Chantilly, souvent surnommée « Ville princière » et « capitale du cheval », incarne une réalité historique, urbaine, économique et sociale qui façonne le paysage et l'identité de la ville. Mais Chantilly est aussi une ville à la campagne, où les espaces naturels et protégés définissent sa forme et son expansion. Découvrons ensemble l'histoire riche et diversifiée de ce lieu emblématique.
L'hippodrome de Chantilly, un lieu emblématique de l'histoire hippique française.
Au début du XXe siècle, la ville de Chantilly est déjà une place forte du cheval.
L'hippodrome de Chantilly est indissociable des Grandes Écuries du Prince de Condé et du Château de Chantilly. Son histoire remonte au XIXe siècle, lorsque Louis IV de Bourbon fit construire les Grandes Écuries, persuadé qu’il pourrait se réincarner en cheval.
En 1833, à la fin d’une chasse à courre en forêt de Chantilly, cinq gentilhommes parisiens improvisent une course sur la gigantesque pelouse séparant forêt et grandes écuries. Le vainqueur de cette course, séduit par la qualité du site et l’élasticité de la pelouse, pense alors avoir trouvé le lieu idéal pour fonder un nouvel hippodrome proche de la capitale et s’empresse de vanter l’endroit auprès des membres de la Société d’encouragement pour l’amélioration des races de chevaux (futur France Galop) nouvellement créée.
L’année suivante, le 15 mai 1834, sont organisées les premières courses grâce au soutien de la famille d’Orléans, propriétaire du site et fervente partisane du sport hippique.
L’hippodrome de Chantilly est situé au cœur de la ville et occupe près de 65 ha. Bordé par les grandes écuries, le château, la forêt et le quartier historique de Chantilly, il bénéficie d’un cadre exceptionnel. Les carrières de pierre creusées sous la pelouse au 18e siècle lui assurent un sol souple et parfaitement drainé qui fait sa réputation. Les tribunes, construites en 1881 par Honoré Daumet sont inscrites au titre des monuments historiques. Propriété de l’Institut de France, l’hippodrome est géré par France Galop.
Très vite, l’hippodrome est devenu un haut lieu des courses hippiques.
Le Prix du Jockey Club à l'hippodrome de Chantilly.
L’hippodrome accueille chaque année près de 200 courses, dont les prestigieux Prix de Diane Longines et le Qipco Prix du Jockey Club, nés respectivement en 1833 et 1836.
L'hippodrome de Chantilly est celui qui a le plus marqué l'histoire du monde hippique, donnant naissance aux plus grandes courses de renommée internationale, comme le Prix de Diane Longines et le Qipco Prix du Jockey club.
Le Prix du Jockey club, né en 1836, est une compétition réservée aux chevaux de course âgés de 3 ans. Si le Prix est le rendez-vous des professionnels du monde hippique, il attire aussi des familles, entre visite des vestiaires des jockeys ou de la cabine commentateur, et promenades à poney pour les plus jeunes. L'occasion, surtout, de découvrir un monument de l'univers équestre, l'hippodrome, qui a su susciter des passions au cours des années et des siècles.
L'hippodrome de Chantilly accueille aujourd'hui 40 courses par an et 120 000 visiteurs annuels. Il dispose aussi du plus grand centre d'entraînement d'Europe, réparti entre Chantilly, Lamorlaye, Coye-la-Forêt et Avilly-Saint-Léonard.
Les entraîneurs sont unanimes : « au-delà du paysage, l'infrastructure de cet hippodrome est particulière. On prend un plaisir immense à parcourir la piste principale, qui est très sélective. Quand on gagne ici, on peut gagner partout », confie Christiane Head, entraîneur pendant quarante ans à Chantilly et qui a gagné plus de 300 courses.
« C'est une référence. Tous les jockeys sont fiers de faire une course dans cet hippodrome », avoue le jockey Olivier Peslier. « L'infrastructure de ce champ de courses a d'ailleurs inspiré bien d'autres hippodromes à l'étranger. La pelouse de Chantilly rayonne dans le monde entier. »
A l’initiative du baron Edouard de Rothschild, quelques personnalités se réunissent le 3 février 1909 pour constituer la Société anonyme du Golf de Chantilly qui doit exploiter l’endroit.
