L’huile de coco suscite un engouement grandissant dans les cuisines et les salles de bain. Dans ma pratique de naturopathe comme dans la vie quotidienne, je raffole des produits polyvalents, simples, faciles à utiliser… à la salle de bain comme à la cuisine ! Pour autant, est-elle parfaite à tout point de vue ? L’huile de coco est parfois appelée « beurre de coco ». Pourquoi ? Cet article va vous aider à faire le tri dans ce qui est dit à propos de l’huile de coco !
L'huile de noix de coco est obtenue à partir de la partie blanche de la noix de coco, l’albumen, que l’on aura préalablement fait sécher pour en faire du coprah. De ce coprah sera ensuite extrait l’huile selon divers procédés, en fonction de ce que l’on veut obtenir (huile vierge, huile désodorisée, huile raffinée…).
Cette huile est loin d’être une trouvaille récente. Elle est utilisée et consommée depuis des siècles en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. Avant l’arrivée du soja et sa transformation industrielle en huile, l’huile de coco était même la principale source de matières grasses non laitières aux Etats-Unis jusqu’au milieu du XXe siècle, particulièrement présente dans les aliments transformés.
Elle est en effet particulièrement adaptée pour les plats préparés et les aliments en conserve car, contrairement aux autres huiles animales ou végétales et grâce à sa très forte teneur en acides gras saturés, elle résiste très bien au rancissement (l’oxydation qui rend par exemple immangeable le beurre laissé un peu trop longtemps au frigo). C’est d’ailleurs cette teneur élevée qui a alimenté le débat récent autour de ces vertus supposées ou non.
Si l’huile de coco fait débat, c’est pour une raison toute simple : les fameux acides gras saturés. L’huile de coco en est bourrée : près de 90% des acides gras présents sont saturés. En comparaison, 65% des acides gras sont saturés dans le beurre, 40% dans le saindoux et seulement 15% dans l’huile de sésame.
Les acides gras sont les briques élémentaires de lipides, indispensables à notre santé. Ce sont les lipides qui nous fournissent de l’énergie, facilitent la synthèse des hormones et des membranes de nos cellules et contribuent à l’absorption optimale des vitamines A, D, E et K. Mais attention, tous les acides gras ne se valent pas ! On en compte trois types différents : les acides gras insaturés, les acides gras trans et les acides gras saturés.
C’est le “bon gras”! Consommer des acides gras insaturés permet de réduire le mauvais cholestérol à l’origine des accidents cardio-vasculaires. Il faut en consommer régulièrement pour être en bonne santé.
Parmi les acides gras insaturés, on dénombre :
Ces acides sont donc bons pour la santé et il ne faut pas hésiter à les consommer et à les utiliser en cuisine (avec modération malgré tout, ça reste du gras !).
Les acides gras trans, comme leur nom l’indique, sont des acides gras insaturés transformés via un procédé industriel afin de modifier leur structure, de leur permettre de supporter de hautes températures de cuisson et de préserver les aliments.
Vous les retrouvez donc dans les biscuits, les plats préparés, les viennoiseries… Ils sont à fuir car ils augmentent le taux de mauvais cholestérol et de triglycérides dans le sang, deux facteurs dans la survenance de maladies cardio-vasculaires. Autant vous dire qu’ils ne sont pas les meilleurs alliés de vos artères.
Vous les retrouvez dans les graisses animales (beurre, crème, saindoux, graisse d’oie ou de canard…) et végétales (huile de coco, de palme…). Ces acides sont moins fragiles que les acides gras insaturés et résistent donc mieux à la chaleur de la cuisson, ce qui en fait des alliés de choix pour votre gastronomie de tous les jours.
Si vous les consommez de manière excessive, ces acides gras saturés augmenteront à terme la synthèse de mauvais cholestérol, ce qui entraînera une hausse du risque de diabète, d’hypertension et de maladies cardio-vasculaires. Mais utilisés raisonnablement et doublés d’une activité physique suffisante, ils ont tout à fait leur place dans l’alimentation de tous les jours.
