L'élevage porcin en Afrique présente un potentiel considérable pour stimuler la sécurité alimentaire, générer des revenus et favoriser le développement rural. Toutefois, ce secteur est confronté à de nombreux défis qui entravent sa croissance et sa durabilité. Cet article explore les techniques d'élevage utilisées en Afrique, les défis auxquels les éleveurs sont confrontés et les perspectives d'avenir pour ce secteur en pleine expansion.
En Afrique de l'Ouest, les cheptels porcins connaissent des croissances de l’ordre de 5 à 10 %. L’élevage porcin est en pleine expansion en Afrique de l’Ouest, avec selon les pays des croissances des cheptels de l’ordre de 5 à 10% (FAO, 2007). Le Burkina Faso, le Nigeria et le Cameroun sont les principaux pays producteurs. Seul le Ghana montre une légère décroissance des effectifs.
L’élevage porcin représente une source de protéines animales de qualité pour les foyers africains et surtout de revenus pour les paysans.
L'histoire de la production porcine en Afrique s'étend sur des millénaires et est profondément liée à l'évolution culturelle, économique et agricole du continent. La population porcine totale en Afrique représente environ 4,6 % de la population porcine mondiale.
Dans les régions où elle est pratiquée, la porciculture joue un rôle social et économique important lorsqu’elle se pratique à petite échelle, souvent combinée à d’autres activités agricoles.
L’élevage extensif où les porcs sont laissés en divagation dans les villages représente une activité de subsistance. Ces animaux jouent le rôle de compte d’épargne ou de police d’assurance en cas de besoins d’argent (par exemple pour acheter des semences ou des fertilisants, rembourser des soins médicaux, payer les frais de scolarité des enfants, faire face à une mauvaise récolte, ou lors des fêtes coutumières).
Ce mode d’élevage requiert un minimum d’intrants et de travail, et très peu d’argent est investi dans l’alimentation ou les vaccins ; la productivité apparaît donc faible mais en contrepartie le risque financier l’est également. On estime à 400 000 t, soit 50% de la production totale de l’Afrique subsaharienne, la production de viande de porc issue de ce mode d’élevage.
Au sud du Tchad et au Nord Cameroun, zones préservées de la peste porcine africaine, ce système d’élevage extensif a su prendre de l’importance en constituant la base des filières d’approvisionnement en viande de porc des villes du sud du Cameroun.
L’élevage paysan en système clos permet de mieux maîtriser les conditions d’élevage et de sécuriser les revenus. Cet élevage semi intensif fournit environ 40% de la production totale. Les porcs, qui permettent de valoriser les déchets ménagers (eaux grasses), les résidus de cultures (sons de riz, fruits) et les sous-produits des activités de transformation agroalimentaire (drèches, tourteaux) sont intégralement dépendants de leur propriétaire, en majorité des femmes, qui les nourrissent et les maintiennent dans des porcheries rustiques, construites à l’aide de matériaux locaux (banco).
Les manipulations des animaux et les soins (vaccination, traitements) s’en trouvent facilités.
Il existe plusieurs systèmes d'élevage porcin en Afrique, chacun ayant ses propres caractéristiques et niveaux d'intensité :
Sur le plan génétique, des croisements assez performants entre races porcines européennes (Large White, Landrace) et porcs locaux permettent d’améliorer les performances de croissance et de prolificité, et de bénéficier de la souplesse alimentaire des porcs locaux (bonne tolérance aux aliments volumineux et pauvres).
Les performances des animaux sont en partie liées aux modes d’élevage et d’alimentation auxquels ils sont soumis. L’amélioration de l’alimentation avec des apports protéiques et énergétiques adaptés aux besoins physiologiques des animaux doit permettre à terme d’aboutir à une croissance plus rapide des animaux et à l’amélioration de la qualité des carcasses.
Dans ce processus d’intensification, les techniques d’élevage (déparasitage des animaux, vaccinations, etc.) évoluent et conduisent à mieux valoriser le potentiel des animaux et à garantir la pérennité de l’élevage par une bonne gestion financière et une bonne maîtrise de l’état sanitaire des troupeaux.
