Sable, plénitude, mélancolie… La station balnéaire de la Côte d'Opale est une destination familiale qui s’apprécie aussi en solitaire. N’allez pas chercher au Touquet-Paris-Plage des éboulis de churros et des cubitainers de monoï. En janvier, moins encore que le restant de l’année. La station balnéaire des Hauts-de-France cultive une poésie sûre et enveloppante. Sur ses longues plages de sable fin, on distinguerait presque des canotiers et robes à crinoline. Ici, l’horloge ne s’est pas arrêtée, mais le temps s’alanguit, les heures s’étendent.
Réputée huppée, la petite ville du Pas-de-Calais sait se faire accueillante sans ostentation. On connaît d’elle ses écuries de chars à voile, son enduro, désormais l’un de ses plus illustres résidents, Emmanuel Macron, dont la maison est devenue une attraction, son littoral paisible et sa pinède où les villas luxueuses se dissimulent derrière les haies de pins, un peu moins son art de vivre, ses curiosités et son histoire. Le Touquet-Paris-Plage ne se résume pas à ses rues commerçantes et à son trait de côte. Il faut y déambuler, s’y laisser dériver. Et ne pas louper ses couchers de soleil et ses ciels opalins.
Tout prend naissance ici dans le sable, à la charnière des XIXe et XXe siècles. Le Touquet est d’abord le « Touque ». Un « coin » de terre entre la Manche et l’embouchure du fleuve côtier calaisien, la Canche. Avant le Touquet, la vie se développait à Étaples, sur la rive opposée. En 1837, Alphonse Daloz, notaire parisien en manque d’oxygène, acquiert le Touque. Il y plante son premier arbre en 1855. Neuf ans plus tard, le domaine est hérissé de pins maritimes, d’aulnes et de peupliers. La famille Daloz y bâtit un pavillon de chasse. Détruit, il se trouvait à l’emplacement de l’actuel Casino Barrière.
En 1874, un ami à particule d’Alphonse Daloz lui glisse une idée. Hippolyte de Villemessant, fondateur du Figaro, a succombé au charme de l’endroit. Il suggère à son camarade d’en tirer profit. En 1882, Alphonse Daloz suit ses conseils et engage la construction d’un lotissement. Le chemin de fer est arrivé à Étaples, ce qui va mettre la station, dorénavant baptisée « Le Touquet-Paris-Plage », à quatre heures de l’étouffante capitale. L’essor de la destination s’amorce. Mais Alphonse Daloz est âgé. Il meurt en 1885.
Les quinze années suivantes, la station va végéter. 1.100 hectares du Touquet finiront par être cédés à un Anglais. Sir John Whitley va lui apporter un nouveau souffle en l’orientant vers le sport. Un golf, plongeant dans la Manche, est créé en 1904. Il compte aujourd’hui deux parcours de dix-huit trous et un de neuf trous. Les Anglais affluent. Ian Fleming, le créateur de James Bond, s’y installe et fait du Touquet le décor de « Casino Royale », son premier roman.
Pour occuper et loger l’aristocratie, des casinos et des hôtels de luxe voient le jour, comme l’extravagant Royal Picardy. Endommagé par les bombardements de juin 1944, et rasé dans les années 60, il fut considéré comme l’établissement le plus fastueux du monde. À sa place, s’élève maintenant l’un des plus prestigieux lycées hôteliers français dont l’architecture, signée Pierre-André Dufetel (grand prix de Rome en 1952), vaut le coup d’œil. Seul le Westminster est toujours en vie.
De cette splendeur passée, le Touquet-Paris-Plage a conservé également de magnifiques villas Art nouveau et Art déco. Certaines sont fantasques. Une quinzaine est inscrite aux Monuments historiques. On les trouve dès l’entrée dans le centre bourg avec le « village suisse » où se situe la « villa Monéjan » de la famille Macron. Ensuite, il faut lever les yeux : villa Alexandre (1, rue de Paris), villa Tata Ice (avenue de la Paix), villa Le Castel (50, rue Jean-Monnet)… On peut aussi pousser des portes, comme celles de La Poste ou de l’Hôtel de ville (1931) de style Tudor. À gravir également, le phare en brique de la Canche du haut duquel votre séjour commencera le nez au vent et les sens en altitude.
