Importation de Viande en France : Statistiques et Tendances Actuelles

La France, comme de nombreux pays, est un acteur important dans le commerce mondial de la viande. Cet article examine en détail les statistiques d'importation de viande en France, en se concentrant sur la viande bovine et la volaille. Il analyse également l'impact de ces importations sur la consommation, la production et le commerce mondial.

Consommation et Importation de Viande Bovine en France

La consommation française de viande bovine est restée globalement stable entre 2017 et 2022. La Grande et Moyenne Surface (GMS) reste le principal débouché de la viande bovine avec 56% des volumes, dont 11% d’import. Les ventes de haché sont restées dynamiques, tandis que les ventes de piécé se sont érodées de -21%. La Restauration Hors Domicile (RHD) concentre 28% des volumes de viande bovine, avec une augmentation de +14% par rapport à 2017.

Il est important de noter que la viande importée est très présente en RHD, constituant 55% des approvisionnements du secteur (dont 73% pour le piécé), et concentrant près de deux tiers des importations totales de viande bovine, tous débouchés confondus. La boucherie, troisième débouché avec 12% des volumes de viande bovine, reste un secteur très éclectique qui s’approvisionne essentiellement en viande issue du cheptel allaitant, avec une préférence pour les jeunes vaches et génisses. La viande issue de jeunes bovins de races à viandes est majoritairement valorisée en circuits rituels.

La France importe en moyenne 289 000 tonnes de viande de bœuf par an sur la période 2012-2021 et en exporte 577 000 tonnes. En 2022, le bœuf enregistre un record avec une hausse de ses importations 22,9 %. Concernant les viandes bovines, elles sont issues à près de 88 % de l’Union européenne et couvrent 21 % de la consommation de ce type de viande.

Impact Environnemental de l'Importation de Viande Bovine

Les zones déforestées sont souvent utilisées pour le pâturage du bétail. C’est ainsi que la consommation de bœuf participe à la déforestation importée. En 2021, 75 % de la déforestation en Amazonie est liée à l’élevage bovin. Pour combattre la déforestation au Brésil, un premier objectif a été d’amener l’ensemble des exploitations agricoles dans la légalité par un système de cartographie des limites de l’exploitation et des zones en forêts.

Il existe également le Terme d’ajustement de conduite (Tac), accord volontaire signé entre ces opérateurs privés et le ministère de la Justice. Ce Tac conduit les entreprises à mettre en place des systèmes d’informations, où chaque fournisseur est répertorié par son numéro de CAR. Avant chaque transaction, l’acheteur vérifie si aucune déforestation illégale n’a été confirmée chez son fournisseur, si aucune infraction au code du travail n’a été observée et si son exploitation n’est pas située dans une aire protégée.

Importation de Viande de Volailles en France

Les échanges internationaux de viande de volailles, dominés par quelques pays, n’ont jamais été aussi importants. D’après les travaux de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la consommation mondiale de viande de volailles s’est élevée à 139 millions de tonnes en 2023, soit un volume supérieur à celui de la viande porcine (123 millions de tonnes), de la viande bovine (74 millions de tonnes) et de la viande ovine et caprine (17 millions de tonnes).

La viande de volailles occupe une place croissante dans la consommation mondiale des viandes, cette part étant passée de 19 % en 1990 à 40 % en 2023 (OCDE-FAO, 2024 ; Windhorst, 2006). D’après les prévisions de ces mêmes organisations, la consommation mondiale de viande de volailles devrait progresser de 15 % entre 2023 et 2033, soit une hausse supérieure à celle envisagée pour la viande bovine (9 %) et la viande porcine (6 %).

Outre l’effet de la croissance démographique, qui s’opère au rythme moyen annuel de 1,1 % à l’échelle mondiale, ce développement de la demande de viande de volailles résulte de l’effet cumulé de plusieurs facteurs (Mottet & Tempio, 2017). Le plus déterminant tient probablement au fait que cette viande est moins chère que les autres viandes en raison de coûts unitaires de production plus modérés, ces derniers s’expliquant surtout par l’obtention d’un meilleur indice de consommation des volailles.

Pour répondre à la forte demande intérieure de poulet, les importations représentent 50 % de sa consommation et « alimentent en grande partie la restauration hors foyer », décrit l’Agreste. Typiquement là où l’on oublie de surveiller ou bien où il est plus difficile de suivre la traçabilité de ce que l’on consomme.

