La saison de terre battue de tennis bat son plein, offrant une occasion idéale pour revenir sur une raquette et son cordage qui ont fait polémique dans les années 1970 : la raquette spaghetti. Contrairement à ce que son nom pourrait suggérer, c'est en Allemagne qu'il faut chercher l'origine de cette raquette pas comme les autres.
Il y a quarante ans, il existait un vide juridique : l’outil de travail du tennisman n’était défini par aucun texte. « On pouvait venir jouer avec un cahier, un bazooka, une raquette de démonstration de deux mètres de long ou une de ping-pong », plaisante Christophe Roger-Vasselin, demi-finaliste de Roland-Garros en 1983. La formule de son père est savoureuse.
C’est le dénommé Werner Fisher qui a mis au point ce cordage particulier (montage à double cordage) en 1976. Son objectif était simple à l’époque, c’était que le joueur qui l’utilise ait les moyens, sans forcer, de donner le même effet à la balle qu’un joueur exceptionnel. Il a mis quatre ans à mettre au point son invention.
On appelle cordage spaghetti, un montage à double cordage, avec l'intervention de tubes de plastique présents entre les deux plans de cordes. Werner Fischer mit 4 ans pour peaufiner son incroyable invention. Werner Fisher a du mal à introduire son incroyable cordage dans le tennis professionnel. C’est seulement à partir de 1976 qu’il convint enfin des joueurs professionnels à utiliser sa nouvelle raquette magique avec son système de cordage inédit. Jimmy Connors essaye le montage, mais le jeu a plat de Jimbo n'en fait pas le candidat idéal, Harold Salomon (Ex n°5) plus porté vers les effets la teste aussi sans succès.
Justement, la raquette spaghetti connu un grand succès auprès de joueurs moyens. Grâce au cordage spaghetti on assista à des surprises inouïes, impensables avec une raquette traditionnelle. Des joueurs comme Barry Phillips-Moore ou les français Christophe Roger-Vasselin, Eric Deblicker, Georges Goven qui n'ont jamais dépassé les 50 à l'ATP ont fait des perfs incroyables grâce à cette raquette. Mais plus incroyable encore, Mike Fishback, inconnu au bataillon s'offre Stan Smith ancien numéro 1 mondial et légende de la chaussure ; Georges Goven bat en 1977 l'illustre Ilie Nastase n°7 (6-4, 2-6, 6-4) ou encore Vitas Gerulaitis n°5 mondial.
Ce cordage a eu le don d’énerver plusieurs joueurs de l’époque parce que certains ont été battus par des joueurs moyens qui jouaient avec ce cordage. On a eu droit à des surprises incroyables. Par exemple, le français Christophe Roger-Vasselin.. il n’a jamais dépassé le TOP 50 au classement des meilleurs joueurs. Mais il a fait des performances incroyables grâce à cette raquette. Il raconte à Fabrice Abgrall :
« Quand la balle arrivait sur le cordage, il y avait un frottement incroyable, un lift incroyable ! Moi, j’ai fait un tournoi avec, et à l’époque, j’étais 180e mondial mais j’ai mis 6/0 ; 6/0 à José Higueras, qui était 8e mondial ! La balle avait tellement d’effet que c’était incontrôlable pour l’adversaire ! »
En 77, Vilas était sur une série historique de succès sur terre battue. Série stoppée en finale d'Aix en Provence par Ilie Nastase et sa raquette spaghetti. "Je n’ai pas été battu par un joueur mais par une raquette, la fameuse raquette à multiples cordages qu’Ilie avait prise spécialement ce jour-là pour me battre. Cette raquette fut vite interdite. S’il n’y avait pas eu cette astuce d’Ilie, j’aurais pu ajouter aux cinquante trois les six tournois sur terre que j’ai gagné après, même les deux ou trois de l’année suivante ! C'est Werner Fischer lui même qui prépare et amène la raquete Head cordée en spaghetti pour Nastase. Une semaine après cette déclaration Nastase battait Vilas 6/1 7/5 abandon avec le fameux montage de Fischer. Vilas dira qu'il était blessé au poignet...
Ce n’est qu’en 1978 que l’ITF (International tennis federation) a codifié le matériel : « La surface de frappe de la raquette doit être plate et consiste en un montage de cordes entrelacées (montants et travers) et connectées au cadre de la raquette ». Ce qui n’était pas le cas de la raquette à double cordage, dite « spaghetti », qui avait fait fureur en 1977 , le temps d’un été, avant d’être interdite.
C'est en 1978 que l'ITF pond un règlement qui vise en fait à bannir le cordage spaghetti. Avant 1978, il n'y a aucun règlement sur le cordage. Le montage dit spaghetti ne permet pas l'attachement entre les montants et les travers. Pourquoi cette interdiction? Selon certains observateurs et joueurs, le cordage spaghetti dénaturait le jeu.
Un cordage banni en 1978. Ce cordage a finalement été banni en 1978 par les règlements du tennis mondial. Beaucoup de joueurs et d’observateurs disaient que ça dénaturait le jeu. Une nouvelle ligne dans le règlement a fait son apparition. Elle disait : « La surface de frappe de la raquette doit être plate et consiste en un montage de cordes entrelacées et connectées au cadre de la raquette ». Le cordage magique a donc disparu des courts de tennis et les anti spaghettis ont eu le dernier mot !
« Après la défaite contre Nastase, Vilas, via Tiriac, son manager, a demandé à Werner Fischer de lui corder deux raquettes spaghetti, nous révèle Hassan Amini. Gentleman, le natif de Mar del Plata rend finalement les raquettes à son concepteur. Car, dans la foulée du « scandale », la raquette spaghetti est interdite à titre provisoire par l’ITF. Au printemps 1978, elle est définitivement bannie. Malgré une tentative de recours en justice, l’aventure est finie. »
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