Certains remarquent ma tendance à toujours penser bouffe. En l’occurrence, c’est vrai, car chaque pays à ses traditions, ses patrimoines, ses spécialités que cela soit paysages, légendes, architectures, histoires, langues et… cuisine. La catalogne, et de manière plus générale : l’Espagne, n’a rien à envier à la prétendue gastronomie française.
Il va de soit que la cuisine est une activité sociale car en plus de transmettre une culture, elle apporte un lien avec sa terre d’origine. S’approprier la nourriture d’un endroit, c’est s’intégrer en quelque sorte. Alors suivant mon fidèle dicton : à Rome vit comme les Romains, je m’engage avec plaisir aux découvertes culinaires. Ce pays et cette région produisent du vin, des fromages, des légumes uniques (ou pas), des recettes qui ne se trouvent pas en France.
Alors voilà un article pour vous présenter les spécialités au gré de mes aventures en Espagne.
Ces gâteaux prétendument appelés gâteaux sablés sont de véritables mate-faims étouffe-chrétiens. Oui je me suis étouffée plus d'une fois en m'empiffrant de ces biscuits. C'est de la farine, du Saindoux (manteca en espagnol), du sucre et des amandes. ( je pense que le taux d'allergie aux arachides est très bas ici).
On différencie les Polvorones des mantecados du fait de la forme et de la quantité d'amandes dans la recette. Sinon globalement, c'est la même chose.
Mon avis : Chis chais pas chon achors touch que chai dit chuchque là éch qui chuis chait pas bon non chlus !
Ma note : 9/10 (-1 car ça a failli m'étouffer)
Ils sont vieux d'au moins 6 siècles, ces gâteaux ! On remonte l'origine au XVIe à la ville andalouse d'Estepa. Le but (comme tout origine de bonnes recettes (c'est dans les vieux pots que l'on fait les meilleures soupes)), c'était d'utiliser le surplus de céréales et de Saindoux.
Au XIXe siècle, Filomena Micaela Ruiz a commencé à vendre ses « mantecados » dans les différentes villes desservies par son époux, dédié au transport de marchandises, mais s’agissant d’une denrée vite périssable, elle a eu l’idée de les faire sécher pour prolonger leur durée de conservation et préserver leur fraîcheur.
Touron, massepain, petits sablés de Noël... Nous avons tous une friandise de Noël préférée. Personne ne sait vraiment quand et où cette friandise de Noël est née.
Filomena Micaela Ruiz, « La Colchona », une femme née dans la ville d’Estepa en 1821, fut l’inventrice de la recette des sablés de Noël ou « polvorones » et des gâteaux au saindoux ou « mantecados » si populaires en Espagne.
L'Espagne regorge de spécialités culinaires toutes aussi délicieuses les unes que les autres. En voici quelques exemples:
Très simple : son onctuosité est entre celle de la crème anglaise et celle de la crème brûlée. Les espagnols sont tellement intelligents qu'ils la vendent en poudre. Et donc je me retrouve facilement avec ma crème anglaise favorite !
Mon Avis : tout ce qui ressemble de près à la crème anglaise ne peut pas subir mon courroux.
L'histoire : En Finlande, la stagiaire espagnole en avait apporté. C'est pourquoi, c'est l'une des seules spécialités du pays que je connaissais déjà.
Ma note : 5/10
Institution catalane, la calçotada, ça ne peut pas se manquer le long de la côte. Du dernier week-end de Janvier à fin Mars, on trouve ces hybrides de poireaux et oignons, les calçots, partout: sur les étalages, en resto, dans les conversations.
Manière de la manger : Les calçots vendus par botte, sont traditionnement cuits sur un BBQ alimenté par des ceps de vigne. On les fait griller sous les flammes jusqu'à ce qu'ils ne soient des légumes (dans le sens figuré) tout mous et baveux (l'eau qui fuit). On les mets dans une tuile sur papier journal pour qu'ils gardent leur chaleur. Ensuite, la partie délicate : Tu prends le poireaux par les feuilles, le trempe dans une sauce appelée "salvitxada" mais honnêtement, une sauce Romanesco est similaire, puis tu le gobes. Enfin, tu te démerdes pour mâcher le bordel. Sérieusement, les calçots ne sont pas épais, ni très long. L'exploit de les mettre entier dans la bouche, c'est pas de l'héroïsme ( l'exploit, c'est de ne pas en mettre partout).
