L'amélioration génétique des animaux de rente peut se faire en race pure ou bien par croisement. Le croisement de femelles laitières avec des taureaux allaitants peut apparaître comme une option pour améliorer le produit viande à moindre coût. Depuis 2007, les éleveurs laitiers doivent faire face à de fortes fluctuations de prix et à une hausse sensible des coûts de production.
Tout comme en race pure, le principe génétique du croisement repose sur les effets génétiques additifs et les effets d’interaction. La partie génétique de la performance d’un animal issu d’un croisement dépend de trois composantes distinctes:
Prédire la valeur d’un animal revient donc à prédire ces trois composantes. Il convient de noter que si les valeurs additives raciales et individuelles se transmettent des parents aux descendants de façon simple, l’effet spécifique du croisement dépend la composition raciale des parents.
On définit l’effet d’hétérosis, ou de vigueur hybride, comme la différence entre la performance moyenne de la population issue du croisement de première génération et la performance moyenne des deux populations parentales. Cet écart de performances, souvent favorable, s’explique essentiellement par des effets non additifs de dominance et/ou d’épistasie.
De manière générale, l’effet d’hétérosis pour un caractère est favorable et d’autant plus important que son héritabilité est faible. En effet, pour les caractères influencés par des gènes à effets essentiellement additifs (et donc très héritables), les effets de dominance sont généralement très faibles et donc l’effet d’hétérosis est quasi nul.
L’effet d’hétérosis est également plus important lorsque les populations parentales sont génétiquement éloignées. Or plus les races sont éloignées génétiquement, plus la fréquence des allèles est différente au sein des deux races et donc plus l’individu issu du croisement entre ces deux races aura de chance d’être hétérozygote pour un grand nombre de gènes.
Le croisement entre une femelle laitière et un taureau viande donne un produit dont les qualités de croissance et de développement musculaire sont bien supérieures à celles de la mère, grâce à l'effet d'hétérosis. Cette technique constitue un moyen d'augmenter le produit “viandeâ€, en vendant des veaux de huit jours plus chers ou en produisant de jeunes bovins plus rapidement, avec un meilleur développement musculaire.
Les veaux croisés vendus à huit jours bénéficient quant à eux d’un prix de vente supérieur. Les animaux croisés Lait × Viande présentent de meilleures performances de croissance que des animaux de chacune des 2 races pures laitière, aussi bien pour la production de veaux de boucherie que de jeunes bovins.
Globalement, les effets du croisement sont plus perceptibles pour les jeunes bovins du fait de la durée d'engraissement plus longue que celle des veaux de boucherie.
Attention, les veaux croisés peuvent parfois engendrer des coûts supplémentaires, notamment lorsque le vêlage nécessite une intervention humaine.
Les résultats de ce premier essai montrent qu’il est possible d’obtenir des animaux croisés limousins x holstein abattus à 300 kilos de carcasse, à 15 mois pour les bœufs et 16 mois pour les génisses. Les carcasses sont homogènes et classées O+/R-. Les viandes sont tendres et persillées.
Comparées aux bœufs, les génisses sont plus légères (297 kilos carcasse contre 307 pour les mâles), plus grasses mais mieux conformées et obtiennent un meilleur rendement viande. Toutefois, le poids carcasse de 300 kilos semble pour ces femelles être un maximum avec un régime à base de maïs ensilage.
Pour démontrer l’intérêt du croisement, Les Hansen a d’abord travaillé sur le nombre et le type de races à utiliser. Dans l’optique de maximiser l’effet d’hétérosis à chaque génération et de fixer les caractères intéressants de chaque race, il préconise un croisement à trois voies en utilisant la holstein, la rouge suédoise et la montbéliarde.
Depuis dix ans, Les Hansen mène une expérience grandeur nature sur huit troupeaux américains (plus de 10 000 vaches impliquées au total) pratiquant le croisement selon cette méthode. Tous ont conservé au moins 250 vaches holsteins afin de pouvoir comparer.
Démarrée il y a dix ans, cette expérience arrive à son terme. Les tendances observées sur les croisées de deuxième génération (holstein x montbéliarde ou holstein x viking) se confirment. Ces vaches produisent autant de matière utile que les holsteins pures.
| Caractéristique | Vaches Croisées | Holsteins Pures |
|---|---|---|
| Production de matière utile | Équivalente | Référence |
| Reproduction | Meilleure | - |
| Intervalle entre vêlage et insémination fécondante (dès la 2ème lactation) | Gain d'un mois | - |
| Coûts de santé | Inférieurs | - |
| Ingestion de matière sèche | 6,5% de moins | - |
Le croisement bovin viande représente une stratégie prometteuse pour améliorer la production de viande, la rentabilité des élevages laitiers et répondre aux attentes des consommateurs en termes de qualité et de durabilité. Malgré son intérêt économique, la pratique du croisement recule fortement dans les exploitations laitières depuis 2005.
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