Servir un cuissot de chevreuil n’est pas anodin. C’est une pièce de prestige, une viande noble qui évoque aussitôt les grandes tablées, les repas de chasse et les dimanches où l’on prend le temps de cuisiner. Si vous vous demandez comment réussir un cuissot de chevreuil en cocotte en fonte, vous êtes au bon endroit ! Ce plat emblématique des grandes occasions est une vraie pépite pour les amateurs de gibier.
Vous êtes peut-être en train de sortir ce magnifique cuissot de votre congélateur ou d’ouvrir un colis de chasse reçu ce matin… Alors, prêt(e) à vous lancer ?
Mais face à ce morceau imposant, beaucoup hésitent : comment le cuire sans le dessécher ? Comment lui rendre honneur sans en perdre les arômes subtils ? La réponse tient souvent en deux mots : cocotte en fonte. Elle est la clé d’une cuisson lente, respectueuse, qui transforme un cuissot parfois ferme en une chair tendre et parfumée.
La cocotte en fonte, c’est un peu l’indispensable pour obtenir une cuisson lente et homogène. Elle permet de garder l’humidité, de bien répartir la chaleur même à basse température et surtout de conserver les sucs de cuisson qui vont sublimer le goût du chevreuil. Et si vous n’avez pas de cocotte en fonte qui passe au four ? Pas de panique : certains modèles vont sur l’induction.
Pourquoi la cocotte est-elle si précieuse pour le cuissot ? Parce qu’elle réunit trois qualités indispensables : une répartition homogène de la chaleur, une conservation de l’humidité et une cuisson douce, uniforme. Contrairement à un plat de four classique, la cocotte en fonte agit comme une enceinte fermée qui concentre les arômes. Le jus des légumes, du vin et des aromates enveloppe la viande, empêchant le dessèchement.
Imaginez : une cocotte lourde posée sur le feu, où l’on entend d’abord le crépitement de la viande qui saisit, puis, après avoir ajouté les légumes et le bouillon, ce doux frémissement qui se poursuit au four. Le temps fait son œuvre, et le cuissot se transforme doucement, sans brutalité.
Le cuissot, c’est la partie arrière du chevreuil, aussi appelée “gigue”. C’est une pièce charnue, généreuse, qui peut peser entre 2 et 4 kilos selon la taille de l’animal. Contrairement au sanglier, le chevreuil offre une chair fine, délicate, peu grasse. C’est cette maigreur qui fait son raffinement… mais aussi sa fragilité. En effet, une cuisson trop rapide le rend sec et coriace, ce qui gâcherait son potentiel gastronomique.
Un autre paramètre entre en jeu : le rassissement. Comme pour beaucoup de gibiers, laisser reposer la viande quelques jours au frais permet d’attendrir les fibres et de développer un goût plus marqué. Trop jeune, le chevreuil paraît fade ; trop vieux, il peut devenir fort et rebutant.
Oui, sans hésitation ! Le chevreuil étant une viande de gibier, il gagne grandement à être mariné 24 à 48 heures. Mettez le cuissot dans un grand plat, couvrez bien avec la marinade (rajoutez du vin si besoin), filmez et laissez au frigo. Le jour J, sortez le cuissot mariné, épongez-le bien avec du papier absorbant. Il ne faut pas qu’il trempe pour bien saisir la viande ensuite.
La marinade est l’alliée du gibier. Elle attendrit, parfume et neutralise parfois une odeur jugée trop forte. Un grand classique : vin rouge, carotte, oignon, bouquet garni, genièvre et clou de girofle. Certains y ajoutent un trait de cognac ou d’armagnac pour renforcer la rondeur. La durée idéale ? Entre 12 et 24 heures, selon l’intensité désirée.
Pour plus d’originalité, on peut marier le chevreuil avec des notes d’agrumes (zeste d’orange), des fruits rouges (mûres, airelles) ou des épices douces (paprika, cannelle). L’idée n’est pas de masquer, mais de sublimer.
