La Controverse du Pain au Chocolat de Jean-François Copé

La controverse du pain au chocolat impliquant Jean-François Copé a débuté en 2013 et a continué de susciter des débats et des réactions au fil des années.

Un pain au chocolat.

L'Affaire Initiale

Tout commence en 2013 alors que le candidat à la présidence de l'UMP prononce un discours à Draguignan. Il raconte le cas d'un jeune homme qui se serait fait "arracher son pain au chocolat par des voyous sous prétexte qu'on ne mange pas pendant le ramadan". L'affaire prend de l'ampleur et le Conseil français du culte musulman (CFCM) annonce qu'il compte déposer plainte, quelques jours après la sortie polémique. Il juge ainsi que ses propos alimentent "l'islamophobie".

À la suite de ces déclarations, le président du Conseil français du Culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, et le président de l’UMP, Jean-François Copé, ont confirmé dans un communiqué commun le retrait de la plainte en diffamation dans l’affaire des «pains au chocolat», qui reste toutefois controversé au sein du CFCM. Le CFCM «entend retirer la plainte déposée pour diffamation» après une visite mardi de M. Copé qui «a tenu à exprimer ses regrets aux musulmans de France qui ont pu être heurtés dans leurs sentiments ou stigmatisés à travers cette polémique», affirme le communiqué.

«Conscient du traitement médiatique réservé à ses déclarations» le 5 octobre à Draguignan (Var) «et de leur impact», M. Copé «a souhaité apaiser les sentiments des musulmans de France fortement heurtés par la polémique liée au contresens qui a conduit à altérer ses propos», selon le texte.

Une rencontre sera organisée entre le CFCM et le candidat à la présidence de l'UMP et aboutira au retrait de la plainte.

Réactions et Maintien de la Plainte

Mais Abdallah Zekri, président de l’Observatoire national contre l’islamophobie, instance du CFCM, a affirmé dans le même temps à l’AFP qu’il «refuse de retirer cette plainte» qu’il a lui même déposée. «Je refuse de retirer la plainte», a répété auprès de l’AFP M. Zekri qui l’avait déposée devant le tribunal de Draguignan.

«Il y a des regrets exprimés publiquement dans le communiqué», a estimé M. Moussaoui interrogé par l’AFP, alors que l’Observatoire de l’islamophobie avait annoncé qu’il maintenait finalement sa plainte en raison du «double langage» de M. Copé.

En déposant la plainte, «M. Zekri avait agi dans le cadre d’une mission que lui avait confiée le CFCM», a confirmé M. Moussaoui. Comme on lui demandait s’il ferait désormais injonction au président de l’Observatoire de l’islamophobie de retirer sa plainte, M. Moussaoui a refusé de répondre. «C’est une question interne. M. Zekri est membre du CFCM. Il était présent hier» lors de la visite de M. Copé, a-t-il simplement observé.

Une enquête préliminaire avait été ouverte par le parquet de Draguignan après la plainte du CFCM.

Le Coût du Pain au Chocolat

Copé, NKM, El Khomri... "Combien coûte un pain au chocolat ?" La question peut paraître anodine mais elle a tout son sens quand elle est posée à Jean-François Copé. Le candidat à la primaire de la droite et du centre n'a "aucune idée" du prix du pain au chocolat, comme il le confie à Europe 1 : "Ça dépend des tailles. Ça doit être aux alentours de 10 ou 15 centimes d'euros.

Jean-François Copé en son temps avait déclaré qu'un pain au chocolat coûtait "entre 10 et 15 centimes d'euro". Les réactions avaient été nombreuses.

L'ancien président de l'UMP s'amuse de la question : "Ça me fait plaisir parce que si on ne m'avait pas parlé de pain au chocolat, je l'aurais fait moi-même (...) Il y a des endroits où ça s'appelle des pains au chocolat et d'autres où ce sont des chocolatines. Comme je suis en campagne électorale, je ne voudrais pas que ceux qui habitent dans les régions à chocolatine pensent que je les ai oubliés".

