Le Porc : Définition, Étymologie et Usages

“Porc” et “cochon” sont deux termes qui désignent le même animal : un mammifère domestique omnivore proche du sanglier avec lequel il peut se croiser pour donner naissance à un sanglochon ou à un cochonglier. L’Académie française, institution en charge de définir l’usage de la langue française, consacre une page de son site Internet pour donner quelques informations sur ces deux mots.

L’étymologie du mot « cochon » est incertaine. La plupart des termes servant à décrire ou à désigner le porc sont d’origine latine. Mais le mot cochon, quant à lui, ne vient ni du latin, ni des langues germaniques ou celtes. Il pourrait dériver, selon Valérie Péan, d'une onomatopée utilisée par les éleveurs, « coch-coch » Le terme apparaît en français vers le XIe siècle et devient courant dès le XIIIe siècle. Mais à cette époque, il désigne surtout le porcelet et principalement dans les parlers de langue d'oïl.

En revanche, le terme “porc” a son étymologie : il vient du latin porcus, qui désignait un porc domestique, quel que soit le sexe de l’animal. Mais l’emploi du mot et son histoire nous emmène ensuite plus loin. Le terme désignait aussi la vulve de la femelle cochon, puis, par comparaison, le sexe de la femme, et encore par comparaison, un coquillage nommé “porcelaine”. En italien, le terme porcellana signifie d’ailleurs “vulve de truie”.

Le cochon vit à proximité de l’homme depuis que ce dernier s’est sédentarisé, il y a 6 000 ou 7000 ans avant notre ère. La chèvre et le mouton ont été domestiqués plus tôt car ils étaient capables de suivre les tribus nomades. Le cochon et l’être humain ont 98 % de gènes en commun. Que nous dit réellement ce nombre ? Pour rappel, c’est l’ADN qui porte les gènes. Il est composé de quatre bases azotées désignées par des lettres : A pour adénine, T pour thymine, G pour guanine et C pour cytosine. Elles s’alternent sur deux chaînes différentes qui s’enroulent l’une autour de l’autre et s’apparient pour former la fameuse structure en hélice. Le gène n’est qu’un morceau de l’ADN. Les scientifiques ont identifié environ 20 000 gènes de mammifères qui codent des protéines aux fonctions similaires.

Malgré la sélection pratiquée par l’homme, le cochon a conservé beaucoup de ses instincts sauvages. Il apprécie particulièrement privilégie les sous-bois où il peut laisser libre court à son tempérament de fouisseur. Grâce à un odorat très développé, il collecte, selon la saison, des végétaux (racines, glands, tubercules, baies, châtaignes) dont les champignons parmi lesquels les fameuses truffes. Il consomme aussi de temps en temps des vers de terre, des escargots, des insectes et même de petits rongeurs. Contrairement aux humains ou aux chiens, ils ne mangent jamais plus que la quantité dont ils ont besoin. Ce sont des animaux vifs et curieux de nature.

Porc domestique

Ils sont plus intelligents que les chiens. Quant à leur légendaire saleté, elle est basée sur une méprise. Si les cochons se couvrent de boue, c’est pour protéger leur peau fragile des parasites et du soleil, et pour se rafraîchir. Ces animaux sont dépourvus de glandes sudoripares qui génèrent la transpiration. S'enduire de boue est leur façon de faire descendre leur température corporelle. Ce sont au contraire des animaux très propres capable de faire leurs besoins en dehors de leur lieu de repos dès l’âge de 5 jours.

Usages et Expressions

Lorsque vous faites vos courses, vous achetez du porc et pas du cochon. C'est d’ailleurs la viande la plus consommée dans le monde, alors même que sa consommation est interdite dans des religions comme le judaïsme et l’islam. Elle est suivie de près par la viande de volaille. La production se concentre dans trois zones : l’Europe (y compris la Russie), l’Asie (notamment la Chine) et l’Amérique du Nord (le Canada - l'un des plus grands producteurs, avec notamment le Québec - et les États-Unis). Cette situation conduit à la pratique d’élevages intensifs qui offrent des conditions de vie très difficiles aux cochons.

Aussi, si vous avez le choix et la possibilité, choisissez le porc issu d’un élevage fermier de plein air : c’est certes plus cher au kilo mais les conditions d’élevage respectent davantage l’animal. Certains sont en plein air intégral : il n'y a aucun bâtiment. Une exception ressort toutefois dans ce tableau d’usages : le cochon de lait. Il se mange volontiers toute entier doré à la broche. Le terme désigne un porcelet pesant moins de 15 kg et n’ayant reçu pour seule nourriture que le lait de sa mère.

Certaines personnes font parfois une distinction d’un autre genre, le porc pouvant désigner davantage l’animal sauvage et le cochon l’animal domestique. Ce n’est que tout récemment que le porc est devenu tête d’affiche avec le hashtag #balancetonporc lancé par Sandra Muller pour inviter les femmes à raconter un cas de harcèlement sexuel qu’elles auraient subi au travail.

Lorsque le mot “porc” est employé au sens figuré, c’est toujours pour faire référence à quelque chose de sale. La différence subtile apparaît dans les deux expressions “manger comme un cochon” et “manger comme un porc”. Le mot “porc” est finalement peu utilisé dans les expressions au profit du mot “cochon”. Dans l’expression “ne pas savoir si c’est du lard ou du cochon”, “lard” désigne le gras du cochon. L’expression signifie qu’il est difficile de distinguer une chose d’une autre qui lui est proche.

Production porcine - Elevage naisseur plein air biologique

Termes savants et anciens

Le tableau suivant donne un aperçu de l'étymologie des différents mots connus en français pour désigner le porc.

OrigineÉtymonIndividu adulteJeune
Latinporcus, porc domestiqueporc, pourcel, pourceauporcelet
Latinporcus singularis, puis porcsanglier (m.)
Latinsus, porc sauvage ou domestiquesuie (f.)
Latinnutritemnourrain, nourrin
Latinbas latin troia, féminin tiré de l'expression (porcus) troianus concernant une recette de porc farci.truie (f.)
Ancien Bas-francique (attesté v. 800)lêha (puis laye en français)laie (f.)
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