Lorsqu’il s’agit de faire des choix alimentaires éclairés, lire les étiquettes alimentaires accolées sur chaque produit est crucial. L'étiquetage doit faire figurer diverses informations qui renseignent objectivement le consommateur. Effectivement, aux yeux du consommateur, les étiquettes alimentaires sont des sources d’information qui exercent une influence considérable sur les choix des consommateurs.
Entre informations nutritionnelles, origine des ingrédients et détails sur les portions, ce que l’on peut lire sur une étiquette alimentaire repose sur plusieurs facteurs. Alors, que peut-on lire sur une étiquette alimentaire ?
En France, l’étiquetage des denrées alimentaires est strictement encadré pour assurer une information transparente et fiable. Voilà pourquoi bien lire les étiquettes alimentaires est essentiel pour bien consommer au quotidien.
Le Règlement européen no 1169/2011 INCO publié le 22 novembre 2011 présente les informations qui doivent être affichées pour le consommateur de denrées alimentaires. L’objectif est d'éclairer le consommateur en termes de santé, de qualités gustatives, et d’informations sur la composition des aliments.
Ce que dit le règlement :
La lisibilité est importante pour permettre au consommateur de s’y retrouver. Ainsi le règlement impose une taille de caractères de 1,2 mm au minimum (exception pour les emballages de taille inférieure à 80 cm², avec une taille de caractères à 0,9 mm).
Les produits préemballés (aliments sous vide, produits en libre accès dans les rayons des supermarchés…) sont les plus fournis en matière d’informations. Ainsi, vous pourrez y trouver bien plus que 3 mentions obligatoires.
Voici toutes les informations que vous pourrez lire sur les étiquettes alimentaires des produits préemballés :
Tous les aliments et les produits frais que vous achetez chez le boucher (étiquettes boucherie-charcuterie), chez le boulanger (étiquettes des pains et viennoiseries), ou chez le maraîcher, sont soumis à des normes d’étiquetage particulières. En effet, la lecture de l’étiquette d’un produit alimentaire non préemballé s’associe à 3 mentions obligatoires.
Ci-dessous, ce que vous pourrez lire sur l’étiquette alimentaire d’un produit non préemballé :
Mêmes enjeux que pour la lecture des étiquettes de denrées alimentaires préemballées : les mentions présentes sur les étiquettes de produits visent à garantir une information claire et complète, permettant aux consommateurs de faire des choix éclairés en alliant sécurité alimentaire, rapport qualité-prix et besoins nutritionnels.
On l’a vu, beaucoup d’informations sont présentes sur les étiquettes alimentaires. La plupart des consommateurs se disent parfois perdus entre les différentes mentions qui sont accolées sur les produits alimentaires entreposés dans les rayons des supermarchés.
Entre les appellations « pauvre en sel », « sans matière grasse », et les listes des ingrédients assez complexes à décrypter, il faut savoir s’y retrouver. Retenez premièrement que la valeur énergétique d’un produit est égale à la valeur nutritionnelle.
Cette information est obligatoire sur tous les produits préemballés depuis 2016. La valeur énergétique d’un aliment (viande sous vide, boîte de conserve, sachet de biscuits…) correspond au nombre de calories pour une portion de 100 grammes.
Notons également qu’en plus de la présence d’allergènes, la liste des additifs présents dans de nombreux produits préemballés ou non peut venir complexifier la tâche. Néanmoins, pour décrypter une étiquette alimentaire en tenant compte de la présence d’additifs, prenez en considération les codes suivants :
La traçabilité de la viande est un système qui permet de suivre la viande depuis sa production jusqu’à sa consommation. La traçabilité alimentaire est essentielle pour garantir la sécurité alimentaire et renforcer la confiance des consommateurs. Elle permet également de réagir rapidement en cas de problème sanitaire.
La réglementation européenne impose des normes strictes concernant l’étiquetage et la traçabilité des viandes, notamment le règlement n° 1760/2000. En France, des normes spécifiques s’appliquent pour assurer la traçabilité des viandes, garantissant ainsi la sécurité des consommateurs.
L’origine de la viande doit être clairement indiquée sur l’étiquette, permettant aux consommateurs de savoir d’où provient le produit. Les conditions dans lesquelles les animaux ont été élevés et abattus sont également des informations essentielles pour les consommateurs. Les informations sur l’étiquette influencent souvent nos décisions d’achat, en favorisant des produits plus éthiques et transparents.
Une bonne traçabilité permet aux producteurs de valoriser leurs produits en mettant en avant leur origine et leurs méthodes de production. Les consommateurs sont plus enclins à acheter des produits dont l’origine et les conditions de production sont clairement indiquées.
