Cet article explore l'histoire et les traditions culinaires de Noyon, une charmante ville située en Picardie. Souvent méconnue, Noyon révèle des trésors insoupçonnés, allant de son riche patrimoine architectural à ses spécialités gastronomiques locales. Découvrons ensemble les facettes de cette ville à travers ses saveurs et son histoire.
La Cathédrale de Noyon, témoin de l'histoire de la ville.
Visiter Noyon peut sembler une évidence, mais pour en apprécier pleinement les détails, il est recommandé de faire appel à un guide. Un guide saura vous montrer les subtilités du patrimoine architectural du centre-ville et vous abreuver d'anecdotes fascinantes.
La Cathédrale de Noyon, marquée par les stigmates de son passé, narre son histoire à travers ses pierres. Sans avoir forcément pris conscience de toute son importance, j’avais beaucoup apprécié notre première visite de la Cathédrale de Noyon, il y a deux ans. A l’époque, je n’avais pas prêté attention aux impacts d’obus qui la martèlent, malgré l’achèvement en 1954 de la reconstruction de l’édifice, tristes témoignages des bombardements subis par la ville durant la Grande Guerre. La ville sort en effet dévastée de la Première Guerre Mondiale, et détruite à près de 80% . A l’instar de Notre-Dame de Paris, la voûte de la Cathédrale de Noyon a été ravagée par les flammes… Sa dernière reconstruction en date prendra près de 40 ans. L’ensemble est un petit bijou, et je n’en dis pas trop pour ne pas tout vous dévoiler. Comme j’ai pu le dire sur Instagram, j’ai beau n’avoir aucune croyance particulière, j’aime beaucoup visiter les édifices religieux, témoins de notre histoire et des différentes époques architecturales, qui renferment l’âme des bâtisseurs qui y ont consacré leur vie.
La bibliothèque du chapitre, toute en bois, renferme un véritable trésor : une collection de livres anciens et d'incunables, miraculeusement préservés par le temps! En raison de la fragilité de ces derniers, elle n'est cependant ouverte qu'à de rares exceptions au public (comme pour les Journées du patrimoine), et nous n'avons pu la visiter.
La gastronomie de Noyon et de ses environs est riche en découvertes et en saveurs authentiques. Des produits locaux de qualité aux spécialités fromagères, la région offre une expérience culinaire unique.
Ce chaleureux bar à vin et tapas est situé à deux pas de la Cathédrale. L’accueil est parfait, le cadre original et parfait pour les amateurs de vin(le restaurant fait également office de cave). Les assiettes sont généreuses et à la hauteur des promesses du menu, particulièrement alléchant ce jour-là 😉 ! La cuisine est maison, avec des produits locaux et de bonne qualité, et les tarifs on ne peut plus corrects.
Une distillerie, une vraie... et ce, sans avoir besoin de filer en Ecosse! J'ignorais to-ta-le-ment, personnellement, que du whisky artisanal (et labellisé bio, au passage!) était produit en Picardie. La bière, c'est un fait, mais le whisky... J'étais scotchée! Vous avez saisi le jeu de mots? De fait, Hervé Grangeon a fondé et implanté sa distillerie à Passel, à deux pas de Noyon (~10 min en voiture), il y a 4 ans déjà, et commence à commercialiser ses premiers whiskys, puisque, vous le savez, l'élaboration et le vieillissement de cette eau de vie d'orge maltée doivent durer au minimum trois ans... Si vous l'ignoriez, c'est l'occasion d'en apprendre un peu plus à ce sujet, puisque Hervé Grangeon propose des visites guidées de sa distillerie avec dégustation. Je ne consomme personnellement pas d'alcool, mais j'aime beaucoup visiter les lieux de leur conception, qui font partie intégrante du patrimoine d'une région. La visite est très complète, Hervé nous a mené dans les différents espaces de sa petite entreprise (et dans un dédale de tonneaux!), nous expliquant les différentes étapes de fabrication du whisky, et les petites touches personnelles apportées à sa production.
Le marché de Noyon, un lieu de rencontre et de découverte des produits locaux.
Pour une expérience unique, pourquoi ne pas opter pour un hébergement insolite, en pleine nature? Les environs de Noyon offrent des cadres exceptionnels pour se ressourcer et se reconnecter à l'essentiel.
