Le Gaspillage Alimentaire : Un Enjeu Planétaire Décrypté

Un tiers des aliments produits dans le monde est jeté aux ordures. À l'échelle planétaire, le gaspillage alimentaire représente le volume faramineux de 1,3 milliard de tonnes de fruits, de légumes, de viandes, de laitages et de céréales...

À chaque seconde, on détruit 41 tonnes de nourriture comestible à travers le monde, alors que plus de 345 millions de personnes souffrent de la faim.

Les Causes Profondes du Gaspillage Alimentaire

Bruno Lhoste s’intéresse au sujet du gaspillage alimentaire depuis longtemps, et il est quelque peu agacé, dans cette histoire, par la manière dont on cible en permanence les consommateurs. Pendant ses études, les petits boulots qu’il enchaîne dans des supermarchés lui ont donné l’occasion de jeter des cageots entiers de nourriture. Au début de sa carrière, le jeune diplômé en énergétique a travaillé sur la problématique de la conservation des récoltes de céréales dans les pays du Sud.

Quel est le secteur où on gaspille le plus ? « Si on regarde les chiffres, les plus grands gaspillages s’observent au niveau du producteur et du consommateur, les pertes y sont les plus importantes« , explique l’auteur, « mais les raisons sont liées à la grande distribution, qui reporte le gaspillage vers l’aval ou l’amont. Les légumes non commercialisés car tordus ou tachés, c’est plus un problème de distributeurs que de producteurs » ajoute-t-il illico.

Pour Bruno Lhoste, les choses sont simples : « Aujourd’hui, nous n’avons pas de politique alimentaire en France, mais une politique agricole, nous avons centré nos efforts sur la politique de production, pas d’alimentation. » Résultat : on a produit beaucoup et on a créé la consommation qui allait avec ; on a perdu la capacité à contrôler les surplus, puis on a laissé le marché faire.

Impact des Politiques Agricoles

Mon amie Isabelle Delannoy, agronome et auteure de plusieurs ouvrages spécialisés sur le développement durable, m’expliquait à ce sujet que nous n’adaptons plus les cultures aux territoires. Vincent Tardieu, journaliste scientifique explique aussi très bien cette évolution dans son dernier livre, Vive l’agro-révolution française ! (Editions Belin, 2012) L’exemple le plus flagrant est celui des élevages porcins situés essentiellement à côté des ports (comme en Bretagne) en raison des quantités de tourteaux de soja à importer pour nourrir les bêtes.

Auparavant, notre agriculture reposait sur un système de polycultures et d’élevages, on cultivait des céréales et on élevait des bovins, le tout fonctionnant en circuit fermé. Maintenant, on a des céréaliers et des éleveurs intensifs.

Source: Planetoscope

Solutions et Initiatives contre le Gaspillage

Dans ces conditions, quelles mesures prioritaires pourraient être conseillées aux responsables de supermarché ? Nous pourrions leur proposer de favoriser l’approvisionnement en circuits courts, « une piste mécanique » d’après Bruno Lhoste. Il est aussi nécessaire de s’attaquer à la question des standards et de réhabituer les consommateurs à l’aspect naturel des fruits et légumes. D’ailleurs, « on n’a aucune étude réelle nous expliquant que les gens veulent des légumes tout ronds et brillants.

Autre solution : en cas de stock en surplus, plutôt que d’écouler les produits avec des remises du type « deux pour le prix d’un », il serait préférable de baisser les prix pour que les produits partent plus vite sans pousser les consommateurs à sur-acheter. Autre aspect à évoquer : les mesures sanitaires, qui se durcissent à force de scandales alimentaires. Si on remonte le cours de l’histoire, déjà, on comprend à quel point l’aberration actuelle est récente. Il y a soixante ans, l’Europe était encore en situation de pénurie alimentaire.

En attendant, l’éducation reste une politique prioritaire pour favoriser la prise de conscience du problème : l’auteur de La Grande (Sur-)Bouffe souhaite d’ailleurs que les consommateurs retrouvent leur autonomie, car « les gens doivent se réapproprier leur alimentation, c’est vital ! Les opérations menées par Tristram Stuart permettent d’initier un mouvement ascendant, et favorisent la prise en compte de la problématique dans un bon état d’esprit« .

Too Good To Go, l’application anti-gaspi incontournable, permet à chacund’entre nous de lutter contre le gaspillage alimentaire à son échelle.

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Avec ce guide, qui regorge d’astuces, de témoignages, de recettes et de défis, Too Good To Go vous livre toutes les clés pour vous lancer dans l’aventure et éradiquer le gaspillage alimentaire de votre quotidien. Emparez-vous de ce guide indispensable dès maintenant pour ne plus jamais gaspiller !

Lucie Basch, centralienne, a fondé son entreprise Too Good To Go France en 2016, afin de lutter contre le gaspillage alimentaire. En 2018, elle est nommée "Femme d'Influence" et reçoit le prix Margaret de l'Entrepreneure de l'année. En 2019, son application rassemble déjà plus de 5 000 000 de citoyens engagés, et ce nombre ne cesse d'augmenter.

Rose Boursier-Wyler est chargée des affaires publiques chez Too Good To Go et diplômée de Sciences Po Paris.

Comment bien conserver les aliments pour réduire le gaspillage alimentaire ?

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