L’amélioration de la productivité de la filière porcine grâce à l’augmentation significative du nombre de personnes élevant des races de porcs améliorées par l’adoption de l’insémination artificielle dans les élevages locaux.
Malgré son potentiel, l'élevage porcin en Afrique est confronté à plusieurs défis majeurs :
De nombreuses contraintes pèsent sur ce processus d’intensification, notamment les problèmes de pollution par les effluents d’élevage, les ruptures d’approvisionnement et les problèmes de qualité des intrants, les pathologies, mais aussi les fluctuations des prix des intrants et la forte concurrence des viandes importées.
Face à ce constat et pour que ces filières en voie d’intensification puissent perdurer, il faut qu’elles soient performantes, protégées ou que les coûts de production soient faibles. La question est alors de savoir comment faire, en Afrique de l’Ouest, pour soutenir les éleveurs de porcs quand on importe la génétique, une bonne partie des matières premières, le matériel d’élevage, les médicaments vétérinaires et que l’agriculture n’est pas subventionnée.
Dans les zones périurbaines, même si elles demeurent loin des situations extrêmes que l’on peut rencontrer par exemple en Asie avec 1 400 habitants par km² dans les deltas, le manque de place et la croissance démographique pénalisent le développement ou la modernisation des bâtiments d’élevage. La présence de ces élevages porcins est déjà remise en question du fait des nuisances et des problèmes sanitaires dus à la concentration anarchique des élevages, des insuffisances en terme de biosécurité et de santé animale, d’autant que les pays d’Afrique de l’Ouest se trouvent confrontés à la perspective d’une réapparition de la peste porcine africaine.
Avec une mortalité de près de 100% dans les troupeaux, l’impact économique pour les éleveurs et l’ensemble du secteur de l’élevage porcin a été dramatique. En aval de la filière, les structures d’abattage, de contrôle sanitaire et de transformation de la viande demeurent insuffisantes. La qualité des viandes ainsi que l’hygiène à l’abattage sont encore faibles.
« Le principal frein au développement de la production porcine dans ces pays est l’absence de politiques nationales permettant d’aider les éleveurs », estime Bernard Bernicot.
Au cours des dernières années, cette pathologie a été observée au Bénin, au Burkina Faso, au Cameroun, au Togo, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Nigeria ou encore au Sénégal où elle a décimé 66% du cheptel en 1996.
L'interprofession Inaporc vient de lancer sa nouvelle campagne de promotion Le Porc Français.
Sur place, Axiom a travaillé avec l’association volontaire experts (AVE) composée de retraités qui assistent les éleveurs africains dans leurs projets de développement. Leur collaboration a abouti à la rédaction d'un guide de l’éleveur de porc en Afrique.
Avec une demande en hausse en viande porcine, on assiste à un regain d’intérêt pour le développement de la production porcine en Afrique. À moyen terme, on peut douter que de forts investissements et de nouvelles installations de porcheries industrielles viennent modifier radicalement le secteur porcin en Afrique de l’Ouest.
Il apparaît plus vraisemblable que son développement sera progressif et se basera sur la professionnalisation des petits producteurs ainsi que sur l’émergence d’organisations coopératives et interprofessionnelles. En dehors de ces voies classiques de renforcement des filières d’élevage, des initiatives existent en Afrique et en Asie pour réfléchir à un accompagnement de la transition des éleveurs porcins au travers d’une valorisation alternative face aux produits importés de qualité standardisée.
Sans négliger l’importance de proposer un produit sûr pour le consommateur, des expériences proposent de baser le développement des filières sur l’amélioration de la qualité des produits et la mise en place de guides de bonnes pratiques reconnaissant le savoir-faire des producteurs africains, ou encore par une meilleure considération de ces systèmes localisés, souvent économes en intrants et en énergie.
Avec plus de 1,4 milliard d'habitants et une croissance prévue à environ 2,5 milliards d'ici 2050, la demande en protéines animales, dont la viande de porc, est en constante augmentation en Afrique.
