L'Atelier du Chocolat: Une Histoire de Passion et de Tradition à Bayonne

L’Atelier du Chocolat, c’est avant tout un savoir-faire artisanal précieux au service du goût et de la créativité. C’est à Bayonne, capitale française du Chocolat, que nos chocolatiers et chocolatières peaufinent leurs recettes. L’Atelier du Chocolat est une aventure qui démarre en 1951 à Bayonne, première ville chocolatière de France.

Joseph et Madeleine Andrieu créent une boutique de pâtisserie-chocolaterie. Leur fils Serge et sa femme Marie-Pierre reprennent le flambeau et créent en 1995 le célèbre Bouquet de Chocolat® et les Ateliers-Boutiques, concept unique dans le monde des chocolatiers. Depuis trois générations, le chocolat rythme son quotidien.

En cette année 2021, la maison Andrieu fête les 70 ans de l’Atelier du Chocolat, qui figure parmi les chocolatiers historiques bayonnais et membre de l’Académie du chocolat de Bayonne. « Mes grands-parents, Joseph et Madeleine Andrieu, ont ouvert leur pâtisserie chocolaterie au 33, boulevard Alsace-Lorraine, dans le quartier Saint-Esprit à Bayonne, en 1951, raconte Nelly Andrieu, à la tête de l’entreprise familiale depuis fin 2019. Mon père, Serge, sortait de la première promotion de l’école Lenôtre. »

Moderne et visionnaire, Serge Andrieu conçoit également le logo de la pâtisserie familiale avant de mettre au point, en 1995, la spécialité aujourd’hui la plus connue de l’Atelier du Chocolat : le Bouquet de Chocolat. « Il a eu l’idée en voyant les compressions de véhicules de César. Il recherchait cet effet métallique sur le chocolat, détaille Nelly Andrieu. Mettre des morceaux de chocolat en bouquet, c’était très novateur. Aujourd’hui encore, le Bouquet de Chocolat, aux feuilles déclinées en noir, lait et blanc et 33 saveurs, reste au centre du modèle du chocolatier.

Le Bouquet de Chocolat, spécialité de L'Atelier du Chocolat.

Depuis, nos chocolatiers perpétuent la tradition et s’adonnent, chaque jour, à l’art du tablage pour fabriquer toujours artisanalement les fines feuilles de chocolat 100 % pur beurre de cacao qui composent le légendaire Bouquet de Chocolat®. L’Atelier du Chocolat est le seul chocolatier en France à s’adonner à l’art du tablage. Chaque matin, le légendaire Bouquet de Chocolat® prend vie devant les yeux gourmands des passants.

Dans leurs écrins aux effluves chocolatés, nos franchisés sont les réels artisans de nos gourmandises. La passion pour le chocolat est au cœur de notre histoire. L’Atelier du chocolat célèbre ses 70 ans d’existence en ce mois d’octobre 2021. Portés par « la richesse de cet héritage », Nelly Andrieu et ses équipes ont décidé de marquer les 70 ans de la maison Andrieu en lançant, en ce mois d’octobre 2021, une « collection particulière et limitée, aux couleurs et parfums d’origine ».

« Nous avons voulu souligner ce trait d’union entre le pâtissier et le chocolatier avec la remise en production du Bizchocoa, notre gâteau basque au chocolat avec une ganache chocolat, qui a été longtemps un marqueur de l’Atelier du chocolat, complète la dirigeante. Le 33, boulevard Alsace-Lorraine est toujours une boutique de l’Atelier du chocolat mais en sept décennies, la chocolaterie a essaimé à travers l’Hexagone. Elle compte désormais 30 boutiques en propre et trois franchisées.

Les étapes de fabrication du Chocolat à la Manufacture

« Le musée a été ouvert en 2006. Mon père l’avait pensé autour des ateliers de fabrication pour permettre aux visiteurs de comprendre comment était fabriqué le chocolat, rapporte Nelly Andrieu. Cet été 2021, le Musée du chocolat a enregistré 15 000 entrées grâce à une météo capricieuse propice aux visites. Une embellie pour le chocolatier, qui comme ses confrères, avait subi les répercussions des deux confinements de 2020 et du printemps 2021. « On est passé par une période de montagnes russes, se remémore Nelly Andrieu. Puis, on s’est ajusté, on a gagné en agilité. Et les clients sont revenus. Quoi de plus merveilleux que d’offrir - ou de s’offrir - du chocolat ?

