Chaque début d'année, la France s'anime autour d'une tradition gourmande et festive: l'Épiphanie et sa célèbre galette des rois. Indissociable de l’Épiphanie, la galette des Rois arrive sur toutes les tables françaises au début du mois de janvier. Mais au-delà du plaisir gustatif, que se cache-t-il derrière cette célébration? D'où vient la tradition de la galette des Rois ? Pourquoi on tire les rois ? Et comment sont apparues les fèves en porcelaine ?
Une galette des rois traditionnelle.
En France, le 6 janvier est la fête de l’Épiphanie. Ce mot, d’origine grecque - "epiphaneia" - signifie "apparition". L'Épiphanie est une fête chrétienne célébrée le 6 janvier (ou le premier dimanche après le 1er janvier dans certains pays). Pour les chrétiens, l'Épiphanie commémore la manifestation de Jésus-Christ au monde. Elle célèbre principalement la visite des trois Rois Mages - Gaspard, Melchior et Balthazar - à l'Enfant Jésus à Bethléem. L’Épiphanie, célébrée le 6 janvier par les catholiques et le 19 janvier par les orthodoxes, est une commémoration religieuse en hommage à l’arrivée des rois mages à Bethléem. Elle serait l’une des plus anciennes fêtes du christianisme.
Selon l’évangile de Matthieu, Gaspard, Melchior et Balthazar auraient suivi une étoile pour être guidés jusqu’à l’enfant Jésus et lui apporter des présents riches de sens : l’or pour évoquer la royauté de Jésus ; l’encens pour sa divinité et la myrrhe pour son humanité. Aujourd’hui, il n’y a pas de certitude sur le fait que les rois mages étaient bien trois, ni même qu’ils aient réellement existé.
En Provence, l'Épiphanie est un jalon essentiel de la Période Calendale, ce cycle de festivités qui débute avec la Sainte-Barbe le 4 décembre et s'achève à la Chandeleur le 2 février. Elle représente le point culminant de l'installation de la crèche provençale, avec l'arrivée des derniers personnages importants.
Dans la tradition provençale, les Rois Mages ne sont pas placés dès le début de l'installation de la crèche. Ils sont positionnés à distance le jour de Noël et avancent progressivement chaque jour, symbolisant leur long voyage pour rejoindre l'Enfant Jésus. Ce mouvement des santons est une manière de faire vivre la crèche et de raconter l'histoire de Noël.
L'Épiphanie marque la fin de l'arrivée des personnages importants dans la crèche.
La tradition du partage d’une galette n’est aucunement liée au christianisme. La galette des rois est indissociable de l'Épiphanie. La tradition de la galette remonte aux Saturnales romaines, des fêtes païennes célébrées en l'honneur du dieu Saturne à la fin du mois de décembre. Elle serait plutôt un hommage aux Saturnales de l’époque romaine. Ces grandes fêtes en l'honneur de Saturne, le dieu romain du temps, avaient lieu entre fin décembre et début janvier. Comme beaucoup de traditions, celle de la galette des rois est née dans une fête païenne. Elle était partagée entre les romains durant la célébration du solstice d’hiver, pendant les saturnales. Lors de ces festivités, les rôles sociaux étaient inversés et un "roi d'un jour" était désigné par tirage au sort, souvent grâce à un haricot caché dans un gâteau.
A l’occasion de ces fêtes, un repas était partagé entre les maitres et les esclaves. À l’époque, cette journée était très spéciale puisque les esclaves étaient invités à partager un gâteau avec les Romains. On glissait alors une fève (un haricot) dans un gâteau dont l’aspect rond et doré symbolisait le soleil. La fève était l’un des symboles du solstice d’hiver car c’est le premier légume qui pousse au printemps. S’ils tombaient sur la fève dans le gâteau, ils devenaient « Princes des Saturnales » et avaient le droit d’obtenir tout ce qu’ils souhaitaient pendant une journée.
