Le sushi, symbole emblématique de la cuisine japonaise, est aujourd’hui un mets universellement apprécié. Son histoire, riche et fascinante, remonte à des siècles et révèle une évolution culinaire captivante. Plongeons à la découverte des origines du sushi, de son développement et de son expansion mondiale.
Les origines du sushi remontent au IVème siècle avant J.C., non pas au Japon comme on pourrait le penser, mais en Chine ! Au départ, il ne s’agissait pas d’un plat à savourer avec plaisir, mais d’un procédé de conservation. Les premiers sushis, connus sous le nom de « narezushi », apparaissent en Asie du Sud-Est il y a plus de 2000 ans. Cette technique consistait à conserver le poisson dans du riz fermenté, permettant de le préserver plus longtemps.
Originaire de Chine, cette technique, appelée narezushi, consistait à faire fermenter du poisson dans du riz et du sel pour le préserver durant les longs mois d’hiver. Si le riz est un si bon conservateur c’est parce que sa fermentation produit de l’acide lactique (comme on pourrait retrouver dans les yaourts). Le riz fermenté était ensuite jeté. Ce qui importait, c’était le poisson, fermenté et concentré en umami.
Vers le VIIIe siècle, le Japon adopte le narezushi, mais le transforme petit à petit. Les Japonais ont affiné cette méthode en expérimentant une durée de fermentation plus courte et ont commencé à apprécier le goût du poisson légèrement cru, ce qui a donné naissance à de nouvelles formes de sushi. Les Japonais commencent à consommer le riz avec le poisson, réduisent le temps de fermentation, et introduisent une forme de vinaigre de riz pour accélérer le processus. Ainsi naît le hayazushi : un sushi rapide, plus accessible et moins odorant.
Ce changement révolutionne la manière de cuisiner et de manger au Japon. Le sushi était devenu un élément essentiel du régime alimentaire des Japonais, en particulier de ceux qui vivaient près des lacs et des rivières où les poissons d'eau douce étaient abondants.
C’est durant la période Edo (1603-1868) que le sushi tel que nous le connaissons commence à émerger. Alors que l'aube de la période Edo illuminait les rues de ce qui est aujourd'hui Tokyo, une révolution culinaire prenait tranquillement forme dans les marchés aux poissons animés et les coins de rue animés.
Au XIXe siècle, à l’époque Edo (ancien Tokyo), le sushi japonais connaît une vraie révolution. Au début du 19e siècle, un chef de sushi visionnaire du nom de Hanaya Yohei s'est interrogé sur le rythme de vie rapide de la ville d'Edo. Le nigiri-zushi, tel que nous le connaissons aujourd’hui, voit le jour. Le chef Hanaya Yohei, souvent considéré comme son inventeur, a l’idée de presser du riz vinaigré à la main et d’y déposer un morceau de poisson cru, souvent pêché dans la baie de Tokyo. C’est le début du sushi à emporter, rapide à préparer, parfait pour les citadins pressés.
C'est ainsi qu'est né le haya-zushi (早寿司), ou « sushi rapide », dans lequel le vinaigre, et non la fermentation, est utilisé pour aigrir le riz, et le poisson est servi frais, non fermenté. Cette méthode permet non seulement de réduire le temps de préparation, mais aussi d'obtenir une explosion de saveurs et de textures que l'on peut déguster immédiatement et sur le pouce. L'innovation de Hanaya a été rapidement adoptée et a suscité une vague de créativité parmi les chefs sushi de tout Edo.
Avant l’arrivée de véritables restaurants de sushis, ce sont les “yatai”, petites échoppes ambulantes qui virent le jour avant d’être interdits par le gouvernement. En effet, en 1833, Edo (ancien Tokyo) a connu une famine qui a conduit le gouvernement à s’attaquer aux produits de luxe et à instaurer des réformes à leur égard. Les sushis allaient à l’encontre des habitudes d’alimentation au Japon.
