Vous voulez tout savoir (ou presque) des maladies que l'on peut rencontrer chez le porc aujourd'hui, en France ? C'est le but de cet article. L'enjeu est autant sanitaire, pour les animaux comme les humains, qu'économique. En effet, toute maladie, même non mortelle, entraîne des conséquences néfastes pour une exploitation, surtout si elle est spécialisée. Les éleveurs de porc ont donc tout intérêt à être informés des risques et des moyens de prévention à mettre en place.
Porcs dans un élevage
Elle est provoquée par un virus, à fuir comme la peste, justement, car très contagieux. Elle se caractérise par une poussée de fièvre et des hémorragies internes, avec une mortalité assez élevée. La France est relativement épargnée mais le risque n'est jamais loin, surtout à la frontière allemande où des sangliers porteurs du virus ont été recensés. De plus, le pathogène peut transiter par l'Homme. Il fait l'objet d'une éradication systématique lorsqu'il est détecté dans une exploitation.
Cette maladie a tendance à disparaître mais fait malgré tout quelques réapparitions. La fièvre associée à des troubles neurologiques est souvent mortelle chez les jeunes animaux et c’est une affection très contagieuse. Le virus de la Maladie d'Aujeszky (SHV-1) fait partie des Herpes virus. Le diagnostic est obtenu par PCR ou sérologie.
Ce virus Influenza fait partie d'une famille composée de sous-groupes comme H1N1, H1N2, et H3N2. L'actualité a eu l'occasion de mettre en lumière ce type de maladie à plusieurs reprises. La particularité de la grippe est que les suidés peuvent être infectés non seulement par des virus influenza porcins, mais aussi aviaires, et même humains. On retrouve les mêmes méthodes de diagnostic que précédemment évoquées, et la même problématique : la prévention est reine, car il n'y a pas de traitement pour éradiquer ce virus contagieux. Cette proximité lui donne un potentiel zoonotique assorti d'une surveillance étroite par l'ANSES.
Le syndrome reproductif et respiratoire porcin (PRRS) est l’infection virale ayant le plus grand impact économique en Amérique du Nord ainsi que dans de nombreux autres pays européens.
Le circovirus porcin de type 2 provoque une maladie à fort impact économique. Cliniquement, elle se manifeste par un syndrome de dépérissement ; une maladie lente et progressive avec un taux de mortalité élevé. Elle peut également se présenter sous forme de syndrome de dermatite et néphropathie porcine, avec une mortalité élevée.
Signes cliniques de la Circovirose Porcine
La diarrhée épidémique porcine est causée par un coronavirus qui provoque des vomissements et une diarrhée, avec des taux de mortalité pouvant atteindre 100 % chez les porcelets sensibles de moins de deux semaines.
L’hépatite E a été identifiée chez les porcs, bien que son importance clinique soit discutable.
Infection causée par le virus de l'encéphalomyocardite, présent dans le monde entier.
L’infection par le coronavirus respiratoire porcin n’a généralement pas d’importance clinique, bien qu’elle semble induire des anticorps protecteurs contre la gastro-entérite transmissible virale.
L’infection par le cytomégalovirus porcin est fréquente et ses conséquences sont généralement insignifiantes ; elle se caractérise par une rhinite provoquant des éternuements.
Maladie causée par deux pestivirus appartenant au même groupe que le virus de la peste porcine. Ces virus affectent principalement les bovins et les ovins, mais peuvent pénétrer dans les élevages porcins et provoquer des troubles de la reproduction.
L’encéphalite japonaise est causée par un virus présent dans le sud de l’Asie, transmis par les moustiques, et se manifeste comme un problème reproductif.
On retrouve ici les mêmes symptômes, mais cette fois la responsable est la bactérie Actinobacillus pleuropneumoniae, transmise via des gouttelettes de salive infectées. Concrètement, il se traduit par une pneumonie. Les conséquences peuvent être une mort précoce, des retards de croissance et avortements. Ces derniers sont à chercher parmi les nombreux antibiotiques existants, et ceux qui fonctionnent dans ce cas sont l'amoxicilline, ou la tilmicosine.
La maladie de Glässer est causée par une bactérie septicémique qui provoque une polysérosite et une arthrite sporadique, en particulier chez les porcelets et les porcs d’engraissement.
