Les Besoins Alimentaires : Définition et Importance

Les besoins nutritionnels constituent l’énergie indispensable dont a besoin notre corps pour fonctionner normalement. Pour pouvoir fonctionner correctement, le corps a besoin de recevoir tous les jours de l’énergie (calories) et des nutriments essentiels.

Chacun d’entre nous a un besoin nutritionnel différent, qui dépend essentiellement de notre sexe, de notre âge et de notre poids, et peut aussi varier selon l’état de notre santé et les exercices physiques que nous pratiquons.

Pour rester en bonne santé, un individu a non seulement besoin d’énergie mais aussi de l’apport régulier de plus de 40 nutriments. L’équilibre alimentaire est essentiel à la santé et dépend de la diversité de notre alimentation.

Quand on parle de nos “besoins énergétiques”, il s’agit de nos besoins nutritionnels pour faire le plein d’énergie, et être capable d’affronter la journée en pleine forme ! Comme un moteur qui a besoin de carburant, notre corps a besoin d’être nourri pour fonctionner correctement.

Alors, quels sont nos besoins énergétiques et comment adopter une alimentation qui y réponde ?

Définition des besoins nutritionnels

Les besoins nutritionnels correspondent aux quantités de nutriments devant être consommés pour permettre un bon fonctionnement tissulaire. Ils doivent tenir compte de l’absorption intestinale et de la maturation rénale qui varient avec l’âge.

Ils sont donc définis chez l’enfant pour couvrir les besoins concernant le métabolisme de base, le renouvellement tissulaire, la dépense énergétique liée à l’activité, mais aussi pour permettre un développement normal, une croissance optimale tout en prévenant l’apparition de maladies (éviter les carences et les excès d’apports).

Ils varient selon l’âge, le terrain génétique, l’activité physique, la vitesse de croissance et l’environnement. La détermination des besoins est difficile à établir à l’échelle individuelle. En effet, les références nutritionnelles pour la population (RNP) reflètent les besoins d’une population et non d’un individu.

Les RNP correspondent aux besoins moyens plus 2 écarts types. L’écart type de la variabilité interindividuelle est estimé à 15 %.

Besoins énergétiques

Les besoins énergétiques doivent couvrir la dépense énergétique totale (DET) et les besoins liés à la croissance. Les besoins énergétiques, exprimés en kilocalories (kcal), sont d’autant plus élevés que l’enfant est en phase de croissance rapide, principalement lors des deux premières années de vie et au moment de la puberté.

Les besoins énergétiques liés à la croissance sont estimés à 5 kcal/g de tissu formé. Au cours de la première année de vie, la rapidité de la croissance entraîne un coût énergétique important. Ainsi, un nourrisson ayant une prise pondérale de 30 g/j utilise, pour sa croissance, 150 kcal/j, ce qui correspond à 20-30 % de sa DET.

Après l’âge de 6 mois, la vitesse de croissance diminue, et son coût énergétique devient négligeable vers 3 ans. Ainsi, un enfant prenant 6 g/j dépense environ 30 kcal/j, soit 3 % de sa DET, en revanche sa dépense énergétique liée à l’activité physique est plus importante que chez le nourrisson.

Besoins en eau

Les besoins en eau du nouveau-né et du nourrisson sont élevés en raison de leur constitution corporelle. En effet, l’eau représente 75 % du poids du corps les premières semaines de vie et 60 % à l’âge de 1 an.

Les apports en eau doivent donc répondre aux besoins de maintenance (liés aux pertes cutanées, respiratoires, urinaires et fécales) et aux besoins liés à la croissance. Chez l’adulte, la consommation journalière d’eau est normalement d’environ 2 litres.

Chez le nourrisson de moins de 1 an, les besoins en eau sont assurés par l’alimentation lactée.

Les nutriments essentiels

Les aliments que nous mangeons sont transformés en plusieurs types de carburants, que l’on appelle les nutriments, après avoir été dissous par les différents sucs digestifs présents dans notre salive, notre estomac, notre pancréas, notre foie et notre intestin.

Les nutriments sont des substances indispensables à l’organisme pour remplir ses fonctions de base et le corps humain ne peut pas les fabriquer.

Pour combler nos besoins énergétiques, notre corps a besoin de nutriments : protéines, lipides, glucides, vitamines et minéraux. Afin de recharger les batteries, il nous faut donc adopter un régime alimentaire varié et équilibré !

Glucides

Ils ont une place centrale dans l’alimentation. Leur rôle est essentiellement énergétique : 1 g de glucides apporte 4 kcal. Les glucides sont la principale source d’énergie de notre corps : ils aident à alimenter notre cerveau, nos reins, nos muscles cardiaques et notre système nerveux central.

Il existe trois principaux types de glucides : les amidons, les fibres et les sucres. Les glucides se trouvent principalement dans les produits sucrés, les féculents, les céréales et les fruits.

Sur le plan quantitatif, avant 1 an, 40 % des calories liées aux glucides sont apportées par le lait de femme et/ou les préparations infantiles. Par la suite, les glucides doivent représenter 50 à 55 % de l’apport énergétique total.

