La Galette des Rois, symbole gourmand de l'Épiphanie, est bien plus qu'une simple pâtisserie. C'est une tradition riche en histoire et en significations, célébrée en France et dans le monde entier.
L’Épiphanie est une fête catholique marquant la nuit où les Rois mages, venus d’Orient guidés par une étoile, auraient apporté des présents jusque dans la crèche de Bethléem où se trouvait l’enfant Jésus. L’Épiphanie, c'est avant tout une fête qui célèbre une « apparition », une révélation. Dans la tradition chrétienne, c’est le moment où les Rois Mages, Melchior, Gaspard et Balthazar, arrivent à Bethléem pour rencontrer l’Enfant Jésus.
Cependant, l’origine de la galette n’aurait rien de religieux et remonterait sans doute aux Romains qui fêtaient les « Saturnales » après la mi-décembre. Dans l’Antiquité, les Romains célèbrent en décembre la fête des Saturnales. C’est une période de trêve où la puissance des maîtres sur leurs esclaves était suspendue. On s’offrait alors des présents et on partageait ensemble les arts de la table. Tacite, historien du Ier siècle, évoque la tradition du « Roi du jour » : un banquet au cours duquel maîtres et esclaves partagent un même repas.
À cette occasion, une fève (haricot) est dissimulée dans un gâteau dont l’aspect rond et doré symbolise déjà le soleil. Celui qui tombe sur la fève devient le « Prince des Saturnales » ; il a le droit d’exaucer tous ses désirs pendant une journée, devenant le roi d’un jour. Cette fête est l’occasion d’abolir toutes barrières sociales, notamment entre maîtres et esclaves. La galette des Rois est ronde pour évoquer le soleil (le Christ est la lumière du monde) et l’univers (le Christ Dieu de l’univers).
Saturnales par Antoine-François Callet
C’est autour du 13ème - 14ème siècle qu’apparaissent les premières traces de gâteau du partage lors de l’Épiphanie. Au XIVe siècle, par le biais des papes d’Avignon, le gâteau des Rois arriva en France. Attestée dès le XIVe siècle, la coutume du « roi boit » est une coutume qui tire son nom de l’acclamation, criée par toute la tablée, à chaque fois que le roi désigné par la fève boit. Généralement, la tradition voulait que le roi d’un jour paie sa tournée.
Au 16ème siècle, le gâteau des rois a fait l’objet d’une guerre féroce entre les boulangers et les pâtissiers. En effet, chacun voulait le monopole de la vente de ce gâteau, sentant déjà là un marché juteux. Le roi François 1er accorda le droit aux pâtissiers. Au XVIe siècle, pâtissiers et boulangers se querellèrent pour savoir qui parmi eux pourrait vendre cette couronne briochée. Si François Ier trancha en faveur des pâtissiers, la corporation des boulangers décida alors d’offrir des galettes à ses clients le jour de l’Épiphanie.
Au moment de la Révolution française, certains parlementaires ne voient pas la galette des rois d’un bon œil. En 1792, un député de la Convention, Pierre-Louis Manuel, propose à l’Assemblée l’interdiction de la fête des Rois, sans succès. L’année suivante, L’Épiphanie change de nom : « C’est aujourd’hui la fête de la liberté ; ce jour, autrefois, était consacré à la superstition et au royalisme ; les prêtres seuls fêtaient le jour des Rois ; aujourd’hui, tous les vrais patriotes vont fêter un jour qui est devenu la fête des sans-culottes », explique à la tribune un député jacobin.
La galette est ainsi rebaptisée galette de l’Égalité et ne contient pas de fève. Le 6 janvier 1794, le comité révolutionnaire de Paris dénonce les pâtissiers qui vendent encore des galettes le jour de L’Épiphanie. « ne peuvent avoir de bonnes intentions. Même plusieurs particuliers en ont commandé sans doute dans l’intention de conserver l’usage superstitieux de la fête des rois… ». Les forces de police sont sommées de saisir toutes les galettes dans la capitale.