La salmonellose est une maladie bactérienne d’une grande importance chez le porc en raison de sa capacité à provoquer des intoxications alimentaires chez l’homme. Cliniquement, elle peut se manifester sous forme de diarrhée, de maladie systémique ou de pneumonie.
La listériose est une maladie bactérienne systémique rare, pouvant entraîner des troubles de la reproduction et une septicémie chez les porcelets.
La leptospirose est une maladie causée par une bactérie qui présente une affinité pour les reins et le tractus génital. Elle peut provoquer des troubles de la reproduction.
Streptococcus suis est le streptocoque le plus important chez le porc, provoquant des pneumonies, septicémies, arthrites et encéphalites. Il revêt également une grande importance en santé publique en raison de son potentiel zoonotique.
La diarrhée due à E. coli touche principalement les porcelets en période de lactation, entraînant une mortalité élevée.
La colite est une infection du gros intestin touchant principalement les porcs âgés de 6 à 14 semaines, caractérisée par une diarrhée sans sang et avec peu ou pas de mucus.
Les maladies causées par Clostridium perfringens se manifestent sous forme d'entérite aiguë ou chronique chez les porcelets.
Le charbon bactérien chez les porcs est relativement rare et se manifeste généralement par une mort subite, bien qu’il puisse apparaître sous trois formes selon la localisation de l’infection : charbon pharyngé, charbon intestinal ou charbon systémique. Il est crucial d’éviter la réalisation de la nécropsie sur le terrain, car celle-ci pourrait contaminer l’environnement avec des spores.
L’infection des porcs par Campylobacter, bien que généralement subclinique, touche principalement les porcelets et provoque de la diarrhée.
La brucellose est une maladie bactérienne à retentissement principalement reproductif. Elle provoque des inflammations des testicules et des avortements. Il s’agit d’une zoonose de grande importance.
Bordetella bronchiseptica est une bactérie pouvant provoquer une rhinite ou une pneumonie chez les porcs.
L’actinobacillose est causée par une bactérie systémique qui touche de nombreux élevages à haut statut sanitaire, provoquant de l’arthrite, une pneumonie ou une décoloration de la peau chez des animaux de tous âges.
Le rouget du porc est une maladie bactérienne systémique, caractérisée par des lésions cutanées en forme de losanges. Sous sa forme chronique, elle provoque de l’arthrite.
Elle est causée par la bactérie Staphylococcus hyicus, qui pénètre par une peau lésée et provoque une infection cutanée sous forme d’eczéma ou de dermatite humide chez les porcelets allaités et sevrés.
Cette fois, c'est un parasite qu'il faut surveiller. Elle ne fait plus partie des maladies dites réglementées par la Loi de Santé Animale, depuis 2021. Le nématode Ascaris suum fait partie des vers pouvant infester un hôte, et survivre à l'état de larve dans les déjections, avant de contaminer à nouveau un autre animal. La réalisation de coprologies, dans des selles fraîches, ou malheureusement, d'une nécropsie, sur un animal mort suspect, peut permettre de confirmer la présence de l'Ascaris.
L’infection par la toxoplasmose est généralement subclinique, mais elle revêt une grande importance en raison de son potentiel zoonotique.
La trichine est une infection sans symptômes cliniques chez les porcs, mais présentant une grande importance zoonotique.
Trichuris suis (ver du fouet) est un parasite du gros intestin qui provoque de la diarrhée chez les porcs en croissance.
La pneumonie causée par les vers Metastrongylus spp.
Elle n’est pas spécifique à l’espèce, et n’est pas transmissible à l’Homme (ou dans de très rares cas). Les symptômes majeurs sont l’apparition d’aphtes au niveau de la sphère buccale et entre les onglons, entraînant une forte salivation filante. De façon assez logique, les animaux sont fiévreux et perdent du poids.
Lawsonia intracellularis est la bactérie responsable de cette entéropathie qui prolifère dans le système digestif, et particulièrement l'iléon, une partie de l'intestin. Les lésions iléales associées sont graves, et entraînent des épisodes de diarrhée, d’indigestion, pouvant causer des retards de croissance.
