Igorrr "Savage Sinusoid" Explication: Un virage Metal qui Divise

Voilà en résumé l'état stagnant de ma petite quantité de matière grise quand on la place en présence du dernier album d'IGORRR. Cela fait six mois que ça dure. Pas moyen de se faire un avis définitif.

Le nœud du problème, au fond, c'est que ça ne me fait plus rire. Ce Savage Sinusoid n'est pas très rigolo, eh non! Pas comme Hallelujah. Pas comme Nostril. Pas comme Moisissure.

Pourtant il en a déjà sorti des trucs vaguement sérieux, le gars Gautier SERRE. CORPO-MENTE, c'était plutôt très bon, dans son genre. Déjà, il faut préciser que ce dernier né est paru sur Metal Blade, le label de CANNIBAL CORPSE, AMON AMARTH, ENSIFERUM, SCHNAPPI DAS KLEINE KROKODIL, DARGONFORCE et autres excommuniés en puissance.

Du metal, oui bonnes gens, du metal… Il faut dire que sa crémerie précédente, le très électronique Ad Noiseam, ne répond plus aux appels de détresse depuis plus d'un an. On tient peut-être un début d'explication à l'évolution du son d'IGORRR sur Savage Sinusoid, tout d'un coup beaucoup plus metal, beaucoup plus lourd, avec des guitares bourdonnantes qui prennent le dessus sur les boîtes à rythmes. Après tout, pourquoi pas.

Ce qu'il a perdu en vélocité, IGORRR aurait pu le gagner en profondeur. Le problème, c'est que le schéma de ses morceaux est devenu beaucoup trop prévisible. Tout ce qui faisait le sel de la première écoute d'un album d'IGORRR, l'attente fébrile du break loufoque, a presque totalement disparu.

La plupart des morceaux fonctionnent comme ça : intro avec un son un peu décalé, les grosses guitares déboulent, soutien de la boîte à rythmes, puis intermède confié aux bons soins de Laure LE PRUNENEC et de sa très belle voix. En conclusion, l'effet original du début est rappelé. Il n'y a pas vraiment de mélange, chaque élément se succède bien sagement, sans jamais atteindre cette sensation de cacophonie complètement jouissive des albums précédents.

Bien qu'assez court, Savage Sinusoid est en plus assez monotone, trop précieux, trop grandiloquent, sans cette touche de folie qui donnait un sens aux excès de Gautier SERRE et sa bande.

Il y a quelques moments de grâce : le piano fragile de « Problème d'émotion », le chant triste sur « Au revoir », les rythmiques démentes sur « Robert ».

Igorrr - The Making of Savage Sinusoid [part1]

Le signe le plus patent que cette évolution ne passe pas, c'est que les deux meilleurs morceaux du disque, « Cheval » et « Houmous », sont ceux que l'on aurait pu trouver sur les albums précédents. L'accordéon mène la danse, secondé par la boîte à rythmes et la basse.

Sur « Houmous », la composition prend un détour inattendu avec un long passage de 8-bits, tandis que « Cheval » est sublimé par les chœurs slaves de Yasmina BARRA et Pedrou LACASA.

C'est triste, un fan qui ne suit plus. Savage Sinusoid est sans doute un opus trop metal si l'on est venu à IGORRR par le breakcore. Ou si l'on a jamais trop apprécie son autre projet WHOURKR. C'est mon cas. D'autres pourront apprécier ce son plus massif, où les riffs ont acquis une place centrale.

Pour résumer l'évolution perçue de l'album, on peut la schématiser ainsi:

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