Le "Pain" : Un Jeu de Mots Tendance sur les Réseaux Sociaux

Sur les réseaux sociaux, le pain a pris un double sens. Aujourd’hui, on l’utilise pour parler d’une personne que l’on drague. Mais d’où vient cette expression ?

L’Influence de la Côte d’Ivoire

En Côte d’Ivoire, le mot « pain » ne désigne pas seulement l’aliment. À l’origine, le pain qualifiait un homme beau, on disait de lui qu’il était craquant, comme une baguette qui sort du four, elle est alors craquante. Avec le temps, le mot est entré dans le vocabulaire courant pour parler d’amour et de drague.

Ce terme utilisé par les jeunes vient du nouchi, un argot né dans le pays qui mélange du français avec plusieurs langues africaines. Les Ivoiriens utilisent donc aujourd’hui cette expression pour parler d’un « joli garçon » ou d’une « jolie fille » ou d’un ou une « petite amie ». Aujourd’hui, il existe même un site de rencontres ivoirien « mon pain ».

Le "Pain" : un coup de cœur pour une personne

Oubliez la baguette. Dans la bouche des jeunes, le "pain" n’a rien à voir avec la boulangerie… du moins au sens premier. Le terme vient du nouchi ivoirien, un argot né à Abidjan mêlant français et langues locales, où il signifie "petit ami".

"Il y avait des pains" devient ainsi une façon de dire qu’on a croisé plusieurs personnes attirantes. Sur les réseaux sociaux français, le mot a même donné naissance à un néologisme : la "boulangerie", un lieu où l’on rencontre plusieurs "pains". Quand "la boulangerie est ouverte", comprenez que la personne est célibataire et ouverte à l'amour.

Comment Communiquer Entre Générations ?

Pendant les repas de famille, il est parfois difficile pour les parents ou les grands-parents de comprendre les dernières expressions employées par les plus jeunes autour de la table. Et le vocabulaire de la Gen Z - les personnes nées de 1995 à 2010 - et de la Gen Alpha - nées entre 2010 et 2020 - est déjà foisonnant. En 2025, ces mots dépassent le simple effet de mode. Ils reflètent des influences culturelles variées, une créativité linguistique débordante, et une génération qui forge son propre langage… laissant parfois certains un peu perdus.

Exemples d'expressions de la Gen Z et Gen Alpha

Citons quelques exemples :

  • "opps" désigne un ennemi, abréviation de "opponents" en anglais.
  • Un "banger" qualifie quelque chose d'excellent, comme dans "ce son est un banger".
  • La "D.A." fait référence à la "direction artistique", empruntée au jargon de la communication.
  • "Goumin" : le chagrin amoureux intense. Dire qu'on est "en goumin" correspond au fait de traverser un chagrin d’amour. Là encore, l’expression est empruntée au nouchi ivoirien et s’est imposée dans les confidences sentimentales des internautes sur les réseaux sociaux.
  • "Doro" : une façon de parler de sexualité sans détour. Issu du bambara, langue nationale au Mali, le verbe "doro" signifie à l’origine "pénis" ou "acte sexuel". Depuis, le mot s’est diffusé dans son sens premier : faire l’amour. La génération Z l’emploie pour parler de sexualité sans détour, souvent avec beaucoup d'humour.
  • "Boss Lady" : un gage de réussite. Ce terme anglais, signifiant littéralement "femme-cheffe" en français, a été popularisé par la chanteuse Théodora. "Une Boss Lady c'est une femme qui s'accroche à ses idéaux", a résumé l'artiste sur Clique TV, ajoutant qu'il s'agit d'"aller au bout de ses idées, même si tout le monde pense que ça marchera pas".
  • "Performative male" : un homme soupçonné de militantisme superficiel. Ce qui est reproché aux hommes "performatifs", ce n'est pas leur bonne volonté, mais leur vertu ostentatoire. Leur sincérité est mise en doute, surtout lorsqu'ils utilisent leur "engagement militant" pour séduire.
  • "La France de Macron" : une expression pour dénoncer la crise. L'expression "C'est la France de Macron" est souvent utilisée pour exprimer sa frustration face à des désagréments du quotidien, à commencer par le coût de la vie.
  • "C'est carré" : une manière d'exprimer son approbation. Selon le contexte, elle peut signifier "c’est nickel" ou "c'est parfait, je valide". Cette expression est devenue très courante … au point de faire son entrée dans l’édition 2026 du Petit Robert.
  • "C'est ok" : le positivisme à toute épreuve. Popularisée sur les réseaux sociaux, cette expression est désormais utilisée abondamment, et détournée. "C'est ok" sert de mantra pour relativiser.
  • "Connaître son karaté" : un moyen de signifier son expertise. L'expression provient, une fois de plus, d'une musique, plus particulièrement du titre du rappeur MHD Kata sorti en septembre 2024.
  • "Être mondial" ou sa variante "la mondialité" : un succès un peu trop commun ? Elle désigne quelqu’un ou quelque chose qui a du succès partout, mais avec une connotation négative.
  • "T'as tout whippin" : l'art de "tout mélanger". Elle est souvent employée pour indiquer que quelqu'un a tout confondu, créant un amalgame absurde et incohérent.

