La Tivolienne, située dans le quartier de Tivoli à Fort-de-France, est une entreprise martiniquaise avec une histoire riche et un savoir-faire traditionnel. L'usine de torréfaction y est implantée depuis son ouverture en 1940. Le créateur est feu Édouard Damase Levert. A son menu, la confiture et le café.
Carte de la Martinique, où se situe La Tivolienne.
Entre la Martinique et le café, c'est une longue histoire, qui naît en Europe. Hervé Toussay, gérant de La Tivolienne, qui torréfie 200 tonnes par an, connaît bien l'aventure de Gabriel de Clieu qui, en 1720, s'embarque à Rochefort avec deux boutures de caféiers. Des siècles de production vont suivre.
Appelé dans les années 1990 pour moderniser l'entreprise, M. Toussay, alors directeur des affaires économiques au conseil régional, en prend la tête. Il voit tout de suite l'aubaine que représentent les fonds européens qui s'annoncent pour le programme 2000-2006. Son plan prévoit de renouveler l'outil de production, d'informatiser et d'installer un point de vente. Coût : 1,9 million d'euros. Il monte un dossier et obtient des subventions couvrant 50 % du total. Sans cette aide, c'était la disparition. La société ne respectait aucune norme.
La contribution de l'Europe passe par le respect d'un cahier des charges qui est régulièrement contrôlé. Un deuxième pari s'amorce : obtenir les mêmes engagements de Bruxelles pour le programme 2007-2008, afin de relancer l'activité confiture. Aujourd'hui, avec ses 17 salariés, La Tivolienne a gardé ses mêmes équipes formées à l'innovation, gage de revalorisation salariale. Chacun sait ce que l'Europe signifie.
L'usine fait venir ses emballages par container. Un par an, ce qui représente un million de paquets.
Le café vient principalement d’Afrique, « pour revenir à nos origines ». La matière première passe néanmoins par les ports français pour venir en Martinique.
La Tivolienne est spécialisée dans le café et la confiture.
Hervé Toussay est le gérant de l'usine « La Tivolienne », usine spécialisée dans la torréfaction du café. « Nous avons eu l'autorisation de continuer notre production car nous sommes dans le secteur de l’agroalimentaire », explique Hervé Toussay, le gérant. « Et c'est tant mieux car nous sortions d'une période difficile avec les grèves nationales et les gilets jaunes qui paralysaient les ports depuis la fin de l'année. Nous n'aurions pas pu résister à un second coup économique ! »
L'usine La Tivolienne fait venir sa matière première, le café, par container, ainsi que ses emballages. Sans cet approvisionnement régulier, l'usine ne peut tourner. Le professionnel reprend : « Nous torréfions quand même une tonne de café par jour. Nous avons été limité par notre matière première qui prenait de plus en plus de retard dans les ports. Alors aujourd'hui, nous avons pris la décision d'avoir un container d'avance, mais qui dit marchandise, dit aussi facture. Un container de café, c'est 45 000 euros. Une certaine trésorerie, alors nous sommes dans l'attente de la réponse de la banque pour savoir si elle va nous suivre ou pas.
La Tivolienne emploie 16 salariés. Tous ont répondu présent quand le gérant a demandé des volontaires pour poursuivre l'activité. « Nous n'avons même pas changé nos horaires de travail, 7h30-15h.
Oui, des terres, car la Tivolienne est également productrice de confiture dont les produits-phare sont : deux confitures (banane et goyave) et une gelée de goyave, bien connue dans le paysage martiniquais. « Pour les confitures, nous n'avons pas eu de problème de ravitaillement. Les bananes nous ont été livrées régulièrement et nous assurons nous-même la production de goyaves, avec nos vergers au Vauclin. »
L’entreprise, avec le blocage des ports français, n'avait donc pas de stock. « Lors des premiers jours du confinement, les consommateurs se sont rués pour faire du stock que nous n'avions pas ! Aujourd'hui, nous avons pu approvisionner les magasins et oui, nous vendons un peu plus que d'habitude. Mais nous sommes conscients qu'après le confinement, les ventes ralentiront puisque les consommateurs auront du stock chez eux. Quand on fera le bilan de l'année, nous n'aurons en fait pas vendu plus. »
Monsieur Toussay sourit : « Nous avons dû comme toutes les entreprises évaluer les risques. Chez nous, tous les postes sont éloignés les uns des autres et comme nous n'avons pas de visiteurs, les risques pour l'usine étaient quasi nuls. Il n'a pas fallu de grands aménagements ». En revanche, le groupe a fermé le magasin en centre-ville car c'était plus compliqué de recevoir de la clientèle et comme les commerces du centre-ville étaient fermés, il n'était pas judicieux de rester ouvert. La salariée de la boutique a été mise en chômage technique, la seule de l'entreprise.
« Pour cette catégorie, nous n'avons pas été originaux, nous avons suivi ce que toutes les entreprises proposent : du gel hydroalcoolique, des masques et des gants ». Et de poursuivre : « Pour nos salariés-agriculteurs, c’est comme à l'usine. Ils sont 3 sur une surface de 17 hectares. Il n'y a aucune possibilité de transmission du virus ».
Que dire en conclusion sinon que cette société - dans la catégorie des PME, petites et moyennes entreprises - n'aurait pas pu résister à la fermeture, même temporaire, si elle avait été dans un autre secteur que celui de l'agroalimentaire... Sa trésorerie ne lui permettant pas d'accuser deux mois sans entrée d'argent.
Notons pour finir que La Tivolienne a participé à l'effort social en offrant du café et des confitures à divers associations pour les personnes nécessiteuses et pour les actions sociales des mairies.
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