Mon avis : Accroc ! J'adore le poireaux à la base, alors le calçot : j'adopte ! La sauce (un mélange d'amandes, de tomates et autres ingrédients très bons pour la santé) est savoureuse. Pas de bémol pour repeindre sa cuisine en mouchetée-rouge-huile.
Sortez le bavoir !
Le reccord : 275 calçots (soit 3, 8 kg). Rien d'exceptionnel, seulement des fibres pour toute l'année !
Ma note : 7/10
Le mot est transparent : el Queso Tetilla est un fromage en forme de sein.
Origine : C’est un fromage fait à partir de lait pasteurisé de vache de race « Gallegas ». Une maturation de seulement 7 jours pour produire se fromage tendre, crémeux, un peu acide avec une peau dure d’origine de Galice. Il bénéficie d’ailleurs d’une Dénomination d’Origine, l’équivalent des AOP en France. Sa forme est principalement dû au récipient dans lequel le lait caille.
Histoire : on en donne la fabrication du fromage aux moines au XIe siècle, mais cette forme de « Mamelle de lait » a été évoquée au premier siècle après JC.
Mon avis : Politiquement correct : ce n’est pas ce que je préfère (Oui je n’en rachèterais pas). En dehors de l’acidité particulière, et de sa forme, je ne trouve pas de saveur qui affole mes papilles. C’est presque étonnant que le fromage soit toujours à plus de sa moitié depuis que je l’ai ouvert, voilà 2 semaines.
Je dédicace cette spécialité à ma meilleure partenaire de boxe !
Eh oui ! On en voit tout le temps lors des fêtes foraines, mais les churros sont espagnols. Et l'odeur dans les rues quand vous passez devant une churrerias, c'est un coup à faire comme Jerry (vous savez, la souris) et se laisser porter par le fumet jusqu'à tomber dans un saladier de churros et s'empiffrer jusqu'à l'explosement.
Pas d'histoire à vous raconter mais une anecdote : le mot churros vient de Churra qui désigne une race de mouton ayant des cornes à peu près similaire à ce qui fait élever votre taux de cholesterol.
Mon avis : Je connais déjà les churros françaises (maisons ou alors des fêtes). Cependant ici, les churros, c'est un peu les Cupcakes aux USA : ils sont dérivés à plusieurs sauces. La plus classique est celle avec le chocolat. Du chocolat épais, version ça fait concurrence à la purée, mis dans un petit bol et tu trempes ton churros dedans (restons naïfs...1, 2...Muahaha...Rah l'allusion est trop belle). J'ai pas testé (muahahaahaha) mais seulement le chocolat (pas rigoler, pas rigoler...Muahahaha) et en effet c'est crémeux comme il faut (fou rire).
Bref, il y a des churros fourrés (c'est reparti...muahahahaahahaha) à tout (Muahahahaa) et pour pas cher. (Hum hum.)
La Pallaresa, Carrer de Petritxol, est ZE place à aller (réputation extra muros garantie)
Ma note : 69 (Tant qu'à faire)
Je dédicace cet arc-en-ciel de saucisses, à Patou.
Connaissez-vous le boudin? Bien sûr que vous le connaissez ! Même si vous en avez jamais mangé, on en trouve dans toutes les surfaces (sauf Halal, je suppose). La matière est la même.