En résumé, si l’on s’en tient à une première analyse de la composition chimique de l’huile de coco, ça n’est pas la pire des huiles...mais ça n’est pas non plus la meilleure, du fait de son taux très élevé d’acide gras saturés. Nous voilà bien avancés ! On vous propose donc d’aller un peu plus loin afin de voir quelles sont les réelles qualités de cette huile.
Pourquoi cet engouement pour l’huile de coco si cette dernière n’est pas si excellente que ça pour la santé ? Plusieurs études ou observations ont permis de relancer le débat sur le sujet.
L’huile de coco est constituée à 60% de triglycérides à chaîne moyenne (TCM), des acides gras très particuliers. Ces TCM vont aller directement du tube digestif vers le foie, et ainsi apporter plus rapidement de l’énergie aux cellules (cœur, cerveau, muscles). Certains mettent en avant le fait que la particularité de ces acides gras ferait de l’huile de coco une huile très intéressante pour la santé.
En revanche, les TCM peuvent être utilisés pour optimiser un régime low-carb (ou cétogène) pauvre en glucides.
En effet, une consommation excessive accentue le dépôt de graisses dans les artères. Toutefois, introduire l’huile de Coco en quantité raisonnable dans une alimentation équilibrée peut se révéler bénéfique grâce à sa teneur exceptionnelle en acides gras à chaîne moyenne.
Ou du moins c’est l’affirmation que certains en auraient tiré suite à une étude très sérieuse réalisée en 2003 par Marie-Pierre Saint-Onge, experte en nutrition et diététique, et son équipe à la prestigieuse université de médecine de Cornell. L’experte voulait étudier l’impact sur la santé des triglycérides à chaînes moyennes (TCM), un type particulier de molécule graisseuse. En particulier, leur analyse comparait les effets sur l’obésité d’un régime riche en TCM par rapport à un régime riche en triglycérides à chaînes longues (TCL). Le résultat avait de quoi surprendre puisqu’un le régime plus en riche en TCM entraînait une perte de poids supplémentaire.
Le constat scientifique que le Dr Saint-Onge a pu tirer de ces deux analyses est que tous les acides gras saturés n’ont pas la même influence sur l’organisme, voire que certains peuvent être moins néfastes que d’autres, en fonction de leur teneur plus ou moins élevée en TCM. L’huile de coco étant une des huiles les plus riches qui soient en TCM, il n’y avait qu’un pas à faire pour ses promoteurs et déclarer que cette huile miraculeuse permettrait de maigrir et d’être en bonne santé. Ce qui est une extrapolation basée sur aucune donnée scientifique.
Suite à de nombreuses recherches, les scientifiques ont pu observer que les personnes atteintes d’Alzheimer voyaient le métabolisme de leur cerveau sérieusement altéré. En particulier, ce dernier ne serait plus capable d’assimiler le glucose, son principal carburant.
Dans le cas où l’organisme subit une carence en glucose ou - comme c’est le cas avec la maladie d’Alzheimer - qu’il n’est plus capable de l’absorber correctement, le cerveau peut tirer son énergie d’autres molécules qu’on appelle les corps cétoniques.
Et l’huile de coco dans tout ça ? En fait, elle a été mise en avant comme potentiel remède-miracle à Alzheimer pour deux raisons :
Bref, d’un point de vue purement scientifique, l’huile de coco n’a apporté aucune preuve de son efficacité contre ce fléau. D’autant plus que les quantités nécessaires qu’il faudrait ingérer pour pouvoir assimiler suffisamment d’acide caprylique entraîneraient des effets désastreux sur le système gastro-intestinal du patient.
Une dernière qualité supposée de l’huile de coco serait son caractère puissamment antibactérien. Elle permettrait également de lutter contre un certain nombre de virus et de champignons. L’huile de coco contient un acide gras particulier, l’acide laurique, en grande quantité (il représente 50% des acides gras saturés présents dans cette huile).
