Diversification Alimentaire dans le Monde: Exemples et Pratiques

La diversification alimentaire est une étape cruciale dans la vie d'un enfant, marquant le passage d'une alimentation exclusivement lactée à la découverte de nouveaux goûts et textures. Cette transition, qui intervient généralement entre 4 et 6 mois, est influencée par des facteurs culturels, géographiques et des recommandations de santé publique qui varient à travers le monde. Explorons ensemble les différentes approches de la diversification alimentaire, les exemples concrets de pratiques dans divers pays et les méthodes alternatives comme la diversification menée par l'enfant (DME).

Recommandations Générales et Évolutions

Les recommandations préconisent de débuter la diversification entre 4 et 6 mois. On oublie souvent que le lait, maternel ou infantile, couvre à lui seul les besoins nutritionnels de l’enfant jusqu’à 6 mois révolus. D’ailleurs pas mal de pays dans le monde commencent la diversification à 6 mois. La bonne nouvelle c’est qu’aujourd’hui on considère qu’il n’y a plus d’ordre particulier pour introduire les aliments. Toutes les familles d’aliments (légumes, fruits, viande, poisson, œufs, légumes secs, féculents, produits laitiers) peuvent être introduites dès le début de la diversification dans la mesure où la forme est adaptée aux capacités du bébé et où il digère bien.

Il y a peu de temps en France on conseillait d’introduire les lentilles à partir de 15-18 mois et pourtant d’autres pays le faisaient à 6 mois. Les nouvelles recommandations mettent donc tout le monde d’accord. Ce qui simplifie la vie quand on est expatriés, car du coup on va proposer au bébé les aliments que l’on trouve là où l’on vit. Il y a néanmoins des aliments à éviter chez les tout-petits : les charcuteries, les viandes, poissons et œufs quand ils sont crus ou peu cuits, le miel chez les bébés de moins de 1 an, le formage au lait cru (sauf Emmental, Comté, Beaufort…), le soja et les aliments ultra transformés. Au début on préférera une alimentation sans sel ajouté et on essaiera de retarder l’introduction du sucre.

Pensez aussi à varier les repas quotidiennement, ce qui permettra à bébé de moins refuser les aliments par la suite. Ils sont à introduire également dès le début de la diversification et surtout il faut continuer à les présenter régulièrement. Les aliments allergènes sont à introduire 2-3 jours d’affilée pour vérifier qu’il n’y ait pas de réaction. Quelques allergènes : lait, œuf, poisson, arachide, fruits à coque, blé, sésame… On adaptera la forme aux capacités de bébé. Une fois de plus c’est une bonne nouvelle du côté des nouvelles recommandations.

Le maître mot est de faire confiance aux sensations de faim et de rassasiement du bébé. Chaque bébé est différent, donc ils auront un appétit différent. On sera tout de même vigilants aux quantités de lait, de viande/poisson/œuf : 10g par année d’âge (10g = 2 cuillères à café) et d’huile (1 cuillère à café par jour au début). Les bébés ont besoin de gras, il ne faut pas oublier l’huile et en rajouter si vous achetez des petits pots sans matières grasses. Pour les quantités de viande/poisson/œuf, cette recommandation n’est pas valable dans tous les pays. Certains insistent sur la consommation d’aliments d’origine animale pour couvrir les apports en fer.

Pour revenir aux quantités en général, n’oubliez pas que la faim peut varier en fonction des périodes de croissance, de la chaleur, des dents qui percent ou de l’état de santé. Tant que la courbe de corpulence suit son cours et que bébé grandit bien il n’y a pas d’inquiétude à avoir.

Diversification Alimentaire à Travers le Monde: Exemples

Les pratiques de diversification alimentaire varient considérablement d'un pays à l'autre, reflétant les différences culturelles, les habitudes alimentaires locales et les recommandations de santé publique. Voici quelques exemples :

  • Asie : En Chine, au Japon et dans d'autres pays asiatiques, le riz est souvent le premier aliment introduit. Au Japon, une bouillie de riz appelée "okayu" est couramment utilisée.
  • Inde : Les bébés indiens sont souvent initiés très tôt aux plats épicés, avec des bouillies comme le khichdi (riz et lentilles avec curcuma). Les oléagineux sont également très présents dans l'alimentation infantile.
  • Vietnam : La bouillie de riz est aussi l'aliment typique pour démarrer la diversification, mélangée avec de l’eau ou du bouillon de poulet.
  • Nigéria : Le 'moi moi', une sorte de pudding de haricots, est un plat courant pour les bébés.
  • Brésil : Les brésiliens cuisinent des papinhas soit des bananes ou des patates douces écrasées.
  • Danemark : Les danois démarrent la diversification alimentaire entre 4 et 6 mois et souvent par… des pommes de terre car c’est LE légume qui pousse partout dans le pays.
  • Suède : Les suédois ne dérogent pas à la règle. Dès 6 mois, ils proposent à bébé une bouillie communément appelée välling.
  • Belgique : Les Belges ont pour habitude de commencer par les fruits et non par les légumes. Ils sont proposés sous forme de panade soit un fruit mixé avec un peu d’eau et un biscuit sans gluten.
  • Italie : L’Italie démarre la diversification par des purées de légumes avec une petite spécificité locale : un trait d’huile d’olive et du parmesan bien sûr !