La toxine produite par Clostridium botulinum provoque une paralysie flasque progressive, mais les porcs sont très résistants à cette toxine.
Mycoplasma suis provoque une anémie chez les porcs ainsi qu'une agalactie.
Pasteurella multocida est fréquemment responsable de pneumonie en tant qu’infection secondaire à un autre agent pathogène respiratoire (pneumonie enzootique, SDRP, grippe).
Le principal problème associé aux infections par M. hyopneumoniae est une maladie respiratoire chronique.
La rhinite atrophique est une affection caractérisée par l’inflammation des tissus des cavités nasales, pouvant aboutir à une déviation du septum nasal chez le porc.
Cette pathologie est constituée de : inflammation de la mamelle (mastite) et inflammation de l’appareil reproducteur (métrite), qui entraînent un défaut de libération du lait ou une diminution de sa production (agalactie).
La tuberculose porcine est rare de nos jours, le complexe Mycobacterium avium étant le plus fréquemment impliqué.
Maladie sporadique caractérisée par des tremblements chez les porcelets nouveau-nés. Les tremblements apparaissent dès la naissance et diminuent avec l’âge.
Les ulcères de l’épaule apparaissent chez les truies ayant une faible condition corporelle et nuisent au bien-être de l’animal.
Les ulcères gastriques sont fréquents et se caractérisent par des porcs anémiques, pâles, avec des fèces contenant du sang digéré.
Les vices chez les porcs sevrés et en croissance peuvent être très importants dans certains élevages, entraînant des pertes économiques et augmentant les préoccupations en matière de bien-être animal.
Affection congénitale dans laquelle le porcelet naît avec des zones dépourvues de peau.
El síndrome del fallo del desarrollo peridestete (PFTS, por sus siglas en inglés) es una condición clínica caracterizada por anorexia, letargia y debilitación progresiva de los cerdos, que se produce en las tres primeras semanas post-destete.
Parmi les nombreuses anomalies congénitales, les hernies ombilicales ou inguinales sont les plus fréquentes.
Il s’agit d’une affection dans laquelle le porcelet nouveau-né est incapable de maintenir ses membres rapprochés.
L’atrésie anale est une malformation congénitale dans laquelle les porcelets naissent sans orifice externe du rectum. Ces porcelets présentent un abdomen qui augmente de volume avec l’âge. Cette condition est difficile à corriger, c’est pourquoi les porcelets doivent être euthanasiés.
C’est la conséquence d’une nécrose cutanée et des tissus superficiels provoquée par des températures extrêmement basses.
Les coups de soleil surviennent surtout chez les porcs blancs élevés en plein air.
Largement popularisée à l'occasion de l'épidémie de Covid, savez-vous en quoi consiste la PCR ? C'est une technique de biologie moléculaire utilisée pour amplifier de très petites quantités d'ADN afin de les détecter et les analyser. La technologie utilisée permet d'éviter les risques de faux positif, ce qui est plutôt rassurant. Les inconvénients sont le coût de la méthode, à cause des réactifs utilisés, mais aussi le revers de la médaille : sa précision.
C'est une mise en culture de l'échantillon dans un environnement contrôlé. Elle permet d'étudier le sérum sanguin. C'est la partie liquide du sang dépourvue de cellules et de facteurs de coagulation.
Nous n'en avons pas parlé, et pourtant, l'analyse des tissus en laboratoire peut parfois éclairer sur les causes d'une maladie. C'est donc une biopsie qui est réalisée, de la même manière qu'en médecine humaine. Ces interprétations ne peuvent être faites que par des médecins et sont conditionnées à la qualité de l'échantillon.
Certains prélèvements sont des actes médicaux. Un vétérinaire reste le mieux placé pour les réaliser. Les selles par exemple sont faciles à prélever. Il faudra alors veiller à porter des gants, pour ne pas contaminer l'échantillon. Un flacon hermétique, bien identifié, et bien emballé, devra être utilisé.
L'action réflexe est la réhydratation. Elle est particulièrement indiquée dans les cas de diarrhée pour compenser la perte de fluide. En cas de parasitisme, les traitements antiparasitaires sont les plus indiqués. Ils permettent de tuer les parasites selon leur stade, vers, ou larves notamment. Respectivement, les antibiotiques sont des molécules qui éliminent les bactéries, et les antiviraux, les virus.
