La consommation de viande est un sujet d'intérêt mondial, influencé par des facteurs économiques, culturels et environnementaux. Cet article explore les tendances actuelles de la consommation de viande à travers le monde, avec un accent particulier sur la popularité croissante de la volaille.
En 2022, la viande de volaille est la première viande produite et consommée dans le monde, avec 139 millions de tonnes (Mt), devant la viande porcine (123 Mt) et la viande bovine (76 Mt). Selon les projections de l’OCDE et de la FAO, la volaille restera le principal moteur de la croissance de la production de viande pour la prochaine décennie (2022-2032) puisqu’elle représentera la moitié de la viande supplémentaire produite sur la période. Son cycle de production court permet aux producteurs de réagir rapidement aux signaux du marché et se prête à des améliorations rapides en matière de génétique, de santé des animaux et de pratiques d’alimentation. La production de volaille se développera rapidement dans les pays qui disposent d’un excédent de céréales fourragères, comme le Brésil et les États-Unis. Les échanges mondiaux de viande de volaille (hors commerce intra-UE), représentent 11 % de la production totale.
La viande de poulet représente la quasi-totalité de ces échanges avec 15,4 Mt échangés en 2022. La viande de poulet demeure largement une commodité sur le marché mondial, et les principaux exportateurs sont aussi les pays affichant les coûts de production les plus bas, en lien avec des disponibilités en maïs et soja et une main-d’œuvre bon marché. En 2022, les principaux importateurs sont le Japon (1,1 Mt), les Émirats arabes unis (700 000 t), l’Arabie saoudite (615 000 t), la Chine (645 000 t) et l’Angola (345 000 t). Selon les perspectives OCDE-FAO, à horizon 2032, les exportations mondiales de viande devraient augmenter de 3 % à l’horizon 2032.
Dans ce contexte mondial très dynamique, la place de l’Union européenne s’est réduite sur les dernières décennies dans les échanges internationaux. La production de volailles dans l’Union européenne à 27 est estimée par l’ITAVI à partir d’Eurostat et de statistiques nationales à 12,9 Mt en 2022. La production reste concentrée dans quelques pays, notamment en Pologne (20,0 %), en Allemagne (13,0 %), en France (12,2 %), en Espagne (12,6 %), en Italie (9,3 %) et aux Pays-Bas (4,8 %). Entre 2012 et 2022, la production a aussi progressé de façon dynamique en Espagne (+18 %), en Hongrie (+16 %) et en Belgique (+80 %), tandis qu’elle recule en France (- 9 %). La production des pays de l’ancienne UE-15 croît de façon plus modérée, en lien avec une montée des attentes sociétales orientant la production vers une diversification et une montée en gamme des produits (bien-être animal, sans antibiotiques, non-OGM, etc.).
Avec environ 740 000 t de viandes et préparations de volailles importées en 2022, et 1 895 000 t exportées en 2022, l’Union européenne est exportatrice nette en volume. Elle l’est également en valeur depuis quelques années. Sur les cinq dernières années, les exportations extra-européennes progressent à un rythme de 4,6 % par an tandis que les importations sont quasi stables, avec une légère progression de 0,6 % par an sur la même période. Ainsi, la part des importations en provenance du Brésil dans le total des importations européennes est passée de 27 % en 2019 à 35 % en 2021. En 2022, la situation tendue des disponibilités sur le marché européen et la suppression des droits de douanes pour les importations depuis l’Ukraine ont nettement favorisé les imports depuis l’Ukraine qui représentent désormais 19 %.
En 2024, le poulet a détrôné le porc et est désormais la viande la plus consommée en France. L'an dernier, chaque Français a mangé 31,6 kg de volaille, dont 25 kg de poulet, selon le service de statistique du ministère de l'Agriculture. C'est en augmentation de 10% par rapport à 2023. "C'est pas cher par rapport aux autres viandes", estime cette mère de famille rencontrée par franceinfo. "C'est facile à préparer, et ça peut se préparer sous différentes formes : des escalopes, aiguillettes, nuggets. Les enfants adorent le poulet !"
Pourtant, la production tricolore est largement insuffisante pour couvrir la demande. Aujourd’hui, la France importe près d’un poulet sur deux, alors que dans les années 2000, elle en produisait trop et exportait. "On n'a pas suffisamment de volaille produite en France, donc fatalement ça vient de la Communauté européenne", explique Gino Catena, président du syndicat de la volaille et du gibier du marché de Rungis (Val-de-Marne) à franceinfo. Quelque 90.000 tonnes de volailles transitent chaque année dans le plus grand marché de produits frais au monde.
Avec 200.000 tonnes chaque année, l’Ukraine est pourtant bien le deuxième pays fournisseur de poulet de l’Union européenne, derrière le Brésil. Les volaillers français dénoncent la concurrence déloyale de cette viande produite selon des normes sanitaires moins exigeante. Ce poulet arrive par bateau aux Pays-Bas, où il devient hollandais et donc européen, après sa découpe ou sa transformation.
