La Consommation de Viande de Cheval en France : Une Tradition en Déclin

La consommation de viande de cheval en France est une tradition culinaire qui remonte à plusieurs siècles. Cependant, elle ne cesse de reculer d'année en année. Marqueur culturel dans certaines régions françaises, comme le Nord et la Picardie, la viande chevaline n'est plus une option largement répandue.

Un Déclin Constant

En 2022, le cheval ne représentait que 0,1% de la consommation totale de viande en tonnes équivalent carcasse, très loin derrière le porc (37,6%), le poulet (26,5%) ou le bœuf (26,1%), selon les données d'Agreste. En 2023, les achats de viande fraîche de cheval par les ménages se sont effondrés par rapport à 2022 (-21 %). Cette chute est bien plus importante que dans les autres filières : bœuf (-2,9 %), veau (-4,7 %), ovin (-2 %), porc (-3,3 %).

Selon FranceAgriMer, 3882 équidés ont été abattus en 2022, contre encore plus de 18.000 animaux en 2012. D'après l'Observatoire économique et social du cheval, en l'espace de dix ans, entre 1998 et 2018, cette consommation s'est littéralement effondrée de 75%. Rien que l'année suivante, entre 2018 et 2019, elle avait remis le couvert en baissant de 15%.

Les Raisons du Déclin

Plusieurs facteurs expliquent ce déclin :

  • Un effet générationnel : En 2019, les personnes de plus de 50 ans représentaient 80% des achats, d'après l'Institut français du cheval et de l'équitation (IFCE). La consommation de viande chevaline s'amoindrit à mesure que ses adeptes prennent de l'âge.
  • Des considérations éthiques : Les comportements alimentaires contemporains sont fortement influencés par des considérations éthiques et le respect du bien-être animal.
  • Une question de prix : En pleine période d’inflation, la viande de cheval est la plus chère du marché : 19,55 €/kg prix moyen d’achat en boucherie contre 16,93 € pour le bœuf, selon le rapport 2022 de l’Institut français du cheval et de l’équitation (Ifce).

Un Débat Relancé

Le débat autour de la viande de cheval ressurgit régulièrement en France. Dans un contexte de hausse de consommation de la viande par habitant en 2022, un rayon carné est en train de sortir complètement des assiettes des Français : la viande de cheval. Jugé tabou par certains consommateurs, il s'agit d'un choix en cours de disparition.

Nicolas Dupont-Aignan mobilise des artistes dans une tribune pour faire interdire la viande de cheval, rapporte Le Parisien. Le député, fondateur du parti Debout La France, a déposé une proposition de loi au début du mois de juillet pour faire reconnaître le cheval comme animal de compagnie, et non plus comme animal de rente. Un tel changement de statut mettrait un terme à la consommation de viande chevaline en France et à la fermeture des boucheries dédiées.

Proposition de loi de Nicolas Dupont-Aignan

Le 4 juillet 2023, l’ancien candidat à l’élection présidentielle et actuel député « Debout la France » Nicolas Dupont-Aignan a présenté une proposition de loi « visant à modifier le statut juridique du cheval, à en interdire l’abattage, le commerce et la consommation de viande sur l’ensemble du territoire français ».

Sur un plan parlementaire, la proposition de loi de Nicolas Dupont Aignan a peu de chance d’aboutir.

Enjeux Économiques et Environnementaux

En France, la tradition culinaire associée à la viande chevaline remonte à plusieurs siècles. La valorisation historique de cette viande tire son origine d'épisodes où la viande bovine était rare ou trop coûteuse. Néanmoins, le marché de niche reste attractif pour certains producteurs. Si la consommation de viande chevaline continue à décliner globalement, le marché demeure néanmoins pertinent pour certains segments spécifiques de consommateurs.

Rappelons tout d’abord que, dans certaines régions, du fait de conditions naturelles défavorables à la culture, l’élevage extensif est la seule activité agricole possible; c’est typiquement le cas des zones de montagne. Dans ces conditions, les animaux d’élevage ne sont pas en compétition avec l’homme puisqu’ils valorisent une ressource dont ce dernier ne peut se nourrir directement, l’herbe. Un intérêt environnemental, car le cheval contribue au maintien de systèmes herbagers permanents, en association ou non avec d’autres espèces bovines ou ovines.

Selon le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, la baisse des abattages de chevaux a ralenti en 2023. En tonnes-équivalent carcasse (tec), les abattages sont en effet en dessous de 1 000 tec, avec 991 tec. Ils étaient à 1 091 tec en 2022, 1 459 tec en 2021 et 2 525 en 2018.

La consommation de viande chevaline par bilan a encore baissé. Elle s’établit à 5 246 téc en 2023, contre 7 796 téc en 2022, et 8 992 téc en 2018.

Après deux années de baisse, les exportations de chevaux de boucherie s’affichent à la hausse. Elles concernent 5 447 têtes en 2023. L’Italie est toujours de loin notre principal client puisque 4 302 chevaux ont pris la direction de ce pays. Viennent ensuite l’Espagne avec 674 têtes et le Japon avec 344 têtes.

Les importations de viande ont légèrement augmenté en 2023. Elles s’élèvent à 2 506 tonnes. 45 % proviennent de l’Amérique du Sud (32 % de l’Uruguay et 13 % de l’Argentine). Le reste provient de la Roumanie (18 %) et de la Belgique (14 %).

Importations et Exportations de Viande Chevaline en France (en tonnes)

Année Importations Exportations
2018 N/A N/A
2022 7 090 N/A
2023 2 506 N/A

N/A: Données non disponibles dans le texte fourni.

Eric Vigoureux Boucher Chevalin 03 - Quel est l'avenir des bouchers chevalins

La Production Locale et les Alternatives

Pour lutter contre les importations, Emmanuel Perrin de l’Anctc veut parier sur la production française : « Nos élevages sont extensifs, avec de petits effectifs d’animaux dans les pâturages à l’hectare. Les chevaux paissent de bonnes prairies, la qualité des fourrages est supérieure. Il faut valoriser notre production. En mettant en place de véritables circuits courts notamment », suggère-t-il.

Welfarm indique ne pas être « favorable à une interdiction totale de la consommation et vente de viande de cheval en France. » « Notre rôle est de tout faire pour que les animaux de ferme soient bien traités. Pas de faire interdire la consommation de viande », souligne l’organisation.

Les Qualités Nutritionnelles de la Viande de Cheval

Si sa consommation fait débat, la viande de cheval est très intéressante sur le plan nutritionnel. Contrairement à certaines viandes rouges, elle est facile à digérer et idéale pour les personnes au régime ou souffrant d'hypertension artérielle.

La viande chevaline est-elle bonne pour la santé ? Oui ! C'est une viande particulièrement maigre et qui contient beaucoup de fer facilement assimilable par l'organisme (environ 4 mg/100 g), d'où sa teinte très rouge.

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