On ne vous l'apprend pas, "les antibiotiques, c'est pas automatique", comme a pu le marteler l'Assurance Maladie. En effet, il est primordial d'éviter de donner l'occasion aux bactéries de développer des antibiorésistances, et devenir de plus en plus virulentes. C'est notamment le cas quand le traitement n'est pas suivi jusqu'au bout de la période conseillée par le prescripteur. De plus, lorsque des antibiotiques sont administrés à tort, ou mal ciblés, les conséquences sont les mêmes.
La réglementation évolue souvent, et il n'est pas toujours évident d'être au fait des dernières actualités en la matière. Il est malgré tout important de connaître les vaccins recommandés en France. Les mesures de biosécurité sont largement communiquées pour maintenir un environnement sain et prévenir les infections. Il s'agit de mettre en place les conditions qui permettent de limiter les risques de maladie, mais aussi de transmission aux autres individus, quand elle est malgré tout présente. La mise en quarantaine des nouveaux arrivants est essentielle à respecter, lors du renouvellement de cheptels par exemple, ou si vous accueillez des porcelets à l'engraissement. Aussi, les visites sur l'élevage doivent être strictement encadrées. Enfin, dans certaines régions particulièrement, comme la frontière belge, on veille particulièrement à protéger les exploitations de l'entrée de sangliers.
Importance de la Biosécurité en élevage
Il n’est pas évident de gérer tous les aspects du troupeau, tant les facteurs de santé sont nombreux. Des solutions modernes existent grâce à un logiciel de gestion de troupeau de truies par exemple. Ils permettent d’anticiper les maladies, réformer les animaux à risque, et bien gérer ses traitements, ses vaccins et son carnet sanitaire.
La priorité est d'identifier rapidement le problème, de préférence grâce aux techniques de diagnostic rapide. Selon l'agent pathogène, s'en suit une notification aux autorités pour obtenir des directives et du soutien. Enfin, la décontamination suite au passage d'animaux malades dans un espace de vie est essentielle.
La santé des animaux est un enjeu majeur pour toute exploitation d'élevage. N'importe quel type d'élevage de porcs est susceptible d'être concerné, intensif ou pas.
Plusieurs pathologies autrefois mortelles au sein des élevages porcins ont disparu de notre territoire, mais de nombreuses maladies polysystémiques subsistent. Si l’antibiothérapie s’avère parfois efficace, la vaccination permet de prévenir un certain nombre de pathologies alors qu’il n’existe aucun traitement préventif ni curatif pour d’autres. Par ailleurs, tous les organes du porc sont susceptibles d’être la cible d’agents pathogènes. Là encore, des vaccins et des traitements antibiotiques sont disponibles.
Nicolas Rose est directeur de l’Unité Épidémiologie, Santé et Bien-être à l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES).
| Maladie | Agent causal | Symptômes principaux | Prévention |
|---|---|---|---|
| Peste Porcine Africaine | Virus | Fièvre, hémorragies internes, mortalité élevée | Biosécurité, surveillance à la frontière |
| Maladie d'Aujeszky | Herpes virus (SHV-1) | Fièvre, troubles neurologiques, mortalité chez les jeunes | Vaccination, diagnostic PCR ou sérologie |
| Grippe Porcine | Virus Influenza (H1N1, H1N2, H3N2) | Toux, éternuements, fièvre, écoulement nasal | Vaccination, biosécurité |
| Pleuronéumonie | Bactérie Actinobacillus pleuropneumoniae | Pneumonie, mort précoce, retards de croissance, avortements | Antibiotiques (amoxicilline, tilmicosine) |
| Fièvre Aphteuse | Virus | Aphtes buccaux et entre les onglons, salivation, fièvre | Vaccination, contrôle sanitaire |
| Entéropathie Proliférative Porcine | Bactérie Lawsonia intracellularis | Diarrhée, indigestion, retards de croissance | Vaccination, hygiène |
| Ascaridiose | Nématode Ascaris suum | Infestation parasitaire | Coprologie, traitements antiparasitaires |
Ce tableau présente un résumé des principales maladies du porc, leurs agents causals, symptômes et mesures de prévention.
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