Le gaspillage alimentaire est un enjeu majeur de notre société, souvent évoqué mais pas toujours bien compris. Cet article vise à éclaircir ce concept, à présenter les chiffres clés en France et à explorer les solutions mises en place pour lutter contre ce fléau.
Pyramide du gaspillage alimentaire.
La France a défini dans la loi AGEC (2020) le gaspillage alimentaire comme « toute nourriture destinée à la consommation humaine qui, à une étape de la chaîne alimentaire est perdue, jetée ou dégradée ».
Selon la définition adoptée par le ministère de l'agriculture dans le cadre du pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire, il correspond à la perte de nourriture initialement prévue pour la consommation humaine qui est perdue à toute partie de la chaîne alimentaire. Cette définition inclut donc uniquement la nourriture comestible, prévue pour la consommation par l’Homme, perdue lors de la production, du stockage, du transport ou encore qui périt chez le consommateur ou en magasin.
Il est important de distinguer le gaspillage alimentaire des déchets alimentaires. Le gaspillage alimentaire ne doit pas être confondu avec les déchets alimentaires qui sont constitués par les rebuts naturels et non comestibles de nos aliments. Ainsi les os, les coquilles d'œufs ou encore les épluchures sont des déchets alimentaires mais n’entrent pas dans le gaspillage alimentaire.
Depuis 2022, le gaspillage alimentaire fait l’objet d’un suivi annuel pour l’ensemble des pays de l’Union européenne. Ces chiffres sont disponibles sur la plateforme EUROSTAT.
En France, en 2023, 9,7 millions de tonnes de déchets alimentaires ont été produites ; parmi eux, 3,8 millions de tonnes étaient encore comestibles : produits abîmés, restes de repas, etc. En 2022, 9,4 millions de tonnes de déchets alimentaires ont été produites (Eurostat, 2022) : parmi eux se trouvent des épluchures, des coquilles d’œufs ou des carcasses, mais également des produits comestibles, qui représentent 4 millions de tonnes.
Chaque année, un Français jette 61 kilos de déchets alimentaires, dont 19 kilos de nourritures encore comestible. La valeur moyenne du gaspillage alimentaire s'élève à 100€ par habitant par an. Dans le monde, plus de 40 tonnes d’aliments sont gaspillées chaque seconde. En France, le gaspillage alimentaire représente 10 millions de tonnes de nourriture jetées chaque année.
En 2021, les Français ont généré 8,8 millions de tonnes de déchets alimentaires, soit 129 kg par habitant. Qu’est-ce qu’on compte comme « déchets alimentaires » à chaque étape de la chaîne de l’alimentation humaine ? Que gaspille-t-on vraiment ? Chrystel Scribe, qui travaille sur le sujet au service des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, répond à ces questions dans un podcast.
En 2023, 9,7 millions de tonnes de déchets alimentaires ont été produits en France, soit 142 kg par personne.
Toutes les étapes de la chaîne alimentaire sont concernées. La part de ce gaspillage varie d'une étape à l'autre, et représente :
La France se situe au-dessus de la moyenne européenne (130 kg par habitant).
Voici un tableau récapitulatif des chiffres clés du gaspillage alimentaire en France :
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Déchets alimentaires produits en France (2023) | 9,7 millions de tonnes |
| Déchets comestibles (gaspillage alimentaire) | 3,8 millions de tonnes |
| Gaspillage alimentaire par habitant | 61 kg par an |
| Valeur moyenne du gaspillage par habitant | 100€ par an |
Heureusement, en France, de nombreuses lois font leur apparition afin de lutter contre le gaspillage alimentaire.
Dans la loi AGEC (2020), la France s’est engagée à réduire de moitié le gaspillage alimentaire par rapport à son niveau de 2015 dans les domaines de la consommation, de la production, de la transformation et de la restauration commerciale. Pour les secteurs de la restauration collective et de la distribution, ces objectifs sont fixés d’ici 2025 et pour l’ensemble des autres secteurs d’ici 2030.
La loi interdit la destruction d’aliments encore consommables pour les distributeurs et les grosses entreprises agro-alimentaires et de restauration collective.
Depuis la loi Garot (2016) qui s’étend à la restauration collective publique, plusieurs lois constituent l’arsenal législatif pour l’ensemble des acteurs. Une synthèse de ces obligations est disponible ici.
En 2020, la loi AGEC propose la mise en place d’un label anti-gaspillage alimentaire qui permet de valoriser tous les acteurs qui contribuent à l’atteinte des objectifs nationaux de réduction. Plusieurs régions et territoires sont couverts par des REGAL (Réseaux pour Éviter le Gaspillage alimentaire). Ces structures facilitent la mise en réseau des forces vives des territoires et aident au déploiement des bonnes pratiques.
