Pornic, charmante cité balnéaire de la côte Atlantique, est réputée pour ses paysages pittoresques, son ambiance conviviale et ses spécialités gourmandes. Parmi ces dernières, les Petits Biscuits de Pornic occupent une place de choix dans le cœur des habitants et des visiteurs. Leur histoire, intimement liée à celle de la région, est une véritable saga familiale et entrepreneuriale.
Pour comprendre l'histoire des Petits Biscuits de Pornic, il est essentiel de remonter aux origines de la biscuiterie St-Michel. Monique Grellier, fille de Félix Grellier, figure emblématique de l'entreprise familiale, partage ses souvenirs et anecdotes sur cette aventure humaine et gourmande.
Monique Grellier est une femme discrète, mais passionnée par l'œuvre de son père. Elle préfère parler de Félix Grellier et de son impact sur la biscuiterie St-Michel. « Mon père nous disait toujours : « N’oubliez pas que vous descendez de pauvres laboureurs de Chauvé. Ne vous croyez pas au-dessus des autres… ». »
À plus de 70 ans, la fille de Félix Grellier raconte avec émotion comment son père et son oncle ont su développer et faire prospérer cette biscuiterie productrice des fameuses galettes, connues bien au-delà du Pays de Retz. Si la vente de l’entreprise en 1994 a été « un crève-cœur pour nous tous », il reste de bons souvenirs de toutes ces années durant lesquelles Monique et ses six frères et sœurs ont vécu « au rythme de l’usine ».
Tellement que les Galettes St-Michel faisaient partie de la famille. « Mon père ne manquait pas de rappeler : « Je n’ai pas sept enfants mais huit ». Rappelez-vous que nous sommes responsables de 250 personnes à Saint-Michel. » La fratrie a vécu dans l’ambiance de l’entreprise, jusqu’à ce qu’eux aussi ils la vivent de l’intérieur. Monique Grellier s’occupera du magasin dès 1956. Quatre autres de ses frères et sœurs s’occuperont de l’usine.
À la fin de la Première Guerre mondiale, « mon père a repris, avec son frère Jospeh, la recette de galette que son oncle Joseph-Marie Grellier, avait créée. » Celui qui avait suivi un apprentissage de boucher à 13 ans, « alors qu’il avait horreur du sang », n’avait de cesse de penser aux Biscuits St-Michel et après la Première Guerre mondiale, « il ne serait sûrement pas boucher ». Mon père est parti de rien en empruntant de l’argent à sa famille.
Les deux premières années, les frères allaient eux-mêmes porter au petit train, à l’aide d’une charrette à bras, les boîtes en fer de galettes. Puis, ils ont pu s’acheter une camionnette au surplus de l’armée américaine. Petit à petit la production a augmenté et s’est industrialisée. « En 1919, ils produisaient 20 kg par jour, en 1920, 300 kg. »
Félix Grellier était assez visionnaire, il a vite ébauché des voyageurs (les commerciaux de l’époque), a su investir dans des fours et des machines modernes, dans la publicité… Ce qui fait qu’en 1939, « l’usine produisait 6 000 kg par jour. » Soixante-dix ans après les débuts de Félix et Joseph Grellier, l’usine, avec à sa direction les enfants de Félix, produisait plus de dix mille tonnes de biscuits par an.
Félix Grellier était également un homme engagé, soucieux du bien-être de ses employés. Il a mis en place des mesures sociales avant-gardistes pour l'époque.
« Des 1919, pour éviter le chômage à ses employées quand les commandes étaient insuffisantes, il proposait à une usine de Cholet de textile de coudre les ourlets des tabliers. En 1925, cinq ans avant la loi, mon père a instauré dans l’usine l’allocation familiale, rappelle Monique Grellier, les yeux pleins d’admiration. En 1959, il a garanti les retraites complémentaires pour les hommes. En 1964, ce sera au tour des femmes. » Félix Grellier faisait partie des « patrons chrétiens » et mettait en application ses valeurs aussi bien en famille qu’à l’usine.
Pendant la guerre, « mon père a le plus possible embauché des jeunes pour les empêcher de partir au STO (service du travail obligatoire), raconte Monique Grellier. Pendant un certain temps, dans le plus grand secret, il embauchait des gens qui sortaient de prison pour les réinsérer dans la vie professionnelle… »
Aujourd'hui, les Petits Biscuits de Pornic perpétuent ce savoir-faire ancestral, en proposant des recettes authentiques et des ingrédients de qualité. La boutique, située au cœur de la cité médiévale, exhale une odeur délicieuse qui attire les gourmands.
Il est de ces instants magiques où le plaisir de la déambulation s’associe parfois à une expérience olfactive exquise et sucrée. Les papilles ne demandent qu’à s’activer lorsque votre odorat est particulièrement sollicité au cœur de la cité médiévale, en empruntant la rue Georges Clemenceau. Si ce n’est pas les succulentes gaufres de Liège proposées par le Q de Poule dans un décor cosy, ce sont les gâteaux artisanaux en confection dans l’atelier des Petits Biscuits. Ces délicieux petits sablés, déclinés en plusieurs saveurs, sont fabriqués sur place. L’odeur qui se dégage de la boutique annonce un savoir-faire hors pair. La promesse est au rendez-vous, assurément. Mes préférés ? Ceux aux éclats de caramel, ceux aux pralinés de noisettes ou encore aux noix de macadamia.