Avec la christianisation de l'Empire romain, l'Église a progressivement intégré et transformé ces coutumes païennes.
La coutume de l’élection du roi est aussi attestée à partir du XIVe siècle, le Roi devait alors payer une tournée à la table, on parlait alors du « roi boit ». Mais certains rois avares qui voulaient éviter de payer la tournée générale, avalaient la fève. A partir du XIXème siècle, cette tradition a été associée à l’épiphanie, qui signifie « apparition » en grec. Un enfant était placé sous la table pour attribuer, de manière juste et innocente les parts du gâteau. La coutume prévoit que la galette soit partagée en autant de parts que de personnes présentes autour de la table, avec une portion supplémentaire.
La fève, initialement un haricot sec, a évolué au fil des siècles pour devenir une petite figurine en porcelaine ou en plastique. Les premières fèves étaient des vraies légumineuses, symboles de la fécondité. Or, la coutume prévoyait que la personne qui trouvait la fève devait payer l’addition de sa table. Ainsi, certains l’avalaient pour ne pas débourser d’argent. Elles ont alors commencé à être remplacées par les fèves en porcelaine, au milieu du XVIIIème siècle.
En 1875 arrivent les fèves en porcelaine de Saxe puis, en 1913, celles qui sortent des ateliers de Limoge. À leur apparition, elles représentaient systématiquement l’enfant Jésus puis un bonnet phrygien. Par la suite, on vit apparaitre des animaux et des symboles de chance (fer à cheval, trèfle…). Quant aux fèves publicitaires, elles arrivent au début du XXe siècle, on les attribue à un certain Monsieur Lion qui a créé une fève en forme de lune où était inscrit le nom de son commerce.
Une collection de fèves modernes.
La personne qui découvre la fève dans sa part de galette est couronnée roi ou reine et choisit son souverain. La galette des rois est devenue, au fil du temps, une tradition familiale.
Évidemment, sous la Révolution il était impensable d’élire un roi. On la remplaça alors par une galette de la Liberté, aussi appelée galette de l’Égalité, sans fève ni roi.
Il existe en effet plusieurs variantes de ce gâteau, en fonction des pays et des régions. En France notamment, chaque région a sa propre pâtisserie pour célébrer cette tradition. Outre les disparités régionales, la galette des rois se décline en de nombreuses versions : aux pommes, aux poires, au chocolat, à la pistache, à la noix de coco, au caramel au beurre salé, au spéculoos… On n’en finit plus d’inventer de nouvelles recettes de galette des rois.
Carte des différentes galettes des rois en France.
Dans les autres pays européens, la tradition de la galette varie tout autant. Plus généralement, il est courant de retrouver la tradition de la galette des rois dans les pays où le Christianisme est présent. C’est le cas notamment du Liban et de ses terres ensoleillées et riches en saveurs exotiques qui permettent de laisser place à la créativité. Enfin, il est possible de retrouver la tradition de la galette des rois dans des pays encore plus lointains comme le Japon. En effet, la communauté chrétienne, bien que très minoritaire, y est implantée depuis la fin du XVIe siècle. Le Japon est aussi un pays très ouvert et adepte des traditions gastronomiques à l'occidentale.
3 à 5 euros : c'est le prix moyen d'une part de galette des rois en France, soit entre 18 et 30 euros la galette de six portions. Un chiffre difficile à calculer avec précision, qui varie fortement en fonction des boulangers et des industriels, mais qui est en hausse par rapport aux années précédentes, en raison notamment de l'augmentation des prix de l'énergie et des matières premières.
Les Français achètent leurs galettes en boulangerie plutôt qu’en grandes et moyennes surfaces, plus appréciées par les jeunes adultes. En janvier, la vente de galettes des rois permet donc aux professionnels d’augmenter leur chiffre d’affaires de 30 à 40 % par rapport à un mois normal.
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