Les Jeux de Mots des Boulangers

On connait tous les jeux de mots de coiffeurs, et on pensait qu’ils étaient les pires avec les jeux de mots de tatoueurs. Pourtant, il existe un autre corps de métier qui pratique des jeux de mots de manière aussi lourde : les boulangers (oui, oui, même dans les meilleures boulangeries de France).

Exemples de Jeux de Mots de Boulangers

  1. *TUIUIUIUIUIU* Oui allô ? Le commentaire du jury : Un grand classique pas hyper original.
  2. Quel genre d’ami vendrait ses amis ?
  3. C’est le niveau supérieur des blagues sur le compositeur.
  4. J’ai vérifié et il y a bien un projet de boulangerie avec ce nom. Est-ce qu’on remercie le Covid-19 pour ça ?
  5. Oui oui, il y a bien « & pâtes & vous » sur la vitrine, vous ne rêvez pas.
  6. La vraie boulangerie des mecs musclés.

Expressions et Histoire du Pain

Le pain a une longue histoire et est présent dans de nombreuses expressions françaises. Voici quelques exemples :

  • Amandes de pain d'épices : dents noires et rares.
  • Bagel : petit pain rond avec un trou au centre inventé en 1683 par un boulanger pour remercier le roi de Pologne d'avoir chassé les Turcs d'Autriche.
  • Bénéton : panier sans anse, en bois, garni de toile à l'intérieur dans lequel, le paysan grossissait son levain la veille de la cuisson pour l'apporter au four.
  • Bête à pain : homme bon et simple. Mot à mot : bon comme du bon pain.
  • Boulange : (ancien français) produit obtenu après broyage du blé au moulin.
  • Boulanger : le diable. Sans doute, parce qu'il est noir comme un four.
  • Boulanger des âmes : Le diable.
  • Boulengier : Boulanger. (ancien français) : avant le XIIème siècle, le mot "boulanger" n'existait pas -dérivé du picard "boulenc" ("qui fabrique des pains en boule"), il est entré dans l'usage au XVème siècle.
  • Brie (pain) : pain à la pâte ferme fabriqué avec une farine très blanche.
  • Chanoinesse : petit pain d'épice rond fabriqué à l'origine dans les couvents de religieuses.
  • Chapelet (pain) :. Fabriqué par les boulangers forains établis à Gonesse, il sera connu sous le nom de pain de Gonesse.
  • Chiffon de pain : morceau de pain coupé.
  • Copain : compagnon d'études. Celui avec qui, on partageait son pain, - cum pane. Ancien nominatif de compagnon.
  • Echantillon/Souche : la comptabilité de chaque client comportait deux tailles: deux planchettes longilignes, en bois blanc, établies à son nom, l'une appelée l'échantillon qui lui était réservée, l'autre, la souche, que conservait le boulanger.
  • Geindre/Gendre/Gindre : troisième étape des quatre années d'apprentissage nécessaires à un garçon pour devenir boulanger.
  • Gonesse (pain de) : sorte de pain supérieur au pain chaland, Fabriqué par les boulangers forains établis à Gonesse, il sera connu sous le nom de pain de Chapître.
  • Grand Panetier (ancien français) : Au Moyen-Age, l'autorité royale sera représentée auprès des boulangers par le Grand Panetier.
  • Guerre des farines : en 1774, la famine pousse le peuple à la révolte qui assiège les échopes des boulangers, suspectés de profiter de la hausse des prix.
  • Levain-chef ou Chef : la confection des levains est obtenue avec un morceau de pâte prélevé sur une des fournées du jour.
  • Nonette : petit pain d'épice rond primitivement fabriqué dans les couvents de religieuses.
  • Avoir du pain sur la planche : Avoir des économies ou des rentes.
  • Avoir son pain cuit : être rentier.
  • Emprunter un pain sur la fournée : avoir un enfant d'une femme avant de l'avoir épousée.
  • Faire des petits pains : faire des manières. Prendre des airs mystérieux pour causer avec quelqu'un, lui dire des riens et avoir l'air de lui parler de choses intéressantes.
  • Grossier comme du pain d'orge : extrêmement brutal.
  • Laisser tomber son pain dans la sauce : s'arranger de manière à avoir un bénéfice certain sur une affaire; montrer de l'habileté en toute chose.
  • Paneterie (ancien français) : fabrication du pain, par extension lieu où l'on conserve et distribue le pain dans les communautés.
  • Pétrin : coffre dans lequel on pétrit le pain.
  • Tanur ou tabun (- 8000 à - 5000) : petit four éventuellement enterré, fabriqué en argile et ayant une forme de tronc de cône. Inventé en Orient, il est encore utilisé de nos jours ; il consomme peu de bois.
  • Tranchoir (pain de) : épais morceau de pain bis, ayant une forme ronde et qui tenait lieu d'assiette au moyen age.

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