Le carboxyméthyl cellulose de sodium (CMC), identifié sous le code E466, est un additif alimentaire largement utilisé dans l'industrie agroalimentaire. Il agit comme épaississant, gélifiant, stabilisant et agent d’enrobage, et se retrouve dans un grand nombre de produits alimentaires industriels.
Vous avez sûrement remarqué sur les emballages de vos produits préférés ces codes incompréhensibles et ces E je-ne-sais-pas-quoi. Je souhaite vous parler de E466.
La flore intestinale désigne l’ensemble des bactéries naturellement présentes dans notre intestin. Pour la petite histoire, réunies, elles pèsent environ 1,5 kg et sont dix fois plus nombreuses que toutes les cellules de notre corps. Tenté(e) d’ expliquer votre poids avec cet argument ?
Plusieurs études ont mis en évidence l'impact du E466 sur la composition et la fonction de la flore intestinale, également appelée microbiote. Des études effectuées sur la souris montraient qu’il avait des effets néfastes, provoquant des modifications délétères de la flore intestinale (microbiote) et une inflammation du côlon.
Visualisation du microbiote intestinal humain (rouge) au sein de la couche de mucus (verte) située à la surface de l’intestin.
Ces soupçons sont confirmés par une étude menée chez l’homme cette fois et publiée récemment (1). Durant cette expérimentation, des volontaires en bonne santé ont été répartis en deux groupes dont les repas étaient soigneusement contrôlés : la nourriture du premier groupe était largement additionnée de CMC, la nourriture du second groupe était exactement la même mais sans CMC.
Chez les participants ayant consommé du CMC, les chercheurs ont observé une modification de la flore intestinale, avec une moindre diversité au sein des bactéries. A été observée par exemple, une diminution nette des Faecalibacterium prausnitzii, des bactéries dont la présence est corrélée à une bonne santé et une moindre inflammation.
Au niveau des substances produites par les bactéries (métabolites), une raréfaction est également constatée, notamment des acides gras à chaînes courtes, des composés que l’on pense bénéfiques pour la santé. Fait intéressant, les mêmes analyses, faites sur les mêmes personnes un mois environ après l’arrêt du CMC, ont montré un retour à la normale.
Enfin, sur le plan clinique, une légère augmentation de l'inconfort abdominal était aussi rapportée.
L’étude était courte (11 jours) avec des doses élevées d’additif (15 g/j), ce qui ne correspond pas à notre exposition qui est plutôt de longue durée et à plus faible dose. Mais ses résultats confortent le classement du CMC dans la catégorie « peu recommandable » de la base des additifs de Que Choisir.
Une nouvelle étude, publiée dans Gastroenterology, la même équipe montre aujourd’hui chez des volontaires sains, que le carboxyméthylcellulose (CMC)[1], un émulsifiant alimentaire largement utilisé, impacte l’environnement intestinal en altérant la composition du microbiote.
Si la consommation de CMC n’a entraîné aucune pathologie inflammatoire dans cette étude relativement courte, ces résultats confirment les données issues des études animales et suggèrent que la consommation à long terme de cet additif pourrait impacter négativement le microbiote intestinal et par conséquent favoriser les maladies inflammatoires chroniques ainsi que des dérégulations métaboliques chez l’humain.
Ceux qui souhaitent éviter le carboxyméthyl cellulose et ses dérivés pourront les repérer dans la liste des ingrédients sous les codes E466, E468 et E469.
Infographie additifs alimentaires.
Les compléments alimentaires peuvent contenir des additifs cachés. Selon la dénomination officielle, ce sont les auxiliaires technologiques : leur mention n'est pas obligatoire sur l'étiquette du produit final.
Les auxiliaires technologiques sont des substances utilisées lors du traitement ou de la transformation de matières premières afin de répondre à un objectif technologique donné. Hormis les préparations enzymatiques réglementées par l’Europe, l’ensemble des auxiliaires technologiques sont réglementés au niveau français.
Ils peuvent inclure des émulsifiants, des stabilisants, des agents gélifiants, des agents de texture, des agents anti-agglomérants, des colorants, des arômes, et d'autres substances. L'objectif premier de ces additifs est d'améliorer la qualité du produit final, sa facilité de fabrication ou sa stabilité au fil du temps.
Les auxiliaires technologiques sont ceux inclus dans la formule de base du fabricant. Les additifs qui seraient ajoutés lors des étapes ultérieures de fabrication du produit doivent, eux, être mentionnés.
Il est très difficile, voire impossible, pour le grand public de connaître les auxiliaires technologiques présents dans les compléments alimentaires, car ces informations ne sont pas indiquées sur les étiquettes des produits. Les consommateurs peuvent contacter directement le service clientèle des marques pour obtenir des informations supplémentaires sur les auxiliaires technologiques.
Beaucoup de marques prétendent qu'elles proposent des produits "sans additifs". Or, cela signifie qu'elles n'ajoutent pas d'additifs à la formule du fabricant initial. Il faudrait que toutes les marques affichent tous les ingrédients, dont les auxiliaires technologiques.
L’équipe souligne la nécessité de travaux complémentaires pour caractériser l’impact à long terme de cet additif alimentaire, ainsi que l’étude chez des individus souffrant de maladie inflammatoire chronique de l’intestin.
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