Dès l’Antiquité, la fève (de haricot blanc ou autre légumineuse) est choisie comme élément caché dans la galette, car c’est l’un des premiers légumes à pousser après l’hiver. Cette graine est un symbole de fécondité, car elle porte en elle le germe de la future plante. La tradition de la fève remonte aux Saturnales organisées dans l’antiquité romaine.
À partir du Moyen-Âge, la dégustation s’est accompagnée peu à peu d’une autre tradition, celle du « Roi boit ». Elle consistait pour celui qui avait trouvé la fève à offrir à boire à tous les convives autour de la table ! Certains resquilleurs, pour éviter de payer leur tournée, avalaient la fève afin d’éviter l’addition… Petit à petit, le haricot est remplacé par une pièce - beaucoup moins digeste ! - afin d’éviter la triche. Quant aux fèves en porcelaine, les premières apparaissent à partir de 1874.
Si les premières fèves sont d’inspiration religieuse, avec des représentations de personnages de la crèche ou des angelots, progressivement, l’étiquette religieuse de la fève disparaît pour laisser place à une fête plus traditionnelle. Et les thématiques évoluent ; les fèves peuvent évoquer la chance (trèfle, fer à cheval), mais aussi des animaux ou des objets du quotidien, voire des symboles républicains (bonnet phrygien).
La galette des rois prend des formes et des parfums variés selon les régions et les traditions locales. La galette à la frangipane est aujourd’hui la plus consommée dans l’Hexagone. Mais d’autres recettes ont perduré dans certaines régions, en fonction des traditions. Si dans les trois quarts de l’Hexagone on mange de la galette, on préfère le gâteau des rois dans le sud de la France.
Voici quelques exemples de variations régionales :
Du "bolo rei" à la "vassilopita" en passant par la "galette des rois", plusieurs pays ont conservé la tradition d'une galette pendant la période des fêtes. En Espagne, le 6 janvier est un jour férié. Selon la tradition, les cadeaux de Noël sont apportés aux enfants par les rois mages ce jour-là et les galettes des rois partagées à cette occasion. Les gâteaux servis en ce jour de fête ressemblent à la couronne briochée provençale et sont, eux aussi, décorés de fruits confits.
Voici un tableau récapitulatif des différentes galettes des rois à travers le monde :
| Pays | Nom de la galette | Description |
|---|---|---|
| France (Nord) | Galette des Rois | Pâte feuilletée fourrée à la frangipane |
| France (Sud) | Gâteau des Rois | Brioche en forme de couronne avec des fruits confits |
| Espagne | Roscón de Reyes | Couronne briochée décorée de fruits confits |
| Portugal | Bolo Rei | Gâteau en forme de couronne garni de raisins secs et de fruits confits |
| Grèce | Vassilopita | Gâteau proche d'un quatre-quarts avec zeste d'orange et noix |
Brioche des Rois, couronne des Rois ou galette provençale : autant de noms que l'on entend parfois pour désigner une recette bien connue en Provence, et même dans tout le Sud de la France et jusqu'en Espagne, le gâteau des Rois. Le gâteau des Rois, c'est cette brioche pleines de fruits confits, qu'on cuisine chaque année en Provence le jour de l’Épiphanie. Dans le calendrier chrétien, la fête de l’Épiphanie achève ainsi le temps de Noël.
Et si la France célèbre cette fête majoritairement autour de la galette à la frangipane, la Provence, elle, continue de partager ses fameux gâteaux des Rois, fourrés de fruits confits, parfumés à la fleur d’oranger : ces fruits confits représenteraient d’ailleurs les trésors amenés par les Mages au petit Jésus. S’il existe de nombreuses recettes du gâteau des Rois selon les régions, Rocher Mistral vous propose aujourd’hui sa recette, typiquement provençale et expérimentée dans la vieille cuisine du château de La Barben.
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