Le gouvernement rwandais a mis en place des programmes pour accroître la productivité porcine de 36% d’ici 2029.
Dans le département de Korhogo, les porcs sont élevés dans deux types de fermes. Il y a les fermes dont les bâtiments sont totalement couverts. Les animaux de ce type de ferme sont protégés du soleil. Il y a également des fermes dont les bâtiments sont semi-ouverts. Dans ces fermes, les animaux jouissent d’un espace non couvert où ils peuvent recevoir l’ensoleillement.
On sait que la viande n’est pas consommée uniquement pour les protéines ou les lipides, mais aussi pour les vitamines et les minéraux. Or la composition de la viande en ces micronutriments dépend non seulement de l’alimentation des animaux, mais aussi du type d’élevage (Mourot, 2010). Dans le cas par exemple de la vitamine D3, les animaux peuvent l’obtenir par l’alimentation mais aussi en la synthétisant, la synthèse étant favorisée par l’exposition de la peau au soleil (Lauridsen, 2014). Une carence en vitamine D3 réduit la rétention de calcium, de phosphore et de magnésium (Miller et al., 1965).
L’élevage porcin n’est pas standardisé en Côte d’Ivoire. Alors que les porcs de races locales sont en divagation dans les villages, l’élevage des races importées, ou de produits de leurs croisements, se fait dans des enclos à l’image des pays occidentaux afin de protéger les animaux des températures élevées caractéristiques du climat tropical.
L’étude a porté sur 32 porcs de race Korhogo, une race issue de l’amélioration de la race locale, tous de peau blanche. Des verrats craonnais auraient été croisés avec des femelles locales. Les meilleurs descendants de ce croisement auraient ensuite été accouplés avec des verrats Yorkshire. La stabilisation de cet étage a donné naissance à la souche de Korhogo dite « Race Korhogo ou Porc de Korhogo » (CIRAD, 2016).
Les données proviennent d’un échantillonnage de commodité réalisé sur les deux types d’élevage de porcs qui existent dans les environs de la ville de Korhogo, le choix des fermes et des animaux étant basé sur la facilité d’accès.
Les variables dépendantes de l’étude sont les concentrations plasmatiques ou sériques en vitamine D3, calcium, phosphore et magnésium. La variable explicative est le type de ferme.
Ainsi, 14 porcelets étaient issus des fermes couvertes et 18 porcelets des fermes semi-ouvertes, soit un total de 32 porcelets. Le nombre (n) des animaux par groupe est indiqué pour chaque type de ferme.
Comparée à la ferme couverte, la valeur moyenne de la concentration en vitamine D3 est significativement supérieure dans le sang des porcelets des fermes Semi-ouvertes (p<0,0001). Les concentrations en calcium et en phosphore ne sont pas statistiquement différentes quel que soit le type de ferme (p=0,91 et p=0,3, respectivement).
Chez les femelles, on observe que la concentration en vitamine D3 est significativement plus élevée (p<0,0001) dans le sang des porcelets (Tableau VIII) qui sont issus des fermes semi-ouvertes en comparaison avec la valeur moyenne des concentrations en vitamine D3 obtenues chez les porcelets des fermes couvertes. En revanche, les concentrations en calcium et en phosphore ne sont pas significativement différentes (p=0,94 et p=0,63, respectivement) d’un type de ferme à l’autre (Tableau VIII).
En effet, la concentration de la vitamine D3 est significativement élevée (p<0,0001) dans le sang des porcelets des fermes semi-ouvertes en comparaison avec la valeur moyenne des concentrations en vitamine D3 obtenues chez les porcelets de fermes couvertes.
L'élevage porcin en Afrique a un potentiel important de croissance et de développement. Des efforts concertés sont nécessaires pour surmonter les défis sanitaires, techniques et socio-économiques afin de permettre à ce secteur de jouer pleinement son rôle dans la sécurité alimentaire et le développement rural du continent.
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