Le poulet vendu en morceau, c’est d'ailleurs devenu la tendance selon Gino Catena : "En volaille entière, on vend environ 15 à 20% de nos volumes. Alors que sur le restant, c'est vendu en découpe et en produits transformés. Les cordons bleus, les nuggets, c'est une évolution incroyable. On retrouve les produits qui doivent séduire tout type de clientèle, et notamment des enfants." Et c’est pour ça que la France se fait dépasser : sa production haut de gamme - label rouge, ou d'appellation d'origine protégée comme le poulet de Bresse - ne permet pas de répondre à cette demande pour les produits transformés. Les industriels de l'agroalimentaire ont besoin de poulet standard, d’entrée de gamme.
La France aurait besoin de 400 poulaillers de plus d'ici cinq ans. C'est l'estimation de l'association nationale de la volaille de chair. La ministre de l’Agriculture, interrogée sur le sujet pat franceinfo, dit en avoir conscience. Annie Genevard promet que le sujet sera sur la table des conférences de la souveraineté alimentaire, qui doivent se tenir d'ici deux mois.
Mis en place en France en 2001, le PNNS vise à améliorer la santé de l’ensemble de la population à travers des initiatives promouvant des habitudes alimentaires et des activités physiques bénéfiques pour la santé. En ce qui concerne la viande, le programme recommande de « privilégier la volaille et limiter les autres viandes (porc, bœuf, veau, mouton, agneau, abats) à 500 g par semaine » et de « limiter la charcuterie à 150 g par semaine. » Cela n’inclut pas la volaille, pour laquelle aucune limitation n’est préconisée.
Les 323 millions de tonnes de viande produites dans le monde ont un impact majeur sur le réchauffement, la déforestation et la consommation d’eau. L’élevage responsable de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre. Le dernier rapport de la FAO, publié en 2013, estime que l’élevage de bétail dans le monde était responsable, en 2005, de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine.
La production de viande est également très consommatrice d’eau. En élevage industriel, la production d’un kilo de bœuf absorbe par exemple 13 500 litres d’eau, bien plus que pour le porc (4 600 l) et le poulet (4 100 l). Près de 40 % des céréales produites et récoltées dans le monde servent à nourrir le bétail.
L'étude incite donc le PNNS à mieux prendre en compte les enjeux environnementaux, comme le font déjà les programmes de recommandations alimentaires en Espagne, au Danemark ou aux Pays-Bas. Selon les pays, les quantités maximales recommandées sont « de l’ordre de 300 à 630 grammes par semaine, et cette limitation inclut non seulement la charcuterie et les autres viandes transformées mais aussi souvent la volaille. »
Nicole Darmon, directrice de recherche honoraire à l’INRAE, membre de la SFN et experte en nutrition santé, explique : « Les travaux menés par la Société Française de Nutrition (SFN) et le Réseaux Action Climat (RAC) montrent qu'il est possible de maintenir un apport optimal en nutriments en diminuant de moitié la consommation de viande et en complétant les apports protéiques par des sources végétales (céréales, légumineuses, oléagineux) qui sont également vectrices de nutriments favorables à une bonne santé (fibres, vitamines (dont B9 et béta-carotène), minéraux (fer, magnésium, zinc et potassium) et polyphénols) ».
Le rapport indique ainsi que réduire de moitié notre consommation en viande conduirait à une réduction de l’impact carbone de l’alimentation comprise entre -20 % et -50 % selon le type de changements alimentaires associés à la réduction de la viande.
| Type de Viande | Évolution de la consommation |
|---|---|
| Volaille | Légère baisse (- 0,4 % par rapport à 2021), mais forte augmentation sur 40 ans (+64,4%) |
| Poulet | Augmentation de la part dans la consommation totale de viande (+8 points entre 2012 et 2022) |
| Porc | Augmentation de 1,6 %, mais tendance à la baisse sur 20 ans (-12% entre 2002 et 2022) |
| Bœuf | Légère augmentation de 1,0 % en 2022, après un niveau bas en 2020 et 2021 |
| Ovine | Rebond (+ 2,4 %) en 2022, mais nette tendance à la baisse sur 20 ans |
La volaille est surtout vendue en morceau et transformée. En volaille entière, on vend environ 15 à 20% de nos volumes. Alors que sur le restant, c'est vendu en découpe et en produits transformés. Les cordons bleus, les nuggets, c'est une évolution incroyable. On retrouve les produits qui doivent séduire tout type de clientèle, et notamment des enfants." Et c’est pour ça que la France se fait dépasser : sa production haut de gamme - label rouge, ou d'appellation d'origine protégée comme le poulet de Bresse - ne permet pas de répondre à cette demande pour les produits transformés. Les industriels de l'agroalimentaire ont besoin de poulet standard, d’entrée de gamme.
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