Voici les ingrédients de base pour un cuissot d’environ 2 à 2,5 kg.
Le résultat ? Une viande confite à souhait, qui se détache à la cuillère.
Certains passionnés vont encore plus loin avec la cuisson basse température. Après avoir saisi le cuissot, ils le cuisent dans une cocotte fermée à 90 ou 100 °C pendant 5 à 6 heures, jusqu’à atteindre 60 °C à cœur. Résultat : une viande rosée, juteuse, fondante, qui garde toute sa personnalité.
La différence entre cocotte ouverte et cocotte fermée se joue sur les arômes : ouverte, la viande se concentre, gagne une croûte plus caramélisée, mais risque de sécher ; fermée, elle reste moelleuse et baigne dans son jus. À vous de choisir selon vos préférences. Mais dans tous les cas, la lenteur est une alliée.
Côté sauces, la plus emblématique reste la sauce grand veneur, élaborée à partir du jus de cuisson, de vin, d’aromates et de gelée de groseille. Elle équilibre la puissance de la viande par une pointe d’acidité fruitée. Mais un simple jus réduit, bien concentré, peut suffire à magnifier le plat.
Un cuissot de chevreuil appelle des accompagnements généreux et rustiques. Pensez aux légumes racines rôtis (carottes, panais, céleri), aux champignons forestiers (cèpes, girolles), ou encore à une purée de pommes de terre ou de céleri.
Ce plat mérite des accompagnements de caractère pour ne pas être écrasés par la richesse du gibier. Petite astuce gourmande : utilisez le jus de cuisson du cuissot (filtré si besoin) pour napper vos légumes ou une purée.
Ce cuissot de chevreuil s’harmonise parfaitement avec des légumes racines rôtis. Préparez un mélange de carottes, panais et pommes de terre grenaille, simplement assaisonnés d’huile d’olive, de romarin et d’une pincée de fleur de sel. Une purée de céleri-rave apporte une texture veloutée qui contraste délicieusement avec la fermeté de la viande de gibier.
Les champignons forestiers constituent un accompagnement de choix qui rappelle l’habitat naturel du chevreuil. Pour sublimer votre présentation, déglacez le fond de cocotte avec un trait de vin rouge corsé après avoir retiré la viande.
Une sauce aux airelles ou une gelée de groseilles apporte la note sucrée-acidulée qui équilibre parfaitement la richesse du gibier. Côté boisson, optez pour un vin rouge structuré comme un Côtes-du-Rhône ou un Bordeaux qui saura tenir tête aux saveurs puissantes de cette viande d’exception.
Pas de cognac ? Pas de genièvre ? Pas de vin rouge ? Pas de cocotte ? Utilisez un plat haut avec couvercle ou papier alu.
L’épaule est un peu moins noble mais tout aussi savoureuse. Comptez 1h15 à 1h30 de cuisson à 170°C si elle fait autour de 1,2 kg.
Absolument ! Le faire la veille et le réchauffer le lendemain donne un plat encore plus savoureux. Les arômes se mêlent, la viande encore plus tendre.
| Étape | Description |
|---|---|
| Marinade | 24-48 heures (vin rouge, légumes, aromates) |
| Saisie | Dorer le cuissot dans la cocotte |
| Cuisson | 3-4 heures à 170°C en arrosant régulièrement |
| Repos | 10-15 minutes avant de trancher |
| Sauce | Réduction du jus de cuisson (sauce grand veneur) |
Le cuissot de chevreuil en cocotte est une démonstration de patience et de savoir-faire. Mais loin d’être réservé aux chefs étoilés, il est à la portée de tout cuisinier qui accepte de respecter les temps et les gestes. La cocotte en fonte devient alors l’outil magique qui transforme une pièce intimidante en un plat convivial, raffiné et chaleureux. Si vous aimez les défis gourmands, lancez-vous : le chevreuil vous le rendra bien.
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