La Question de la "Chocolatine"

Remise involontairement au goût du jour par Jean-François Copé, la controverse a fait l’objet d’un sondage sur Internet.

Chocolatine ou pain au chocolat ? Un site web, proposant de sonder les internautes, a dressé une carte de France de la viennoiserie. Il est, dans la société française, des clivages insolubles. De ceux qui peuvent partager une famille, provoquer des drames, exclure une communauté entière. Parmi ces questions cruciales se range la grande guerre de la viennoiserie.

La France se divise en deux catégories. Ceux qui baffrent des pains au chocolat et ceux qui dégustent leur chocolatine.

Un poitevin passionné par la question et sans doute hanté par l'indécision (Poitiers se situe sur la ligne de démarcation), Romain Ménard, a construit un site pour sonder les internautes en fonction de leur lieu d’origine. Les résultats sont tombés, et ont fait l’objet d’une visualisation géographique par un blogueur, Adrien Van Hamme.

Carte de France de la répartition des termes "chocolatine" et "pain au chocolat".

Le premier enseignement à tirer de cette étude, qui a réuni près de 20.000 votes en quelques jours, c’est que la chocolatine ne s’en sort pas si mal, quoi qu’en disent les commentateurs partisans. En effet, 32% des votants parlent de chocolatine, contre les 62% qui portent les couleurs du pain au chocolat.

La visualisation des résultats, sur la carte, montre bien sûr une forte concentration de chocolatinophiles dans une zone partant du sud de la Vendée et allant jusqu’à Montpellier, en passant par Saint-Etienne. Tout le Sud-Ouest est donc allergique au pain au chocolat.

Cependant, il existe des dizaines de petits foyers de résistance pro-chocolatine disséminés partout sur le territoire, comme à Aubenas, à l’ouest de Montélimar, ou bien dans le petit village de Roquesteron, dans les Alpes-Maritimes. Le seul point notable pro pain au chocolat du Sud-Ouest se trouve à Casteljaloux, dans le Lot-et-Garonne.

La chocolatine semble ainsi être plus une affaire d’identité que le pain au chocolat.

Le CCIF et l'Affaire du Pain au Chocolat

Ces dernières années, le CCIF s'est retrouvé au premier plan dans de nombreuses affaires médiatiques touchant à l'islam: les émeutes de Trappes (le CCIF considérait que le début des émeutes avait été provoqué par une «bavure» policière), l'affaire du «pain au chocolat» lancée par Jean-François Copé (Marwan Muhammad, porte-parole du collectif, avait alors réagi en distribuant des viennoiseries devant une gare), ou encore, l'affaire Baby Loup.

Le CCIF se donne plusieurs missions. D'abord la poursuite en justice des actes islamophobes, et l'assistance juridique aux victimes d'islamophobie.

Ensuite, la comptabilisation des actes «islamophobes, à travers de nombreux rapports et statistiques, publiés régulièrement. Ces chiffres sont plus élevés que ceux du ministère de l'Intérieur qui ne comptabilise que les plaintes enregistrées.

Troisième axe du CCIF: la mise en œuvre de campagne de sensibilisation et d'un lobbying médiatique pour combattre l'islamophobie.

Pourtant, elle est fortement contestée pour ses accointances communautaristes, notamment auprès du controversé Parti des Indigènes de la République, ainsi que pour sa proximité avec l'idéologue Tariq Ramadan.

Mais au-delà de ces accointances supposées, le collectif est aussi accusé de gonfler les chiffres de l'islamophobie.

Tableau récapitulatif des acteurs clés

Acteur Rôle
Jean-François Copé Déclencheur de la controverse
Mohammed Moussaoui (CFCM) Initialement plaignant, puis a retiré la plainte
Abdallah Zekri (Observatoire de l'islamophobie) A maintenu la plainte malgré le retrait du CFCM
CCIF Collectif impliqué dans la lutte contre l'islamophobie

Pain au chocolat ou chocolatine ? | 5 Minutes Slow French for B1 and B2 🇫🇷

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