Le Bosquet des Cocottes : Histoire et Restauration

Le Bosquet des Cocottes, un lieu chargé d'histoire et de transformations, mérite d'être exploré en profondeur. De ses origines comme simple chemin carrossable à son apogée sous le Second Empire, ce lieu a connu de nombreuses évolutions. Cet article se propose de vous plonger dans le passé fascinant de ce lieu emblématique, en mettant en lumière son histoire et les efforts de restauration entrepris pour préserver son héritage.

Les Champs-Élysées en 1855 (peinture de Deroy - gallica.bnf.fr)

Les Origines et l'Évolution des Champs-Élysées

Au milieu de bois et terrains marécageux, c’est tout d’abord un chemin carrossable voulu par Louis XIV pour faciliter la liaison avec les domaines royaux de Saint-Germain et de Versailles (en construction). Dans le prolongement du jardin des Tuileries, une perspective confiée à Le Nôtre qui gravit la colline du Roule. En 1709, le « Grand-Cours » prend officiellement son nom actuel. En 1770, la colline du Roule est arasée, puis l’avenue élargie et prolongée jusqu’à la Seine.

Aucune construction d’importance pour l’instant sinon quelques guinguettes ; l’endroit a mauvaise réputation, fréquenté par les prostituées et les mauvais garçons, malgré la proximité des jardins des hôtels particuliers du jeune faubourg Saint-Honoré. C’est à partir de la Révolution que la physionomie de l’avenue va changer. L’avenue est élargie sous le Directoire, les premiers établissements élégants ouvrent leurs portes mais il est encore téméraire de s’y aventurer la nuit ; Philippe Lebon y est assassiné en 1804 dans un bosquet sombre - l’inventeur du gaz d’éclairage !

Sous Louis-Philippe, l'architecte Jacques Hittorff métamorphose le bas de l’avenue à partir de 1834 : parc à l’anglaise, quatre fontaines monumentales et, enfin, réverbères (toujours en place). Un théâtre, un cirque (où la Belle Otéro et Emilienne d’Alençon firent leurs débuts), de nouveaux cafés et restaurants ; il ne manque plus que le palais de l’Industrie construit pour l’exposition universelle de 1855 (à l’emplacement des Grand et Petit Palais), pour que la mode de l’avenue soit définitivement lancée.

Les Champs Elysées par Eugène Atget, fin des années 1890 - gallica.bnf.fr

L'Hôtel de la Païva : Un Symbole de l'Époque

Parmi les hôtels particuliers qui ont marqué l'histoire des Champs-Élysées, l'hôtel de la Païva se distingue particulièrement. Construit entre 1856 et 1866 par Pierre Manguin, pour le compte d’une des grandes courtisanes du Second Empire, la Païva. Un hôtel néo-renaissance italienne avec un jardin suspendu.

Le coût de construction défraya la chronique ; il est vrai que Von Donnesmark, son amant et protecteur, ne lésine pas sur la qualité des matériaux et la richesse des décors, ce que certains trouvaient convenir au besoin de représentation d’une parvenue : un grand escalier d'onyx jaune à formes contournées, une salle de bains de style mauresque avec des robinets de bronze doré incrustés de six énormes turquoises, foisonnement de peintures et de sculptures, dont certaines réalisées par le jeune Jules Dalou. Des statues de marbre grandeur nature.

Bien entendu, l’élévation de ce palais sur les Champs pour les beaux yeux d’une demi-mondaine suscite envie, jalousie et ironie. Snobée par l’aristocratie et la haute bourgeoisie bien pensante, la marquise de Païva donne ici des fêtes somptueuses restées célèbres. Nous aurions pu y rencontrer les Goncourt, Théophile Gautier, Ernest Renan, le magnat de la presse Emile de Girardin, Léon Gambetta ou le philosophe Hippolyte Taine.

Après le départ de la Païva en 1877, l’hôtel des Champs sera vendu à un banquier berlinois James Soloschin ; Pierre Cubat, ancien cuisinier du tsar, y installe un restaurant réputé.

Salle à manger - photo Anthony Rauchen

Figures Féminines Marquantes du Bosquet des Cocottes

Plusieurs femmes ont marqué l'histoire du Bosquet des Cocottes, chacune à sa manière. Parmi elles, on peut citer :

  • La Païva : Courtisane célèbre pour son hôtel particulier somptueux sur les Champs-Élysées.
  • Marie Duplessis : Inspiratrice du personnage de Marguerite Gautier dans "La Dame aux camélias" d'Alexandre Dumas fils.
  • Reine Pomaré : Danseuse étoile du bal Mabille, rivale de Céleste Mogador.
  • Hortense Schneider : Interprète emblématique d'Offenbach, adulée par les têtes couronnées de l'époque.

Ces femmes ont toutes contribué à façonner l'image du Bosquet des Cocottes comme un lieu de divertissement, de luxe et de pouvoir.

Les fouilles archéologiques du bosquet du Théâtre d'Eau

En conclusion, Le Bosquet des Cocottes est un lieu chargé d'histoire, de transformations et de personnalités marquantes. De ses origines modestes à son apogée sous le Second Empire, ce lieu a su évoluer et s'adapter aux différentes époques. Les efforts de restauration entrepris aujourd'hui témoignent de la volonté de préserver ce patrimoine unique pour les générations futures.

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