La loi a notamment introduit une hiérarchie des actions à mener en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire, en donnant la priorité à la prévention, puis au don ou à la transformation. Viennent ensuite la valorisation en alimentation animale ou sous forme d’énergie. La destruction est envisagée en dernier recours.
Les distributeurs ayant une surface de vente de plus de 400 m², les opérateurs de la restauration collective préparant plus de 3 000 repas par jour, et les opérateurs de l’industrie agroalimentaire ayant un chiffre d’affaire supérieur à 50M€, et les grossistes (chiffre d’affaires supérieur à 50M€) doivent par ailleurs proposer des conventions de don à des associations d’aide alimentaire pour écouler leurs invendus. Il est en outre interdit, dans l’industrie agroalimentaire et la restauration collective, pour les grossistes et les distributeurs, de rendre impropres leurs denrées alimentaires invendues encore consommables. Les contrevenants s’exposent à une amende pouvant atteindre jusqu’à 0,1 % de leur chiffre d’affaires.
La France s’est par ailleurs dotée d’un objectif global de réduction du gaspillage alimentaire de 50 % entre 2015 et 2025 dans les domaines de la distribution alimentaire et de la restauration collective d’ici 2025, et de 50 % entre 2015 et 2030 dans les domaines de la consommation, de la production, de la transformation et de la restauration commerciale.
Quelques dates clés de la législation française :
Infographie sur le gaspillage alimentaire.
Le gaspillage alimentaire représente un prélèvement inutile de ressources naturelles (terres cultivables, eau, etc.), et des émissions de gaz à effet de serre qui pourraient être évitées. Ces dernières sont évaluées par l’Ademe à 4,2 % de l’ensemble des émissions nationales.
Les déchets sont générés à chaque étape de l’alimentation humaine, depuis la production jusqu’à la consommation en passant par la distribution.
Les causes sont aussi nombreuses que les acteurs de notre chaîne alimentaire. Les produits ne remplissant pas certains critères de taille, de forme ou d'esthétique peuvent être simplement jetés lors de la production. Toujours dans le domaine de la gestion de stocks, un excès de stock ou le déclenchement d’une date de péremption sont également des causes de gaspillage. Du côté plus visible du consommateur, nous retrouvons le service de portions trop importantes dans la restauration privée ou collective, les erreurs de manipulation en cuisine, la mauvaise conservation des aliments ou - à nouveau - la péremption des denrées alimentaires.
Selon l’Agence de la transition écologique (ADEME), le gaspillage se répartissait en 2016 de la sorte :
Ce sont les fruits et les légumes qui sont le plus souvent gaspillés. Toujours selon les chiffres de l’ADEME, ils représentent en effet la moitié des denrées alimentaires jetées :
Le gaspillage alimentaire nous met face à des conséquences aussi absurdes que leurs causes. Concrètement, nous utilisons de l’espace, de l’énergie, des femmes et des hommes ainsi que des ressources pour produire des déchets alimentaires tandis qu’une large partie de la population souffre encore de malnutrition.
Tout gaspillage est une perte économique et le fait de jeter des aliments ne déroge pas à la règle. Les ressources de production sont de facto moins rentables si une partie de cette production est jetée. Les coûts économiques de ce gaspillage sont généralement reportés sur les prix de vente. Le consommateur paye aussi l’addition du gaspillage alimentaire en s’acquittant des taxes et redevances imputées du coût du service public de gestion des déchets.
Au niveau mondial, le gaspillage alimentaire représente selon la FAO une perte de 750 milliards de dollars par an, soit l'équivalent du tiers du PIB de la France ! Le coût du gaspillage alimentaire en France représente 16 milliards d’euros par an selon l’ADEME.
Les ressources naturelles utilisées (eau, sol, énergie...) pour la production des aliments gaspillés, les pollutions générées par les différentes productions (pesticides, mécanisation…) et la destruction de ces aliments ont un impact considérable sur la Planète. L’empreinte carbone est considérable et ce système générateur de déchets ne laisse que peu de place à l’émergence d’un modèle plus durable.
La sous-alimentation touche aujourd’hui encore une personne sur neuf dans le monde. De nombreuses associations et ONG sont mobilisées au quotidien pour venir en aide aux plus démunis. Le gaspillage est une aberration sociale quand on sait que la sécurité alimentaire de tous n’est pas assurée alors que nous produisons assez de nourriture pour tout le monde. Une diminution du gaspillage alimentaire permettrait par ailleurs de réduire le prix de vente des denrées concernées et de favoriser leur qualité ainsi que leur disponibilité.