Les Petits Biscuits de Pornic sont devenus un incontournable de la région, un souvenir gourmand à rapporter de vacances ou à savourer tout au long de l'année. Leur succès témoigne de la passion et du talent des artisans qui les confectionnent, ainsi que de l'attachement des habitants à leur patrimoine culinaire.
| Année | Production |
|---|---|
| 1919 | 20 kg par jour |
| 1920 | 300 kg par jour |
| 1939 | 6 000 kg par jour |
La passion pour la pâtisserie se transmet de génération en génération. Dominique Gavet, qui a repris la boutique à Pornic, a su préserver l'authenticité des recettes tout en apportant sa touche personnelle. Aujourd'hui, son fils Bertrand perpétue cette tradition familiale.
« Ce n’était pas vraiment une vocation, admet Dominique Gavet. Je voulais arrêter l’école, par crainte de la pension. Ce sont mes parents qui m’ont orienté vers la pâtisserie. » Le milieu ne lui est pas étranger. Petit déjà, il arpentait, pendant les vacances, le laboratoire de son oncle, à La Baule. « Pornic, c’est un hasard. J’y ai trouvé une opportunité. Et quand on a vu le cadre, on n’a pas hésité. »
À l’époque, l’équipe est formée de trois employés au laboratoire et de deux vendeuses en magasin. Le couple vit au-dessus du magasin avec leurs enfants et le laboratoire se trouve rue de la Source. « Il fallait constamment faire la navette en voiture. C’était compliqué. » Ici, tout est fait maison, du praliné à l’extrait de café. Aujourd’hui, le labo est collé à la boutique et l’équipe s’est agrandie, avec douze salariés.
« Mis à part les techniques et le matériel, qui ont évolué, on a tout gardé comme avant : la pâtisserie, les chocolats et l’espace salon de thé », explique Bertrand Gavet, fils de Dominique Gavet, qui gère désormais la boutique. « On s’était fait à l’idée que ça s’arrête, explique Dominique Gavet. Mais je suis content que ça marche pour Bertrand. Au moment du changement, la clientèle ne s’est aperçue de rien.
Il y a trois ans, la famille Gavet noue un partenariat avec les Galettes Saint-Michel. Leurs pâtisseries sont proposées au café de la boutique, à Saint-Michel-Chef-Chef. Y aura-t-il une sixième génération ? « On verra. Mes deux filles sont encore jeunes. On les laissera choisir.
Ces 2 artisans sont passionnés par leur métier. Leur café arrive frais (récolte de l’année), en grains verts, exclusivement arabica, rigoureusement sélectionné chez de petits producteurs en altitude puis torréfié lentement, juste ce qu’il faut, afin de conserver tous ses arômes.
En fin d’année 1959, « mon père prit sa retraite, après quarante ans de création et direction de l’usine. Et ce n’était pas sans nuits blanches… » En plus de ses souvenirs, Monique Grellier garde précieusement la riche correspondance de son père pendant la guerre ainsi que son livre d’or, « que mon père dictait à ma sœur France qui tapait à la machine. Chaque été, mon enthousiasme en arrivant de Paris en train à la gare de Pornic ne s’estompait pas. Au terme de mon périple ferroviaire, le même ressenti se manifestait à chaque voyage : « en voilà pour plusieurs semaines de bonheur ! ». Cette charmante crique devint plus tard le cadre de mes premiers cours de natation, avec la famille Boisteau, mais aussi le témoin de mes premiers émois amoureux. Le hasard de la vie fait bien les choses, puisque mon coin de vacances devint mon lieu d’habitation. N’ayant guère l’attrait de la mer, c’est surtout son territoire, ses chemins de randonnée le long du rivage de la Côte de Jade qui attirent ma curiosité. Réminiscence de mon adolescence… Avec mon frère et une amie, nous décidâmes au cours d’une journée au climat plus mitigé à la fin du mois d’août, alors que la plage à proximité devenait moins attractive, de nous aventurer à pied, sans autorisation préalable auprès de nos familles. Bravant par conséquent l’interdit, nous voici partis, sac à dos avec goûter improvisé, jusqu’au mystérieux site des Mousseaux, à travers les champs et les vignes existant à l’époque. Nous nous prenions pour Indiana Jones allant explorer les fameuses « pierres druidiques » situées de l’autre côté de Pornic, à Sainte-Marie-sur-Mer, sur les hauteurs de la Noëveillard. Qu’importe si notre pseudo fouille archéologique, avec uniquement nos yeux comme outil de recherche, ne pouvait avoir une quelconque conséquence pour l’avancée de la connaissance de ce patrimoine ancestral. Le simple souvenir de cette expérience inédite est gravé dans ma mémoire à jamais. Quelques années plus tard, je renouvelais l’aventure avec une amie avec qui je partageais mes vacances dans la maison de villégiature de ma grand-mère. L’envie de partage était déjà bien là et l’intérêt pour l’architecture énigmatique de ces sites préhistoriques aussi. Au cours des différentes visites guidées de l’Office de Tourisme, je ne me lasse pas de parcourir ses rues et ses escaliers, et d’attirer l’attention des visiteurs sur les détails d’éléments rappelant la présence de tel ou tel bâtiment ancien. Comme par exemple, ce linteau en pierre, de forme arrondie, visible sur la façade d’une vieille maison dont le crépi recouvre l’emplacement jadis de l’entrée de la Chapelle Sainte-Anne ; ou encore le mur d’une antique maison de pêcheur terre-neuvas dans le quartier du Bourg-aux-Moines, dont la base est ancrée dans le rocher puisque ce dernier constitue une partie du mur de celle-ci. Quel plaisir également de parcourir les ruelles sur les traces d’anciennes fontaines, pompes à eau ou lavoirs de Pornic. L’occasion de profiter de la fraîcheur qu’apporte le mystérieux et méconnu chemin de la Dette est des plus appréciable en période estivale. Le retour est unanime au débouché du cheminement de cette venelle : tous s’accordent qu’une parenthèse leur a été offerte dans cette découverte de la Fontaine de Deux.
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