La viande de porc demeure un élément central de l’alimentation française, bien que l’industrie traverse une phase de transformation significative. En France, la filière porcine transforme chaque année 1,1 million de tonnes de viande, avec une orientation marquée vers la charcuterie. L’avenir de cette industrie dépend de sa capacité à répondre aux attentes éthiques et environnementales, tout en investissant dans l’innovation durable.
En 2024, la viande porcine reste la viande la plus consommée en France, avec une moyenne de 32 kg par habitant, ce qui représente une hausse de 1,6 % par rapport à 2023, confirmant ainsi sa popularité. Le porc reste en tête des viandes consommées en France, devant le poulet et le bœuf. En 2025, la consommation de porc par les ménages français a augmenté de 2,6 %. Cette progression concerne tous les sous-segments de consommation, « que ce soit la saucisserie, la viande de porc, la charcuterie, et également dans la restauration hors domicile », selon Charles de Kervénoaël, directeur général d'Herta.
La consommation annuelle de porc par habitant atteint désormais le niveau record de 31,6 kg. Le porc retrouve ainsi la première marche du podium des viandes préférées des Français, à égalité avec la volaille.
Cet accroissement des volumes vendus s’explique en grande partie par l’accessibilité tarifaire du porc. Le prix moyen du porc a reculé en magasins de 1,6 % en 2025, tous produits confondus, en viande comme en charcuterie à 12,10 € / kg. La viande de porc est vendue actuellement en moyenne à 9 €/ kg, (- 0,2 %). Le porc se maintient comme la viande la moins chère du marché. C’est également la seule viande dont le prix de vente aux consommateurs a baissé en 2025.
En magasin, les achats des ménages se redressent après plusieurs années de repli. Sur les douze mois arrêtés fin novembre, les volumes progressent de 2,3 % pour la viande de porc. La saucisserie fraîche affiche la plus forte dynamique (+7,4 %), suivie de la viande fraîche (+3,7 %), tandis que la charcuterie reste globalement stable (-0,1 %).
La restauration hors domicile confirme également cette tendance, avec une progression de 2,8 % sur douze mois cumulés à fin octobre 2025. « Cette accessibilité attire les restaurateurs, qui inscrivent davantage de porc à leur carte, au détriment du bœuf, beaucoup plus cher et dont les approvisionnements sont plus difficiles ces derniers temps », souligne Charles de Kervénoaël, également administrateur d’Inaporc.
En 2025, la France a produit 22 millions de porcs, soit une légère hausse de 0,3 %, confirmant la stabilité du potentiel national. Le pays se positionne au troisième rang européen, derrière l’Espagne et l’Allemagne. Cependant, le tissu d’élevages continue de s’éroder. En dix ans, la France a perdu 25 % de ses exploitations porcines (élevages de plus de 300 porcs). Ainsi, la production se concentre de plus en plus.
Si la consommation progresse, la situation est plus tendue en amont. Le prix d’achat du porc aux éleveurs a reculé de 10,6 % entre 2024 et 2025. Depuis plusieurs mois, de nombreux éleveurs produisent à perte, avec des niveaux de prix nettement inférieurs à ceux observés en 2023 et 2024. « Aujourd’hui, il nous manque environ 20 à 25 euros par porc en moyenne. La rentabilité n’est plus du tout là », alerte François Valy, président de la FNP. Selon lui, la situation est particulièrement difficile pour les jeunes, installés depuis trois ou quatre ans. Il nuance toutefois : « Malgré nos difficultés économiques, la France reste aujourd’hui le pays européen où les éleveurs sont les mieux rémunérés. »
Les mesures antidumping mises en place par les autorités chinoises sur le porc européen ont fortement perturbé les flux. Entre l’annonce du 5 septembre 2025 avec des droits provisoires allant de 20 % à 62,4 % et la fixation d’un taux définitif abaissé à 9,8 % le 17 décembre, le prix du porc a chuté de 29 centimes. « Les entreprises ne pouvaient plus exporter vers la Chine, ce qui a désorganisé le marché pendant plusieurs mois », explique Anne Richard, directrice d’Inaporc. L’incertitude sur les taux définitifs a freiné les envois de conteneurs. Depuis la clarification à 9,8 %, les flux ont repris progressivement et le marché chinois s’est davantage ouvert aux expéditions d’abats blancs français.