Comme l’acide laurique est présent en grande quantité dans l’huile de coco et qu’il a été prouvé que cet acide permet de lutter contre certains corps étrangers, l’huile de coco bénéficie forcément de caractéristiques protectrices indéniables… ou pas !
En effet, dans le premier cas, l’acide laurique permet bel et bien de combattre le staphylocoque doré mais uniquement grâce à des doses extrêmement élevées dudit acide. Pour que le corps puisse bénéficier de doses équivalentes et suffisantes pour le protéger de cet agent, il faudrait engloutir des quantités d’huile de coco qui entraîneraient de sévères complications digestives et cardio-vasculaires !
Effectivement, on est en droit de se poser la question des bienfaits, à la lecture des précédentes caractéristiques supposées et qui ne sont pour le moment soit non prouvées soit complètement fausses. Cependant, l’huile de coco n’en a pas moins de réelles vertus qui justifient amplement qu’on en achète et qu’on en consomme.
Comme vu plus haut, sa teneur en acides gras saturés n’en fait pas la meilleur des huiles en termes de diététique. Cependant, elle reste intéressante pour cuisiner car du fait justement de cette forte présence d’acides gras saturés, elle ne rancit quasiment pas (contrairement à d’autres huiles végétales ou animales), peut se conserver très longtemps et résiste très bien à la chaleur sans brûler.
L'huile de coco a un point de fumée élevé, ce qui la rend idéale pour la cuisson à haute température. Vous pouvez l'utiliser pour faire sauter, rôtir ou frire des aliments. Elle est également un ingrédient courant dans les recettes de pâtisserie et de desserts pour remplacer le beurre.
En cuisine, l’huile de Coco possède de nombreux avantages et peut s’utiliser de nombreuses manières. Elle peut être employée pour poêler, pour revisiter les vinaigrettes, pour remplacer les matières grasses, ou encore dans les boissons. Elle constitue également une bonne alternative au beurre pour les personnes végétaliennes. Enfin, l’huile de Coco est très appréciée dans le monde culinaire par son parfum exotique et son goût légèrement sucré.
Sur Manger Santé, de nombreuses recettes permettent ainsi d’expérimenter ses différents usages culinaires, comme l’original Brownie aux haricots rougesou encore le gâteau coco-loco, pour les fans absolus de la coco sous toutes ses formes !
Grâce à ses vertus nourrissantes, l’huile de coco vous permet d’hydrater intensément le cuir chevelu et la fibre capillaire. Utilisée avec votre shampoing, sous forme de masque capillaire, ou bien en soin après-shampoing, l’huile de coco rend vos cheveux plus brillants, plus doux et plus résistants, notamment grâce à son action hydratante profonde et durable.
L'huile de coco offre une multitude d'avantages en tant que soin capillaire, ce qui en fait un choix populaire pour améliorer la santé des cheveux. Tout d'abord, sa composition riche en acides gras, en particulier en acide laurique, permet à l'huile de coco de pénétrer profondément dans la tige capillaire, offrant ainsi une hydratation intensive. Cela aide à prévenir la sécheresse, les frisottis et les pointes fourchues, tout en procurant une douceur naturelle aux cheveux.
Voici quelques recettes pour prendre soin de vos cheveux :
L'huile de coco est appréciée pour ses propriétés hydratantes exceptionnelles envers la peau. Composée principalement d'acides gras saturés, dont l'acide laurique, elle a la capacité unique de pénétrer efficacement les couches de la peau. Cette propriété permet à l'huile de coco de fournir une hydratation en profondeur, agissant non seulement en surface mais aussi en nourrissant la peau de l'intérieur.
L'huile de coco offre une protection essentielle à la peau et aux ongles grâce à sa composition riche en acides gras saturés, notamment l'acide laurique, qui maintient l'hydratation en préservant la barrière cutanée. Dotée d'antioxydants, tels que la vitamine E, elle aide à neutraliser les radicaux libres, préservant ainsi la jeunesse de la peau. Les propriétés antibactériennes et antifongiques de l'acide laurique la rendent efficace contre les infections cutanées. En formant une couche protectrice, l'huile de coco agit comme une barrière naturelle contre les agressions extérieures, tout en apaisant les irritations cutanées.
