l’extérieur, ces systèmes mettent en avant un bien-être animal amélioré.

Projets de Recherche et Innovations

Dans l’objectif d’évaluer ces bâtiments, plusieurs projets de recherche sont en cours, notamment sur le post-sevrage et l’engraissement :

  • Projet Bâtiment Porcin 2022 : suivi et évaluation de 10 bâtiments d’engraissement innovants construits dans le cadre du programme « BP 2022 », accompagné par la Région Bretagne.
  • BâtiPorc C4E, projet Casdar piloté par l’IFIP sur la conception de bâtiments d’engraissement multi-performants.
  • Projets de construction de deux modules innovants de 120 places de post-sevrage et de 240 places d’engraissement à la station expérimentale de Crécom.
  • Co-conception de bâtiments d’élevage porcin à haute valeur en santé et bien-être animal dans le cadre du LIT OUESTEREL et élaboration d’une grille multicritères pour en faire l’évaluation.

Le RMT BATICE - Bâtiment au cœur des Enjeux - a pour vocation d’accompagner les mutations et d’impulser l’évolution de la conception des bâtiments d’élevage à l’horizon 2040, au sein des filières ruminants, porcs, volailles et équins.

Le projet Bâtiporc C4E, piloté par l’Ifip, ambitionne d’imaginer une nouvelle génération de bâtiment porcin. Dans le modèle actuel, le principal reproche porte souvent sur une remise en cause du bien-être des animaux à cause d’un sol uniforme et ajouré. Une des solutions pour améliorer cet aspect est de proposer une diversité de choix aux animaux. Par exemple, selon leur besoin, ils pourront disposer de différents types de sol (gisoir, paille, caillebotis).

Un autre point important est de donner la possibilité aux animaux d’organiser leur espace de vie en trois zones : le couchage, les ressources (alimentation, abreuvement et enrichissement) et les déjections.

Dans le cadre du projet Bâtiporc C4E, piloté par l’Ifip, plusieurs visites d’élevages et des échanges avec les éleveurs ayant appliqué ces principes ont été réalisés. Pour diversifier les types de sol et faciliter la spécialisation des zones de vie, il est souvent nécessaire de revoir la densité animale. Positionnement abreuvoirs et matériaux d’enrichissement : en système d’alimentation à la soupe, les éleveurs positionnent généralement les abreuvoirs et les matériaux d’enrichissement au-dessus de l’auge.

Pour qu’un aménagement de ce type fonctionne, il faudra alors réduire les densités animales (1 m² par porc par exemple) afin de libérer de l’espace. L’installation d’un gisoir peut être une solution judicieuse pour matérialiser la zone de couchage. Mais il sera également préférable d’abaisser les densités animales afin de maximiser les chances qu’il reste propre et être très attentif aux conditions de réalisation (dimensionnement, position, aménagement de la case.)

Une autre solution peut être d’augmenter la taille des groupes en engraissement. Cette conception a déjà été appliquée lors de la mise en groupe des truies gestantes en 2013. L’association d’une aire paillée (environ 1 m²/porc) en contrebas d’une zone en caillebotis (entre 0,2 et 0,4 m²/porc) semble offrir de multiples possibilités d’aménagement de cases. Sur les caillebotis on retrouve souvent le système d’alimentation et d’abreuvement. Cette zone doit également être identifiée comme l’espace de déjection.

A retenir, sur caillebotis intégral et avec une densité standard, il est souvent nécessaire de regrouper l’alimentation, l’abreuvement et les enrichissements dans la même zone pour limiter l’activité dans la case.

Malgré tout, on constate qu’en système d’alimentation à la soupe en auges longues, l’aménagement de la case est plus complexe qu’en système nourrisseurs ou DAC (distributeurs automatiques de concentrés).

Dopés par la demande en viande bio, les projets de conversion émergent dans la filière porcine, avec un volet « logement » à réfléchir. Or « aujourd’hui, les nouveaux projets d’installation en porc bio se font principalement tout en bâtiment », constate Carole Bertin, chargée d’études à la chambre régionale d’agriculture de Bretagne. « Mais avant de convertir un bâtiment, le producteur doit réfléchir à la faisabilité technique des aménagements qui seront nécessaires pour répondre à la réglementation, tout en optimisant ses conditions de travail », insiste Carole Bertin.

Équipements et Matériel pour Bâtiments Porcins

Afin de maintenir les porcs en bonne santé et avec une croissance harmonieuse, il est nécessaire d’avoir une infrastructure et des équipements de qualité, adaptés aux animaux et de maintenir le matériel dans de bonnes conditions d’hygiène. Les différents équipements et matériel pour vos bâtiments dépendent du type d’élevage ainsi que du nombre d’animaux. Selon la typologie de l’élevage porcin, certains équipements peuvent être différents.

La ventilation représente deux objectifs principaux en élevage : cela va apporter de l’air neuf aux animaux afin qu’ils aient assez d’oxygène mais cela va aussi permettre d’évacuer la vapeur qu’ils produisent dans les salles où ils se trouvent. Il existe deux modes de ventilation : la ventilation par salle, chacune des salles possède un ou plusieurs ventilateurs pilotés et régulés par des boîtiers de régulation.

Le chauffage est essentiel au bon rendement de votre production. Il existe trois modes de chauffage : par conduction, c’est-à-dire avec un contact entre l’équipement de chauffage et l’animal comme les dalles à eau chaude pour les porcelets. Ensuite, le chauffage qui fonctionne par rayonnement : les lampes à infra-rouges en maternité et les radiants en post sevrage.

La réglementation sur le bien-être animal impose de bien choisir son équipement d’élevage. En particulier, une durée et une intensité d’éclairage minimales pour les porcs. Un éclairage inadapté en élevage de porcs peut avoir des répercussions sur les résultats techniques de l’élevage et sur les conditions de travail des éleveurs.

Les fortes chaleurs peuvent être dangereuses pour votre cheptel, pour cela, la bonne gestion du refroidissement est indispensable. Une des premières solutions est la mise en place d’un cooling, c’est le moyen le plus efficace et le plus économique pour faire baisser la température à l’intérieur du bâtiment.

Tout comme l'alimentation, l'eau est un besoin vital et important dont les porcs ne peuvent pas se passer. De la marque Suevia ou Rotecna, l’abreuvement des porcs avec un niveau constant est à utiliser avec une auge.

La bonne gestion du matériel et de l’hygiène est importante et doit être irréprochable dans un élevage porcin afin d’éviter toute maladie ou contamination. Le nettoyage consiste à enlever les souillures et toute matière indésirable (résidus d’aliment, poussière...). La désinfection permet de diminuer le nombre de micro-organismes.

Si votre exploitation agricole est proche des habitations, il se peut que les mauvaises odeurs de l’élevage se diffusent sur le voisinage. On entend par « mauvaises odeurs », les odeurs corporelles des animaux ainsi que les odeurs liées aux déjections. A cause de ces odeurs, la qualité de l’air est dégradée pour le voisinage.

Pour l’identification et le marquage des cochons, il existe des boucles électroniques ainsi que des étiquettes de marquage à mettre aux oreilles du porc.


Boucles d'identification électronique pour porc

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