En France, la diversification c’est plutôt légume puis fruits lisses et mono produit avant d’introduire les protéines, les laitages et de jouer sur les textures. Encore une fois, ce rituel est bien différent que l’on soit au Japon, où Bébé découvre la fameuse saveur umami, au Brésil ou encore en Inde où les épices sont déjà reines dans l’alimentation de Bébé. Enfin, sachez que si nous utilisons très classiquement la cuillère pour donner la purée à Bébé, autour du monde on utilise le prémachage comme ses doigts bien entendu ! Prêt.e.s les petits globetrotters ?

Dans la manière et la fréquence de donner à manger aux enfants, là encore, les différences sont significatives. Dans certains pays, les enfants sont nourris une seule fois par jour contre 4 dans d'autres. Par ailleurs, s'il est habituel pour nous, frrançais, de nourrir l'enfant à la cuillère, il existe bien d'autres façon d'apporter la nourriture jusqu'à l'enfant. Par exemple, cela peut aller du prémâchage des aliments, à l'utilisation des doigts pour donner la nourriture. Dans de nombreux pays du monde, l'enfant est sensé être autonome très tôt et manger par lui-même.

La Diversification Menée par l'Enfant (DME)

Il y a cependant une autre façon de faire découvrir les aliments au nourrisson: on parle de diversification menée par l’enfant (DME). Certains utilisent le terme de diversification consciente ou autonome. Votre pédiatre vous dira si votre enfant est prêt pour la démarrer (entre 6 et 8 mois). En particulier dès qu’il commence à se tenir assis avec appui par lui-même. Il ne doit pas se pencher en avant, c’est qu’il n’est pas prêt.

Le principe est de faire découvrir à l’enfant une manière saine et solide qui lui soit agréable (trop d’enfants développent des blocages alimentaires qui mènent à des situations de conflit, de forçage), amusante et sans danger. Pas avant 6 mois, quand l’enfant commence à tenir assis avec appui, calé dans sa chaise haute! ou une chaise évolutive. Parlez-en avec votre pédiatre.

L’idée est donc d’introduire une alimentation solide plus précocement que d’habitude (excellent pour le développement des mâchoires et la sortie des dents). En complément du lait. L’enfant devra alors se saisir du ou des morceaux par lui-même (de la taille de son poing fermé), à son rythme (pastèque, poire, fromage hollandais, asperge, artichaut, aubergine, brocoli, haricot, potiron, couscous, boeuf haché, poisson, pâtes, etc.). Voilà pourquoi on parle de pleine conscience. Peu importe qu’il en mette partout, le sol de votre cuisine en a vu d’autres. Cela nécessite plus de temps.

Cette étape de la diversification est essentielle et impactera positivement sa vie future, il n’est qu’à voir les troubles alimentaires chez l’adulte (obésité, goût prononcé pour le sucré, dégoût pour certains aliments, etc.). Structure ni trop molle, ni trop dure.Il va chercher à vous imiter, il ne le fera peut-être pas tout de suite, mais il découvrira le goût, la structure de ce que vous lui donnez pour sa plus grande joie.

Les premières fois, il sera surpris de se retrouver avec un morceau dans la bouche: il vous regardera, vous le rassurez, s’il le faut, vous enlevez une partie de sa bouche, en lui expliquant ce que vous faites. Il va poursuivre. Vérifiez avant de le faire dormir qu’un morceau ne reste pas logé entre sa joue et sa gencive. Évitez bien sûr les aliments petits de type petits pois ou grains de maïs.

Règles à respecter pour la DME

  • C’est le pédiatre qui vous donnera le feu vert en fonction des acquisitions posturales de votre nourrisson.
  • C’est toujours vous qui faites, jamais la crèche, ni les grands parents (au début en tous les cas).
  • À faire au calme: évitez qu’il y ait un autre enfant qui tourne autour de la table: soyez seul(e) avec votre enfant pour démarrer.
  • Évitez de faire dans une ambiance bruyante.
  • Expliquez lui ce que vous faites.
  • Ne cherchez pas à lui mettre dans la bouche, c’est lui qui prend, se sert, approche de sa bouche (il analyse avec ses yeux) et met en bouche.
  • Prenez votre repas en même temps que lui et prend votre temps.
  • De temps à autre, chipez lui un morceau dans son assiette et mangez le, calmement après lui avoir demandé la permission,(ça lui fait comprendre que c’est à lui, excellent pour son autonomisation et sa socialisation: ainsi il vous imitera.
  • Après les légumes, vous poursuivrez avec les fruits de saison.
  • Ne vous posez pas la question de savoir s’il a eu assez: il vous le dira. S’il le faut, vous complétez avec un laitage ou le sein.
  • Faites à son rythme; certains bébés n’aiment pas la DME (environ 15%).
  • Commencez quand vous êtes prêts, soit à midi soit le soir.