Lipides

Ils ont un rôle énergétique : 1 g de lipides apporte 9 kcal. Les lipides sont des molécules grasses qui jouent un rôle particulièrement important pour la structuration des membranes cellulaires, la fourniture d’énergie et la circulation des vitamines au sein de l’organisme.

Par ailleurs, les lipides doivent apporter les acides gras essentiels (AGE), qui ne sont pas synthétisés par l’homme, leur concentration dans le lait maternel dépend donc des apports alimentaires de la mère. Il s’agit de l’acide alphalinolénique de la série oméga 3 et de l’acide linoléique de la série oméga 6, indispensables au développement neurocognitif de l’enfant.

À partir de ceux-ci sont synthétisés, grâce à des élongases et désaturases, des acides gras polyinsaturés à longue chaîne (AGPI-LC), principalement l’acide arachidonique (ARA) [oméga 6]et l’acide docosahexaénoïque (DHA) [oméga 3].

Sur le plan quantitatif, les lipides doivent contribuer à 50 % des apports énergétiques totaux jusqu’à 6 mois, pour diminuer progressivement par la suite et atteindre 35 % de l’apport énergétique total à l’âge de 3 ans, comme chez l’adulte.

Sur le plan qualitatif, l’acide alphalinolénique (oméga 3) doit constituer 1 % de l’apport énergétique total et l’acide linoléique (oméga 6) 4 %. Les apports en DHA doivent être de 100 mg/j durant les trois premières années de vie, et de 140 mg durant les six premiers mois de vie pour l’ARA.

Protéines

Le mot « protéine » vient du grec « prôteíon » qui signifie « de première importance » et montre bien le rôle essentiel de ces macronutriments dans la production et le renouvellement des tissus musculaires, des os, de la peau et du sang.

Les protéines ont un rôle enzymatique, hormonal, de transport (albumine). Les besoins en protéines tiennent compte des besoins de maintenance et des besoins pour la croissance. Les protéines apportent également au corps l’énergie dont il a besoin lorsqu’il a épuisé ses réserves de lipides et de glucides.

Sur le plan quantitatif, les besoins sont exprimés en g/kg/j. Ils sont globalement toujours constants pour la maintenance, mais ils diminuent pour la croissance quand celle-ci se ralentit. Quel que soit l’âge, selon les RNP, les besoins en protéines sont d’environ 10 g/j jusqu’à 3 ans ; ensuite, ils sont estimés à 0,8-1 g/kg/j.

Ils représentent quantitativement 10 à 15 % de la ration énergétique. Sur le plan qualitatif, idéalement 50 % des protéines apportées sont d’origine animale et 50 % d’origine végétale.

Vitamines

Les vitamines sont nécessaires à la production d’énergie (vitamine B), à la fonction immunitaire (vitamines A, C, E), à la vue (vitamine A) et à la coagulation du sang (vitamine K). La plupart des vitamines se dissolvent dans l’eau et sont dites hydrosolubles.

Concernant la vitamine D, elle joue un rôle essentiel dans la minéralisation osseuse et l’absorption intestinale du calcium. Une supplémentation en vitamine D, idéalement quotidienne, est nécessaire chez tous les enfants de 0 à 18 ans. Les experts estiment qu’une dose minimale de 400 UI/j permet d’éviter la survenue d’un rachitisme carentiel.

En pratique, la quantité à administrer dépend de l’âge de l’enfant et de l’existence de facteurs de risque de diminution de la disponibilité de la vitamine D (obésité, peau noire, absence d’exposition solaire), de diminution de prise alimentaire de vitamine D (régime végétalien).

Les apports en vitamine K sont importants pour la synthèse des facteurs de coagulation, surtout en période néonatale et pour la synthèse de l’os. Les besoins minimaux du nourrisson en vitamine K sont de 1 µg/kg/j pour éviter un risque hémorragique lié à un déficit.

Pour prévenir une maladie hémorragique du nouveau-né, une supplémentation de 2 mg de vitamine K est nécessaire à la naissance et entre le 4e et le 7e jour pour tous les enfants. Le lait maternel étant pauvre en vitamine K, une dose supplémentaire est recommandée à 1 mois de vie en cas d’allaitement exclusif.

Minéraux et oligo-éléments

Les minéraux jouent un rôle important dans la croissance, la santé des os et l’hydratation. Les oligo-éléments sont des composés minéraux présents en très petite quantité dans le corps. Les plus essentiels sont le fer, le chrome, le fluor et l’iode.

L’absorption intestinale du fer est basse, quel que soit l’âge. Elle n’est que partielle et varie selon le type d’alimentation consommée. Le coefficient d’absorption du fer héminique (viandes, abats et poissons) est de 20 à 30 %, alors que celui du fer non héminique (lait, végétaux et œufs) est de 2 à 5 %.