La sous-alimentation touche aujourd’hui encore une personne sur neuf dans le monde. De nombreuses associations et ONG sont mobilisées au quotidien pour venir en aide aux plus démunis. Le gaspillage est une aberration sociale quand on sait que la sécurité alimentaire de tous n’est pas assurée alors que nous produisons assez de nourriture pour tout le monde. Une diminution du gaspillage alimentaire permettrait par ailleurs de réduire le prix de vente des denrées concernées et de favoriser leur qualité ainsi que leur disponibilité.
Gaspillage alimentaire et insécurité alimentaire.
Au niveau politique, des efforts sont formalisés notamment depuis le pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire en 2013. De nombreuses lois anti-gaspi sont venues renforcer ce pacte depuis, la dernière en date étant la loi AGEC de 2020.
Au niveau de la production et de la distribution, le déstockage semble être une solution intéressante car elle permet au consommateur de bénéficier de tarifs réduits et au fournisseur d'écouler ses stocks avant la date de péremption.
En France, les méthodes sont nombreuses pour lutter contre le gaspillage. De nombreux magasins anti-gaspi font leur apparition. Une manière de lutter contre le gaspillage alimentaire et de payer des courses alimentaires à très bas prix. Si vous n’habitez pas proche d’un magasin anti-gaspi, vous pouvez toujours retrouver des produits en dates courtes et pas chers dans les supermarchés. De plus en plus de grandes surfaces mettent en place ces rayons de manière visible pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Si vous préférez commander par Internet pour être sûrs d’avoir le choix, privilégiez les sites Internet sécurisés comme Willy anti-gaspi qui proposent des produits bio, français, variés jusqu’à -50 %. Vous ne trouverez pas de produits frais, mais les réductions proposées sont impressionnantes pour manger mieux et moins cher.
Le batch-cooking est une solution adéquate pour lutter contre le gaspillage alimentaire et éviter de jeter de la nourriture qui est encore consommable. Une fois cuits, ces aliments peuvent être dégustés tout au long de la semaine ou congelés. Avec cette méthode anti-gaspi, vous gagnez du temps et vous jetez moins de nourriture consommable.
La congélation de vos produits est recommandée pour éviter de gaspiller. Vous pourrez les consommer longtemps, même après le dépassement de leur date limite de consommation.
Les restes qui sont encore consommables peuvent être utilisés plus tard dans la semaine, congelés et même réutilisés pour de nouveaux plats (quiche, sandwich…).
Au niveau du consommateur, il est intéressant de savoir que les denrées principalement gaspillées sont :
Essayez donc de prévoir au mieux vos repas pour éviter les restes, et utilisez des bocaux pour conserver les restes de vos repas pour les manger plus tard. Rangez votre frigo et votre corbeille à fruit de façon à toujours avoir les produits les plus anciens devant les yeux, et les plus récents à l’arrière. Et enfin, assurez-vous de toujours utiliser les produits que vous ouvrez. Pour cela, rien de tel que de parcourir les recettes anti-gaspi qui foisonnent sur internet.
Pour aller plus loin, je vous propose d’aller sur le site Notre-environnement où on retrouve d’autres conseils de l’Ademe (Agence de la transition écologique) à appliquer à la maison. Par exemple, chez soi, on peut faire une liste de courses pour acheter juste ce dont on a besoin, en ayant préalablement fait l’inventaire des stocks à la maison. On peut également faire attention aux dates indiquées sur les produits, sans confondre la date limite de consommation, avec la date d’utilisation optimum. La date limite de consommation est indiquée comme « à consommer jusqu’au » Elle indique que les aliments ne doivent pas être consommés au-delà de cette date. La date d’utilisation optimum est indiquée comme « à consommer de préférence avant … ». Cette date signifie que les aliments seront meilleurs avant cette date limite de conservation. Mais après cette date, les aliments sont toujours comestibles. Ils pourront avoir perdu de la texture et de la saveur, mais ne seront pas dangereux pour la santé. Une autre façon de limiter le gaspillage est de cuisiner les restes pour faire autre chose ou les congeler pour les manger plus tard.
D’après la Commission européenne, jusqu’à 10% du gaspillage alimentaire serait lié à une mauvaise compréhension des dates de consommation qui sont indiquées sur les emballages. Quelles sont ces mentions ?
Les produits alimentaires pré-emballés doivent indiquer un délai pour la consommation : la date limite de consommation (DLC)ou la date de durabilité minimale (DDM).
Pour clarifier davantage cette possibilité de consommer des produits dont la DDM est dépassée, les opérateurs peuvent depuis 2022 ajouter sur l’emballage les mentions « pour une dégustation optimale… » ou « ce produit peut être consommé après cette date ».
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