Inauguré en 1909, le tracé est devenu au fil des ans un des endroits les plus mythiques du golf en France et un pèlerinage obligatoire pour tous les amoureux de ce jeu.
Jouer à Chantilly est une sacrée expérience, entre voyage dans le temps et plongée dans l'histoire du golf français. L'arrivée dans la ville, devant le Château et ses écuries puis sur la route pavée, est déjà grandiose. Bientôt, on aperçoit le drapeau avec les armes du club.
Sac de golf sur le dos, direction le mythique club-house. On pousse la porte pour retrouver Rémy Dorbeau, le directeur des lieux. « Je suis passé par Saint-Nom-La-Bretèche et Saint-Germain mais Chantilly, c'est unique. Ce sont d'énormes personnages, une histoire de dingue et une générosité sans limites », résume-t-il ainsi.
Pull aux couleurs du club sur les épaules, Laurent Bailly, président du golf, nous réserve un accueil chaleureux. La visite peut commencer.
Juste en face de l'entrée, plongée immédiate dans l'histoire du club : une immense photo en noir et blanc habille le mur. « C'était le jour de l'inauguration, précise le président. On peut lire en dessous 27 septembre 1909 et on aperçoit sur la photo Arnaud Massy et Jean Gassiat, les deux meilleurs pros français de l'époque, qui remontent la pente d'un trou qui est aujourd'hui le 16 du parcours de Vineuil. »
Le voyage dans le temps se poursuit un peu plus loin. Sur la gauche au bout du couloir, les vestiaires n'ont pas changé d'époque. Les casiers boisés ont gardé leur allure d'antan et on imagine sans problème Massy et Gassiat débriefer leur partie en reboutonnant leur veston. « Je vous avais prévenus, c'est dans son jus. C'est un vestiaire à l'ancienne, ces casiers sont là depuis toujours. Mais pas question pour nous d'en changer. On veut qu'il reste comme ça, ça fait partie de notre histoire. »
Chantilly est un lieu qui vit, dors, respire golf et la suite de la visite ne fait que le confirmer. Dans la salle de bridge trône une vitrine débordant de trophées, surveillée par les photos des anciens présidents du club : Alexis Godillot, Pierre Bechmann ou encore Jean-Louis (Coco) Dupont.
« C'était un grand monsieur du golf français. Il a été président du club pendant plus de vingt ans (1980-2001). Il a marqué de son empreinte notre structure et c'est lui qui nous a légué les trois piliers du club : sport, tradition et convivialité. »
Notre guide se dirige maintenant vers l'immense salle de restaurant. Sur les murs, les traditionnels palmarès des compétitions organisées par le club : de la prestigieuse coupe Murat à l'open de France, hébergé à 10 reprises par Chantilly.
« Là, vous pouvez voir la dernière compétition que nous avons créée : le trophée Alexis Godillot, continue Laurent Bailly. C'est une compétition pour les jeunes de 14 ans et moins. Elle existe depuis 2017 et nous avons tellement de succès que la Fédération a décidé d'en faire des Internationaux de France dans cette catégorie d'âge. »
Derrière le bar, deux photos font la fierté du président. Sous cadre, l'équipe première de Chantilly avec le trophée Gounouilhou sous les bras. Deux photos pour deux époques : 1985 et 2017, dates des deux dernières victoires du club dans l'épreuve. Deux succès qu'a vécus Laurent Bailly, un en tant que joueur et l'autre comme capitaine.
« Pour nous, comme pour tous les clubs, la Gounouilhou, c'est le Graal. À titre personnel, c'est fabuleux. D'autant plus qu'en 2017, il y avait une grande attente. Le club ne l'avait plus gagnée depuis trente-deux ans. C'est une grande fierté pour moi. »
La visite se termine sur l'immense terrasse du club-house. Dans notre dos, la mythique horloge d'époque et face à nous, une vue panoramique sur le parcours. « On aperçoit quasiment 14 trous. Mais il faut vraiment avoir un oeil averti pour tous les reconnaître. Cette vue est aussi une signature de Chantilly. Il n'y a pas beaucoup de parcours en France qui proposent ce panorama.
Le parcours de Vineuil au Golf de Chantilly.
Un parcours façonné par un architecte aussi mythique que les lieux, Tom Simpson.