La traçabilité garantit que la viande est sans danger pour la consommation. Elle permet aux consommateurs de faire des choix éclairés et éthiques concernant leur alimentation.
Pour améliorer la traçabilité, l’utilisation d’un ERP agroalimentaire est fortement recommandée. Ces systèmes permettent de suivre la chaîne d’approvisionnement de manière efficace et transparente.
L’étiquetage concernant le poids net du produit oscille entre 2 mm (si < à 50 g) et 6 mm (si > à 1 000 g). Le poids net permet de mesurer la quantité totale de denrées présentes dans l’emballage.
La dénomination de vente est la description de la denrée alimentaire concernée. Elle indique la nature de l’aliment contenu dans l’emballage, le plus précisément possible. Elle doit mentionner le traitement spécifique qu’il a subi (déshydraté, surgelé, fumé...) ou l’état physique dans lequel il se trouve (décongelé, en poudre...) si c’est de nature à créer une confusion pour le consommateur.
Ces indications peuvent devenir obligatoires dans certains cas (pour les aliments traités par ionisation, ou pour certains produits : lait pasteurisé, écrémé, crème stérilisée, etc.).
La provenance doit être indiquée pour les viandes fraîches, réfrigérées ou congelées de bœuf, volaille, mouton, porc et chèvre et le lait. Le lieu de provenance doit être noté pour les denrées alimentaires dès lors que son omission pourrait induire le consommateur en erreur.
La mention de l’origine signifie que les lieux de naissance, d’élevage et d’abattage sont situés dans le même pays. Ainsi, on ne peut écrire sur l’emballage “viande française” si l’animal n’est pas né en France.
Les produits carnés et le lait doivent avoir une estampille vétérinaire. C’est la preuve du contrôle par les services vétérinaires du ministère de l’Agriculture.
L’ingrédient primaire est l’ingrédient entrant pour 50 % ou plus dans la composition d’une denrée ou l’ingrédient habituellement associé à la dénomination de cette denrée par le consommateur.
Depuis le 1er avril 2020, lorsque l’étiquetage fait apparaître l’origine d’une denrée alimentaire (ex. “vinaigre français” sur un paquet de chips) et que celle-ci diffère de celle de son ingrédient primaire (ex. pommes de terre polonaises), l’indication de l’origine de l’ingrédient primaire (“pommes de terre origine Pologne”) est obligatoire (sur le paquet de chips au vinaigre).
Depuis le 13 décembre 2016, la loi impose de mettre en place un étiquetage permettant de comparer les denrées entre elles. La déclaration nutritionnelle a notamment pour but d’améliorer l’alimentation du consommateur et de lutter contre l’obésité.
Les mentions sont obligatoires sur une multitude de produits, à l’exception de certains produits que l’on retrouve à l’annexe V du règlement (UE) n°1169/2011 du parlement européen et du conseil du 25 octobre 2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires :
Les valeurs nutritionnelles (pour 100g) à déclarer sur l’étiquette :
Les producteurs artisanaux peuvent bénéficier d’une dérogation à cette obligation s’ils commercialisent « en faibles quantités » sur des circuits courts.
Ces indications peuvent être complétées par le Nutri-Score à titre volontaire. Le Nutri-Score est un logo basé sur 5 lettres (de A à E) indiquant la qualité nutritionnelle du produit.
L’information de présence d’allergènes est obligatoire ! L’information doit être écrite de façon lisible avec le terme « contient… ».
La liste des allergènes est longue : gluten, lait et produits à base de lait, fruits à coque…
Enfin, l’autre information essentielle à présenter sur l’emballage des produits est la date de consommation.
Elle peut prendre différentes formes :
Liste des ingrédients, valeurs nutritionnelles, allergènes… vous en savez maintenant plus sur l’étiquetage des denrées alimentaires. Ces mentions sont souvent appréciées des marques en tant qu’argument marketing, mais il est important de les encadrer pour éviter les dérives et maintenir le but premier de l’étiquetage : informer le consommateur et protéger la traçabilité.
Alors que 8 Français sur 10 jugent essentiel de connaître l’origine des produits alimentaires, les règles d’étiquetage ont évolué ces dernières années. Entre obligations temporaires, abandon de mesures et initiatives volontaires, la transparence reste incomplète, notamment pour les aliments transformés.
L’origine des produits, au même titre que le prix, est un critère de décision important pour guider les consommateurs dans leurs choix au supermarché.