Jusqu’au 26 avril, le musée du Touquet-Paris-Plage, ex-villa de l’ambassadeur des États-Unis, présente dans ses murs soixante-dix œuvres de Victor Vasarely, dont certaines encore jamais exposées. L’inventeur du Op Art ou Art optique, prologue à l’art cinétique, s’y redécouvre depuis ses premiers travaux sur le zèbre jusqu’à ses célèbres sphères en trompe-l’œil qui ornèrent les intérieurs des années 70 de vibrations polychromes.
De son vrai nom Győző Vásárhelyi, l’artiste est né en Hongrie en 1906. Il se lance dans des études de médecine qu’il abandonne au bout de deux ans pour intégrer les Beaux-Arts, puis le Bauhaus de Budapest. Il s’y frotte à l’abstraction et au constructivisme russe qui vont influencer toute son œuvre. Victor Vasarely n’aura de cesse d’entremêler art et science, art et architecture, art et géométrie, afin de créer un langage unique dont il définira les codes, l’alphabet et la grammaire. Prolifique, ascétique, retiré à Gordes, dans le Vaucluse, Victor Vasarely consacrera sa vie à son projet esthétique et à sa diffusion la plus large. Le plasticien marquera toute une époque et constituera à lui seul un courant de l’histoire de l’art. Il n’y a pas vraiment d’avant ni d’après Victor Vasarely.
Montée par le critique d’art Henry Périer et le président de la Fondation Vasarely, Pierre Vasarely, petit-fils de l’artiste, l’exposition du Touquet-Paris-Plage a le mérite de nous faire repartir de zéro et de nous montrer l’étendue du travail de ce génie de la méthode dont on ne connaît pas tout. Sait-on, par exemple, que chaque détenteur d’une Renault des années 80 détient un petit Vasarely sur sa calandre. Le logo de la marque au losange a été redessiné par Victor et son fils à deux reprises, entre 1972 et 1992.
Dans un cadre convivial, ce restaurant se distingue par une offre de plats à emporter savoureux et généreux, aux prix attractifs. Les clients louent les burgers italiens, les frites maison et des desserts exquis comme la tarte au chocolat. La diversité du menu et la possibilité de personnaliser les choix ravissent les convives. Malgré quelques petites erreurs, la qualité des plats et l'ambiance agréable incitent à revenir, en particulier pour des repas en famille.
Depuis le week-end dernier, un nouveau restaurant attire les amis et les familles dans la rue de Paris. Les Petites cocottes proposent des plats dits « traditionnels » comme la blanquette ou la carbonnade à des tarifs plutôt doux. Derrière ce nouvel établissement, il y a Joris Lassalle que les habitués des « Deux Moineaux », rue Saint-Jean, connaissent bien. Le chef, heureux de son restaurant gastronomique, voulait tenter en parallèle une autre expérience. Le principe des cocottes a fini par lui paraître évident.
Valentine se concentre pour ne pas sortir du cadre. Elle travaille, elle est mère de famille et elle s’applique à donner l’image d’une femme à la vie paisible et ordinaire. Pourtant son histoire intime et personnelle est bouleversante. Intelligente et lucide, elle demeure malmenée par un époux autoritaire, jaloux et violent. L’arrivée de nouveaux voisins dans l’appartement d’en face, un couple plus âgé et bienveillant, vient bouleverser la vie de Valentine.
Elle nous mitonne de savoureux petits plats depuis 1925. Née dans l’Aisne, en Picardie, la cocotte Le Creuset a traversé les époques sans souci du qu’en dira-t-on. Plus que jamais en vogue aujourd’hui, elle fait le bonheur des becs fins les plus délicats et s’est rendue indispensable dans les cuisines.
Elle s’appelle cocotte, mais elle n’est pas de celles qui s’habillent de papier, se parfument ou paradent au poulailler. Non, elle serait plutôt du genre à se blottir au coin du feu, en digne héritière d’une longue lignée gourmande de chaudrons et marmites. Quand elle montre le bout de son nez sous le petit nom de cocotte, au 19ème siècle, l’évolution de l’espèce fait son œuvre. La révolution industrielle est passée par là, fini les bronzes - fer ou laiton de ses ancêtres, elle adopte la fonte. Nouveau nom, nouvelle allure, la cocotte a déjà un tempérament de feu. Mais elle ne sait pas encore qu’elle rencontrera le creuset de son cœur en Picardie.