Hors du temps lui correspond parfaitement. Pour le reste, peut-on parler d’hébergement insolite, romantique, de retour à l’authentique, d’expérience, d’immersion, de reconnexion à la nature et à l’essentiel ? Ou de tout cela à la fois… ? Je n’avais jamais séjourné dans un lieu de ce type. Le cadre est unique, ressourçant, dépaysant, inspirant. Un vaste poumon de verdure, qui s’étend sur 35 hectares. Tout y est : les étangs (d’un bleu à se damner), la forêt en arrière-plan, une réserve naturelle accolée. Le lieu fleure le calme, la sérénité, et les minutes semblent définitivement avoir cessé de s’écouler. Le bouquet d’arbres couvre les bruits environnants, ne laissant transpercer que les sons de la nature (et le bourdonnement des moustiques , haha!)… Pour une reconnexion totale, nous avons séjourné dans une cabane Robinson, dépourvue d’électricité (ce qu’Aymeric a moins apprécié, haha !). L’éclairage se faisait à la bougie^^ ! Il n’a pour le coup pas été nécessaire, nous avons passé cette longue soirée d’été dehors autour du feu… Nous avions en effet commandé un Panier Barbecue comprenant tout le nécessaire pour allumer un feu et se restaurer, avec un festin digne de ce nom. Entre légumes, viande locale, marshmallows, petites pommes de terre, fruits… Autant vous dire que nous ne nous sommes pas laissés dépérir. Les cabanes , nichées au milieu de la forêt en bord des étangs, sont magnifiques. La décoration intérieure, arrangée avec goût, l’est tout autant. Tout est tout bonnement parfait !
La Cité des Bateliers est un lieu qui mérite d'être découvert. Elle retrace l'histoire des bateliers, ces voyageurs itinérants qui ont marqué le transport de marchandises en France au XXe siècle.
Il y a quelques semaines encore, j’ignorais l’existence de la Cité des Bateliers, qui a été l’un de mes coups de cœur du week-end et gagne à être plus connue. Fille de marin, j’avais quelques bases sur le métier des bateliers, ces voyageurs itinérants d’une autre époque, qui, du haut de leurs péniches aménagées, ont marqué le transport de marchandises en France au XXe siècle, avant l’avènement de moyens de transports plus rapides, répondant aux exigences d’une société toujours plus exigeante, toujours plus pressée. Les berges colorées de la Cité des Bateliers, sur lesquelles sont amarrées quelques péniches, donnent accès au musée éponyme. Celui-ci se découpe en plusieurs parties, nous présente le fonctionnement des écluses et nous donne quelques détails techniques sur les péniches qui y naviguent. Le batelier passe ainsi sa vie au fil de l’eau, à naviguer de canal en canal, avec pour seul horizon, des berges enherbées et des écluses à traverser. Plus qu’un emploi, un maigre gagne-pain, le métier de batelier est une passion, un mode de vie lent, prenant, marginal, unique en son genre. On ne devient pas batelier, on naît batelier… car clairement, la vocation se transmet de père en fils /fille. Les vidéos -très touchantes- présentées dans le musée nous cependant donnent une petite idée de l’activité qui animait autrefois le villages et les berges de l’Oise, haut-lieu de passage du transport fluvial en France . La visite se termine sur une péniche Freycinet remarquablement conservée, qui permet de mieux se figurer la vie de ces mariniers. Pour résumer, le monde de la batellerie n’est pas connu de tous , loin de là. Il a pourtant marqué l’histoire de notre région et de notre pays, et gagnerait à être plus mis en avant !
Depuis la Cité des Bateliers, il est possible d'embarquer sur le bateau l'Escapade, qui vogue au fil de l'Oise entre Noyon et Compiègne. La croisière est sympathique, calme et reposante, d'autant plus que la motorisation électrique du bateau est silencieuse; et permet de clore le week-end sur une note douce et bucolique!
À la Ferme du Moulin, François et Thomas Defossé ont troqué leur troupeau de Holstein pour des Montbéliardes. Leurs fromages et leurs yaourts enracinés en Picardie, ont comme un petit écho venu des montagnes. François a rapporté du Jura bien plus que des souvenirs de grand air : il en a ramené le goût de l’excellence et la passion pour des produits de qualité.
Huitième génération d’éleveurs, il ressent le besoin d’innover, même dans ce coin du Noyonnais balayé en permanence par le vent, qui a d’ailleurs donné son nom à l’exploitation, la SCEA des 4 Vents. « Il y a 20 ans, je suis parti me former au métier de fromager à l’École nationale des industries laitières et de la viande à Poligny, dans le Jura (ENILbio Poligny). J’y suis resté trois ans et j’ai travaillé en fruitière[1] pour acquérir un vrai savoir-faire. »
Pourtant, ce sont bel et bien des fromages typiquement picards que François fabrique chaque jour dans son atelier, où six personnes sont employées. « J’ai tout de suite commencé à produire du Rollot, un fromage historique de Picardie, cousin du Maroilles, » raconte François. Originaire de Rollot, dans la Somme, près de Montdidier, ce fromage à pâte molle et croûte lavée avait presque disparu au début des années 2000. Selon la légende, même Louis XIV aurait été séduit par son goût. Aujourd’hui, les producteurs fermiers de Rollot en Picardie sont extrêmement rares. « Ils ne sont plus que quatre ». Outre le Rollot, François a lancé deux autres spécialités : le Petit Noyonnais, un fromage inspiré du Saint-Marcellin, et une création plus audacieuse, une tomme au fenugrec. « Nous cultivons le fenugrec directement sur la ferme, quand le climat le permet ! » ajoute-t-il avec fierté. Sans compter la gamme de yaourts dont profitent de nombreux écoliers des Hauts-de-France et de la région parisienne.
