La dette alimentaire est une obligation financière destinée à assurer les besoins essentiels d'un enfant ou d'un ex-conjoint. En France, la Caisse d'Allocations Familiales (CAF) joue un rôle central dans la gestion et le recouvrement de ces pensions alimentaires, notamment à travers l'Agence de Recouvrement des Impayés de Pensions Alimentaires (ARIPA). Cet article explore en détail le fonctionnement de ce système.
Mise en place le 1er janvier 2017, l’Agence de Recouvrement des Impayés de Pensions Alimentaires (ARIPA) permet de simplifier les démarches de recouvrement des impayés de pensions alimentaires pour les familles après les séparations et en particulier, pour les familles monoparentales. Le gouvernement a confié la responsabilité de cette nouvelle agence à la Branche famille de la sécurité sociale. L’ARIPA est adossée à la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf), en lien avec la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole (CCMSA). L’Agence de recouvrement est ainsi un service national placé auprès de la Cnaf.
Une aide au recouvrement des impayés de pensions alimentaires est proposée par l’Agence de recouvrement aux créanciers avec des enfants à charge de moins de 20 ans. Elle a été étendue à partir du 1er janvier 2017 aux parents séparés qui vivent de nouveau en couple et ne perçoivent pas leurs pensions alimentaires, sans qu’ils aient l’obligation d’avoir épuisé les autres voies de recours préalables.
L'ARIPA a plusieurs missions, notamment :
La création de l’ARIPA constitue une nouvelle avancée pour renforcer le recouvrement des pensions alimentaires et soutenir les familles monoparentales.
Le créancier peut demander à l’Agence de recouvrement de la Caf et de la Msa de lancer une procédure de paiement direct dès la première échéance de pension non payée à son terme. Cette procédure permet au créancier d’obtenir le paiement de la pension alimentaire directement auprès de tiers (employeur, organisme bancaire, Pôle emploi…) disposant de sommes dues au débiteur, sans recours à une nouvelle procédure judiciaire. Les Caf et la MSA sont par ailleurs autorisées à transmettre au juge aux affaires familiales ou au parent créancier, à sa demande, les éléments utiles pour faire fixer la pension alimentaire : adresse du débiteur, nom et adresse de son employeur ainsi que tout autre élément relatif à la solvabilité du débiteur. En l’absence de ces informations, le juge ne peut en effet pas fixer une pension alimentaire.
La Caf joue le rôle d'intermédiaire entre les parents séparés : elle collecte la pension alimentaire tous les mois auprès du parent qui paie la pension pour la reverser au parent qui doit la recevoir. Ce service est gratuit et a de nombreux avantages :
Tous les parents séparés ou en cours de séparation dès lors qu'une pension alimentaire est due pour un (des) enfant(s) peuvent en bénéficier. La seule condition pour en bénéficier est de faire fixer le montant de la pension alimentaire pour le(s) enfant(s) dans un titre exécutoire.
Dans le cas d'une séparation après le 1er janvier 2023, la mise en place du service est automatique. Les professionnels de justice transmettent directement les éléments de votre dossier à l’Aripa. Il est important de faire fixer le montant de la pension alimentaire pour en bénéficier. Pour les séparations antérieures au 1er janvier 2023, si un dossier de recouvrement de pensions alimentaires est en cours, aucune action n'est nécessaire.
Lorsque le parent qui doit régler une pension alimentaire destinée aux enfants ne s’en acquitte pas, il est possible de demander à la CAF la mise en place d’une intermédiation financière, c’est-à-dire de demander à la CAF d’assurer le recouvrement de pensions alimentaires impayées. Cette intermédiation est désormais automatiquement mise en place lorsque la pension a été fixée par un juge.
Depuis le 1er janvier 2023, l'intermédiation financière du versement des pensions alimentaires (IFPA) est systématique pour toute contribution à l’entretien et à l’éducation d’un enfant fixée en tout ou partie en numéraire, par un titre exécutoire extrajudiciaire. Les parents créanciers verront le versement de leurs pensions garanti. En effet, le parent débiteur versera celle-ci directement à l'agence de recouvrement des impayés de pensions alimentaires (ARIPA), laquelle la reversera ensuite au parent créancier - ou à défaut une allocation de soutien familial du même montant.
Lorsque le débiteur est défaillant (insolvabilité totale ou partielle, ou simple refus de paiement), la CAF (ou l’ARIPA, organisme débiteur de prestations familiales) intervient pour assurer le recouvrement des sommes dues.
Dès le premier impayé observé dans le cadre de l’intermédiation, l’organisme procède au recouvrement par tous moyens appropriés, notamment par voie de paiement direct ou de recouvrement public. Ce recouvrement forcé peut être mis en œuvre à la suite d’incidents de paiement qui se sont produits, soit au cours de l’intermédiation, soit avant son engagement.
Si la pension alimentaire n’est pas réglée par le débiteur, le créancier peut bénéficier de l’Allocation de Soutien Familial (ASF), sous conditions, qui constitue une avance versée par la CAF. La CAF est alors subrogée dans les droits du créancier pour poursuivre le recouvrement contre le débiteur, à concurrence du montant de l’ASF avancé.
L’avance d’ASF intervient lorsque le parent se soustrait pendant un mois totalement ou partiellement au paiement d’une pension alimentaire (CSS, art. L. 581-2). La caisse d’allocations familiales (CAF) est alors subrogée dans les droits du créancier dans la limite du montant de l’ASF ou de la créance d’aliments si elle lui est inférieure.
La CAF est par ailleurs mandatée par le créancier pour le surplus de la créance, dont le non-paiement a donné lieu au versement de l’ASF et pour les autres termes à échoir (CSS, art. L. 581-3).
Oui, mais uniquement sous forme d’avance via l’Allocation de Soutien Familial (ASF), si le créancier remplit les conditions pour en bénéficier. Ainsi, le créancier n'aura plus à supporter les impayés ou retard de paiement. L’ASF est actuellement plafonnée à environ 200 euros par mois et par enfant.
Cette avance n’est pas automatique : il faut que le créancier soit éligible à l’ASF, c’est-à-dire généralement être isolé avec un enfant à charge et ne pas percevoir ou percevoir partiellement la pension alimentaire.
L’ASF est ensuite récupérée auprès du débiteur, dans la limite de son montant, par la CAF qui agit alors en recouvrement (paiement direct, saisie sur rémunérations, recouvrement public). La CAF est alors subrogée dans les droits du créancier dans la limite du montant de l’ASF ou de la créance d’aliments si elle lui est inférieure.
Si le débiteur est insolvable de façon durable, la CAF ne pourra récupérer les sommes que dans la limite de ses possibilités d’action, mais le créancier continuera à percevoir l’ASF tant qu’il en remplit les conditions.
Le versement de l’ASF peut être suspendu si le créancier ne collabore pas avec la CAF pour le recouvrement (ex : refus de fournir les informations nécessaires ou de donner certains pouvoirs à la CAF).
En résumé, si le parent qui doit payer la pension alimentaire est considéré comme insolvable ou "hors d'état" de le faire (par exemple, il n'a pas d'adresse connue, il est sans ressources, ou il est bénéficiaire de certains minima sociaux), la CAF verse alors une allocation de soutien familial (ASF) au parent qui élève l’enfant seul.
| Situation | Action de la CAF |
|---|---|
| Premier impayé | Recouvrement par tous moyens appropriés (paiement direct, recouvrement public) |
| Débiteur insolvable | Versement de l'Allocation de Soutien Familial (ASF) au créancier |
| Créancier éligible à l'ASF | Avance de l'ASF, recouvrée ensuite auprès du débiteur |
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