Une récente visite au Pays basque a confirmé qu’aujourd’hui, plus que jamais, Bayonne est une ville dédiée au chocolat ! Au pays des pelotari et de la chistera , le quartier St-Esprit de Bayonne, situé sur la rive droite de l’Adour, ne constitue pas uniquement le lieu incontournable du street-art avec de nombreuses galeries. St-Esprit a été l’authentique berceau de la fabrication du chocolat bayonnais, faisant désormais partie du patrimoine historique et gastronomique de la ville.

Bayonne, ville du chocolat.

C’est ici que sont arrivées les premières fèves de chocolat par l’intermédiaire des juifs marranes, réfugiés au Pays basque au 16è siècle lors de l’inquisition espagnole. Bayonne restera historiquement la première ville de France à produire du chocolat par l’intermédiaire de ces commerçants surnommés les « Faiseurs de chocolat ». Ils développèrent une typicité gustative très particulière avec un goût plus cacaoté que sucré dans la fabrication du chocolat.

Cette communauté avait su entretenir des contacts commerciaux avec le Nouveau Monde par l’intermédiaire des colonies espagnoles d’Amérique et d’Hernán Cortés ( en 1528). Historiquement ces fèves constituaient une monnaie d’échange pour les Mayas qui faisaient du chocolat très amer et pimenté à but thérapeutique. Ces derniers l’utilisaient également comme breuvage rituel, symbole de volupté et d’abondance, en l’associaient aux offrandes funéraires des hauts dignitaires.

Ce chocolat ne fut pas immédiatement apprécié par les Européens. Les religieuses de la ville de Oaxaca au Mexique, l’adaptèrent au goût européen en l’adoucissant avec du miel, du sucre de canne ou en l’aromatisant avec du musc et de l’eau de fleur d’oranger. Cette nouvelle recette plut beaucoup et ne tarda pas à arriver à la Cour d’Espagne transitant ensuite par Saint-Jean-de-Luz à l’occasion du mariage de l’Infante Marie-Thérèse d’Espagne et de Louis XIV avant d’arriver à Bayonne.

L’Infante Marie-Thérèse d’Espagne avait propagé la mode du chocolat chaud à boire à la Cour d’Espagne et la transmis ensuite à la Cour de France. C’est en 1670 que le mot “chocolat ” apparaît pour la première fois “officiellement” dans les archives de la ville de Bayonne. Les fèves de cacao arrivaient par voie fluviale à Bayonne, accostant dans la rue du Port, où se trouvent encore bon nombre de chocolatiers.

L’Hôtel des Douanes, sous le second empire, se trouvait au cœur de l’activité portuaire assurée par la marine à voile pour, notamment, les importations de café et de la fève de cacao, devenue l’emblème du chocolat bayonnais. Des recherches dans les archives ont statué que les fèves de cacao transitaient également par les collines basques, ce qui laisse croire à l’existence d’un marché parallèle.

Historiquement, le travail du chocolat se fait aujourd’hui comme précédemment avec du matériel de fabrication en constante évolution. L’Académie du chocolat de Bayonne, créée en 1993, a fait reproduire une sculpture de métate en marbre, une pierre à chocolat utilisée autrefois pour transformer les fèves de cacao en pâte. Les fèves se trouvent à l’intérieur de la cabosse du cacao dont elles sont extraites pour être ensuite séchées et fermentées, torréfiées et écrasées sur le métate.

Celui-ci a été préalablement chauffé avec des braises de charbon de bois. La pâte de cacao est ainsi produite par écrasement avec un énorme rouleau sur ce métate préchauffé. Le chocolat proprement dit sera fait en rajoutant ensuite divers ingrédients dont le sucre et la pâte de cacao. Dès 1850 le processus d’écrasement sera industrialisé grâce à la force hydraulique et à l’électricité comptant plus de 58 chocolatiers dans la capitale du chocolat.

Le chocolat de Bayonne a des caractéristiques bien précises: il est plus intense, plus amer et peu sucré. Il lui faut, à minima, un mélange de 2 origines de fèves provenant d’Amérique du sud et centrale. Il existe une grande variété de recettes de chocolat « à la Bayonnaise ».

L’Académie du chocolat de Bayonne existe depuis 31 ans et regroupe amateurs et professionnels dont 6 chocolatiers fondateurs. Pour être membre en tant que chocolatier il faut impérativement avoir un laboratoire à Bayonne. Les 6 membres fondateurs actuels sont les maisons Cazenave (1854), Daranatz (1890), Monsieur Txokolat, Paries (1895), l’Atelier du chocolat et Chocolat Pascal.

Le 23 août 1691, une ordonnance fut publiée, interdisant aux Juifs portugais de Saint-Esprit d’établir des commerces et chocolateries à Bayonne. En effet, l’édit de Louis XIV en 1656, autorisant les « marchands portugais » à s’installer en France et à y commercer, sera renouvelé chaque année jusqu’à la Révolution. A Bayonne, ces marchands devaient se cantonner à la fabrication du chocolat.