Au supermarché, si l'origine de la viande est bien mentionnée sur les produits frais, il n'y a pas d'obligation sur les produits ultra-transformés, la réglementation ayant évolué au cours des dernières années.
Un décret paru le 21 août 2016 au Journal officiel avait rendu obligatoire à titre expérimental « l’indication de l’origine du lait ainsi que du lait et des viandes utilisés en tant qu’ingrédients dans les denrées alimentaires préemballées » à compter du 1er janvier 2017 (1). Les seuils n’ont pas encore été fixés avec les acteurs des deux filières.
Mais cette mesure a été abandonnée en 2021, ce qui a entraîné plus d’opacité sur l’origine des viandes utilisées dans les aliments ultra-transformés.
Afin d'améliorer l'information sur l'origine des matières premières des produits alimentaires transformés, une nouvelle étiquette « Origin'Info » a été créée en mai 2024 en France (3). Toutefois, cette démarche reste volontaire, à l’initiative des marques.
Comme l'explique le ministère de l'économie et des finances sur son site, l’indication de l’origine est obligatoire pour les viandes préemballées des espèces porcine, ovine, caprine, ainsi que pour la volaille (4). Il est obligatoire pour un boucher d'afficher l'origine des viandes fraîches vendues dans sa boucherie (pays d'élevage notamment), conformément à la loi du 10 juin 2020 relative à la transparence de l'information sur les produits agricoles et alimentaires (5).
Depuis le 19 février 2025, les restaurants doivent indiquer la provenance des viandes achetées crues, une obligation qui a déjà existé entre 2022 et février 2024 (5). Elle s’applique uniquement « aux viandes achetées crues par les restaurateurs et non aux viandes achetées déjà préparées ou cuisinées. L’obligation concerne les pays d’élevage et d’abattage à l’instar de la réglementation européenne ».
À partir d’aujourd’hui, un étiquetage « simplifié » fait son apparition sur les barquettes de viande vendues en libre-service dans les supermarchés. Ce nouvel affichage remplace les dénominations des muscles par des termes génériques (steak, rôti, pot-au-feu…) et un classement par étoiles.
Face à des ventes en perte de vitesse, l’Association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes (Interbev) a donc décidé de réagir. Non pas en faisant œuvre de pédagogie auprès d’un large public qui ne demande qu’à apprendre (le succès populaire des émissions culinaires en témoigne), mais au contraire en simplifiant l’étiquetage, afin que « la viande parle enfin au consommateur », selon le slogan d’Interbev ! Un comble alors que l’information des clients va être largement amputée.
Le nouvel affichage conçu par la profession a pourtant reçu l’aval des pouvoirs publics et s’applique dès le 13 décembre aux barquettes de viande bovine et ovine vendus dans les grandes et moyennes surfaces (heureusement, les boucheries artisanales en sont exemptées, mais jusqu’à quand ?).
Seules les dénominations connues de tous, telles que filet, faux-filet, rumsteck, onglet, T-bone, jarret… figureront désormais sur les emballages. Exit, en revanche, le merlan, la poire, l’araignée, le rond de tranche ou le mouvant. Tant pis pour les connaisseurs qui appréciaient ces morceaux. Ils ne pourront plus les repérer sur les étiquettes car ils sont désormais regroupés sous des appellations génériques beaucoup moins poétiques : steak, rôti, bourguignon, pot-au-feu…
Leur mode d’emploi (à griller, à rôtir, ou à mijoter) est également précisé, pour éviter de fausses manœuvres aux cuisiniers débutants.
Enfin, la qualité des morceaux apparaît sur l’étiquetage. Ce classement, exprimé par une, deux ou trois étoiles, comme pour les hôtels, indique la tendreté pour les morceaux à griller ou à rôtir, mais également le moelleux, lié à la teneur en collagène, pour les morceaux à mijoter.
La filière viande a donc choisi de se positionner délibérément à contre-courant des tendances actuelles en privilégiant un modèle à deux vitesses : les produits de qualité, à la traçabilité irréprochable vendus par des artisans bouchers à destination des classes aisées de la population, et des produits tout-venant, vendus préemballés par la grande distribution avec un étiquetage simpliste à base de pictogrammes et d’étoiles, à destination d’une clientèle « incapable » de se repérer.
Un positionnement pour le moins malvenu, qui risque d’appauvrir encore un peu plus le référentiel alimentaire du plus grand nombre.
Dans ces conditions, mieux vaut fuir les rayons concernés et acheter sa viande chez un artisan boucher. Un vrai gage de qualité !
tags: #etiquette #alimentaire #viande #guide
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