Si les greens sont bien défendus par des bunkers, à Chantilly comme sur tous les tracés signés de l'Anglais, vous ne trouverez jamais d'obstacle frontal. Une aubaine pour les amateurs de tops ou de grattes. Sur les greens en revanche, c'est une autre histoire. Il faudra bien se concentrer pour prendre la bonne ligne.
Sur l'historique parcours de Vineuil, Laurent Bailly nous fait une confidence. « On joue Vineuil la plupart du temps mais pour les grandes compétitions, on reprend le tracé dit de "l'Old Course". Les huit premiers trous sont identiques, mais au lieu d'enchaîner sur le 9, on file directement au 12, et ainsi jusqu'au 18 de Vineuil, avant de terminer par les trous 10, 11, 18 des Longères.
En déambulant entre les trous, Laurent Bailly évoque encore le passé du club, les souvenirs d'open de France, de Gounouilhou. L'échange est passionné, le président s'arrête sous l'immense drapeau qui fait face au club-house et explique l'origine du logo du club. « Les arbres correspondent aux quatre forêts de Chantilly et le cor de chasse à la chasse à courre qui est une activité très importante pour la ville. Je crois qu'en 1909, le club-house était un chalet de chasse. »
Nous voici un peu plus instruits ; il est temps d'attaquer le parcours de Vineuil. Nous sommes début mars, les hautes herbes n'ont pas encore poussé, le tracé se révèle beaucoup plus permissif. Un drive un peu slicé sera facilement retrouvé et la carte de scores moins salée.
« Pour se rendre compte de la valeur de Chantilly, il faut le jouer à partir de juin quand les roughs sont un peu plus méchants », admet Laurent Bailly.
Après seulement quatre ans d’existence, le Golf de Chantilly accueille en 1913 l’Open de France. C’est le début d’une relation féconde avec la grande compétition, jamais démentie depuis.
Il s’agit du premier coup dur pour le club, qui voit 34 de ses membres et salariés tomber au champ d’honneur.
A l’issue du conflit, l’architecte anglais Tom Simpson est choisi pour rénover le parcours.
Dans l’entre-deux-guerres, les membres affluent à nouveau. Création de la Société anonyme du Golf de Chantilly présidée par le prince Joachim Napoléon Murat.
En réalité, devenu une association, le club tout entier a failli disparaitre : les lois antisémites de Vichy, le décapage du gazon par les Allemands, le bombardement des Alliés… rien n’a été épargné aux golfeurs cantiliens.
Dès 1947, l’Open de France prend à nouveau ses quartiers : tout n’est pas encore reconstruit à neuf, loin s’en faut, mais la vie golfique a repris. Elle repart même de plus belle pendant les Trente Glorieuses qui ne le sont pas moins pour le club.
En compétition, les membres portent toujours haut les couleurs du club. Ses exploits sur les greens paraissent secondaires au regard de son exceptionnelle carrière de dirigeant. En coulisses, à la Commission sportive puis à la présidence qu’il atteint en 1980, Jean-Louis Dupont propulse en effet le Golf de Chantilly dans une ère nouvelle tout en préservant une certaine tradition.
Aujourd’hui, le Golf de Chantilly est parfaitement préparé à répondre aux attentes des golfeurs, mais aussi et surtout aux enjeux de demain.
Le club fête son centenaire.
L’architecte Martin Hawtree est chargé de rénover les trous 1, 9, 10, 11 et 18 de Vineuil.
En 1920, le baron Robert de Rothschild choisit les terrains d’Apremont à Chantilly dans l’Oise, pour y implanter des herbages et des terrains de polo. Le polo est un sport pratiqué à cheval, composé de deux équipes de 4 joueurs.
En 1995, le Polo Club du Domaine de Chantilly est fondé par Patrick Guerrand Hermès.
Aujourd’hui, le polo club d’Apremont est la plus grande école de polo de France et l’un des plus grands Polo Clubs d’Europe. Une cinquantaine de tournois sont prévus cette année en 2023.
| Année | Événement |
|---|---|
| 1834 | Création de l'hippodrome de Chantilly |
| 1836 | Naissance du Qipco Prix du Jockey Club |
| 1909 | Création de la Société anonyme du Golf de Chantilly |
| 1913 | Le Golf de Chantilly accueille l’Open de France |
| 1995 | Fondation du Polo Club du Domaine de Chantilly |
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