Impacts environnementaux de l'élévage / de la viande (version française)

Dynamique du Marché Mondial de la Viande de Volailles

La Chine arrive désormais en première position des pays producteurs de viande de volailles, avec une production de 24,4 millions de tonnes en 2023, soit 17,5 % du total mondial. Ce pays, qui occupait jusqu’à récemment le deuxième rang derrière les États-Unis, a enregistré un doublement de sa production intérieure entre 2000 et 2023. Le développement de la production chinoise de viande de volailles, qui a été accompagné avec plus ou moins de succès par les politiques publiques internes (Wang et al., 2014 ; Xie & Marchant, 2015), y compris au plan sanitaire, vise d’abord à fournir un marché domestique en forte croissance (doublement de la consommation entre 2000 et 2023).

Selon les informations publiées par l’ITAVI, la production chinoise de viande de volailles combine plusieurs filières distinctes :

  • Des poulets de souche blanche (cette filière représente 33 % de la production nationale de volailles), dont la génétique provient surtout des sélectionneurs américains, produits en priorité dans le Nord-Est du pays et particulièrement bien adaptés pour la découpe ;
  • Des poulets de souches colorées (jaune en particulier), vendus en vifs ou en entiers, issus de productions traditionnelles du Sud-Est du pays (22 %) ;
  • Des poulets issus de souches hybrides qui permettent de combiner performances techniques et qualités gustatives (4 %) ;
  • Des poules de réforme (5 %), des oies (9 %) et des canards (27 %), dont le fameux canard de Pékin, plus souvent commercialisé dans le Nord.

Avec 25,1 millions de tonnes en 2023, la Chine est le premier pays consommateur de viande de volailles devant les États-Unis (19,9 millions de tonnes) et l’UE-27 (12,5 millions de tonnes), même si la consommation de viande porcine y est nettement supérieure (59 millions de tonnes en 2023). Rapportée par habitant et par an, la consommation chinoise de viande de volailles reste faible (environ 18 kg) comparativement à celle constatée ailleurs, comme aux États-Unis (60 kg, toutes volailles confondues) ou au Brésil (50 kg).

Principaux Pays Producteurs et Consommateurs de Viande de Volailles (2023)

Rang Pays Producteur Production (millions de tonnes) Pays Consommateur Consommation (millions de tonnes)
1 Chine 24.4 Chine 25.1
2 États-Unis 23.3 États-Unis 19.9
3 Brésil 15.2 UE-27 12.5
4 UE-27 13.5 Brésil 10.7

Les États-Unis arrivent en seconde position des pays producteurs de viande de volailles, avec une production de 23,3 millions de tonnes en 2023. Ce niveau élevé de production permet non seulement de satisfaire une consommation intérieure en forte croissance (19,9 millions de tonnes en 2023 soit +45 % par rapport à 2000), mais également de jouer un rôle majeur dans les exportations mondiales (USDA, 2024). En 2023, la production de poulet, qui représente près de 86 % des volailles produites, est surtout concentrée à l’est du pays, notamment dans les États de la Géorgie (14 % du cheptel), de l’Alabama (13 %) de l’Arkansas (11 %), de la Caroline du Nord (10 %) et du Mississippi (7 %).

Le Brésil occupe le troisième rang des pays producteurs de viande de volailles avec 15,2 millions de tonnes en 2023. La production a fortement augmenté depuis 2000 (+9,1 millions de tonnes contre +7 millions de tonnes aux États-Unis) sous l’impulsion d’une demande intérieure en croissance (10,7 millions de tonnes en 2023, avec +5,5 millions de tonnes par rapport à 2000) et d’un développement rapide des exportations.

L’UE occupe le quatrième rang mondial des pays producteurs de viande de volailles, avec 13,5 millions de tonnes en 2023. En 2023, la production est légèrement supérieure au niveau de la consommation intérieure qui a enregistré une hausse de 47 % depuis 2000 (à périmètre géographique constant des 27 États membres). La viande de poulet représente 83 % de la consommation européenne de viande de volailles. Au sein de l’UE, la localisation de la production a évolué au fil des deux dernières décennies, au bénéfice surtout de la Pologne. Avec un quadruplement de sa production depuis 2000, ce pays occupe désormais le premier rang avec 20,7 % des abattages européens (FranceAgriMer, 2024a).

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