En 1925, tandis que la France chantonne "Valentine" et ses petits petons, que le style "garçonne" fait fureur et qu’Alain Decaux gazouille ses premières histoires depuis son berceau, une drôle de petite rondouillarde vient s’enjailler sur les fourneaux. Ils s’installent à Fresnoy-le-Grand, dans l’Aisne, pour y bâtir leur fonderie. Leur idée ? Créer une cocotte qui soit belle, de couleur, fonctionnelle, et d’une solidité sans faille. Leur trouvaille ? C’est ainsi, la cocotte aime se pomponner. Alors même si son orange volcanique et ses rondeurs sont emblématiques, elle est bien décidée à ne pas s’en contenter. N’est pas cocotte qui veut, dans la famille on se doit de rester fashion ! Ses créateurs l’ont bien compris, qui la font passer par toutes les couleurs.
Elle n’est pas peu fière, en 1958, d’arborer sa nouvelle silhouette : profilée, un rien futuriste, elle s’est allongée pour devenir rectangulaire. A nouvelle ligne nouveau petit nom, ce sera la Coquelle. Dans les années 70, elle ne rechigne pas à retrouver ses rondeurs avec la "Mama", sous le trait d’Enzo Mari. Sous celui de Jean-Louis Barrault, la voilà qui s’allonge de nouveau dans les années 80 avec la "Futura". Pas du genre à s’en formaliser, au contraire, la cocotte a les poignées résolument ancrées dans les époques qu’elle traverse.
Côté vestiaire, c’est la valse des émaux avec des couleurs en veux-tu en voilà : de l’orange au rose pâle, du vert au gris, du bleu au cassis etc, en passant par le fameux jaune Elysée dont raffolait Marilyn Monroe dans les années 60, au point de constituer sa collection personnelle de cocottes.
Être une cocotte, c’est tout un art : dans ce tourbillon effréné de lignes et d’émaux, elle est restée fidèle et n’a jamais cessé de glouglouter. Que le premier qui n’ait pas succombé à ses fumets envoûtants lève la main ! Il faut bien se rendre à l’évidence, la cocotte est (aussi) un tantinet charmeuse. Les gourmets n’ont pas de mots assez doux pour la qualifier, sous son couvercle elle sait y faire pour promettre monts et merveilles de son petit ragoût savamment mitonné. Il faut dire qu’elle est particulièrement chouchoutée pour répondre aux attentes de ses futurs aficionados, en backstage ça s’active.
On ne lui refuse rien. Un moule en sable (seul capable de supporter les 1500° degrés de la fonte en fusion), individuel, spécialement conçu pour elle : détruit après chaque cuisson, il fait de la petite marmite un modèle unique. Un matériau, la fonte, qui excelle à capter la chaleur pour mieux la conserver et la distiller en douceur : la voilà nantie d’un art consumé de la cuisson à l’étouffée.
Ne lui dites pas qu’elle est d’un âge canonique, elle vous répondrait qu’elle est juste iconique. Pour preuve la collection jaune Elysée de Marilyn, vendue aux enchères en 1999 pour la modique somme de 25300 dollars. Ses créateurs Octave Aubecq et Armand Desaegher la voulaient résistante, presque un siècle plus tard leur trouvaille a fait ses preuves. Mieux que ça, elle n’a pas pris une ride, ça laisse rêveur. Un secret ? Peut-être bien les voyages, qui, c’est bien connu, forment la jeunesse.
La cocotte y emmène en balade sa maison mère, depuis le temps ces deux-là ne peuvent plus se passer l’une de l’autre : de lignes en lignes, de couleurs en couleurs et de collections en collections, elles écument les podiums. Mais un tel succès ne saurait lui faire tourner la tête. La maison Le Creuset est toujours ancrée à Fresnoy-le-Grand, la petite aristocrate des fourneaux est attachée aux traditions. Rien de tel que le bercail pour retrouver des couleurs. Oui, parce qu’on ne sait pas ce qu’elle nous mijote, mais il se pourrait bien qu’elle nous concocte de nouvelles fantaisies.
tags: #les #cocottes #touquet #histoire
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
© 2021 - Du bocal à l'assiette - Tous droits réservés / création web : 6cyic