L'Industrie du Porc en France : Chiffres Clés et Enjeux Actuels

Sur le Salon de l’Agriculture, les porcins contenus dans de petits enclos sont moins regardés que les bovins. En 2024, les Français consomment toujours majoritairement de la viande porcine. Cependant, elle est désormais talonnée par la viande de volaille (poulet, dinde et canard) qui connait un accroissement de consommation de 38,4 % depuis 2010. La consommation de viande bovine marque le pas (- 13,3 % depuis 2010).

Viande fraîche et charcuteries comprises, chaque Français a mangé 31 kilos de porc en 2024. La consommation de viande porcine arrive juste derrière celle de la volaille, 31, 6 kilos, et devant la viande bovine qui atteint 21,3 kilos en équivalent carcasse. Dans le détail, 68,6% des produits porcins achetés en magasin sont des charcuteries. Leurs ventes reculent de -1,2% en 2024 et celles de la viande fraîche chute de -2%. Comme pour d’autres produits, les ménages sont de plus en plus regardants sur la dépense en viande porcine quand ils font leurs courses.

Quel avenir pour la filière porcine dans le Massif Central ?

Production Porcine en France

En 2024, quelques 21,9 millions de porcs ont été abattus en France pour 2,08 millions de tonnes de carcasses. Plus de 80% des porcs élevés en France proviennent de quatre régions. La Bretagne arrive en tête avec 57% de la production, elle est suivie par les Pays de la Loire avec 11%, la Nouvelle Aquitaine 7% et la Normandie 5%.

Alors que les régions Hauts de France, Grand Est, Bourgogne Franche-Comté produisent beaucoup de céréales et que ces dernières constituent l’essentiel de l’alimentation des porcs, l’élevage porcin y est très marginal. Il aurait pourtant le double avantage de consommer des produits locaux et de produire du fumier à partir de la paille et des déjections en porcherie. Mais selon les responsables de la filière, moins il y a d’élevages porcins dans une région, plus les opposants à l’introduction de cet élevage se mobilisent pour contester tout projet afin de ne pas sentir l’odeur du lisier dans leur zone de résidence.

La Bretagne : Pilier de la Production Porcine Française

La Bretagne est la première région de production porcine en France avec environ 5300 exploitations. L’art pictural et même religieux en attestent : le cochon est, depuis des siècles, présent dans la vie quotidienne des Bretons. Il est le symbole de la société rurale, il constituait autrefois l’essentiel de l’alimentation carnée des familles. Économique, omnivore, résistant… il permettait toutes sortes de préparations et de conservations.

Économie de la Filière Porcine

La filière porcine française représente près de 22 300 entreprises au total : alimentation animale, élevages, abattage /découpe et charcuterie / salaison, distribution. Les éleveurs sont les plus nombreux : ils sont 10 000, dont 8 400 possédant plus de 20 truies. Il s’agit de fermes familiales pour la plupart réunies au sein de coopératives agricoles (90 % de la production). De plus, la filière française se distingue par les nombreuses recettes de charcuterie : plus de 450, proposées par les 300 entreprises de charcuteries et les milliers d’artisans charcutiers.

Structure des Exploitations Porcines

Avec une moyenne de 214 truies par élevage, on produit environ 5.000 porcs charcutiers par an sur une exploitation. Ces élevages de taille raisonnable facilitent la transmission des exploitations d’une génération à l’autre. Les élevages de porcs français sont implantés sur des fermes qui se distinguent par leurs surfaces conséquentes : en moyenne 102 ha. Cette vaste étendue de terres présente deux atouts notables : les fermes ont la possibilité de cultiver leurs propres céréales et des protéagineux pour nourrir les porcs sur place.