Les chefs itamae sont ensuite mis en avant pour la confection de sushis dans des restaurants de standing. La préparation méticuleuse des sushis, la précision du tranchage du poisson et l'équilibre délicat des saveurs exigeaient une maîtrise comparable à celle des arts traditionnels japonais tels que la calligraphie et la cérémonie du thé.
Au tournant du 20e siècle, le sushi s'est fermement imposé à la fois comme un aliment populaire et comme un symbole de la culture culinaire japonaise. Le sushi est alors adapté au fur et à mesure au palais des Européens et repris sous différentes formes !
Au XXe siècle, le sushi quitte le Japon pour conquérir le monde. Le passage des rues grouillantes d'Edo aux avenues animées des grandes villes du monde a marqué un nouveau chapitre dans l'histoire mouvementée du sushi.
D’abord introduit aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale, il est rapidement adopté dans les grandes villes occidentales. Ces établissements s'adressent d'abord aux expatriés japonais désireux de retrouver le goût de leur pays d'origine, mais ils attirent bientôt la curiosité des américains. Pour plaire à de nouveaux palais, le sushi japonais se métamorphose : naissance du California Roll, intégration d’avocat, de fromage frais, de sauce sucrée. Ce n’est plus le sushi traditionnel, mais une version revisitée, hybridée.
Le California roll (ou maki California) n'était qu'un début. Au fur et à mesure que la popularité des sushis augmentait, ils ont commencé à apparaître dans les villes d'Europe, d'Australie et, finalement, du monde entier. Le parcours mondial du sushi a également influencé son statut au Japon.
À mesure que le plat gagnait en notoriété internationale, les chefs sushis japonais ont été incités à améliorer encore leur art, en expérimentant de nouveaux ingrédients et de nouvelles techniques, enrichissant ainsi la tradition du sushi. Aujourd'hui, le sushi est plus qu'un simple aliment ; c'est un phénomène culturel qui incarne la mondialisation.
Aujourd'hui, le sushi transcende ses origines japonaises pour devenir un symbole de la mondialisation culinaire. Les événements tels que les festivals de sushi remettent en lumière les techniques authentiques et encouragent un retour aux origines. Des festivals de sushi attirent des milliers de participants, célébrant cet art gastronomique à travers le monde. Le sushi est désormais intégré à des cuisines variées : des versions végétaliennes aux adaptations locales comme les sushis à base de quinoa ou de crevettes cajun, il reflète une diversité culturelle tout en respectant ses racines historiques.
Devenir maître sushi au Japon est un parcours long et rigoureux. Il faut des années d’apprentissage, parfois même avant de toucher au poisson. L’apprenti commence par observer, puis prépare le riz, nettoie les ustensiles, et apprend les techniques de coupe. Ce respect du métier fait partie intégrante de l’ADN du sushi japonais.
Le sushi japonais est un trésor culturel autant qu’une spécialité culinaire. Il traverse les âges, évolue avec son temps, mais ne perd jamais son âme. Derrière chaque sushi, il y a un savoir-faire, une tradition, un respect du vivant.
Quand on parle de sushis, on parle de plusieurs types de plats qui diffèrent selon leur composition et leur présentation :
Consommer des sushis s'avère être tout un art et manger comme un vrai japonais ne s'improvise pas. La sauce soja, le wasabi et le gingembre sont les accompagnements les plus courants afin d'apporter des saveurs acidulées à votre repas :
Quant aux accompagnements de vos sushis, vous pouvez choisir entre le saké, une bière japonaise ou encore un thé Sakura.
| Période | Nom | Caractéristiques |
|---|---|---|
| IVème siècle av. J.C. | Narezushi | Poisson conservé dans du riz fermenté |
| VIIIe siècle | Hayazushi | Consommation du riz avec le poisson, fermentation réduite |
| XIXe siècle (Ère Edo) | Nigiri-zushi | Poisson cru pressé sur du riz vinaigré |
| XXe siècle | Sushi moderne | Adaptations mondiales, California Roll, etc. |
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