A cette époque, les juifs « portugais » avaient le droit de venir travailler en ville dès le lever du jour et devaient quitter Bayonne » intra muros » à la tombée de la nuit pour retraverser le pont St Esprit . La Guilde de la Corporation des Chocolatiers sera officiellement institutionnalisée au 18è siècle (1761), « dans le but de perfectionner le métier « .

La créativité est également très présente dans l’utilisation et la fabrication du chocolat au Pays basque. Certaines maisons comme Pariès et Daranatz sont des couverturiers: leurs chocolats sont importés de différents pays et sont assemblés pour trouver une typicité de goût. Alors qu ‘avec le travail de la fève de cacao, différents arômes et goûts seront développés selon le temps de conchage.

L’étape du conchage est cruciale dans le processus de fabrication. Ce procédé tire son nom de la conche, l’appareil utilisé pour cette opération. La machine va brasser de façon mécanique les fèves de chocolat durant 24 à 72 heures. Cette méthode dans la fabrication du chocolat a été inventée de façon inattendue au 19è siècle siècle. À la suite d’une erreur d’attention d’un chocolatier, qui oublia d’éteindre son broyeur de fèves de cacao, il en résultat une pâte lisse et onctueuse.

L’étape du conchage était née et continue à être pratiquée de nos jours. Cela permet à la matière grasse contenue dans les fèves de cacao de s’extraire. » Daranatz et les chocolatiers couverturiers de manière générale, cherchent le goût d’un chocolat pour l’assembler avec un autre goût.

Au Fil des Lieux a pu découvrir les utilisations du chocolat sous ses multiples formes. Nous vous recommandons le très rafraîchissant jus de cacao, extrait directement de la pulpe, de la maison Monsieur Txocola. La pulpe blanche contenue dans la cabosse de cacao et qui entoure la fève, une fois pressée, libère des notes de litchee et de fruits exotiques. Cette utilisation provient des cultivateurs de cacaoyers d’Équateur, pays où l’on consomme ce jus consécutivement au pressage du mucilage.

Le Maître vinaigrier, Jean-Philippe Lanouguère de la vinaigrerie Saint-Jacques de Mauléon, propose un étonnant vinaigre de cacao dans sa cave. Il a été médaillé d’or mondial. On peut découvrir sur son site de nombreuses recettes élaborées avec ses différentes saveurs de vinaigres.

La Maison Pariès, quant à elle, vous adresse plein de Muxu ( « bisou » en basque) sous la forme de jolis Mouchous® aux saveurs exquises de chocolat, noisette ou encore pistache. Le Mouchou (Muxu) est le descendant direct du macaron de Saint-Jean-de-Luz, uniquement composé de blancs d’œufs, de sucre et d’amandes.

La chocolaterie Puyodebat mérite également une incursion car elle constitue un véritable cabinet de curiosités, présentant, entre autres, une très belle collection de tasses à chocolat conçues pour les messieurs arborant une moustache! C’est dans le village de La Bastide-Clairence, parsemé de jolies maisons de style labourdin aux colombages peints en rouge ou vert, qu’est nichée La Fabrique de Chocolat dans un ancien moulin à farine du 14è siècle, surplombant les eaux turbulentes de l’Aran.

Le moulin fut acheté en 1898 par Jules Auzi , ingénieur en mécanique. Il implantera une turbine alimentant en électricité tout le village ainsi que les machines d’une chocolaterie. Gabriel Auzi a grandi ici dans la maison de ses grands-parents où il habite maintenant avec sa compagne Anaïs. Ils ont tous deux eu le projet fou de restaurer le patrimoine industriel du lieu où ils ont retrouvé des machines traditionnelles faisant partie intégrante d’une ancienne chocolaterie établie en 1903 à La Bastide-Clairence.

» Nous avons été formés, ma compagne et moi, par le Maitre chocolatier Stéphane Bonnat, localisé à Voiron en Isère ainsi que par 4 autres chocolatiers proposant exclusivement de la fève de cacao. Nous sommes en train de reconstituer la fabrique de mon aïeul avec d’anciennes machines que mon frère, ingénieur en mécanique, a restauré lui-même dans le but de les remettre en route. Ici vous verrez toute la chaîne de transformation du cacao en démarrant avec la fève de cacao crue que l’on torréfie suivie du moulage et de l’utilisation d’ une plieuse automatique pour l’emballage.

Nous avons passé 3 mois à les démonter et à les rapporter ici. La chaîne de fabrication complète du chocolat du début du siècle dernier n’existe plus en France, on ne la trouve qu’ici. On a racheté le moulin il y a 10 ans pour le restaurer et le remettre en route. Il menaçait de s’effondrer car il y avait un problème au niveau des fondations.