Le Noyonnais, au cœur de la Picardie, se distingue par sa géographie diversifiée, alternant entre collines boisées, prairies, champs cultivés, et vallées. Les forêts foisonnantes et les vestiges historiques témoignent de son riche passé.
Dans la vallée de l'Oise et le long du canal du Nord, le terroir présente un sol sablo-limoneux et un microclimat relativement abrité qui en ont fait, dès le 19ème siècle, une terre de prédilection pour le maraîchage et plus spécifiquement pour les petits fruits rouges.
Grâce à l'arrivée du chemin de fer, le Noyonnais est devenu le jardin fruitier approvisionnant les halles de Paris et même l'Angleterre, faisant de la culture de la cerise, de la fraise et du cassis une véritable industrie locale. L'importance économique des fruits rouges fut telle qu'un véritable rituel boursier s'était instauré à Noyon. Chaque soir en saison, le prix des fruits était fixé officiellement sur la place de l'Hôtel de Ville, à la manière d'une bourse aux valeurs, avant le départ des trains pour Londres ou Paris.
Les stars du terroir sont donc les fruits rouges, dont les framboises, qui se dégustent frais ou transformés en confitures, sirops et pâtes de fruits.
Les fruits rouges, emblèmes du terroir noyonnais.
Noviomagus = le nouveau marché ou la ville nouvelle, est cité pour la première fois comme une station sur la route Reims-Amiens, dans l’itinéraire d’Antonin établi au cours du IIIème siècle après J.-C. La ville ne semble pas antérieure à l'époque Gallo-romaine. Elle est créée au 1er siècle après J.-C.
La Révolution Française transforme profondément Noyon, qui perd son prestigieux statut de cité épiscopale. L’évêché est regroupé avec celles de Senlis et de Beauvais où siège le nouvel évêque. Au XIXème siècle, de nouvelles infrastructures sont créées comme le canal latéral à l’Oise et la ligne de chemin de fer inaugurée en 1849 par le futur empereur Napoléon III, Charles Louis Napoléon Bonaparte (1808/1873).
Noyon a vu naître ou a été marquée par de nombreuses personnalités, parmi lesquelles:
Le Mont Renaud se dresse au Sud de la ville sur la route de Paris. Cette butte est occupée depuis le XIVème siècle par une chartreuse, dont une partie est transformée en château en 1810 par M. Boileau de Moulaville. Elle devient durant la Première Guerre Mondiale un point stratégique, théâtre de violents combats.
La première mention d’une maison de ville date de 1292 et elle se situe à la place de l’actuel hôtel de ville. La façade occidentale est richement ornée de bandeaux entre le rez-de-chaussée et l’étage ou se mêlent des animaux domestiques et sauvages dans une verdure foisonnante de choux frisés et de grappes de raisin, thème courant dans les enluminures et les tapisseries de l’époque. Le premier étage est scandé par une série de neuf niches comportant les statues des 9 preux, symboles de l’esprit chevaleresque médiéval, choisis dans les 3 lois (païenne, juive, chrétienne) : Hector, Alexandre et César ; Josué, David et Judas Macchabé ; Arthur, Charlemagne et Godefroy de Bouillon.
Prestigieux manuscrit de l’époque carolingienne, l’évangéliaire de Morienval est réalisé au IXème siècle, à l’abbaye de Hautvillers, dans la vallée de la Marne. Conservé à l’abbaye de Morienval depuis le XIIème siècle, il est acheté par la Fabrique de la cathédrale de Noyon en 1868, au hasard d’une visite chez un antiquaire-brocanteur, à Compiègne.
Une maison est attestée dès 1388 à l’enseigne du Grand Treillis, nom provenant des grilles entrelacées qui protégeaient les fenêtres à l'époque.
| Fromage | Description | Origine/Inspiration |
|---|---|---|
| Rollot | Fromage à pâte molle et croûte lavée | Rollot, Somme (Picardie) |
| Petit Noyonnais | Fromage inspiré du Saint-Marcellin | Noyon (Picardie) |
| Tomme au fenugrec | Tomme avec fenugrec cultivé sur la ferme | Création originale |
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