Avantages de la DME

La DME présente plusieurs avantages :

  • Découverte des goûts et saveurs séparément.
  • Apprentissage de la mastication plus tôt.
  • Favorise un meilleur développement du palais.
  • Meilleur apprentissage du langage.
  • Meilleure respiration nasale.

Il fera moins de refus alimentaire à 2/3 ans, moins de néophobie alimentaire. Il est pro actif, se sent valorisé sur le choix des aliments. Vous serez moins dépendants des industries de l’agro alimentaire (purées et compotes toutes faites). Moins de risque de surcharge pondérale plus tard grâce à l’apprentissage précoce de la satiété.

Aliments à Proposer Selon l'Âge de Bébé

Les informations données dans ces tableaux sont issues de mes recherches sur différentes sources autour de l'alimentation infantile : PNNS, OMS, livres sur la diversification, blogs, etc. Ce n'est pas une science exacte, aussi les avis divergent selon les sources pour l'introduction de certains aliments, et les recherches sur le sujet évoluent.

D’après les recommandations actualisées en 2021, tous les groupes alimentaires peuvent être introduits dès le début de la diversification alimentaire. Ces recommandations sont à adapter à la tolérance digestive de bébé, ses capacités de déglutition et les habitudes culturelles de son environnement.

Les légumes sont souvent les premiers aliments qu’on offre à bébé pour commencer la diversification alimentaire. Dès ses 4 mois, votre bébé peut commencer à goûter les fruits, d’abord cuits, puis crus et bien mûrs. En complément des légumes, on peut ajouter des féculents dans les purées dès le début de la diversification. On les introduit progressivement, en adaptant les aliments proposés à la tolérance digestive de l’enfant.

Les « protéines animales » regroupent la viande, le poisson et les oeufs. Ces aliments peuvent être proposés dès le début de la diversification, et sont conseillés à partir de 6 mois. Jusqu’à 1 an, le lait maternel ou infantile reste l’aliment principal de l’alimentation de votre bébé. Mais à partir de 6 mois, on peut aussi introduire d’autres produits laitiers : yaourt, fromage blanc, petit-suisse, fromage… Ces aliments contribuent à la découverte alimentaire !

Le miel ne doit pas être proposé à bébé avant 12 mois à cause des risques de botulisme. Certains aliments ne sont pas adaptés à l’alimentation des enfants de moins de 3 ans, en raison des risques microbiologiques, des risques d’étouffement, de leur contamination aux métaux lourds ou de leur composition nutritionnelle inadaptée.

En France, on dénombre 14 allergènes majeurs, dont les principaux : blé, lait, oeuf, arachides, poissons… Doit-on retarder leur introduction ?

Diversification et Allergènes

Une étude nous apprend que leur développement est lié à l'alimentation des tous petits. On parle des allergies alimentaires : aux laits, aux blés, aux œufs, ou encore aux poissons. Des scientifiques français se sont intéressés au lien entre le développement de ces allergies et la diversification alimentaire. Ce moment où l'on commence à faire goûter de nouveaux aliments aux bébés intervient plus ou moins à partir de quatre mois, l'âge auquel les autorités sanitaires estiment que l'enfant peut goûter toutes les familles d'aliments, y compris celles qui peuvent provoquer une allergie.

Cette étude montre que non seulement les enfants peuvent goûter aux aliments allergènes mais qu'ils doivent le faire, puisque les chercheurs ont prouvé que plus on introduit ces aliements tôt dans l'alimentation des bébés, moins ils risquent de développer des allergies. Pour arriver à ce résultat, les chercheurs ont étudié 6 662 enfants nés en 2011 en France.

Ils ont demandé aux parents de consigner, de rapporter l’alimentation de leur enfant, de la naissance jusqu'à leur cinq ans et Ils ont observé que pour un enfant sur dix, au moins deux allergènes majeurs (par exemple les œufs et le poisson) n’avaient pas encore été introduits à l’âge de dix mois. Ils ont constaté que ces enfants-là avaient deux fois plus de risque de développer une allergie alimentaire, par rapport à ceux qui mangent déjà au moins quatre allergènes avant l’âge de dix mois.

