La Tunisie, comme de nombreux pays, est confrontée à une crise alimentaire complexe, exacerbée par des facteurs internes et externes. Cette crise se manifeste par des pénuries de produits de base, une augmentation des prix et une insécurité alimentaire croissante, touchant particulièrement les populations les plus vulnérables.
Les supermarchés tunisiens sont confrontés à des pénuries alimentaires ou à des restrictions d'achat. Dans les grandes surfaces, le prix des produits a flambé, des mesures de rationnement ont même été mises en place, quand les rayons ne sont pas simplement vides. Les consommateurs sont confrontés à un nouveau casse-tête, avec des pénuries de nombreuses denrées alimentaires, comme le sucre blanc, le café, le riz, le beurre et même les boissons gazeuses et l’eau minérale en bouteille. La plupart de ces produits sont vendus en quantité limitée.
Une habitante de Tunis énumère : "Cela fait plus de 6 mois qu'il y a une pénurie de farine, donc c'est compliqué de trouver du pain dans les boulangeries. Il y a aussi une pénurie d'eau, de farine, de sucre, de lait...".
Plusieurs facteurs contribuent à cette crise, notamment :
Le prix de la tonne de blé sur le marché mondial est ainsi passé d’environ 400 dollars américains la tonne à presque 600 dollars la tonne. Soit une augmentation de plus de 50% et tout laisse croire que le plafond des prix du blé est loin d’être atteint. Ainsi, non seulement le principal pays fournisseur n’est plus en capacité d’assurer ses exportations, mais la hausse des prix moyens sur le marché mondial réduit sérieusement les capacités d’achat de la Tunisie qui doit trouver les budgets nécessaires et de nouveaux fournisseurs qui n’hésitent pas à spéculer sur les stocks mondiaux et sur les prix.
Une affiche indiquant la pénurie de certains produits dans une enseigne de Tunis. Il a dit vouloir "mener une guerre acharnée" contre les spéculateurs qui veulent "porter atteinte à la paix sociale et la sûreté" du pays.
Les conséquences de cette crise sont multiples et touchent particulièrement les populations les plus vulnérables:
Les ménages les plus pauvres sont les premiers concernés par ces pénuries. Pendant la pandémie, moins d'un tiers du quintile* le plus riche a connu une pénurie de farine.
À partir de 2023, les subventions seront progressivement éliminées”, affirme la ministre des Finances Sihem Boughdiri Nemsia fin 2022. Selon le gouvernement et les institutions financières internationales, les subventions alimentaires actuelles sont considérées comme très coûteuses et inefficaces et profiteraient dans une large mesure aux ménages riches. Ainsi une diminution des subventions aux produits de base (principalement les subventions aux produits alimentaires) de plus de 30%, passant de 3771 millions de dinars à 2523 millions de dinars.
Cependant, plusieurs obstacles rendent cette mesure discutable. Premièrement, la définition même de la pauvreté - sur laquelle se basent les programmes d’aides alimentaires - présente déjà plusieurs limites. De plus, la Tunisie ne dispose pas actuellement d’un inventaire clair du nombre de ménages pauvres à travers le pays. Si les subventions sont levées et que les prix sont libéralisés, la situation de ces individus risque d’empirer.
Bien qu'imparfait, le système actuel de subventions contribue à réduire les inégalités socio-économiques. Un rapport du FAD a également révélé que les subventions représentaient 20,6% de la consommation alimentaire des ménages les plus pauvres.
| Indicateur | Impact |
|---|---|
| Insécurité alimentaire | Augmentation |
| Prix des produits alimentaires | Forte hausse |
| Pauvreté | Niveaux records |
| Chômage | Massif, touche les jeunes |
| Disponibilité des produits | Pénuries fréquentes |
Face à cette crise, il est impératif d'adopter une approche multidimensionnelle pour assurer la sécurité alimentaire et réduire la dépendance aux importations. Cela passe par :
Il a fallu une guerre (Russie-Ukraine) pour qu’une conscience collective des risques de la dépendance alimentaire commence à se développe en Tunisie. Soyons à la hauteur et n’attendons pas une prochaine grande crise d’envergure mondiale pour agir.
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