Enjeux Économiques et Commerciaux

La capacité de la France à produire suffisamment de viande porcine pour répondre à la demande sur le marché intérieur s’érode. Notre taux d’autosuffisance est descendu à 98% en 2024 contre 99% en 2023. Environ 75.000 tonnes de charcuteries ont été exportées en 2023, mais la France importe aussi beaucoup de charcuteries produites dans des pays voisins à commencer par l’Espagne et l’Italie.

Depuis la mise en place du marché commun agricole européen en 1962 entre la France, la République Fédérale Allemande, la Belgique, l’Italie, le Luxembourg et les Pays Bas, l’introduction de la concurrence entre les pays membres et les élargissements successifs de cette Europe qui compte désormais 27 pays ont produit beaucoup d’effets pervers. Comme si cela ne suffisait pas, l’Europe elle continue de signer des accords commerciaux avec des pays tiers. Dans les pays membres de l’Union européenne, la recherche de compétitivité par la spécialisation alimente les pollutions et fait reculer la fertilité des sols.

Après le cognac, le porc français risque d’allonger la liste des victimes du bras de fer entre la Chine et l’Union européenne au sujet des voitures électriques (Les pays membres ont donné leur feu vert à l’imposition de droits de douane supplémentaires sur les véhicules électriques « made in China »). Inaporc estime que l’Europe sacrifie ainsi une à une les filières agroalimentaires de ses pays membres, mettant en danger leur autonomie alimentaire. La Chine étant un partenaire essentiel pour la filière porcine, puisqu’il s’agit de son premier marché à l’exportation, l’un des seuls débouchés des morceaux peu consommés en Europe, principalement des abats (oreilles, pieds, etc.). Chaque année, ce sont 115 700 tonnes de produits porcins qui sont exportés vers ce pays, soit 16 % des exportations totales de porc en 2023 soit 2,5 milliards d’euros .

« Une surtaxe appliquée sur les produits porcins exportés en Chine anéantirait tous les efforts de la France pour favoriser les exportations vers ce pays », déclare Inaporc. En effet, en mai dernier, un accord entre le président Xi Jinping et le président Emmanuel Macron a permis d ’augmenter le volume des ventes en autorisant l’exportation d’abats blancs français (estomac, intestins) vers la Chine, avec à la clé une hausse de 10 % des exportations (près de 30 millions d’euros).

C’est pourquoi Inaporc demande à l’Union européenne et au Gouvernement de soutenir la filière. « Ce soutien est déterminant pour continuer à produire et transformer des porcs en France et à investir dans des pratiques durables. Le porc est la seule viande en France dont la production couvre la consommation hexagonale », affirme l’interprofession.

Bien-Être Animal et Pratiques Durables

La filière porcine est engagée dans une démarche de progrès continu en matière de conditions sanitaires et de bien-être animal. La France est en particulier un des deux seuls pays d’Europe à procéder à une anesthésie locale en cas de castration des porcs. Elle a en effet interdit la castration à vif depuis le 1er janvier 2022. Elle a également réduit l’utilisation des antibiotiques de -58,5 % en 10 ans, de 2011 à 2021, au-delà de la moyenne de l’ensemble des animaux d’élevages, située à 47 %.

Mobilisée pour continuer les avancées en la matière, la filière travaille aujourd’hui en étroite collaboration avec le Gouvernement sur le projet de nouvelle réglementation européenne et a même déjà entamé la mise en place des cases liberté pour les truies. Une généralisation qui prendra du temps et ne sera pas possible sans un accompagnement financier car son coût est évalué à environ 2 milliards d’euros.

Tableau Récapitulatif des Chiffres Clés de l'Industrie Porcine en France (2024)

Indicateur Valeur
Consommation par habitant 31 kg
Nombre de porcs abattus 21,9 millions
Production de carcasses 2,08 millions de tonnes
Part de la Bretagne dans la production 57%
Taux d'autosuffisance 98%

Ces chiffres clés illustrent l'importance de l'industrie porcine en France, ainsi que les défis et les opportunités auxquels elle est confrontée.

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