Voici quelques recettes pour prendre soin de votre peau :
Toutefois, sa richesse en graisses saturées et son impact environnemental appellent à une consommation modérée et à un choix éclairé quant à sa qualité. Néanmoins, l’huile de Coco est à limiter en cuisine en raison de sa richesse en acides gras saturés. En effet, une consommation excessive accentue le dépôt de graisses dans les artères.
En cosmétique, l’huile de Coco est critiquée pour sa comédogénicité. Elle pourrait favoriser la formation de comédons notamment chez les peaux grasses et acnéiques.
L’huile de coco a un indice comédogène élevé, ce qui signifie qu’elle peut obstruer les pores et favoriser les boutons sur les peaux sujettes à l’acné.
Les huiles de Coco vierges, désodorisées ou raffinées (ou huile de Coprah), sont toutes les 3 extraites de la pulpe de noix de coco. Néanmoins, chacune d’entre elles possèdent ses spécificités dont :
En résumé, il est préférable de se tourner vers une huile de Coco vierge, pressée à froid et biologique pour préserver ses bienfaits, aussi bien en cosmétique qu’en cuisine.
Les huiles végétales comme l’huile de Coco possèdent sur leur emballage une date de péremption de type DDM (date de durabilité minimale). Cela signifie que l’huile de Coco peut être consommée et utilisée même une fois la date dépassée.
De manière générale, les huiles végétales doivent être conservées à l’abri de la chaleur, de l’air et de la lumière, mais également dans un endroit frais et sec. Il est également préférable d’essuyer le goulot du flacon après chaque utilisation et de penser à bien le refermer afin d’éviter toute contamination de micro-organismes et toute oxydation.
En résumé, l’huile de Coco peut être utilisée au-delà de la DDM si les conditions de conservation sont respectées. En cas de changement de couleur ou d’apparition d’une odeur de rance, il est préférable de ne pas utiliser l’huile de Coco.
L'huile de coco, extraite de la noix de coco, est souvent perçue comme un produit naturel aux multiples bienfaits. Utilisée en cuisine, en soin pour la peau et les cheveux, elle est appréciée pour ses propriétés nourrissantes. Pourtant, sa composition riche en acides gras saturés suscite des interrogations quant à ses effets sur la santé cardiovasculaire.
Acides gras saturés : entre bienfaits et risques. L'huile de coco contient environ 92 % de graisses saturées, principalement de l'acide laurique. Certaines études suggèrent que cet acide gras pourrait augmenter le "bon" cholestérol (HDL). Cependant, d'autres recherches indiquent qu'il élève également le "mauvais" cholestérol (LDL), associé à un risque accru de maladies cardiovasculaires.
Une analyse de 26 études a révélé que la consommation d'huile de coco augmente significativement le LDL-C par rapport aux huiles végétales non tropicales. Bien que certains travaux mettent en avant ses propriétés antioxydantes, les preuves restent limitées et ne permettent pas de conclure à un effet protecteur contre les maladies cardiovasculaires.
Voici un tableau comparatif des graisses saturées dans différentes huiles :
| Huile | % de graisses saturées |
|---|---|
| Huile de coco | 92% |
| Beurre | 65% |
| Saindoux | 40% |
| Huile de sésame | 15% |
| Huile d'olive | 15% |
| Huile de colza | 7% |
Bien que rares, des réactions allergiques à l'huile de coco ont été documentées. Une étude menée au Sri Lanka a identifié plusieurs allergènes dans l'huile de coco non raffinée, notamment des protéines de 87 et 110 kDa, susceptibles de provoquer des réactions chez les personnes sensibilisées.
L'huile de coco est classée comme comédogène, ce qui signifie qu'elle peut obstruer les pores et favoriser l'apparition de comédons, notamment chez les personnes à peau grasse ou sujette à l'acné.
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