La COVID-19 se manifeste de manière très variable d'une personne à l'autre. Si certaines personnes infectées par le coronavirus ne présentent aucun symptôme, d'autres subissent une perte soudaine du goût et de l'odorat, parfois pendant plusieurs semaines. Ce symptôme singulier a été l'un des premiers signaux d'alerte de la maladie.
Selon le Dr Thomas Georgel, oto-rhino-laryngologiste (ORL), 95 % du goût que nous ressentons est lié à l'odorat. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la langue ne détecte que les saveurs de base : sucré, salé, acide et amer.
Schéma de la langue montrant les différentes zones de perception des saveurs
Dans le cas d'une infection à la COVID-19, une inflammation peut se produire au niveau des cellules olfactives. Ces cellules sont produites dans l'épithélium olfactif, une muqueuse située en haut des fosses nasales, dont la fonction principale est de dtecter les molécules odorantes dans l'air. Cette inflammation peut entraîner une destruction des cellules, car les vaisseaux qui les alimentent sont également touchés.
Parmi les patients touchés par la COVID-19, il existe différents types d'atteintes. Certains présentent de forts symptômes digestifs, d'autres des symptômes pulmonaires, et d'autres encore perdent le goût et l'odorat. Dans tous les cas, c'est un phénomène aléatoire, et il n'y a pas de profils de patients plus sensibles que d'autres à tel ou tel symptôme.
Il est tout à fait possible d'aider son corps à retrouver le goût et l'odorat. On appelle cela "rééduquer" ses sens. Pour cela, il est recommandé d'acheter ou de se confectionner un coffret de senteurs, comme en œnologie, afin de réapprendre à identifier et sentir les différentes odeurs. On peut réaliser ces exercices même avant de ressentir une amélioration de l'odorat.
Il est cependant à noter que, durant la phase de recouvrement de l'odorat, le patient pourra déclencher une parosmie : il s'agit d'une sorte de distorsion des odeurs. Une odeur d'ordinaire plutôt agréable pourra lui sembler totalement âpre. Dans le cas d'une parosmie, "Lorsque le virus attaque les cellules de l'odorat, cela détruit des neurones. D'autres neurones les remplacent mais se reconnectent mal. Du coup, pour certains patients, une pêche peut sentir... le basilic, dans le meilleur des cas. Le mot désagréable est un euphémisme. En effet, de nombreux patients ont mentionné avoir l'impression que tous les aliments avaient un goût de poubelles, voir d'excréments. Dans tous les cas, cette parosmie survient toujours après l'anosmie. En clair, vous perdez le goût et l'odorat, puis vous les retrouvez sans dessus-dessous."
Pour aider davantage encore le patient à retrouver le goût et l'odorat, il est aussi possible de lui prescrire des corticoïdes en suspension nasale. Mais malheureusement, il arrive aussi que certains patients ne retrouvent pas ces sens. Des études révèlent que 8 % des patients touchés par la Covid durant la première vague n'ont toujours pas retrouvé le goût ni l'odorat. Cela fait partie des zones d'ombre que nous cherchons encore à éclaircir.
La perte brutale d'odorat et de goût peut être un symptôme d'infection par le coronavirus. D'autres symptômes incluent la fièvre, les difficultés à respirer, la toux et les maux de tête. Ces symptômes peu spécifiques rendent le diagnostic compliqué sans test complémentaire.
Les personnes qui perdent brutalement l'odorat - et souvent aussi le goût - doivent rester chez elles, éviter d'entrer en contact avec d'autres personnes et appeler leur médecin traitant. Il ne faut surtout pas se rendre chez son médecin directement. Le médecin déterminera alors si l'infection est responsable de l'anosmie.
La perte d'odorat se remarque souvent à la perte de goût (agueusie) qui en découle. On croit que la saveur des aliments est surtout apportée par le goût. Mais la langue s'occupe seulement des saveurs salées, sucrées, acide, amer. Le nez fait tout le reste par rétro-olfaction. Quand on mange quelque chose, des molécules odorantes passent par l'arrière gorge et stimulent l'organe de l'odorat en haut du nez.