L’absorption du fer est favorisée par l’adjonction de vitamine C. Le fer contenu dans le lait de mère, dont le coefficient d’absorption est de 50 %, permet de couvrir les besoins jusqu’à 6 mois. Chez l’enfant non allaité, les laits infantiles (1er âge, 2e âge et lait de croissance) contenant des ferreux et de la vitamine C améliorent l’absorption du fer, qui atteint 10 à 20 %, et sont donc une bonne alternative.

On estime que les besoins en sodium et chlore chez l’enfant en situation normale sont de 1 à 3 mEq/kg/j.

Les apports en calcium sont indispensables à l’âge pédiatrique pour une minéralisation optimale du squelette. Les besoins sont estimés à 280 à 450 mg/j avant 3 ans, à 800 mg/j entre 3 et 10 ans, puis à 1 150 mg/j de 11 à 17 ans. L’absorption intestinale du calcium est variable et dépend des apports en vitamine D, du rapport calcium/phosphore, et donc du laitage consommé.

Sur le plan pratique, l’apport par le lait maternel ou le lait artificiel est suffisant avant la diversification. En revanche, après celle-ci, les nourrissons doivent consommer au moins 500 mL de lait de suite par jour. En 2022, la Société française de pédiatrie a recommandé, pour l’enfant de 1 à 18 ans, la consommation de 3 à 4 portions de produits laitiers par jour pour couvrir les besoins en calcium.

En l’absence de cette consommation, les apports en calcium doivent être évalués afin de prescrire une supplémentation de 500 à 1 000 mg/j de calcium chez les enfants et adolescents recevant moins de 300 mg/j ajustés pour la disponibilité du calcium nutritionnel par jour.

Ration alimentaire et équilibre

La ration alimentaire est la quantité d'aliments consommée chaque jour par un individu pour satisfaire ses besoins nutritionnels. Elle doit être répartie entre les différents repas. Ces besoins nutritionnels varient au cours de la vie d'une personne selon son sexe, son âge, son activité, son mode de vie et son état de santé.

Pour satisfaire les besoins nutritionnels, les nutritionnistes ont établi des Apports Nutritionnels Conseillés (ANC). Les ANC indiquent les quantités de constituants alimentaires que l'Homme doit consommer chaque jour pour se maintenir en bonne santé.

L'équilibre alimentaire est atteint lorsque la ration alimentaire compense les dépenses globales de l'organisme avec ses apports. En outre, un menu équilibré comporte un aliment de chaque groupe alimentaire.

Apports Nutritionnels Conseillés (ANC)

Pour les ANC, la répartition journalière énergétique conseillée est :

  • 55% de glucides (1/5 de sucres simples, 4/5 de sucres complexes)
  • 30% de lipides (1/2 d'origine animale, 1/2 d'origine végétale)
  • 15% de protides (1/2 d'origine animale, 1/2 d'origine végétale)

Les nutritionnistes conseillent de répartir l'alimentation de l'adulte en 3 repas principaux :

  • Le petit déjeuner : 25% de la ration énergétique journalière ; il faut apporter un produit laitier, un céréales ou féculent, un fruit ou jus de fruit et une boisson.
  • Le déjeuner : 40 à 45% de la ration énergétique journalière ; il faut apporter un plat protidique (VPO), une garniture (légumes ou féculents), une entrée (crudités ou légumes cuits), dessert, pain et eau.
  • Le dîner : 30 à 35% de la ration énergétique journalière ; il doit apporter un complément protidique, une garniture (légumes cuits ou féculents), un produit laitier, une entrée (crudités ou légumes cuits) et un dessert, pain et eau.

Il existe aussi les Apports Journaliers Recommandés (AJR) qui correspondent aux besoins nutritionnels moyens de la population. On retrouve les AJR sur les étiquettes des produits alimentaires.

Les AJR constituent donc un repère, car ils permettent de situer un produit dans sa participation à la couverture des besoins journaliers en constituants alimentaires et en calories. Ils sont souvent indiqués sur l'étiquetage nutritionnel des produits alimentaires afin d'informer le consommateur.

Conséquences d'une alimentation déséquilibrée

Des erreurs alimentaires répétées par excès ou carence favorisent l'apparition de maladies nutritionnelles comme l'obésité, les maladies cardio-vasculaire ou le diabète.

Type d'équilibre Description
Qualitatif Tous les groupes d'aliments sont présents dans la journée.
Quantitatif Les portions (en grammes) sont conformes aux besoins.

L'équilibre alimentaire est conseillé sur la journée. En effet, les contraintes professionnelles et personnelles ne permettent pas toujours d'équilibrer chaque repas.

Le petit-déjeuner est un repas dont l'importance est primordiale. Il devrait ainsi nous permettre de compenser les erreurs éventuelles des autres repas de la journée dont les menus sont quelquefois imposés. L'apport de ce repas est en outre indispensable à une bonne croissance chez les enfants.

La journée alimentaire doit intégrer de petites prises alimentaires nommées collations, goûters, pauses, en-cas « etc. » Au-delà de leur aspect nutritionnel, ces pauses représentent un moment de détente ou de récupération important qui facilite une meilleure reprise des activités et qui augmenterait très nettement le rendement au travail.

Qu'est-ce qu'une alimentation saine?

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