Tous les allergènes n'ont pas été testésOn considère que plus l'enfant goûte tôt ces aliments à risque, plus il développe une tolérance alimentaire et moins il a de risques de devenir allergique. Toutefois on note quelques limites à cette étude : d'abord, tous les allergènes n'ont pas été étudiés. Par exemple, les fruits à coque n'apparaissent pas. Ensuite, elle ne permet pas de comprendre pourquoi telle allergie se développe et pas l'autre. Pour cela, il faudrait plus d'enfants, les suivre plus longtemps, aussi pour savoir comment cela évolue dans le temps. En fait, cette étude permet surtout de confirmer les recommandations sanitaires et l'importance de commencer la diversification alimentaire dès quatre mois.

Le Rôle de la Diversification dans le Développement Sensoriel

Les sens sont en ébullition durant les premiers mois de vie. Tout est nouveau pour le bébé ! Les sens lui permettent de découvrir le monde et les stimulations sensorielles participent du bon développement de l'enfant. Les premiers repas ne servent pas tant à "nourrir" l'enfant sur le plan nutritionnel, mais plutôt sur le plan sensoriel. La vue, l'odorat, le toucher, l'ouïe et le goût sont sollicités lors de cette étape importante.

En proposant des aliments naturels, on limite les perturbations olfactives. Évitez les épices de façon générale dans un premier temps, pour laisser l'enfant se connecter aux odeurs et aux saveurs naturelles des aliments. Tout petit, faites lui sentir les fruits et légumes avant même de les manger.

En laissant l'enfant toucher et prendre les aliments entiers, il peut développer sa motricité, la préhension, découvrir les textures, la température, l'humidité qui varie selon chaque aliment. La diversification menée par l'enfant, DME, met en avant cette autonomie du bébé .

Cuisiner et manger génèrent des sons : le chant de la découpe et de l'épluchage des légumes, le bruit de la préparation des repas, le son de la mastication, des couverts, des assiettes etc... Ce sont des bruits qui deviennent familiers pour l'enfant.

La diversification alimentaire vient ouvrir grandement les expériences gustatives, notamment avec l'introduction de nouvelles textures, de nouveaux arômes et saveurs, menus de saison et des combinaisons d'aliments, stimulant ainsi les papilles de bébé.

Les premiers temps, il importe peu que bébé avale de grandes quantités. Ce n'est pas grave s' il expérimente et qu'il "joue" avec la nourriture. Le plus important, c'est qu'il puisse créer une relation saine et équilibrée avec l'alimentation, pour éviter le stress, les compulsions, les peurs, la pression émotionnelle etc, tout en développant progressivement ses mouvements masticatoires.

La diversification alimentaire est l'occasion de créer un climat agréable et serein afin d'offrir l'opportunité à l'enfant de développer une bonne relation avec la nourriture. En évitant de mettre la pression pour que l'enfant mange certaines quantités, finisse son assiette etc, on favorise la confiance en soi, un bon rapport à l'alimentation et surtout le respect de l'enfant, de ses besoins et de son instinct, et ce sont de bonnes raisons pour adopter une approche détendue et ouverte lors de l'introduction des aliments solides.

Conseils pour des Repas Sereins et Agréables

Créer une bonne ambiance lors des repas permet à l'enfant d'être serein et de développer un bon rapport à la nourriture. Relâcher la pression et faire confiance à son enfant. Travailler sur soi. Proposer des aliments simples et faire la même chose pour toute la famille si c'est possible en privilégiant des aliments sécuritaires pour bébé, adaptés à son âge et à ses capacités digestives.

  • Préparer l'espace autour de bébé : bavoir à manches longues, un sac poubelle au sol ou un tapis plastifié pour pouvoir nettoyer facilement.
  • Installer bébé dans une chaise haute près de vous ou installer-le sur vos genoux. Ne jamais le laisser seul.
  • Partager les repas avec bébé pour interagir, commenter, observer.
  • Créer un climat serein et agréable pendant les repas.
  • Laisser le temps à l'enfant.
  • Favoriser la diversification menée par l'enfant quand c'est possible et si vous êtes sereins avec le concept.

Quand ça n'est pas possible, faire des adaptations ! On peut faire la DME parfois et offrir des purées à la cuillère de temps en temps.

En conclusion, comme pour l’allaitement à travers le monde, on note que les pratiques s’adaptent au rythme de vie ! Globalement, la diversification se fait plus ou moins au même moment partout dans le monde et en complément d’une alimentation lactée. Enfin, la façon de nourrir son enfant varie : à la main, par lui-même en autonomie, à la cuillère… C’est cette variété que nous avons voulu vous présenter parce qu’il est important de voir que tout est possible, il n’y a pas UNE façon de bien faire les choses ! Abordez la diversification comme vous le souhaitez et sans stress !

Diversification alimentaire : dans quel ordre introduire les aliments ? - Puériculture

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