Sur le long terme, l'anosmie est difficile à vivre. Quand on perd l'odorat, on perd un signal d'alerte qui nous informe sur ce qui est bon à manger ou pas. Mais l'odorat est aussi et surtout un sens lié au plaisir : respirer le parfum d'une fleur, humer les effluves d'un plat en train de mijoter. En le perdant, on perd aussi l'envie de cuisiner, de manger ou de partager un repas en famille.
Selon les données préliminaires dont nous disposons, l'évolution naturelle des anosmies aiguës liées au COVID-19 semble souvent favorable. En d'autres termes, la perte de l'odorat peut être réversible. Si l'on se fie à ce qu'on connaît des autres virus, elle peut l'être mais ce n'est pas toujours le cas. Nous n'avons pas beaucoup de recul concernant le coronavirus.
Dans les cas où l'anosmie persisterait, le CNPORL préconise une rééducation olfactive.
En attendant de récupérer tous ses sens, il est possible de mettre en place des stratégies pour tenter de prendre un peu de plaisir en mangeant. La solution tient en un seul mot : "texture". Il est possible de consommer beaucoup de chou-fleur, cru évidemment, et de thon en boîte. La prochaine fois que vous en mangerez, arrêtez-vous deux secondes sur la texture du poisson : c'est dur, fondant et filandreux à la fois.
Il est aussi possible de privilégier les textures : pain aux céréales ou grillé, sushis, makis, sashimis. Reste que le principal conseil que l'on peut donner est de prendre son mal en patience. Une impression de goût, comme une pertinence olfactive, viendra parfois effleurer votre cerveau lorsque vous serez en train de manger.
La dysgueusie se définit comme une altération du goût, qui peut être temporaire ou définitive. Le sens gustatif n'est pas toujours diminué, mais les goûts ressentis sont modifiés et souvent désagréables. Ils ne correspondent plus au goût habituellement ressenti pour un type d'aliment. Parallèlement à ces quatre saveurs fondamentales, les Japonais en décrivent une cinquième, appelée l'umami, qui peut se traduire par délicieux.
L'agueusie correspond à la perte de goût partielle ou totale. La personne ne parvient plus à déterminer les saveurs de ce qu'elle mange. Concrètement, une personne atteinte d'agueusie a de grandes difficultés à reconnaître les aliments qu'elle mange et à percevoir leurs saveurs. L'agueusie est due à une altération des récepteurs du goût sur la langue, le voile du palais ou/et sur la paroi du pharynx.
Pour établir le diagnostic d'agueusie, le médecin questionne le patient sur ses antécédents, ses habitudes alimentaires, ses éventuelles allergies, sa consommation de tabac et sa prise de médicaments. Des examens complémentaires (gustométrie chimique ou électrogustométrie) peuvent s'avérer nécessaires pour déterminer avec précision quelles parties de la langue sont concernées.
Les traitements pour soulager l'agueusie sont possibles, mais limités.
Les résultats d'une étude publiée dans une lettre de recherche du JAMA Otolaryngology sont toutefois très rassurants, puisqu'ils montrent que ces symptômes évoluent favorablement avec le temps. Les auteurs de ce travail précisent de plus qu'un retour à la normale de l'odorat a été observé à trois ans chez la moitié des personnes qui en souffraient encore deux ans après l'infection. Avec un recul de trois ans, ces résultats apparaissent donc rassurants : les troubles du goût et de l'odorat s'amendent petit à petit et finissent, dans la grande majorité des cas, par disparaître.
| Symptôme | Description | Solutions et Recommandations |
|---|---|---|
| Anosmie | Perte totale de l'odorat | Rééducation olfactive, corticoïdes en suspension nasale |
| Agueusie | Perte totale ou partielle du goût | Consultation médicale, patience |
| Parosmie | Distorsion des odeurs | Patience, adaptation des habitudes alimentaires |
| Dysgueusie | Altération du goût | Consultation médicale pour identifier la cause |
En conclusion, bien que la perte de goût et d'odorat puisse être une conséquence pénible de la COVID-19, il existe des stratégies et des traitements pour aider à retrouver ces sens essentiels. La patience et la persévérance sont de mise, car la récupération peut prendre du temps. N'hésitez pas à consulter un professionnel de santé pour un accompagnement personnalisé.
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