La boutifare est un gros intestin de porc farci à la viande de porc avec divers mélanges. Il en existe des noires (avec du sang de porc) et des blanches, des cuites ou des crues. Des sucrées ou des salées :
Bref, la Boutifarre, même si en terme d'ingrédients, cela ressemble à du boudin, la consistance grumeleuse du boudin noir ou tendre du boudin blanc ne se retrouve pas dans ces Boutifarres
Mon avis : C'est bon !!! Je sais pas si j'aurais le temps de tester la boutifarre à l'oeuf cette année, mais il faut absolument tester ce produit !
Ma note : 7/10
Je la mentionne, mais je n'ai pas besoin de la décrire, hein ! Après tout, tout le monde la connait !
Faut savoir quand même que c'est un peu leur choucroute nationale : on trouve la choucroute avec de la viande, et la choucroute de la mer. Je me suis fourvoyée. Valenciennois, mes excuses les plus sincères sur mes deux genoux. Je corrige mon avis sur la paella. Du moins celle avec viande. J'avais les préjugés des paella de cantine scolaire et je me fustigerais de sotte pour l'éternité !
La paella d'origine Valencienne. Elle utilise un riz spécial et une paellera (une sorte de gamelle pour chercher de l'or mais à fond plat). Le riz doit être cuit al dante. Comme les pâtes: mou à l'extérieur et surprenament croquant en son centre ( ce qui n'a jamais été le cas dans les dégustations de paella jusque là).
La vraie façon de manger la paella, c'est à même la gamelle, avec une cuiller à soupe. Par contre prenez une assiette en plus pour mettre les déchets (os, bout de gras) ou vous aider à couper la viande si vous êtes pas bourrins comme moi. Ca vaut le coup. Il suffit juste de trouver où! Éviter simplement les restos qui vous apporte un plat dans les 5 minutes.
Meilleure traduction : des beignet. Ils se trouvent surtout pendant toute la durée du Carême et avant Pâques en Catalogne fourrés à la crême ( caragirats ) ou bien nature (de vent). Ils sont pour moi, l'équivalent des churros mais de forme ronde et parfumés à l'anis.
Son histoire : Ils ont apparement été créé pour apaiser la dalle que les chrétiens avaient quand ils faisaient le carême.
Mon avis : aussi léger dans la bouche qu'une chouquette (mais tout aussi gras qu'une autre pâtisserie frite), la légère note d'Anis peu prononcée, mais présente quand même, surprend.
Ma note : 7/10
Ca c'est mon voisin de bureau, Xabi, qui m'en a parlé alors que je lui ai offert un petit oeuf de pâque en Chocolat pour le délire.
C'est encore une fois, une spécialité catalane que l'on trouve seulement durant Pâques. C'est grosso-modo une brioche. On la trouve souvent sucrée avec un oeuf (dur à l'origine, en chocolat, pour mon plus grand bonheur) tronant au centre de la brioche, comme dans un nid (si, si!). Quand y a pas d'oeuf, y a toujours le chocolat crémeux qui accompagne les churros. Et quand c'est pas sucré, ça se mange apparemment avec une Longaniza ( une charcuterie).
Son histoire : Anecdote : Il est apparemment de coutume que le parrain/Marraine offre la Mona à son filleul/nièce.
Mon avis : C'est bon, c'est sûr. Il y a ce petit gout d'anis que l'on trouve dans les Bunyols. Et ça a l'avantage d'être moins gras que ces derniers. Cependant, je suis tombée sur une Mona "sêche". La brioche n'était pas très bonne et en plus l'oeuf dur, au lieu de le bouffer, je l'ai jeté, étant donné que j'étais incapable de connaitre sa fraîcheur (à demander au Boulanger lors de l'achat). Au regard de l'humidité contenue dans le papier cellophane, je préférais pas m'y risquer (il n'y a rien de plus traitre qu'un oeuf (cuit) ayant passer une nuit hors du frigo). Sans compter le prix (4,50 € la petite taille), Mona de Pascua, elle est pas une Lady. Mais j'avoue qu'en ce moment, dans toutes les boulangeries (sauf ma préférée) j'ai l'impression qu'on m'entube. Bref. Je comprends mieux pourquoi l'oeuf dur a été remplacé par un oeuf en chocolat.