Il ne restait plus rien de la chocolaterie, hormis les souvenirs de mon grand-père qui m’évoquait la chocolaterie du temps de son grand-père avec ses moules et ses emballages. Il avait entendu parler de cette chocolaterie mais il ne restait déjà plus rien à son époque. On s’est lancé dans des recherches en faisant appel à un généalogiste et on a tout retrouvé le papier d’emballage original à l’abbaye de Bellocq où un moine octogénaire nous l’a ressorti de ses archives. Il nous a également remis des recettes de chocolat datant de 1880.

Nous avons récupéré par la suite le moule original, le dépôt de marque et une médaille d’or. En 2014, Claire Noblia, la descendante d’une famille de chocolatiers à Cambo-les-Bains, nous a confié des machines rouillées conservées dans un dépôt . Nous avons passé 3 mois avec mon père et mon frère à les mettre en pièces détachées puis à les remonter sans savoir à quoi elles servaient. Aucun chocolatier du coin ne pouvait m’apporter de réponse, ne travaillant pas la fève de cacao.

Anaïs et moi, avons retrouvé un catalogue de 1900 et on s’est rendu compte que c’était des machines pour travailler le cacao. Par la suite nous avons rencontré Willy Ferrier, chocolatier chez Camayos, une maison valorisant les fèves d’un village au Cameroun et qui travaille de façon éthique de l’arbre à la tablette.

Par la suite Stéphane Bonnat , Maître chocolatier en Isère, a découvert nos machines et nous a confirmé qu’elles n’existaient plus nulle part ailleurs Il nous a fortement encouragé à restaurer ce patrimoine et surtout à relancer la fabrication du chocolat. Je lui ai précisé que nous n’étions pas chocolatiers et il nous a répondu qu’il fallait impérativement qu’on le devienne!. Anaïs a quitté son métier d’esthéticienne il y a 3 ans et moi je poursuis mon activité d’ ingénieur dans la mécanique.

» Il y a 10 étapes pour passer de la fève crue aux tablettes emballées. Aujourd’hui je réalise les 5 premières étapes dédiées à la transformation du cacao avec les mêmes machines traditionnelles qu’ici chez Stéphane Bonnat pendant 3 ans le temps que je me forme. La torréfaction ne s’apprend pas dans les livres mais au palais.

Je rentre ensuite au moulin avec des blocs de chocolat et Anaïs finit les 5 dernières étapes au laboratoire ici: elle refond le chocolat, le tempère et le coule en tablettes ou en bonbons. Nous voulons intégrer dans l’avenir un maximum de machines anciennes alimentées par l’énergie propre fournie par l’eau du moulin pour faire notre chocolat et notre tablette Auzi, à partir de la recette de 1903.

La Fabrique de Chocolat nous plonge dans un univers digne de Willy Wonka où l’on a envie de goûter au chocolat sous toutes ses formes. 1 000 ans av. J.-C., les fèves de cacao, très précieuses, étaient déjà utilisées comme monnaie d’échange pour notamment du troc, en Amérique centrale.

Au Belize par exemple, les archéologues ont découvert des résidus de cacao dans des poteries, ce qui prouve l’existence d’une consommation de chocolat depuis la nuit des temps. C’est le célèbre livre Popol Vuh, livre de la Genèse Maya, qui attribue la découverte du chocolat à des dieux.

Pour ses valeurs pures et divines, la boisson issue de la fève de cacao était utilisée à des fins thérapeutiques ou bien religieuses. C’est ensuite, vers 1300 après J.-C., que les Aztèques ont fait évoluer le statut du chocolat en l’associant à Xochiquetzal, qui était la déesse de la fertilité. Cette boisson alors appelée xocoatl, était très amère et pimentée.

A l’origine, le chocolat, consommé surtout pour combattre la fatigue, était prisé des nobles et des guerriers. En 1585, les espagnols ramènent du chocolat de leur voyage sur le vieux continent. Jusque-là, alors qu’il n’était réservé qu’à l’usage exclusif de la cour et des soldats, le cacao devient plus populaire. Il fallut attendre 1615, pour que la boisson chocolatée y fasse son apparition !

C’est la fille de Louis Philippe II d’Espagne, Anne d’Autriche, qui lors de son mariage avec Louis XIII, a fait connaître le chocolat à la cour française. Au XVIIIe siècle, le chocolat était encore un produit de luxe. Pour s’offrir 1 kilo de chocolat, un ouvrier devait fournir 4 jours de salaire ! Un siècle plus tard, en 1815, la première usine Van Houtten était construite.

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