D’autre part, la détection de fièvre porcine africaine (FPA) sur des sangliers en Espagne en novembre a aggravé la situation. L’Espagne a vu se fermer plusieurs marchés tiers dont le Japon, les Philippines, la Malaisie, Taïwan, la Thaïlande, le Mexique et l’Afrique du Sud. Ceux-ci représentent environ 449 000 tonnes de produits porcins exportés par l’Espagne entre août 2024 et septembre 2025. Ces volumes ont été en partie redirigés vers le marché européen, ce qui a accentué la pression sur les cours.
En négociant des accords de zonage avec certains partenaires, notamment la Chine, deux semaines avant la déclaration officielle de FPA, l’Espagne a limité la casse sur les cours européens. Ce mécanisme de zonage des exportations permet aux autorités chinoises d’accepter les produits issus de zones indemnes, évitant ainsi un arrêt total des exportations espagnoles vers son principal débouché. « C’est positif pour les Espagnols, mais aussi pour nous », souligne Anne Richard. Néanmoins, la pression reste vive et le marché européen reste toujours autant saturé en produits porcins.
En 2024, la consommation globale de porc en France, incluant la consommation à domicile et hors domicile, est repartie à la hausse, à + 1,4 %. Cette reprise de la consommation du porc est attribuée à la restauration hors domicile, en particulier au snacking, et aux entreprises alimentaires qui utilisent du porc dans la fabrication de leurs produits traiteurs. Cette hausse porte la consommation du porc par habitant à 31 kg/hab/an (viande et charcuterie) en 2024, contre 31,6 kg pour la volaille.
« Cette hausse de la consommation nationale de porc en 2024 fait suite à une année atypique. En 2023, la consommation de porc s’était repliée de - 3,7 % sur 1 an, en raison du retour de l’offre des volailles sur le marché après l’influenza aviaire », analyse Anne Richard. Aujourd’hui, le marché reprend donc son cours avec une consommation de porc en voie de stabilisation sur 2 ans.
L’épisode inflationniste de 2023, qui avait vu les prix moyens de la viande de porc et de la charcuterie augmenter de l’ordre de 10 %, semble désormais clos. « Le prix de vente aux consommateurs du porc est resté stable sur l’année 2024, à + 0,8 % au global vs 2023, avec un prix moyen de 12,20 €/kg en magasin. De son côté, le prix de la charcuterie se maintient à + 0,4 % par rapport à 2023.
La production française de porc est majoritairement issue d’élevages familiaux. Le porc est la première des viandes de boucherie produites et consommées dans le monde, en Europe et en France. Dans notre pays, trois quarts de la consommation est faite sous forme de charcuterie.
La filière porcine française a lancé une grande campagne nationale de communication pour "faire du porc la référence dans l'assiette".
Il s’agit d’une campagne de communication nationale massive lancée par INAPORC, la filière porcine française, pour dit-elle, « faire du porc français la vraie référence dans l’assiette ». Il s’agit, je cite encore, de répondre « aux attentes des clients en quête de qualité, de transparence et d’origine France ».
L’origine France ne fait pas tout. 78% des élevages paysans porcins ont disparu entre 2000 et 2020 au profit d’exploitations plus grandes, 8000 sur les 10.000 existantes, avec une production plus intensive, 5000 porcs en moyenne par an, mais ça peut grimper à 20.000 dans le Finistère par exemple. 10 groupements seulement gèrent les 3/4 de la production française !
Peu de transparence aussi sur les conditions d'élevages, que des associations en revanche ont mises en lumière : 95% des porcs français ne sortent jamais du bâtiment dans lequel ils sont entassés. Shootés aux antibiotiques, nourris au soja brésilien ou aux céréales pleines de pesticides (la filière bio est infime et en baisse) pendant que leurs déjections rejettent de l’ammoniac et des nitrates dans les cours d’eau, et bonjour les algues vertes en Bretagne où se trouve la majorité des élevages.
22 millions de porcs sont abattus chaque année en France, nous sommes numéro 3 en Europe derrière l’Espagne et l’Allemagne. Et nous en mangeons beaucoup, 31 kg par an et par habitant, ça fait presque 600g par semaine, alors que les recommandations sanitaires c’est 150g par semaine maximum, des maladies comme le diabète de type 2 ou le cancer colorectal étant associées aux nitrates présentes dans la charcuterie, qui représente les 3/4 des ventes (jambon lardons et saucisson en particulier).
La Fondation pour la nature et l’homme recommandait dans un rapport en octobre dernier de diminuer la consommation par deux, et répartir autrement la production à la fois pour protéger les éleveurs, la santé et l’environnement. Mais INAPORC avait refusé d’en discuter.
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