Ma note : 5/10 (0/10 pour la boulangerie)
Ce sont des pâtisseries à la forme sphérique dont la base de la pâte est un mélange de Marzipan et de patate douce ( même si cet ingrédient est interdit pour que le panellet acheté porte le label européen de Spécialité traditionnelle Garanti (STG)). Il en existe de plusieurs goût même si les principaux sont enrobés de pignons de pin, d'une dose supplémentaire d'amande ou de coco.
L'histoire : On ne trouve, dans les commerces, le panellet qu'une seule fois dans l'année : lors de la Toussaint. Son apparition est relié à cette fête religieuse depuis le XVIIIe siècle où ces petites boules sucrées étaient offertes dans les églises ou déposés sur les tombes. Nulle doute que les nuances sucrées tirent leurs origines d'un dessert arabe. A vérifier.
L'anecdote : ils sont servis avec le Moscatell qui est un vin liquoreux et sont généralement préparer la veille.
Mon avis : Comme tout ce qui contient de l'amande, j'en suis folle.
Je n'ai pas grand chose à développer. Ce boudin blanc est constitué de riz cuit que l'on reconnait facilement à la texture. Un goût un peu différent du boudin blanc français, mais qui vaut la peine d'être essayé. Sans compter qu'il est servi plutôt en hiver et de manière différente que notre boudin : plutôt en guise d'amuse-gueule, coupé en tranche et revenu à la poêle.
Mon avis : Le boudin blanc est déjà dans mes favoris alors celui-ci farci a tout pour partir gagnant. C'est facile de s'en gaver sans s'en rendre compte.
Ma note : 8/10
Description : Ceci n'est pas une saucisse puisqu'elle est aussi grasse que de la charcuterie, mais n'est pas non plus du chorizo. Ou alors, elle est un chorizo avec un calibre long et fin. Elle doit être cuite (revenue à la poêle) et contient son lot d'acide gras saturée qui permet de cuire d'autres aliments par la suite (un peu comme le bacon, beaucoup de gras dégorge de la saucisse).
Mon avis : Très savoureux dans le cas où vous aimez l'huile animale. Oui, ce produit est particulièrement gras et peu fort bien que le goût soit prononcé. A essayer.
Ma Note : 6/10
Description : Le patxaran est également connu depuis le pays basque français. Sauf qu'à mon souvenir (brumeux d'une soirée à Rennes), il n'était pas aussi doux. Le patxaran est une liqueur de prunelles. C'est un petit fruit dont il faut attendre les premières gelées avant de le consommer sous risque de perdre ses gencives ( oui, j'ai perdu ma mâchoire en les goutant une fois) car il est astringent ( un peu comme les kakis pas mûrs). Il est préparé par macération dans l'anis de prunelles. Beurk Anis, penseront les gens allergiques au Ricard ! Et bien figurez-vous que si l'on sent la présence de l'anis, il n'est pas l'arôme dominant.
Ma Note : 6.5/10 (C'est parce qu'il est maison. C'est bon, mais c'est pas ce que je préfère)
Origine : Fromage au lait cru de brebis de race Rasa ou Latxa dans la Vallée du Roncal. C'est un AOP et le premier d'Espagne.
Histoire : On l'appelle l'Enfant des Pyrénées.
Mon avis : Un fromage qui a un début de caractère bien prononcé, plus gras que sec, assez doux pour ne pas piquer la langue mais c'est limite. Ce fromage est très bon. Les notes salées et fortes du lait de Brebis sont présentes. Je trouve dommage qu'il y ait cette espèce de croûte en plastique dans les fromages du commerce.
Ma note : 8.5/10
Origine : Possédant une AOP dans seulement 8 communes de Navarre, cette espèce de poivron est autochtone à Navarre (mais comment une région si froide peut faire grandir un fruit si "exotique"?). D'ailleurs, il faut rappeler que c'est Christophe Colomb qui a rapporté ça d'Amérique. Pourquoi c'est autochtone? Mystère et boule de gomme.
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